Triṁśikā
Présentation
La Triṁśikā-vijñaptimātratā — « Trente Stances sur la Seule Conscience » — est un poème de trente versets composé par Vasubandhu (IVe–Ve siècle), l'un des plus grands philosophes du bouddhisme indien. C'est la quintessence de l'école Yogācāra (Cittamātra), qui analyse le fonctionnement de l'esprit avec une précision remarquable.
En trente strophes seulement, Vasubandhu décrit les huit consciences (les cinq sens, la conscience mentale, la conscience du moi et la conscience-réservoir ālaya-vijñāna), les cinquante et un facteurs mentaux, et le processus par lequel l'esprit se projette un monde d'apparences.
Ce texte est fondamental pour comprendre la psychologie bouddhiste et la conception de l'esprit que Dōgen lui-même a héritée de la tradition indo-chinoise. La célèbre formule « tout n'est que conscience » (vijñaptimātratā) y est exposée avec une rigueur philosophique inégalée.
Les 30 stances en version bilingue (sanskrit/français) sont en préparation.
Les huit consciences (st. 2–7, résumé)
Le texte distingue d'abord la conscience-réservoir (ālaya), qui mûrit les empreintes karmiques, puis les consciences sensorielles qui s'appuient sur elle, et la conscience du moi (manas) qui s'attache à l'ālaya comme à un soi.
Les trois natures (st. 17–25, résumé)
Vasubandhu expose ensuite les trois natures : l'imaginaire (parikalpita), le dépendant (paratantra) et le parfait (pariniṣpanna), qui correspondent respectivement à l'illusion, à la dépendance causale des phénomènes, et à la vacuité réalisée.
La libération (st. 26–30, résumé)
Les dernières stances décrivent la transformation de la base (āśraya-parāvṛtti) : lorsque la conscience-réservoir est purifiée, les huit consciences se transforment en sagesses, et l'éveil est atteint.