Shushōgi
Présentation
Le Shushōgi — « le sens (義) de la pratique (修) et de la vérification (証) » — est un texte composé en 1890 par Takiya Takushū et Azegami Baisen en sélectionnant et assemblant des passages du Shōbōgenzō de Dōgen. Il fut adopté par l'école Sōtō comme texte liturgique central pour les laïcs.
Divisé en cinq chapitres, il expose le fondement de la pratique zen : l'urgence de la question naissance-et-mort, la confession et la purification, la réception des préceptes, le vœu de sauver tous les êtres, et la pratique de la Voie comme acte de gratitude envers tous les Bouddhas et ancêtres.
Si le Shōbōgenzō est la montagne, le Shushōgi en est une porte d'accès — fidèle dans sa substance, accessible dans sa forme. Il est chanté dans les cérémonies funèbres, les retraites et la liturgie quotidienne de l'école Sōtō.
I. La question fondamentale — naissance et mort
Élucider pleinement la question de la naissance et de la mort — voilà la grande affaire des moines bouddhistes.
Si le Bouddha est présent dans la naissance et la mort, il n'y a ni naissance ni mort.
Il suffit de comprendre que la naissance et la mort sont elles-mêmes la vie du Bouddha.
Ne pas les refuser, ne pas les désirer — c'est alors seulement que l'on entre dans l'esprit du Bouddha.
Ne pas les calculer avec l'esprit, ne pas les chercher avec le corps — libéré des corps et des esprits, le Bouddha apparaît directement.
Si l'homme cherche le Bouddha, le Bouddha s'en va.
Si l'homme comprend le Bouddha, l'homme aussi s'en va.
Si ni l'homme ni le Bouddha ne s'en vont, quand la fleur de printemps tombe, où va-t-elle ?
II. Confession et purification des fautes
Tous les actes négatifs que j'ai accomplis depuis le commencement sans fond
sont nés de la convoitise, de la haine et de l'ignorance.
Ils ont été commis par le corps, la parole et l'esprit.
Je les confesse tous maintenant.
En se confessant ainsi avec sincérité, on reçoit la puissance invisible des Bouddhas et des ancêtres.
En se confessant, on se libère du poids des fautes accumulées.
La vertu de la confession fait s'épanouir et croître la racine de l'éveil sans entrave.
La confession est le vœu de ne plus créer de fautes à venir.
III. Recevoir les préceptes et entrer dans la voie
Recevoir les préceptes des Bouddhas et des ancêtres, c'est entrer dans le rang des Bouddhas.
On participe alors à la même vertu que les Bouddhas — on est déjà un enfant des Bouddhas.
Les trois refuges — le Bouddha, le Dharma, la Sangha :
je prends refuge dans le Bouddha,
je prends refuge dans le Dharma,
je prends refuge dans la Sangha.
Les trois refuges purs sont la fondation de tous les préceptes.
Les dix préceptes majeurs sont la substance de l'enseignement des Bouddhas et des ancêtres.
Recevoir les préceptes, c'est les préserver ;
les préserver, c'est recevoir le Bouddha lui-même.
IV. Le vœu de sauver tous les êtres
Éveiller la pensée de l'Éveil — c'est le vœu de sauver tous les êtres avant même de s'être sauvé soi-même.
Que l'on soit laïc ou moine, dans la rue ou dans la forêt,
offrir de la nourriture à un moineau, donner un peu d'eau à une fourmi assoiffée —
ces actes sont aussi des actes de la Prajna, de la sagesse d'éveil.
Les quatre vœux universels du Bodhisattva :
Aussi nombreux que soient les êtres, je fais vœu de les sauver.
Aussi innombrables que soient les illusions, je fais vœu de les dissoudre.
Aussi inépuisable que soit le Dharma, je fais vœu de l'étudier.
Aussi suprême que soit l'Éveil, je fais vœu de l'accomplir.
Celui qui éveille la pensée de l'Éveil, même pour un seul instant,
est déjà le maître de tous les êtres des trois mondes.
V. Pratiquer la Voie en gratitude
La grâce du Bouddha est immense et profonde.
La gratitude envers les Bouddhas et les ancêtres ne peut être rendue que par la pratique de la Voie.
La pratique de la Voie n'est pas séparée de la vie quotidienne.
Faire du bien à tous les êtres, même petitement, est la voie des ancêtres.
Transmettre la loi de l'Éveil, c'est la grande compassion des Bouddhas.
Ne pas trahir cette transmission — voilà ce qu'on doit à tous les ancêtres.
La Voie des Bouddhas et des ancêtres est toujours la grande compassion ;
ne jamais cesser de bénéficier les êtres, ne jamais s'arrêter —
c'est retourner la gratitude à toutes les existences.
Compilé en 1890 par Takiya Takushū et Azegami Baisen à partir du Shōbōgenzō de Dōgen Zenji. Texte liturgique central de l'école Sōtō, chanté lors des cérémonies et transmis aux laïcs.
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