Ānanda
Présentation
Ānanda (阿難陀) — « Joie » — était le cousin germain de Śākyamuni et son disciple-attaché attitré durant vingt-cinq ans. Réputé pour sa mémoire prodigieuse, il récita de mémoire l'intégralité des sūtras lors du premier concile, d'où son titre de « Gardien du Trésor du Dharma » (dharma-bhāṇaka).
Le cas 3 du Denkōroku relate sa transmission par Mahākāśyapa — non par l'étude des écritures, malgré sa science immense, mais par un geste simple : la porte du guhyaka (sanctuaire intérieur) qu'Ānanda, en poussant, laisse passer la lumière.
Keizan interroge : comment celui qui sait tout peut-il ne pas connaître l'essentiel ? La réponse est dans l'acte même — Ānanda cesse de savoir pour laisser place à l'éveil.
Le deuxième patriarche, le vénérable Ananda, demanda au vénérable Mahakashyapa : « Vénérable frère aîné, en dehors de la robe kashaya en brocart d’or, qu’a transmis le Bienheureux ? » Mahakashyapa appela Ananda. Ananda répondit. Mahakashyapa dit : « Abats le mât d’étendard devant la porte. » Ananda connut une grande illumination.
Le vénérable Ananda était originaire de Rajagriha. Son clan était celui des Kshatriyas, son père le roi Dronodana. Il était en réalité le cousin du Bienheureux. En sanskrit, Ananda signifie « joie célébrée », ou encore « joie ». Il naquit la nuit où le Tathagata atteignit l’éveil.
Le deuxième patriarche Ananda était de Rajagriha. Son clan était celui des Kshatriyas, son père le roi Dronodana. Il était en réalité le cousin du Bouddha. En sanskrit, Ananda signifie « joie célébrée », ou encore « joie ». Il naquit la nuit où le Tathagata atteignit l’éveil. Son visage était d’une beauté parfaite, sans égal dans les seize grands royaumes. Tous ceux qui le voyaient se réjouissaient. D’où son nom. Il était le premier en érudition, intelligent et vaste en connaissances. Il fut l’assistant du Bouddha pendant vingt ans ; il n’y eut aucun enseignement du Bouddha qu’il ne propagea, aucune conduite du Bouddha qu’il n’étudia. Lorsque le Bienheureux transmit le Trésor de l’Œil du Dharma Véritable à Mahakashyapa, il confia également à Ananda en disant : « Tu dois seconder la transmission et l’enseignement. » Ainsi, il suivit Mahakashyapa pendant vingt autres années, et il n’y eut aucun aspect du Trésor de l’Œil du Dharma Véritable qu’il ne maîtrisa pleinement.
Et il ordonna à Ananda de seconder la transmission et l’enseignement. La voie des patriarches, sans équivalent ailleurs, doit être prise comme preuve fondamentale. Ananda, déjà premier en érudition, vaste en études et connaissances, avait directement reçu de nombreuses approbations du Bouddha. Cependant, il n’avait pas encore transmis et préservé le Dharma Véritable, ni ouvert et illuminé l’esprit fondamental.
Lorsque Mahakashyapa, dans la grotte de Pippala, entreprit de compiler les enseignements laissés par le Tathagata, Ananda, parce qu’il n’avait pas encore réalisé le fruit, ne pouvait pas entrer dans la salle ; il n’était pas autorisé. À ce moment, Ananda réfléchit secrètement.
Il réalisa rapidement le fruit d’Arhat. Alors qu’il s’apprêtait à entrer, Mahakashyapa dit : « Puisque tu as réalisé le fruit, montre tes pouvoirs surnaturels pour entrer. » À ce moment, Ananda manifesta un corps réduit et entra par le trou de la serrure. Finalement, il entra dans la grotte de Pippala.
Tous les disciples dirent : « Ānanda, en tant qu'assistant du Bouddha, est très érudit et a étudié largement. Comme transmettre l'eau d'un récipient à un autre, sans la moindre perte. Nous souhaitons inviter Ānanda à exposer à nouveau. »
Kāśyapa dit à Ānanda : « L'assemblée tout entière espère en toi. Monte de nouveau sur le siège, nous t'en prions, et expose. »
À ce moment, Ānanda, gardant secrètement les dernières instructions du Tathāgata, et ayant accepté la requête de Kāśyapa, se leva finalement, salua les pieds de l'assemblée, monta sur le siège et déclara : « Ainsi ai-je entendu, une fois, le Bouddha résidait... », exposant ainsi tous les saints enseignements de toute une génération. Kāśyapa demanda aux disciples : « Ces paroles diffèrent-elles ou non de celles du Tathāgata ? » Les disciples répondirent :
« Elles ne diffèrent pas d'un seul mot des paroles du Tathāgata. »
Tous ces disciples étaient de grands arhats possédant les trois connaissances et les six pouvoirs surnaturels. N'ayant rien omis d'entendre, ils dirent d'une seule voix : « Nous ne savons pas, doutant si c'est le Tathāgata revenu à nouveau, ou si ce sont les paroles d'Ānanda. » Ils louèrent : « L'océan du Dharma du Bouddha a coulé et est entré dans le corps d'Ānanda. Les paroles du Tathāgata qui se transmettent maintenant sont les paroles d'Ānanda. »
« Le Sūtra du Lotus, phrases et expressions » : Ānanda monta sur le haut siège et prononça « Ainsi ai-je entendu » pour dissiper les doutes de l'assemblée. Le corps d'Ānanda ressemblait à celui du Bouddha, à trois doigts près. L'assemblée douta que le Bouddha Śākyamuni ne réapparaisse, ou qu'un bouddha d'une autre terre arrive, ou qu'Ānanda devienne bouddha. En prononçant « Ainsi ai-je entendu », les trois doutes furent immédiatement dissipés. (Sachez réellement que cette Voie ne dépend pas de l'érudition ni de la réalisation des fruits. Cela doit servir de preuve. Cependant, il suivit encore Kāśyapa pendant vingt ans, et ce n'est qu'à l'occasion de la présente circonstance qu'il réalisa la grande illumination. Il était né la nuit même de l'éveil du Tathāgata. Il n'avait pas entendu le Sūtra de la Guirlande de Fleurs, etc. Cependant, ayant obtenu le samādhi de l'éveil du Bouddha, il exposa ce qu'il n'avait pas entendu. Cependant, en ce qui concerne le non-entrée dans la Voie des Patriarches, il est entièrement identique à notre propre non-entrée.)
Le Traité des Sens du Sūtra du Lotus dit : 'Les eaux du grand océan du dharma du Bouddha s'écoulent dans le cœur d'Ānanda.'(T 1718.34.4b17-18, & 18b28-29). Ainsi, ce que le Tathāgata a enseigné et qui se transmet aujourd'hui est l'enseignement d'Ānanda. En effet, dans un lointain passé, au lieu du Bouddha Vide, Ānanda et le Bouddha Śākyamuni actuel ont simultanément éveillé l'esprit d'anuttarā-samyak-saṃbodhi. Ānanda se plaisait à l'érudition. C'est pourquoi il n'avait pas encore atteint l'éveil parfait. Le Bouddha Śākyamuni pratiqua l'énergie diligente. Grâce à cela, il réalisa l'éveil correct et parfait. Sachez réellement que l'érudition est un obstacle sur la voie, c'en est la preuve. Ainsi, le Sūtra Avataṃsaka dit : 'C'est comme un pauvre qui compte les trésors d'autrui sans posséder lui-même un demi-sou. L'érudition est également ainsi.'Si vous souhaitez vous consacrer intimement à cette voie, ne vous complaisez pas dans l'érudition. Pratiquez directement avec une énergie diligente et courageuse.
Le Sūtra du Lotus de la Loi Merveilleuse dit : 'Ô hommes de bien ! Moi et Ānanda, au lieu du Bouddha Vide, avons simultanément éveillé l'esprit d'anuttarā-samyak-saṃbodhi. Ānanda se plaisait toujours à l'érudition. Moi, je pratiquais toujours l'énergie diligente. C'est pourquoi j'ai réalisé l'anuttarā-samyak-saṃbodhi. Et Ānanda a protégé et maintenu mon dharma.'(T 262.9.30a2-6). Cependant, j'ose affirmer qu'en dehors de la transmission de la robe, il doit y avoir autre chose. C'est pourquoi, un jour, il demanda :
'Frère aîné dans la voie, en dehors de la transmission de la kāṣāya en brocart d'or par le Bhagavat, qu'a-t-il transmis d'autre ?'Kāśyapa, connaissant que le moment était venu, appela Ānanda. Ānanda répondit. Kāśyapa répondit à sa voix en disant : 'Abats le mât d'étendard devant la porte !'Ānanda, répondant à la voix, réalisa la grande illumination. La robe du Bouddha vint naturellement se poser sur la tête d'Ānanda. Cette kāṣāya en brocart d'or est précisément la kāṣāya transmise et maintenue par les sept bouddhas.
Le Sūtra Avataṃsaka dit : 'C'est comme un pauvre qui, jour et nuit, compte les trésors d'autrui, sans posséder lui-même un demi-sou. L'érudition est également ainsi.'
(Concernant cette kāṣāya, il existe trois récits. L'un dit qu'elle fut apportée depuis l'intérieur du ventre du Tathāgata. Un autre dit qu'elle fut offerte par les deva de la Pure Demeure. Un autre dit qu'un chasseur l'offrit. En outre, il existe plusieurs sortes de kāṣāya de bouddha. La kāṣāya transmise par le grand maître Bodhidharma jusqu'au lieu de Caoxi est de couleur bleu-noir, en tissu karpāsa. Arrivée en terre des Tang, on y ajouta une doublure bleue. Aujourd'hui, elle est conservée dans la pagode du Sixième Patriarche et considérée comme un trésor national. C'est ce dont parle le Traité de la Grande Sagesse en disant que le Tathāgata portait un saṃghāṭi en tissu grossier. Ce brocart d'or est un feutre doré. Le sūtra dit : 'La tante maternelle du Bouddha fila de ses propres mains une kāṣāya en feutre doré et l'offrit au Bouddha.'Ce ne sont qu'un ou deux exemples parmi de nombreuses sortes. Quant à ses effets spirituels, il existe de nombreux récits et causes dans les sūtra et écrits. Autrefois, l'Ārya Vaśeṣṭha,
rencontrant l'épreuve d'un roi cruel, émit une lumière aux cinq couleurs au milieu du feu. Après l'extinction du feu, la kāṣāya du Bouddha était intacte. On crut alors qu'il s'agissait de la robe du Bouddha.)
C'est comme le dit le Traité de la Sagesse : le Tathagata revêt la robe grossière du moine. C'est cela. La transmission à Maitreya, voilà ce que c'est.
Le Trésor de l'Œil de la Vraie Loi n'est pas confié à deux personnes. Seul Mahakashyapa reçut la transmission du Tathagata. De plus, Ananda servit pendant vingt ans avant de transmettre et préserver le vrai Dharma. Ainsi, on doit savoir que cette école est une transmission spéciale en dehors des enseignements. Cependant, récemment, on la néglige et on la considère comme identique. Si elle était identique, Ananda, étant un arhat aux trois clartés et six pouvoirs surnaturels, ayant reçu la transmission du Tathagata, serait appelé le deuxième patriarche Ananda. Maintenant, pour réunir les enseignements scripturaires, y aurait-il quelqu'un de supérieur à Ananda ? S'il y avait quelqu'un surpassant Ananda, on pourrait l'admettre.
Le sens des enseignements est un. Si l'on dit simplement qu'il est un, pourquoi s'être donné la peine de servir pendant vingt ans ? Maintenant,
éclaircissez cela à l'endroit où le mât du temple est renversé. Sachez que le sens des sutras et le sens des enseignements ne doivent pas être identifiés à la voie des patriarches.
Le Bouddha n'est pas non-bouddha. Servir, même en tant qu'attendant, si l'on ne pénètre pas l'esprit du Bouddha, comment pourrait-on transmettre son sceau de l'esprit ? Sachez qu'il ne dépend pas d'une large écoute et de vastes études. Même si, grâce à une oreille éveillée et opportune, on retient par l'ouïe tous les livres et saints enseignements sans omettre un seul caractère, si l'esprit ne pénètre pas, c'est vain, comme compter les trésors du voisin. Ce qu'on regrette, ce n'est pas que les enseignements scripturaires n'aient pas d'esprit. Mais c'est parce qu'Ananda n'avait pas encore pénétré. À plus forte raison dans les terres orientales du Japon, interpréter le sens en s'appuyant sur les textes, sans obtenir l'esprit des sutras.
De plus, sachez que la voie du Bouddha n'est pas laxiste. Ananda, qui maîtrisait tous les saints enseignements d'une vie, en tant que disciple du Tathagata, s'il les avait exposés, qui ne l'aurait pas suivi ? Cependant, sachez qu'après avoir servi et suivi Mahakashyapa, ce n'est qu'après sa grande illumination qu'il exposa à nouveau. Exactement comme le feu rencontre le feu.
Si vous souhaitez clairement pénétrer la Voie réelle, abandonnez vos vues personnelles, vos anciennes habitudes, votre arrogance et votre orgueil, tournez votre esprit initial et réalisez la sagesse du Bouddha.
On dit que dans l'actuel lien causal, d'ordinaire on transmet la robe de brocart et l'on pense qu'il n'y a rien d'autre qu'être un disciple du Bouddha. Cependant, après avoir suivi Kāśyapa et l'avoir personnellement servi, il y eut une compréhension plus profonde. Kāśyapa, sachant que le moment était opportun, appela Ānanda. Comme l'écho répond à l'appel de l'esprit de la vallée, Ānanda répondit. Tel l'étincelle jaillissant de la pierre.
En vérité, appeler Ānanda n'est pas appeler Ānanda. Répondre par l'écho n'est pas répondre.
Comme l'écho répond à l'appel de l'esprit de la vallée. Dans le Laozi, il est dit : 'L'esprit de la vallée ne meurt pas, on l'appelle la femelle mystérieuse. La porte de la femelle mystérieuse est la racine du ciel et de la terre.'Il existe continuellement, son usage est inépuisable. 'Abattez le mât devant la porte'fait référence à la coutume en Inde occidentale : lorsque les disciples du Bouddha débattaient avec les hérétiques, des étendards étaient dressés des deux côtés. Si une partie était vaincue, son étendard était abattu. La défaite était signalée sans sonner de cloche ou de tambour. Dans le lien causal présent, Kāśyapa et Ānanda sont comme dressant des étendards. Arrivé à ce point, puisque Ānanda s'est manifesté, Kāśyapa doit rouler son étendard. Une sortie, une disparition.
Cependant, le lien causal présent n'est pas ainsi. Kāśyapa est aussi ce mât, Ānanda est aussi ce mât. S'il s'agit du mât, ce principe ne peut être révélé. Lorsque le mât est une fois abattu, le mât est alors révélé. Lorsque Kāśyapa indique et dit 'Abattez le mât devant la porte', Ānanda, grâce à la transmission de la voie entre maître et disciple, réalise la grande illumination sur-le-champ. Après la grande illumination, Kāśyapa aussi est alors abattu, montagnes et rivières s'effondrent toutes. Ainsi, la robe du Bouddha vient naturellement se poser sur la tête d'Ānanda.
Cependant, ne vous arrêtez pas à ce lien causal, sur ce morceau de chair rouge, dressé comme une falaise de mille brasses. Ne vous arrêtez pas à la pureté. Allez plus loin et sachez qu'il y a l'esprit de la vallée. Les Bouddhas apparaissent tour à tour, les Patriarches indiquent et enseignent de génération en génération. Ce n'est que cette affaire. Transmettre l'esprit par l'esprit, ce n'est finalement pas ce que les hommes peuvent connaître. Même si le morceau de chair rouge manifesté, Kāśyapa et Ānanda, sont les apparitions multiples de cette personne, ne prenez pas Kāśyapa et Ānanda pour cette personne. Maintenant, vous tous, chacun dressé comme une falaise de dix mille brasses, êtes les mille transformations, les dix mille changements de cette personne. Si vous reconnaissez cette personne, vous tous serez enterrés en même temps. Si c'est ainsi, ne cherchez pas à abattre le mât en dehors de vous-même.
Aujourd'hui, les descendants du Grand Véhicule souhaitent à nouveau annoter. Ô assemblée, voulez-vous entendre ?
La glycine sèche, l'arbre tombe, la montagne s'effondre et s'en va. L'eau du torrent déborde en crue, l'étincelle de pierre coule.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第二祖、阿難陀尊者、問迦葉尊者曰、師兄、世尊、傳金襴袈裟外、別傳箇什麼。迦葉召阿難。阿難應諾。迦葉曰、倒却門前刹竿著。阿難大悟。
夫れ阿難尊者は、王舎城の人なり。姓は刹帝利、父は斛飯王。實に世尊の從弟なり。梵語には阿難陀、此には慶喜といひ、又は歡喜といふ。如來成道の夜に生る。
《景德傳燈錄》第二祖阿難。王舍城人也。姓刹利帝。父斛飯王。實佛之從弟也。梵語阿難陀。此云慶喜。亦云歡喜。如來成道夜生。(T. 2076.51.206b7-9).容顏端正にして、十六大國も隣とするなし。見る人ごとに歡喜す。故に名と爲す。多聞第一にして聰明博達なり。佛の侍者たること二十年、佛の説法として宣説せざるなく、佛の行儀として學し來らざることなし。世尊、迦葉に正法眼藏を傳付せしきざみ、同く阿難に付囑して曰く、副貮傳化すべしと。之に依て迦葉に隨ふこと亦二十年、あらゆる正法眼藏、悉く通達せずといふことなし。
《景德傳燈錄》并勅阿難副貳傳化。(T 2076.51.205b28-29).《寶林傳》旡勅阿難、副二傳化 (Tanaka, p. 31).夫れ祖師の道の他家に類せざること、之を以て證本と爲すべし。阿難すでに多聞第一、廣學博達なり。佛まのあたり聽許しましますこと多し。然れども、尚ほ正法を傳持し、心地を開明することなし。
迦葉、畢婆羅窟にして、如來の遺教を結集せんとせしとき、阿難、未證果なるに依て、彼の室に入ることを得ず、許さず。時に阿難、密に思惟して、
速かに阿羅漢果を證す。而して入んとするに、迦葉の曰く、既に證果せば神通を現じて入るべしと。時に阿難、小身を現じて鑰の穴より入る。終に畢婆羅窟に入る。
諸弟子悉く曰く、阿難は佛の給仕として多聞にして廣學なり。一器の水を一器に傳ふるが如し。少しも遺漏なし。願くは阿難を請して再説せしめん。
迦葉、阿難に語て曰く、衆悉く汝を望む。汝再び座に登り、請ふ宣説せよ。
時に阿難、密に如來の付囑を護し、又迦葉の所請を受て、遂に立て衆の足を禮し、座に登りて、如是我聞一時佛住と宣説して、一代の聖教悉く宣説す。迦葉、諸弟子に語て曰く、如來の所説と異れりや、否やと。諸弟子曰く、
如來の所説と一字も異れるなしと。
諸弟子は皆是れ三明六通の大羅漢なり。聞漏らすことなし。異口同音に曰く、知らず、是れ如來再來しましますか、是れ阿難の所説かと疑ふ。佛法の大海水、流て阿難の身に入ると讚歎す。如來の所説、今に流傳するは阿難の所説なり。
《妙法蓮華經文句》阿難登高座稱我聞遣衆疑。阿難身與佛相似、短佛三指。衆疑釋尊重出。或他方佛來。或阿難成佛。若唱我聞三疑卽遣。(T實に知る、此道は多聞に依らず、證果に依らざることを。之を以て證據と爲すべし。然も尚ほ迦葉に隨ふこと二十年、今の因縁の處にして始めて大悟す。既に如來の成道の夜に生れし人なり。華嚴等は聞かざる所なり。然れども佛の覺三昧を得て、聞かざる所を宣説す。然れども祖師道に於て不入なることは、我等が不入と全く以て一同なり。
《 法華文句》佛法大海水流入阿難心。(T 1718.34.4b17-18, & 18b28-29).nari 如來の所説、今に流傳するは阿難の所説なり). 抑も阿難は乃往過去の昔、空王の所にして、今の釋迦佛と同時に阿耨多羅三藐三菩提心を發しき。阿難は多聞を好む。故に未だ正覺を成ぜず。釋迦佛は精進を修しき。之に依て等正覺を成じたまふ。實に知る、多聞は道の障礙たること、是れ其證據なり。故に華嚴經に曰く、譬へば貧窮の人の他の寶を算へて自ら半銭の分なきが如し。多聞も亦復た是の如しと。親切に此道に訣著せんと思はば、多聞を好むこと勿れ。直に勇猛精進すべし。
《妙法蓮華經》諸善男子!我與阿難等於空王佛所,同時發阿耨多羅三藐三菩提心。阿難常樂多聞。我常勤精進。是故我已得成阿耨多羅三藐三菩提。而阿難護持我法。(T 262.9.30a2-6).然るに敢保すらくは、傳衣の外、更に事あるべしと。因て或時問て曰く、
師兄、世尊金襴の袈裟を傳る外に、別に箇の甚麼をか傳ふと。迦葉、時到ることを知て、阿難と召す。阿難應諾す。迦葉聲に應じて曰く、門前の刹竿を倒却著せよと。阿難、聲に應じて大悟す。佛衣自然に阿難の頂上に來入す。其金襴の袈裟といふは、正しく七佛傳持の袈裟なり。
《華嚴經》譬如貧窮人、日夜數他寶、自無半錢分、多聞亦如是。
(彼の袈裟に三つの説あり。一つは如來胎内より持すと。一つは淨居天より奉ると。一つは獵師これを奉ると。又外に數品の佛袈裟あり。達磨大師より曹溪所傳の袈裟は、青黒色にて屈眴布なり。唐土に到て青き裏を打てり。今六祖塔頭に藏めて國の重寶と爲す。是れ智論に謂ゆる如來麤布の僧伽黎を著くと、是なり。彼の金襴は金氈なり。經に曰く、佛の姨母、手づから自ら金氈の袈裟を紡 して、持して佛に上ると、是なり。是れ多品中の一二のみ。其靈驗の如きは、數多の因縁、經書に有り。昔婆舎斯多尊者、
惡王の難に遭て、火中に五色の光明を放つ。火滅して後、佛袈裟安然たり。佛衣なることを信ず。)
是れ智論に謂ゆる如來麤布の僧伽黎を著くと、是なり). The Wisdom慈氏に傳授する、夫れ是なり。
正法眼藏、兩人に付囑せず、唯迦葉一人、如來の付囑を得る。又阿難、二十年給仕して正法を傳持す。然れば此宗、教外別傳なることを知りぬべし。然るに近來おろそかにして一同とす。若し一同ならば、阿難は卽ち三明六通の羅漢、如來の付囑を受て第二祖阿難と曰はん。今經教を會せんこと、阿難に勝る人あらんや。若し阿難に超過する人あらば、許すべし、
教意一なりと。若し啻に一なりと謂はば、何ぞ煩はしく二十年給仕し、今、
倒却刹竿著の處にして明らめん。知るべし、經意教意もとより祖師の道とすべからず。
佛の佛ならざるに非ず。給仕して、設ひ侍者たりと雖も、佛心に通處なくんば、爭でか其心印を傳へん。多聞廣學に依らざること知るべし。設ひ心さとく耳ときに依て、諸の書籍聖教を以て、一字も遺落する所なく聞持すと雖も、心若し通ぜずんば徒に隣の寶を算ふるが如し。恨むらくは、經教に其心なきには非ず。然れども阿難未通に依てなり。何に況や東土日本、依文解義、經の心を得ざるをや。
更に知るべし、佛道ゆるかせならざることを。一代聖教に通ずる阿難、如來の弟子として宣説せんに、誰か從はざらん。然れども迦葉に給仕し從ひて、大悟の後再び宣説せしことを知るべし。恰も火の火に合するが如く、
明かに實道に參ぜんと思はば、己見舊情、憍慢我慢を捨て、初心を廻し佛智を會すべし。
謂ゆる今の因縁、日頃は金襴の袈裟を傳へて、佛弟子たるの外、更に別なしと思へり。然れども迦葉に從ひて、親しく給仕して後、更に通ずることあることを。迦葉、時既に相適ふことを知て、阿難と召す。恰かも谷神の喚ぶに從ひ響を作すが如し。阿難乃ち應ず。石火の石を離れて出るが如し。
夫れ阿難と召すも、阿難を喚ぶに非ず。響き應じ答ふるに非ず。
恰かも谷神の喚ぶに從ひ響を作すが如し).《老子》谷神不死、是謂玄牝。玄牝之門、是謂天地根。綿綿若存,用之不倒却門前刹竿著といふは、西天の法に、佛弟子お及び外道等論議せんとするとき、兩方に旙を建て、若し一方負るとき、乃ち此旙を折り倒す。負るとき鼓鐘を鳴らさずして、負くるを表す。謂ゆる今の因縁も、迦葉と阿難と相並んで、旙を建るが如し。此に到て阿難すでに出身すれば、迦葉、旙を卷くべし。一出一沒なり。
然れども今の因縁然るに非ず。迦葉も是れ刹竿、阿難も是れ刹竿。若し刹竿ならば此理顯はるべからず。刹竿一度倒るるとき、刹竿乃ち顯はるべし。迦葉、倒却門前刹竿著と指説するに、阿難、師資の道通ずるに依て言下に大悟す。大悟の後、迦葉も乃ち倒却し、山河皆崩壞す。之に依て佛衣自然に阿難の頂上に來入す。
然れども此因縁を以て、赤肉團上、壁立千仞にとどまること勿れ。淨潔にとどまること勿れ。進で以て谷神の有ることを知るべし。諸佛番番出世し、祖師代代指説す。唯是れ此事なり。心を以て心を傳ふ、終に人の知る所に非ず。設ひ顯はれたる赤肉團、迦葉阿難も、是れ那人の一面兩面に出世するなりと雖も、迦葉阿難を以て那人とすること勿れ、今汝等諸人、箇箇壁立萬仞せる、彼の那人の千變萬化なり。若し那人を識得せば、諸人一時に埋却せん。若し然らば倒却刹竿を我外に求むべからず。
今日大乘の子孫、また著語せんと思ふ。諸人、聞かんと要すや。
藤枯樹倒山崩去。溪水瀑漲石火流。
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
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