Sūtra du Diamant
Présentation
Le Sūtra du Diamant (Vajracchedikā Prajñāpāramitā Sūtra, « Le Sūtra de la Sagesse Transcendante qui Coupe comme le Diamant ») est l'un des sūtras les plus importants du bouddhisme Mahāyāna. Composé en Inde, probablement au IVe siècle, il fut traduit en chinois à plusieurs reprises, la version la plus célèbre étant celle de Kumārajīva (401).
Ce sūtra est le texte fondateur qui éveilla Huineng, le sixième Patriarche du Chan, alors qu'il n'était encore qu'un humble vendeur de bois. Sa lecture l'amena à la réalisation soudaine, et il en récita un vers dans sa fameuse réponse au moine Shenxiu.
Le texte se compose de 32 sections très brèves, dans lesquelles le Bouddha dialogue avec son disciple Subhūti sur la vacuité, le détachement et la nature illusoire des phénomènes. Il enseigne que la libération ne consiste pas à saisir quoi que ce soit — pas même la sagesse ou les mérites — mais à voir la nature vide de toutes choses.
Le titre « Diamant » évoque à la fois la dureté de la sagesse qui tranche toutes les illusions, et la pureté incassable de la nature de l'esprit. Récité et étudié dans tout le monde bouddhiste, il est un pilier de la tradition Zen.
Texte complet en préparation — 32 sections.
Le sūtra commence ainsi :
如是我聞。一時佛在舍衛國祇樹給孤獨園。與大比丘眾千二百五十人俱。爾時世尊食時。著衣持缽。入舍衛大城乞食。於其城中。次第乞已。還至本處。飯食訖。收衣缽。洗足已。敷座而坐。
Ainsi ai-je entendu : un jour, le Bouddha séjournait au jardin d'Anāthapiṇḍada, dans le bois de Jeta, près de Śrāvastī, avec une assemblée de mille deux cent cinquante grands moines. À l'heure du repas, le Bienheureux revêtit sa robe, prit son bol et entra dans la grande ville de Śrāvastī pour y mendier sa nourriture. Ayant mendié de porte en porte, il retourna à son lieu, prit son repas, rangea sa robe et son bol, lava ses pieds, et s'assit sur le siège préparé.
時長老須菩提。在大眾中。即從座起。偏袒右肩。右膝著地。合掌恭敬。而白佛言。希有世尊。如來善護念諸菩薩。善付囑諸菩薩。世尊。善男子。善女人。發阿耨多羅三藐三菩提心。應云何住。云何降伏其心。
Alors l'Ancien Subhūti, se levant de sa place au milieu de l'assemblée, découvrit son épaule droite, posa le genou droit à terre, joignit les mains avec respect et dit au Bouddha : « Merveilleux, ô Bienheureux ! Le Tathāgata protège et garde bien les Bodhisattvas, il leur confie bien son enseignement. Ô Bienheureux, comment un homme ou une femme de bien qui a fait naître la pensée de l'Éveil suprême et parfait devrait-il demeurer ? Comment devrait-il dompter son esprit ? »
佛言。善哉善哉。須菩提。如汝所說。如來善護念諸菩薩。善付囑諸菩薩。汝今諦聽。當為汝說。善男子。善女人。發阿耨多羅三藐三菩提心。應如是住。如是降伏其心。唯然世尊。願樂欲聞。
Le Bouddha répondit : « Bien, bien, Subhūti ! Comme tu l'as dit, le Tathāgata protège et garde bien les Bodhisattvas, il leur confie bien son enseignement. Écoute maintenant avec attention, et je te parlerai. Un homme ou une femme de bien qui a fait naître la pensée de l'Éveil suprême et parfait devrait demeurer ainsi et dompter son esprit ainsi. » « Ainsi soit-il, ô Bienheureux, j'écoute avec joie. »