Kanadaiba

迦那提婆
Āryadeva · Kāṇadeva · IIIe siècle
École
Madhyamaka · Chan/Zen (15e patriarche indien)
Maître
Nāgārjuna (Nagyaharajuna, 14e patriarche)
Disciples
Rāhulabhadra
Fonction
15e patriarche de la lignée Sōtō · 16e patriarche indien du Denkōroku
Œuvre principale
Catuḥśataka (Quatre Cents Versets) · Śataka (Cent Versets)
Kanadaiba
Public domain · Rartat — Wikimedia Commons

Présentation

Āryadeva (Kanadaiba), aussi connu sous le nom de Kāṇadeva (« Deva au borgne »), est un philosophe bouddhiste mahāyāna majeur du IIIe siècle et le successeur direct de Nāgārjuna à la tête de l'école Madhyamaka. Dans la lignée Sōtō, il est compté comme le 15e patriarche. Né dans une famille brahmane du Sri Lanka ou d'Inde du Sud, il devint le disciple le plus brillant de Nāgārjuna, réputé pour la vigueur de ses joutes dialectiques. Son œuvre majeure, le Catuḥśataka (Quatre Cents Versets), pousse l'argument de la vacuité jusqu'à ses conséquences les plus radicales — niant toute réalité substantielle au sujet connaissant lui-même — et insiste sur l'identité du saṃsāra et du nirvāṇa, thème qui deviendra central dans le Chan/Zen.

Biographie

Kanadaiba (Āryadeva, « le noble dieu »), aussi connu sous le nom de Kāṇadeva (Deva au borgne), est un philosophe bouddhiste mahāyāna majeur du IIIe siècle, successeur direct de Nāgārjuna à la tête de l'école Madhyamaka. Dans la lignée du Sōtō Zen, il est compté comme le 15e patriarche (16e dans la numérotation indienne du Denkōroku).

Selon la tradition, Āryadeva serait né dans une famille brāhmane du Sri Lanka (Siṃhala) ou d'Inde du Sud. Jeune homme déjà versé dans les débats philosophiques, il rencontre Nāgārjuna au mont du « Pic du vautour » ou à Nālandā, et devient son disciple le plus brillant. Il est réputé pour la vigueur de ses joutes dialectiques avec les non-bouddhistes.

Son surnom Kāṇadeva (« Deva au borgne ») viendrait de la légende selon laquelle il se serait arraché un œil pour le donner en offrande — symbole de la primauté de la sagesse (prajñā) sur la vision ordinaire. Une autre tradition rapporte qu'il aurait perdu un œil lors d'une controverse avec un opposant.

Āryadeva meurt assassiné par un brahmane qu'il avait vaincu en débat ; dans ses derniers instants, il pardonne à son meurtrier et le convertit au dharma. Dans la tradition Zen, il incarne la transmission de la sagesse non-duelle du Madhyamaka au cœur de la lignée.

Enseignements principaux

Catuḥśataka — Les Quatre Cents Versets

Son œuvre majeure, le Catuḥśataka (Quatre Cents Versets), est un exposé systématique de la philosophie Madhyamaka. Il y développe la vacuité (śūnyatā) comme critique de toute position métaphysique, et défend la compassion comme inséparable de la sagesse. Le texte n'est conservé que par des traductions tibétaines et chinoises.

Le rejet de l'ego et du réel substantiel

Āryadeva pousse l'argument de Nāgārjuna jusqu'à ses conséquences les plus radicales : non seulement les phénomènes sont vides, mais le sujet connaissant lui-même est dépourvu de réalité substantielle. Il n'y a ni soi permanent, ni monde objectif indépendant — seule la vacuité est ultimement réelle, et encore ne l'est-elle qu'en tant que désignation conventionnelle.

La non-dualité

Ses écrits insistent sur l'identité du saṃsāra et du nirvāṇa — thème qui deviendra central dans le Chan/Zen. Pour Āryadeva, la libération n'est pas l'acquisition de quelque chose de nouveau, mais la reconnaissance de ce qui a toujours été présent.

Œuvres principales

  • Catuḥśataka (Quatre Cents Versets) — exposé systématique du Madhyamaka en 16 chapitres
  • *Śataka (百論, Bailun) — « Cent Versets », traduit en chinois par Kumārajīva
  • Dvādaśamukhaśāstra (十二門論) — « Traité des Douze Portes », parfois attribué à Nāgārjuna mais développé par Āryadeva
  • Āryadevaḥṛdaya — fragments d'ouvrages sur la logique et la dialectique

Héritage et postérité

Āryadeva est, avec Nāgārjuna, l'un des piliers de la philosophie Madhyamaka qui a profondément influencé toutes les écoles du Mahāyāna, et tout particulièrement le Chan/Zen. Sa critique radicale de toute fixation conceptuelle a préparé le terrain pour la méthode des kōans et l'insistance Chan sur l'expérience directe au-delà des mots.

Dans la lignée Sōtō, il est compté comme le 15e patriarche, immédiatement après Nāgārjuna (14e). Sa place dans le Denkōroku confirme la continuité de la transmission de l'éveil de l'Inde à la Chine.

Sources

  • Karen Lang, Āryadeva's Catuḥśataka, Akademisk Forlag, 1986
  • Tom Tillemans, Materials for the Study of Āryadeva, Dharmapāla and Candrakīrti, Wiener Studien zur Tibetologie und Buddhismuskunde, 1990
  • Keizan Jōkin, Denkōroku — Transmission de la Lumière
  • Andy Ferguson, Zen's Chinese Heritage, Wisdom Publications, 2011
  • Wikipedia — Āryadeva

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