Taiyō Kyōgen

大陽警玄
Dayang Jingxuan · 948–1027
École
Chan Caodong (Sōtō Zen)
Maître
Ryōzan Enkan (梁山縁観)
Disciples
Tōshi Gisei (投子義青) — transmission indirecte via Fushan Fayuan
Fonction
44e patriarche du Sōtō Zen · Abbé du monastère Dayang
Taiyō Kyōgen
Public domain — Wikimedia Commons

Présentation

Taiyō Kyōgen (Dayang Jingxuan, 948–1027) est le 44e patriarche du Sōtō Zen, disciple de Ryōzan Enkan et abbé du mont Dayang (Hubei). Sa situation est unique dans l'histoire de la lignée : n'ayant pu trouver de successeur direct, il confia avant sa mort le sceau du dharma à Fushan Fayuan, un maître de l'école Linji, avec pour mission de le transmettre à un futur héritier Caodong. Cette transmission posthume extraordinaire permit de sauver la lignée d'une extinction certaine.

Biographie

Taiyō Kyōgen (Dayang Jingxuan en chinois) naît en 948, sous la dynastie des Song du Nord, dans une ville de l'actuelle province du Jiangsu. Il quitte sa ville natale pour devenir moine au temple Chongxiao de Jinling (aujourd'hui Nankin), recevant l'enseignement d'un maître nommé Zhitong.

À l'âge de dix-neuf ans, il quitte Chongxiao et étudie un temps avec Yuanjiao Liaoyi avant de se fixer auprès de Ryōzan Enkan, dont il devient l'héritier du dharma et le 44e patriarche de la lignée Caodong. Il réside ensuite au mont Dayang (dans l'actuelle province du Hubei), au sud-est de l'ancienne capitale Kaifeng, où il enseigne pendant de nombreuses années.

Taiyō est le dernier maître Caodong mentionné dans le prestigieux Jingde Chuandeng Lu (Transmission de la Lampe), compilé en 1004 — cette compilation étant contemporaine de sa vie, elle ne contient pas encore sa biographie détaillée. Celle-ci n'apparaîtra que dans le Xudeng Lu de 1101.

Il s'éteint en 1027 à l'âge de 79 ans, laissant derrière lui une lignée au bord de l'extinction.

La transmission posthume : une histoire sans précédent

Taiyō Kyōgen occupe une place unique dans l'histoire du Chan. De son vivant, il fut apparemment le seul maître vivant représentant l'école Caodong, mais aucun de ses disciples directs ne reçut officiellement la transmission du dharma. La lignée semblait vouée à s'éteindre avec lui.

Cependant, un événement sans précédent dans les annales du Chan permit sa renaissance. Un disciple de Taiyō nommé Fushan Fayuan (法遠, 991–1067) — qui avait déjà reçu la transmission dans l'école Linji rivale et ne pouvait donc être considéré comme héritier Caodong — accepta de « garder en dépôt » la lignée de son maître. Avant de mourir, Taiyō confia à Fayuan la robe et le bol de Ryōzan Enkan, symboles de transmission, en le chargeant de trouver un véritable héritier pour l'école Caodong.

« Prends soin de cette lignée. Trouve celui qui est digne de porter cette robe et ce bol, même si tu ne le rencontres qu'après ma mort. »
— Paroles attribuées à Taiyō Kyōgen à Fushan Fayuan

Fayuan garda les symboles de transmission pendant plus de quarante ans avant de les confier à Tōshi Gisei, qu'il reconnut comme le digne successeur de Taiyō — sans jamais avoir rencontré ce dernier. Ce mode de transmission, où un maître transmet la lignée d'un autre sans en être lui-même l'héritier, est unique dans l'histoire du Zen. Le chercheur Morten Schlütter note que cette forme de transfert de lignée « n'a pas de parallèle dans la littérature Chan ancienne ».

Enseignements

Taiyō Kyōgen est réputé pour son enseignement de la « seule et unique voie » de l'école Caodong, fondé sur la réalisation de l'interpénétration de la présence et de l'absence (hen-shō). Il insistait sur la simplicité de la pratique et la transmission directe de l'éveil au-delà des mots.

« Le soleil brillant illumine le sommet de la montagne. La lune claire se reflète dans la source profonde. Ce qui n'est ni l'un ni l'autre — où le trouver ? »
— Taiyō Kyōgen, Xudeng Lu

Ses sermons, conservés dans les chroniques du Chan, montrent un maître d'une grande profondeur philosophique, maniant le langage de l'école Caodong — celui des « Cinq Rangs » (五位, goi) — avec subtilité et précision.

Héritage

Bien qu'il n'ait pas eu d'héritier direct de son vivant, Taiyō Kyōgen est considéré comme le 44e patriarche du Sōtō Zen. Par l'intermédiaire de Fushan Fayuan, sa lignée fut transmise à Tōshi Gisei, puis à Fuyō Dōkai — qui restaura la puissance de l'école Caodong — et finalement jusqu'à Dōgen au Japon.

Il est mentionné dans les généalogies Sōtō entre Ryōzan Enkan (43e) et Tōshi Gisei (45e), et sa mémoire est honorée pour avoir préservé la flamme du dharma Caodong dans une période d'obscurité profonde.

Sources

  • Morten Schlütter, How Zen Became Zen: The Dispute over Enlightenment and the Formation of Chan Buddhism in Song-Dynasty China, University of Hawai'i Press, 2008
  • Andy Ferguson, Zen's Chinese Heritage: The Masters and Their Teachings, Wisdom Publications, 2011
  • Xudeng Lu (續傳燈錄, 1101) — Continuation de la Transmission de la Lampe
  • Juefan Huihong, Chanlin sengbao zhuan (1119) — Chronique du Trésor du Sangha dans les Bosquets du Chan
  • Heinrich Dumoulin, Zen Buddhism: A History — India and China, Wisdom Publications, 2005
  • Wikipedia — Dayang Jingxuan

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