Ananda

阿難陀
Ānanda · आनंद · Ve–IVe siècle av. J.-C.
École
Transmission du Bouddha Shākyamuni
Maître
Mahākāśyapa (摩訶迦葉, 2e patriarche) ; enseignements du Bouddha Shākyamuni
Disciples
Śāṇavāsa (Shōnawashu, 商那和修, 4e patriarche) ; Majjhantika
Fonction
3e patriarche indien · Assistant personnel du Bouddha · Trésorier du Dharma
Surnom
Dhamma-bhaṇḍāgārika (Trésorier du Dharma) ; Videhamuni
Ananda
CC0 · Daderot — Wikimedia Commons

Présentation

Ananda (Ānanda) est le 3e patriarche indien du Zen, cousin et assistant personnel du Bouddha Shākyamuni pendant vingt-cinq ans. Sa mémoire prodigieuse lui valut le titre de « Trésorier du Dharma » : lors du Premier Concile bouddhiste, il récita de mémoire l'intégralité des discours du Bouddha, donnant naissance au Sūtra Piṭaka dont chaque texte commence par « Ainsi ai-je entendu ». Il joua également un rôle crucial en plaidant pour l'ordination des femmes, fondant ainsi l'ordre des moniales bouddhistes (bhikṣuṇī). Dans la tradition Zen, sa transmission par Mahākāśyapa perpétue la lignée de l'éveil du Bouddha.

Biographie

Ānanda (sanskrit et pāli : आनंद) est le cousin et l'assistant personnel du Bouddha Shākyamuni, ainsi que l'un de ses dix principaux disciples. Il vécut aux Ve–IVe siècles avant notre ère. Fils du roi Śuklodana (ou Amitodana selon les sources), il était donc le cousin germain du Bouddha.

Ānanda se distingua dès son entrée dans l'ordre par sa mémoire prodigieuse. Ordonné moine, il reçut l'enseignement de Puṇṇa Mantānīputta (Pūrṇa Maitrāyaṇīputra). Vingt ans après l'éveil du Bouddha, Ānanda fut choisi comme assistant personnel — un poste qu'il occupa avec un dévouement absolu jusqu'à la mort du Bouddha. Il servit non seulement de secrétaire et d'intermédiaire, mais aussi de porte-parole du Bouddha auprès des laïcs et de la communauté monastique.

Ānanda joua un rôle crucial dans la fondation de l'ordre des bhikṣuṇī (moniales bouddhistes). Mahāprajāpatī Gautamī, la mère nourricière du Bouddha, souhaita être ordonnée ; c'est Ānanda qui plaida sa cause auprès du Bouddha et obtint l'autorisation d'ordonner des femmes, établissant ainsi la communauté des nonnes.

Il accompagnait le Bouddha dans ses déplacements et fut témoin des derniers enseignements. C'est lui qui reçut l'instruction fameuse : « Que le Dharma et la discipline soient votre refuge après mon départ », et l'annonce que le Bouddha ne désignerait pas de successeur unique.

Après le parinirvāṇa du Bouddha, le Premier Concile bouddhiste fut convoqué à Rājagṛha sous la présidence de Mahākāśyapa. Ānanda, qui n'avait pas encore atteint l'éveil, dut s'éveiller la veille du concile pour y être admis. Pendant le concile, il récita de mémoire l'intégralité du Sūtra Piṭaka (les discours du Bouddha) — raison pour laquelle il est connu comme le « Trésorier du Dharma » (Dhamma-bhaṇḍāgārika).

Il transmit la lignée à son disciple Śāṇavāsa (Shōnawashu, le 4e patriarche) et s'éteignit sur les rives du fleuve Rohīni, vingt ans après le Bouddha.

Le Trésorier du Dharma

Le titre de « Trésorier du Dharma » donné à Ānanda n'est pas une simple métaphore. Lors du Premier Concile, chaque mot des enseignements du Bouddha fut récité par Ānanda et vérifié par l'assemblée des 500 arhats. Le texte commençait systématiquement par « Ainsi ai-je entendu » (Evaṃ mayā śrutam), formule qui atteste qu'Ānanda rapporte ce qu'il a lui-même entendu du Bouddha.

Si les textes bouddhistes que nous connaissons aujourd'hui existent, c'est en grande partie grâce à la mémoire prodigieuse d'Ānanda. Sans lui, la majeure partie des enseignements du Bouddha aurait été perdue.

Héritage dans la tradition Zen

Dans la tradition Zen (Chan), Ānanda est considéré comme le 2e patriarche indien après Mahākāśyapa, en vertu de la célèbre transmission silencieuse où le Bouddha, sans prononcer un mot, fit tourner une fleur dans ses doigts — seul Mahākāśyapa comprit et sourit, recevant ainsi la transmission du Dharma. Ānanda reçut ensuite cette transmission de Mahākāśyapa.

Dans le Denkōroku de Keizan Jōkin, Ānanda est le 3e cas (entre Mahākāśyapa et Shōnawashu). L'histoire rapporte que lorsque Mahākāśyapa lui demanda de planter l'étendard du Dharma, Ānanda répondit : « Si tu avais prononcé ces paroles, l'étendard du Dharma serait déjà abattu ! » — montrant ainsi une compréhension déjà profonde.

Sources

  • Keizan Jōkin, Denkōroku — Cas 3 (Ananda)
  • Ṭhānissaro Bhikkhu (trad.), The Connected Discourses of the Buddha
  • Buswell, Robert Jr.; Lopez, Donald S. Jr., eds. (2013). Princeton Dictionary of Buddhism. Princeton University Press. p. 766.
  • Wikipedia — Ānanda

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