Kanchi Sōsan

Présentation
Kanchi Sōsan (Sengcan, mort 606) est le troisième patriarche chinois du Chan, aussi discret que fondamental. On ne sait presque rien de sa vie — il vécut caché pendant la persécution du bouddhisme — mais son héritage littéraire est immense : on lui attribue le Xinxin Ming (Shinjinmei), « Inscription sur l'Esprit de Foi », l'un des plus célèbres poèmes du Zen, qui enseigne l'abandon de toute discrimination conceptuelle et la non-dualité. Sa transmission à Daoxin, alors âgé de quatorze ans, assura la continuité de la lignée. Le Xinxin Ming, encore récité dans les temples Sōtō aujourd'hui, est reconnu comme l'un des textes fondateurs de la littérature Chan.
Biographie
Kanchi Sōsan (Sengcan) est le troisième patriarche chinois du Chan. L'année et le lieu de sa naissance sont inconnus, de même que son nom de famille. Il apparaît pour la première fois dans l'histoire vers 536, alors qu'il est déjà âgé de plus de quarante ans.
La rencontre avec Huike
Le Transmission de la Lampe rapporte l'échange suivant entre Sengcan et Huike :
Sengcan : « Je suis accablé de maladie. Je vous en prie, absous-moi de mes péchés. »
Huike : « Apporte-moi ton péché ici, et je t'en absoudrai. »
Sengcan (après un long silence) : « Quand je cherche mon péché, je ne peux le trouver. »
Huike : « Je t'ai absous. Tu devrais vivre selon le Bouddha, le Dharma et le Saṅgha. »
À cet échange, Sengcan fut éveillé. Il resta auprès de Huike pendant deux ans (certaines sources disent six ans) et reçut la transmission du dharma. Huike lui donna le nom de Sengcan (« Joyau du Saṅgha »).
La vie cachée
Après avoir reçu la transmission, Sengcan vécut en ermite, fuyant la persécution du bouddhisme qui ravageait la Chine des Zhou du Nord. Il se cacha sur le mont Wangong dans le Yixian, puis sur le mont Sikong (Anhui), errant sans domicile fixe pendant dix ans.
En 592, il rencontra le jeune Daoxin, âgé de seulement quatorze ans. Daoxin l'interrogea sur la libération :
Daoxin : « Je demande la compassion du Maître. Veuillez m'instruire sur la manière d'atteindre la libération. »
Sengcan : « Y a-t-il quelqu'un qui te contraint (t'enchaîne) ? »
Daoxin : « Il n'y a personne. »
Sengcan : « Alors pourquoi chercher la libération alors que nul ne te contraint ? »
À ces mots, Daoxin fut éveillé. Il resta au service de Sengcan pendant neuf ans et reçut la transmission. Sengcan se retira ensuite et vécut seul jusqu'à sa mort, en 606, sur le mont Sikong.
Œuvre : le Xinxin Ming
Sengcan est surtout connu comme l'auteur putatif du Xinxin Ming (信心銘, Shinjinmei en japonais), « Inscription sur l'Esprit de Foi », l'un des plus célèbres poèmes du Chan. Ce texte de 146 versets (ou 148 selon les versions) est une perle de la poésie et de la pensée Chan :
La Voie suprême n'est pas difficile
Il suffit de ne pas faire de choix (préférences).
Aimez-vous et haïssez-vous à peine :
Elle vous apparaît claire et distincte.
Le poème enseigne la non-dualité et l'abandon de toute discrimination conceptuelle — thème qui deviendra central dans tout le Zen. Il est encore récité et commenté dans les temples Sōtō aujourd'hui.
Héritage
Sengcan est le patriarche le plus discret de la tradition Chan — on ne sait presque rien de sa vie. Mais son héritage est immense : le Xinxin Ming est l'un des textes les plus vénérés du Zen, et sa transmission à Daoxin a assuré la continuité de la lignée jusqu'à nos jours.
Sources
- Jianzhi Sengcan, Xinxin Ming (信心銘) — trad. française disponible
- Keizan Jōkin, Denkōroku
- Heinrich Dumoulin, Zen Buddhism: A History, vol. I, Macmillan, 1988
- Andy Ferguson, Zen's Chinese Heritage, Wisdom Publications, 2011
- Wikipedia — Sengcan
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