Keizan Shingi

calligraphy
Les Règles Monastiques de Keizan

Présentation

Le Keizan Shingi (瑩山清規), ou « Règles de Pureté de Keizan », est le code monastique compilé par Keizan Jōkin (瑩山紹瑾, 1268–1325), le quatrième patriarche de l'école Sōtō japonaise et le fondateur du monastère de Sōji-ji. Si Dōgen transmit l'essence du Dharma et les règles fondamentales de la vie monastique depuis la Chine, Keizan les adapta au contexte japonais et les développa pour répondre aux besoins d'une communauté bouddhiste en pleine expansion.

Le Keizan Shingi reprend et prolonge l'Eihei Shingi de Dōgen, mais y ajoute des instructions détaillées sur les rituels et les cérémonies qui allaient devenir la marque distinctive de l'école Sōtō japonaise, notamment les rites funéraires, les services pour les ancêtres, et les cérémonies de transmission du Dharma. C'est à travers le Keizan Shingi que le bouddhisme Sōtō s'enracina dans la société japonaise médiévale.

Le texte est rédigé en japonais classique mélangé de kanbun (chinois classique à la japonaise). Il n'est pas encore entièrement traduit en français ; la présente page offre une introduction à ce texte fondamental de la tradition Sōtō.

Contexte historique

Keizan Jōkin naquit en 1268, quinze ans après la mort de Dōgen. Il étudia auprès de Koun Ejō (孤雲懷奘, 1198–1280), le deuxième patriarche Sōtō, puis de Tettsū Gikai (徹通義介, 1219–1309), le troisième patriarche. Héritier de son maître Tettsū Gikai — qui, lui, avait séjourné en Chine (1259–1262) et en avait rapporté les règles monastiques des grandes communautés des Song —, Keizan fonda le monastère de Yōkō-ji en 1313, puis Sōji-ji en 1321 dans la province de Noto (actuelle préfecture d'Ishikawa).

Sōji-ji devint rapidement l'un des deux principaux centres de l'école Sōtō, aux côtés d'Eihei-ji fondé par Dōgen. Sous la direction de Keizan, la communauté se développa considérablement, et il devint nécessaire de formaliser les règles de la vie monastique pour une communauté plus nombreuse et diverse que celle des débuts d'Eihei-ji.

Le Keizan Shingi fut compilé pour répondre à ce besoin. Il reprend la structure des codes chinois (le Chanyuan Qinggui et ses dérivés) et de l'Eihei Shingi de Dōgen, mais innove en intégrant des éléments de la culture bouddhiste japonaise — notamment les rites pour les morts, qui devinrent centraux dans la pratique Sōtō au Japon.

Contenu et structure

Le Keizan Shingi couvre un large éventail de sujets :

  • Règles pour l'abbé : installation, responsabilités, succession
  • Rituels journaliers : récitation des sūtra, cérémonies du matin et du soir
  • Cérémonies saisonnières : célébrations liées au calendrier bouddhiste japonais
  • Rites funéraires : procédures détaillées pour les moines et les laïcs
  • Règles pour les novices : formation, ordination, préceptes
  • Administration du monastère : gestion des terres, des offrandes, des finances

L'accent mis sur les rites funéraires est particulièrement significatif : c'est en grande partie grâce aux services pour les morts que l'école Sōtō s'implanta dans les communautés rurales japonaises, chaque famille ayant besoin d'un prêtre pour assurer le salut de ses ancêtres.

Importance dans la tradition

Le Keizan Shingi occupe une place unique dans l'histoire de l'école Sōtō. Si Dōgen est le fondateur spirituel qui apporta l'essence du Dharma de Chine, Keizan est le véritable organisateur de l'institution Sōtō. Sans son code monastique, l'école n'aurait peut-être pas survécu à la période turbulente des guerres civiles japonaises (XIVe–XVIe siècles).

Le Keizan Shingi est traditionnellement étudié avec l'Eihei Shingi dans les monastères Sōtō. Ensemble, ils forment la base de la formation monastique : le premier pour l'essence de la pratique du zazen selon Dōgen, le second pour l'organisation concrète de la vie communautaire selon Keizan.

Texte original

Le texte du Keizan Shingi est conservé dans le Sōtōshū Zensho (宗乗全書) et dans diverses éditions du canon bouddhiste japonais.

Sources en ligne :

Texte original en japonais classique (文語/kanbun) · Source : Sōtōshū Zensho, domaine public · Présentation Mokusan, CC BY-NC-SA 4.0

Keizan Jōkin · Kamakura (v. 1320)

Guide Zen

DeepSeek V3.2
Keizan Shingi (瑩山清規) — Keizan Jōkin (v. 1320)
Posez une question sur ce texte.