Set-chō Chikan

Présentation
Set-chō Chikan (Xuedou Zhijian, 1105–1192), également connu sous le nom de Zu'an, est le 50e patriarche du Sōtō Zen. Né dans l'Anhui sous les Song du Sud, il étudia d'abord auprès de Chōro Seiryō avant de recevoir la transmission de Tendō Sōkaku. Son éveil, qui survint tard dans la nuit malgré d'étranges apparitions, fut reconnu par Sōkaku comme une authentique illumination. Abbé du mont Xuedou, il passa ses dernières années en ermite. Il est le maître de Tendō Nyojō, qui transmettra le dharma à Dōgen.
Biographie
Set-chō Chikan (Xuedou Zhijian), également connu sous le nom de Zu'an (足庵, « l'Ermite qui se suffit à lui-même »), naît en 1105 dans l'ancienne ville de Chuzhou, dans l'actuelle province de l'Anhui (Chine), sous la dynastie des Song du Sud. Les détails de sa vie ne nous sont parvenus que de manière fragmentaire.
Une légende de son enfance raconte que sa mère, en lui lavant les mains, remarqua une marque particulière sur ses paumes. Elle demanda : « Qu'est-ce que c'est ? » Le jeune garçon répondit : « Mes mains sont comme les mains du Bouddha » — présage de sa future réalisation.
Set-chō étudie d'abord sous la direction du maître Shin'yetsu Seiryō (Zhenxie Qingliao, 1088–1151) au monastère Changlu. Il poursuit ensuite sa formation auprès de Tendō Sōkaku (Tiantong Zongjue, 1091–1162), héritier du dharma de Seiryō. Sōkaku reconnaît rapidement en lui un « grand vaisseau du dharma » (大法器) et, après son éveil tardif une nuit, malgré l'apparition de cent apparitions étranges, il confirme son illumination et lui transmet le sceau du dharma de l'école Caodong.
En 1154, Set-chō devient abbé du monastère Xizhen (西真寺), près de l'actuelle Hangzhou. En 1184, il s'installe au mont Set-chō (雪竇山, Xuedou Shan, « la Grotte de Neige »), où un grand nombre d'étudiants se rassemblent autour de lui. Ses dernières années, il les passe en ermitage dans une chaumière à l'est du temple, loin de l'agitation monastique. Il s'éteint en 1192.
Enseignement et caractère
Set-chō Chikan est décrit dans les chroniques comme un maître à l'esprit vif et indépendant, n'hésitant pas à critiquer même les figures les plus respectées de son époque. Selon le Sōrin Seishi (Gloires des Monastères, 1199) de Guyue Daorong, il composa un vers célèbre se moquant du renommé maître Wanshi Shōgaku (Hongzhi Zhengjue, 1091–1157), figure majeure du Caodong de son temps :
Joindre les paumes devant, se frapper la poitrine dans le dos. »
Ce vers fait allusion à Sizong, un célèbre disciple de Hongzhi, et à Yetang Puchong, un étudiant qui quitta Hongzhi pour étudier sous Caotang Shanqing — un maître de l'école rivale Rinzai. La pique de Set-chō révèle un tempérament peu enclin à la déférence aveugle envers les autorités établies.
À l'occasion de sa prise de fonction comme abbé, il adressa ce discours à la communauté :
Au fond du plus profond océan, on ne peut descendre plus bas.
Si vous dites que c'est le Bouddha, vous vous couvrez la tête ;
Si vous dites que ce n'est pas le Bouddha, vous vous brisez le crâne.
Dites-moi vite : qu'est-ce que c'est ? »
Relation avec Tendō Nyojō
Le disciple le plus illustre de Set-chō est Tendō Nyojō (Tiantong Rujing, 1163–1228), qui deviendra le 51e patriarche et le maître de Dōgen. C'est Set-chō qui transmet à Nyojō le sceau du dharma de l'école Caodong, faisant de lui le 16e descendant dharma de Daikan Enō (Huineng).
Nyojō hérite de Set-chō un Chan exigeant et poétique, marqué par un profond sens de l'humilité et une liberté d'expression sans compromis. Les sermons de Nyojō, compilés dans le Nyojō Goroku, portent la marque de cet héritage : des métaphores naturelles saisissantes, des admonestations sévères, et une confiance radicale dans la pratique assise (shikantaza).
Dans la transmission Sōtō, Set-chō est le chaînon entre Tendō Sōkaku (49e patriarche, avec qui il est parfois confondu dans la numérotation) et Tendō Nyojō (51e). Certaines listes le donnent comme 49e, d'autres comme 50e patriarche.
Héritage et postérité
L'influence de Set-chō Chikan est discrète mais décisive. Il est le gardien du dharma Caodong à l'une des périodes les plus créatives de son histoire — la renaissance Song du Sud, après la quasi-extinction de la lignée au Xe siècle. Sans lui, la transmission à Tendō Nyojō, puis à Dōgen, n'aurait pas eu lieu.
Son nom même — Set-chō (雪竇, Xuedou, « Grotte de Neige ») — est une référence au célèbre mont Set-chō, l'un des hauts lieux du Chan en Chine, qui abritait un monastère où enseignèrent plusieurs grandes figures avant et après lui. C'est également le nom adopté par un autre grand maître Chan, Set-chō Jūken (Xuedou Chongxian, 980–1052), auteur du célèbre recueil de kōans Setsuō Jūroku.
Dans le Denkōroku de Keizan Jōkin, la lignée passe de Tendō Sōkaku à Set-chō Chikan, puis à Tendō Nyojō — trois patriarches qui maintinrent la flamme du Caodong vivante pendant le XIIe siècle, avant qu'elle ne traverse la mer jusqu'au Japon avec Dōgen.
Sources
- Andy Ferguson, Zen's Chinese Heritage: The Masters and Their Teachings, Wisdom Publications, 2011 — pp. 489–490
- Keizan Jōkin, Denkōroku — entre les cas 49 (Sōkaku) et 51 (Nyojō)
- Guyue Daorong, Conglin shengshi (Glories des Monastères, 1199)
- Morten Schlütter, How Zen Became Zen, University of Hawai'i Press, 2008
- Wikipedia — Xuedou Zhijian
- Terebess Online — Fiche Xuedou Zhijian
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