Keizan Jōkin

Présentation
Keizan Jōkin (瑩山紹瑾, 1268–1325) est le quatrième patriarche de l'école Sōtō japonaise. Considéré comme le second fondateur de cette école, il est le compilateur du code monastique Keizan Shingi et le fondateur du monastère de Sōji-ji, qui devint l'un des deux principaux centres de l'école Sōtō aux côtés d'Eihei-ji.
Vie et transmission
Keizan Jōkin naquit en 1268. Il étudia auprès de Koun Ejō, le deuxième patriarche Sōtō, puis de Tettsū Gikai, le troisième patriarche. Héritier des règles monastiques chinoises rapportées par son maître Tettsū Gikai, il fonda le monastère de Yōkō-ji en 1313, puis Sōji-ji en 1321 dans la province de Noto.
Sous la direction de Keizan, la communauté de Sōji-ji se développa considérablement. Il devint nécessaire de formaliser les règles de la vie monastique pour une communauté plus nombreuse et diverse que celle des débuts d'Eihei-ji, ce qui conduisit à la compilation du Keizan Shingi.
L'œuvre
Le Keizan Shingi (瑩山清規), ou « Règles de Pureté de Keizan », est le code monastique qu'il compila. Il reprend et prolonge l'Eihei Shingi de Dōgen, mais y ajoute des instructions détaillées sur les rituels et les cérémonies, notamment les rites funéraires, les services pour les ancêtres et les cérémonies de transmission du Dharma. Ce code adapta les règles fondamentales au contexte japonais et permit au bouddhisme Sōtō de s'enraciner dans la société médiévale.
Keizan est également l'auteur du Denkōroku (伝光録, « Recueil de la transmission de la lumière »), compilé en 1309. Cette œuvre majeure retrace la lignée des cinquante-trois patriarches depuis le Bouddha Shakyamuni jusqu'à Eihei Dōgen, décrivant la transmission du dharma entre chaque maître et son disciple.
Héritage
Sōji-ji, fondé par Keizan, devint rapidement l'un des deux principaux centres de l'école Sōtō. Si Dōgen est le fondateur spirituel qui apporta l'essence du Dharma de Chine, Keizan est considéré comme le véritable organisateur de l'institution Sōtō. Son code monastique fut essentiel pour la survie et l'expansion de l'école.
Le Keizan Shingi est traditionnellement étudié avec l'Eihei Shingi dans les monastères Sōtō, formant la base de la formation monastique. L'héritage de Keizan, à travers ses règles et son œuvre de transmission, en fait une figure centrale qui a institutionnalisé la pratique et étendu l'influence de l'école Sōtō dans la société japonaise.
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