Chōro Seiryō

長蘆清了
Zhenxie Qingliao · 真歇清了 · Changlu Qingliao · 1089–1151
École
Chan Caodong (Sōtō Zen)
Maître
Tanka Shijun (Danxia Zichun, 丹霞子淳, 1064–1117)
Disciples
Tendō Sōkaku (Tiantong Zongjue, 天童宗珏)
Fonction
48e patriarche du Sōtō Zen · Abbé du temple Changlu (長蘆寺), Jingci et autres monastères
Nom posthume
« Maître Zen du Vide Éveillé » (悟真禪師)
Chōro Seiryō
Public domain — Wikimedia Commons

Présentation

Chōro Seiryō (Zhenxie Qingliao, 1089–1151) est le 48e patriarche du Sōtō Zen, disciple de Tanka Shijun. Né au Sichuan, il voyagea à travers toute la Chine — visitant le mont Emei, Shaolin et l'ermitage du Second Patriarche — avant de connaître l'éveil au pic Boyu. Il fut l'abbé des grands monastères Changlu et Jingci, et reçut le titre posthume de « Maître Zen du Vide Éveillé ». Il est le maître de Tendō Sōkaku, poursuivant la lignée qui mènera à Dōgen.

Biographie

Chōro Seiryō (Zhenxie Qingliao, 1089–1151) naît à Anchang, dans l'actuelle province du Sichuan (Chine), sous la dynastie des Song du Nord. Il entre dans la vie monastique à l'âge de onze ans et passe avec succès ses examens scripturaires sur le Sūtra du Lotus à dix-huit ans. Il se rend ensuite au monastère Jingci (淨慈寺) à Chengdu, où il poursuit l'étude des textes canoniques.

Sa quête spirituelle le mène à voyager à travers la Chine : il visite le mont Emei, le mont Wutai, puis se rend au temple Shaolin, lieu historique du fondateur du Chan, Bodhidharma. C'est au pic Boyu, l'ermitage du Second Patriarche, qu'il connaît soudainement l'éveil.

Son maître est Tanka Shijun (Danxia Zichun, 1064–1117), 47e patriarche de la lignée Sōtō. L'échange célèbre entre eux scelle la transmission :

Tanka demanda à Seiryō : « Qu'est-ce que le soi avant l'éon vide ? »

Quand Seiryō commença à répondre, Tanka l'arrêta : « Tu es troublé maintenant. Va ! »

De retour après son éveil, Tanka, sachant ce qui s'était passé, le gifla avant qu'il ne puisse parler : « Tu allais me raconter ce que tu sais ! »

Seiryō s'inclina.

Seiryō réside ensuite au temple Changlu (長蘆寺), où il sert comme assistant de l'abbé Zuzhao. Quand Zuzhao tombe gravement malade et se retire, il nomme Seiryō comme son successeur. Seiryō demeure abbé de Changlu jusqu'aux troubles sociaux accompagnant la chute des Song du Nord (vers 1127). Il voyage alors vers le Pic des Neiges (Xuedou) au Fujian et au mont Jing à Hangzhou.

L'impératrice douairière Zi Ning ordonne la construction d'un temple pour honorer ses ancêtres ; Seiryō en devient l'abbé. À la cérémonie d'ouverture, il s'adresse à l'assemblée :

« Mon ancien maître m'a giflé et toute ma subtilité a disparu. Je n'ai pas pu ouvrir la bouche pour parler. Était-ce comme tous ces bavards superficiels que nous voyons aujourd'hui ? »

Chōro Seiryō meurt en 1151. Son stūpa, nommé « Île au Paulownia fleuri », est placé à l'ouest du temple. Il reçoit le nom posthume de « Maître Zen de la Vacuité Éveillée ».

Éveil et transmission

Le moment crucial de la vie de Seiryō est son éveil au pic Boyu, sur le site même de l'ermitage du Second Patriarche (Huike). Cette expérience transformatrice survient après une longue période de pèlerinage et de doute.

À son retour auprès de Tanka Shijun, son maître reconnaît immédiatement ce qui s'est passé. Le lendemain, Tanka monte en chaire et déclare à l'assemblée :

Le soleil brille sur un pic vert solitaire.
La lune se reflète dans l'eau froide du ruisseau.
Le mystère sublime des ancêtres
Ne se trouve pas dans le petit esprit.

Seiryō s'avance alors et dit : « Un discours comme celui que tu as donné aujourd'hui ne me trompera plus. » Tanka lui répond : « Alors explique-le moi et nous verrons si tu comprends. » Seiryō reste silencieux. Tanka conclut : « Je dirai que tu en as eu un aperçu. »

Enseignements

Le soi avant l'éon vide

La question que Tanka Shijun pose à Seiryō — « Qu'est-ce que le soi avant l'éon vide ? » — est un kōan classique du Chan qui interroge la nature fondamentale de l'esprit avant la manifestation du temps et de l'espace. La réponse de Seiryō, « Un cheval blanc entre dans les fleurs et les roseaux », illustre sa vision poétique et énigmatique.

L'humour du dharma

Les annales rapportent un jour où Seiryō entre dans la cuisine et voit une marmite de nouilles bouillantes dont le fond se brise soudainement. Les moines sont consternés : « Oh, quel gâchis ! » Seiryō dit : « Un seau renversé est une joie. Pourquoi êtes-vous troublés ? » Un moine réplique : « Le maître peut s'en réjouir. » Seiryō s'écrie : « Vraiment, c'est dommage de gaspiller une marmite de nouilles ! » — un parfait exemple de la liberté du maître entre la sagesse et l'humain.

Les paradoxes du non-agir

Un moine demande : « Sans lâcher le vent et la couleur, est-il encore possible de pivoter ou non ? » Seiryō répond : « Là où l'homme de pierre marche, il n'y a pas d'autre activité. » Un autre demande : « Tous les bouddhas des trois mondes ont tourné la grande roue du Dharma dans les flammes. Cela a-t-il cessé ou non ? » Seiryō rit aux éclats et dit : « J'en doute. » Le moine insiste : « Maître, pourquoi en doutez-vous ? » Seiryō répond : « Le parfum des fleurs sauvages emplit la route. L'oiseau solitaire ne sait pas que c'est le printemps. »

Œuvres

Les enseignements de Chōro Seiryō nous sont parvenus principalement à travers les annales de ses sermons et ses échanges avec les moines, conservés dans les recueils de la lignée Caodong. Il est connu pour avoir commenté le Poème de la Foi dans l'Esprit (Xinxin Ming) de Sengcan (Sōsan), 3e patriarche du Chan.

Son influence se manifeste aussi à travers ses disciples : il est le maître de Tendō Sōkaku (49e patriarche), assurant ainsi la continuité de la lignée Sōtō à une époque critique des Song du Sud.

Héritage

Chōro Seiryō est une figure clé de la restauration de l'école Caodong (Sōtō) après la persécution des bouddhistes sous les Song du Nord. Avec son maître Tanka Shijun et son prédécesseur Fuyō Dōkai (芙蓉道楷), il appartient à la génération qui a revitalisé la transmission de la lignée après une période de déclin.

Il est le 48e patriarche de la lignée Sōtō, entre Tanka Shijun (47e) et Tendō Sōkaku (49e). Son nom complet Zhenxie Qingliao (真歇清了) signifie littéralement « Clair et Apaisé / Vraiment Reposé », reflétant la qualité de son éveil.

Sources

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