Dōan Kanshi

同安觀志
Tongan Guanzhi · Xe-XIe s. · « Celui du milieu »
École
Chan Caodong (Sōtō Zen)
Maître
Dōan Dōhi (traditionnellement) · Tongan Wei (selon le Transmission de la Lampe)
Disciples
Ryōzan Enkan (梁山縁観, 43e patriarche)
Fonction
42e patriarche du Sōtō Zen · Successeur au monastère Tongan
Œuvre principale
Entretiens conservés dans les recueils de la lampe
Dōan Kanshi
Public domain — Wikimedia Commons

Présentation

Dōan Kanshi (Tongan Guanzhi, Xe–XIe siècle) est le 42e patriarche du Sōtō Zen, également connu sous le nom de « Tongan du Milieu » pour le distinguer des autres maîtres du monastère Tongan. Il vécut pendant la période des Cinq Dynasties, dans un contexte de profonde instabilité. Traditionnellement considéré comme le disciple de Dōan Dōhi, sa filiation exacte fait débat parmi les historiens, les sources anciennes ne s'accordant pas sur son maître. Il est le maître de Ryōzan Enkan, le 43e patriarche.

Biographie

Dōan Kanshi (Tongan Guanzhi en chinois) est également connu sous le nom de Zhong Tongan Zhi (中同安志), « Tongan du Milieu », pour le distinguer des autres maîtres du monastère Tongan. Il vécut pendant la période des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes (Xe siècle). Il n'existe aucun enregistrement de sa vie avant son ordination, et les détails de sa vie comme enseignant sont rares.

Traditionnellement, il est considéré comme le disciple et héritier du dharma de Dōan Dōhi (Tongan Daopi, 41e patriarche). Cependant, le Transmission de la Lampe (Jingde Chuandeng Lu, compilé vers 1004) — la source la plus ancienne mentionnant son nom — ne le liste pas comme élève de Dōan Dōhi. Selon ce texte, Dōan Dōhi n'aurait eu aucun disciple, et Dōan Kanshi serait en réalité l'élève de Tongan Wei (同安威), un maître lui-même disciple de Jufeng Puman, qui était un autre élève de Tōzan Ryōkai.

Cette divergence historiographique n'a pas empêché la tradition de maintenir Dōan Kanshi comme le 42e patriarche dans la lignée récitée par l'école Sōtō.

La transmission depuis Dōan Dōhi

Le récit le plus célèbre concernant Dōan Kanshi est celui de sa transmission par Dōan Dōhi. Selon la tradition rapportée par Andy Ferguson :

Quand le maître Zen Dōan Dōhi fut sur le point de mourir, il entra dans la salle et s'adressa aux moines : « Les disciples devant le stūpa sont accomplis, mais qu'en est-il de l'affaire devant les cinq vieux pics ? »

Il posa cette question à trois reprises, mais aucun des moines ne répondit.

Finalement, Dōan Kanshi se leva et dit : « Au-delà de l'écran de la fenêtre, le chiliocosme est disposé dans la nuit claire. Partout, un chant de grande paix. »

Dōhi dit : « Vous devriez tous être comme cet âne stupide ! »

C'est ainsi que Dōan Kanshi reçut la transmission — reconnu par son maître comme le seul à avoir compris l'essence de l'enseignement, tandis que les autres moines étaient invités à suivre son exemple.

Enseignements et dialogues

Les entretiens conservés de Dōan Kanshi montrent un maître maniant avec subtilité la dialectique du Chan :

Un moine demanda : « Comment chantes-tu le lieu que la dualité ne peut atteindre ? »

Kanshi dit : « Il n'y a aucun lieu où cela puisse être rencontré. Mais à l'intérieur du principe mystique, cela n'est jamais perdu. »

Un moine demanda : « Partout il y a des mots et des phrases, mais ils sont tous épuisés dans le moment présent. Je viens devant le maître pour demander qu'il pointe directement. »

Kanshi dit : « Si ce n'est pas révélé devant les yeux, il n'y a pas de confusion après les mots. »

Un moine demanda : « Quelle est l'affaire transcendante ? »

Kanshi dit : « Pivotant mais ne changeant pas de position. Tout signe particulier est mauvais. »

Héritage

Dōan Kanshi transmit le dharma à Ryōzan Enkan (梁山縁観), le 43e patriarche, perpétuant ainsi la lignée Caodong. C'est par cette chaîne que la transmission arriva jusqu'à Taiyō Kyōgen (Dayang Jingxuan, 44e patriarche), qui faillit voir la lignée s'éteindre avant que Tōshi Gisei (Touzi Yiqing, 45e patriarche) ne la revitalise.

Ainsi, bien que les détails historiques soient incertains, Dōan Kanshi occupe une place essentielle comme maillon de la lignée qui, par Fuyō Dōkai, Tanka Shijun, et Chōro Seiryō, mènera jusqu'à Tendō Nyojō et finalement Dōgen au Japon.

Sources

  • Andy Ferguson, Zen's Chinese Heritage: The Masters and Their Teachings, Wisdom Publications, 2011 — pp. 316–317
  • Wikipedia — Tongan Guanzhi
  • Terebess Online — Fiche Tongan Guanzhi
  • John Daido Loori et Kazuaki Tanahashi, The True Dharma Eye: Zen Master Dogen's Three Hundred Koans, Shambhala, 2009 — p. 432
  • Morten Schlütter, How Zen Became Zen, University of Hawaii Press, 2010 — pp. 93–94, 210

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