Mahākāśyapa
Présentation
Mahākāśyapa est le premier maillon de la chaîne de transmission après Śākyamuni. Son cas pivote sur l'événement fondateur du Chan/Zen : lors d'une assemblée au Pic du Vautour, le Bouddha brandit silencieusement une fleur ; Kāśyapa seul sourit. Ce sourire constitue la première transmission du Dharma « hors des écritures » (kyōge betsuden).
Keizan interroge : que fut-il transmis ? Ce sourire ne signifiait pas que Kāśyapa avait compris quelque chose que les autres n'avaient pas compris. Ce n'était pas une transmission d'objet à objet. Dans ce sourire résidait la totalité — sans rien acquérir de nouveau.
Premier ancêtre, le vénérable Mahakashyapa. Lorsque le Bouddha leva une fleur et cligna des yeux, Mahakashyapa rompit son visage austère en un léger sourire. Le Bouddha déclara : J'ai le trésor de l'œil du vrai dharma, l'esprit merveilleux du nirvana, que je transmets à Mahakashyapa.
Le vénérable Mahakashyapa était de la caste brahmane. En sanskrit Kashyapa, on l'appelle ici le Vénérable Vainqueur qui Boit la Lumière. À sa naissance, une lumière dorée remplit la chambre, toute cette lumière entra dans la bouche du vénérable, d'où son nom de Buveur de Lumière. Son corps était couleur d'or, orné des trente-deux marques. Seule la touffe de poils blancs entre les sourcils manquait.
Toute la lumière entra dans la bouche du vénérable, d'où son nom de Buveur de Lumière. Devant la Stupa aux Multiples Enfants, il rencontra pour la première fois le Bouddha. Lorsque le Bouddha dit 'Bienvenue, bhikkhu', sa barbe et ses cheveux tombèrent aussitôt et la robe kashaya se posa sur son corps. Alors [le Bouddha] lui transmit le trésor de l'œil du vrai dharma. Il pratiqua les douze austérités (dhuta) et ne laissa passer aucun moment en vain tout au long des douze périodes.
Mais voyant son apparence laide et négligée et ses vêtements grossiers, toute l'assemblée s'en étonnait. Pour cette raison, à chaque assemblée de prédication, le Bouddha Shakyamuni partageait son siège et faisait asseoir Kashyapa. Depuis lors, il fut le premier siège de l'assemblée. Seulement,
Il n'était pas seulement le premier siège de l'assemblée du Bouddha Shakyamuni. Il fut aussi le premier siège inébranlable des assemblées des bouddhas du passé. Sachez qu'il est un ancien bouddha. Ne le rangez surtout pas parmi les disciples shravakas.
Or, lors de l'assemblée du Pic des Vautours, devant quatre-vingt mille personnes, le Bouddha leva une fleur et cligna des yeux. Personne ne comprit son esprit, tous restèrent silencieux. Alors Mahakashyapa seul rompit son visage austère en un léger sourire. Le Bouddha déclara : J'ai le trésor de l'œil du vrai dharma, l'esprit merveilleux du nirvana, la porte du dharma parfaitement lumineuse et sans marques, que je transmets entièrement au grand Kashyapa.
Ce qu'on appelle alors la cueillette de la fleur a été transmis de patriarche en patriarche, sans jamais permettre aux profanes d'en connaître le secret. Ainsi, ni les maîtres des sutras ni les commentateurs, ni même la plupart des maîtres chan ne peuvent le comprendre. En vérité, ils savent qu'ils ne connaissent pas le lieu véritable.
Cependant, bien que cela soit ainsi, cette affaire publique n'est pas celle de l'assemblée du Pic des Vautours. C'est la parole prononcée devant la Pagode des Multitudes lors de la transmission. Ce que rapportent le Recueil de la Transmission de la Lampe et autres recueils ne concerne pas l'enseignement de l'assemblée du Pic des Vautours. Lors de la première transmission du dharma bouddhique, il y eut une telle forme.
Ainsi, sans être un patriarche transmettant le sceau de l'esprit du Bouddha, on ne connaît pas le moment de cette cueillette de la fleur, ni n'en éclaire le sens. Ô vertueux du chan, méditez avec soin, voyez avec précision, connaissez pourquoi Kāśyapa est Kāśyapa, éclairez pourquoi Śākyamuni est Śākyamuni, et transmettez profondément la voie merveilleuse et parfaite.
Laissons un instant la cueillette de la fleur : que chacun éclaire le lieu où il cligna des yeux. Quand vous, habituellement, levez les sourcils et clignez des yeux, cela ne diffère pas d'un cheveu de la cueillette de la fleur et du clignement d'yeux de Gautama. Quand vous parlez et souriez, cela ne diffère pas d'un cheveu du sourire éclatant de Mahākāśyapa.
Cependant, si l'on n'éclaire pas celui qui leva les sourcils et cligna des yeux, alors en Occident il y a Śākyamuni et Kāśyapa, et en son propre cœur il y a peau, chair, os et moelle ; ces nombreuses fleurs visuelles, ces innombrables poussières flottantes, depuis d'innombrables kalpas jamais libérées, sombreront aussi dans les kalpas futurs.
Si une fois on reconnaît ce maître intérieur, alors Mahākāśyapa pourra justement bouger le doigt dans vos chaussures. Ne savez-vous pas ? Là où Gautama leva les sourcils et cligna des yeux, Gautama s'éteignit complètement. Là où Kāśyapa éclata de rire, Kāśyapa parvint à l'éveil. N'est-ce pas moi ? Le Trésor de l'Œil du Vrai Dharma s'est transmis à soi-même. Ainsi, on ne doit pas l'appeler Kāśyapa, ni l'appeler Śākyamuni. Jamais un dharma n'est donné à un autre, jamais un dharma n'est reçu par autrui. Cela s'appelle le vrai dharma. Pour le manifester, on cueille la fleur pour faire connaître l'immuable, on éclate de rire pour faire connaître la longévité. Ainsi maître et disciple se rencontrent, la lignée vitale circule.
En moi réside le Trésor de l'Œil du Dharma véritable. La connaissance parfaite et lumineuse ne s'égare pas dans les pensées, tranche directement la racine de l'intellect et pénètre dans la Montagne du Pied de Poule, attendant de loin la descente future de Maitreya. Ainsi, Mahākāśyapa n'est pas entré en extinction aujourd'hui. Si vous, les gens, étudiez la Voie de près et percevez en détail, non seulement Kāśyapa n'est pas éteint, mais Śākyamuni est aussi éternel. Ainsi, vous tous, depuis l'Inengendré, pointez directement et transmettez simplement, traversant l'ancien et le présent, frappant et cognant. Ainsi, ne vous attardez pas à vénérer le passé d'il y a deux mille ans. Si seulement vous pratiquez la Voie avec diligence aujourd'hui, Kāśyapa n'entrera pas dans la Montagne du Pied de Poule, mais pourra justement apparaître dans le pays du Japon. Ainsi, la chair et le sang de Śākyamuni sont encore chauds aujourd'hui, et le sourire de Kāśyapa sera de nouveau frais.
Quand vous atteignez un tel état, vous, au contraire, succédez à Kāśyapa, et Kāśyapa, au contraire, vous reçoit. Non seulement les Sept Bouddhas vous parviennent, mais vous pouvez justement devenir les ancêtres-maîtres des Sept Bouddhas. Sans commencement ni fin, transcendant l'ancien et le présent, c'est précisément cela, le Trésor de l'Œil du Dharma véritable est confié et présent. Ainsi, Śākyamuni aussi reçoit la transmission de Kāśyapa et réside aujourd'hui dans le Ciel Tuṣita. Vous aussi, sur l'assemblée du Pic des Vautours, vous êtes présents et immuables.
Ne voyez-vous pas qu'il est dit : 'Toujours présent sur le Pic des Vautours, et dans tous les autres lieux de résidence, quand le grand feu brûle, ma terre demeure paisible,'
'Les êtres célestes et humains la remplissent constamment.'Seulement, ce n'est pas que le lieu de résidence soit uniquement l'assemblée du Pic des Vautours ; comment l'Inde, la Chine et notre pays pourraient-ils en être exclus ? Le vrai Dharma du Tathāgata circule sans manquer d'un seul cheveu. Si tel est le cas, cette assemblée doit être l'assemblée du Pic des Vautours. Le Pic des Vautours est cette assemblée.
Toujours présent sur le Pic des Vautours et dans tous les autres lieux de résidence.
Quand les êtres sensibles voient la fin du kalpa, le grand feu brûle,
En cette terre, tout est paisible et sûr, les êtres célestes et humains la peuplent constamment. Seulement, selon l'ardeur ou la négligence de chacun, les bouddhas émergent et disparaissent. Aujourd'hui encore, si vous pratiquez assidûment et percevez clairement dans le détail, le Bouddha Shakyamuni apparaît directement. Seulement, à cause de votre propre incompréhension, le Bouddha Shakyamuni est entré autrefois dans le nirvana. Vous êtes déjà des enfants du Bouddha. Comment pourriez-vous tuer le Bouddha ? Ainsi, pratiquez avec diligence et rencontrez rapidement votre père bienveillant. Ordinairement, le vieux Shakyamuni marche, se tient debout, s'assied et se couche avec vous, parle et écoute avec vous, sans jamais se séparer de vous un seul instant. Si durant cette vie vous ne voyez pas ce vieil homme, vous tous serez des personnes sans piété filiale, bien que vous soyez appelés enfants du Bouddha. Si vous êtes sans piété filiale, même mille bouddhas ne pourront vous sauver.
Aujourd'hui, les descendants du Grand Véhicule souhaitent également indiquer et expliquer cette vérité, mais il y a des paroles humbles. Êtes-vous prêts à écouter, vous tous ?
On peut savoir qu'au plus profond des vallées nuageuses, il y a encore des pins sacrés qui traversent les hivers rigoureux.
Dans les Entretiens de Confucius, livre IX, il est dit : 'Lorsque l'hiver est rigoureux, alors seulement on sait que le pin et le cyprès sont les derniers à perdre leurs feuilles.'
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第一祖、摩訶迦葉尊者。因世尊拈華瞬目、迦葉破顏微笑。世尊曰、吾有正法眼藏涅槃妙心、付囑摩訶迦葉。
摩訶迦葉尊者、姓は婆羅門。梵には迦葉波、此に飮光勝尊と曰ふ。尊者生る時、金光、室に滿て、光ことごとく尊者の口に入る、因りて飮光と稱す。其身金色にして、三十一相を具足せり。唯烏瑟白毫の欠たるのみなり。
とく尊者の口に入る、因りて飮光と稱す). → .多子塔前にして、初て世尊に値ひたてまつる。世尊、善來比丘とのたもふに、鬚髪すみやかに落ち袈裟體に掛る。乃ち正法眼藏を以て付囑し、十二頭陀を行じて、十二時中虛しく過ごさず。
但形の醜悴し衣の麤陋なるを見て、一會悉く怪む。之に依て、處處の説法の會毎に、釋尊座を分ち迦葉を居らしむ。然しより衆會の上座たり。唯、
釋迦牟尼佛一會の上座たるのみに非ず。過去諸佛の一會にも不退の上座たり。知るべし、是れ古佛なりといふことを。唯諸の聲聞の弟子の中に排列すること勿れ。
然るに靈山會上八萬衆前にして、世尊拈華瞬目す。皆心を知らず、默然たり。時に摩訶迦葉獨り破顏微笑す。世尊曰く、吾に正法眼藏涅槃妙心、圓明無相の法門あり、悉く大迦葉に付囑すと。
謂ゆる彼時の拈華は祖祖單傳し來りて、妄りに外人をして知らしむることなし。故に經師論師、多くの禪師の知るべき所に非ず。實に知りぬ、其實處を知らざることを。
然も恁麼なりと雖も、恁麼の公案、靈山會上の公案に非ず。多子塔前にして付囑せし時の言なり。傳燈錄、普燈錄等に載る所は、是れ靈山會上の説といふこと非なり。最初に佛法を付囑せしとき、是の如きの式あり。
故に佛心印を傳ふる祖師に非ざれば、彼の拈華の時節を知らず、又彼の拈華を明らめず。諸禪德、子細に參到し、子細に見得して、迦葉の迦葉たることを知り、釋迦の釋迦たることを明らめ、深く圓妙の道を單傳すべし。
拈華は暫らく置く、彼の瞬目せし所、人人明らめ來るべし。汝等よのつね揚眉瞬目すると、又是れ瞿曇の拈華瞬目せしと、一毫髪も隔らず。汝等、語話微笑すると、摩訶迦葉、破顏微笑せしと、全く毫髪も異なることなし。
然れども、彼の揚眉瞬目せし者を明らめざれば、西天に釋迦あり迦葉あり、自心に皮肉骨髓あり、許多の眼華、多少の浮塵、無量劫來、未だ曾て解脱せず、未來劫も亦沈淪すべし。
若し一度彼の主人公を識得せば、摩訶迦葉まさに、汝諸人の鞋裏に在て動指することを得ん。知らずや、瞿曇揚眉瞬目せし所に、瞿曇乃ち滅却し了ることを。迦葉破顏せし所に、迦葉乃ち得悟し來ることを。是れ則ち吾有に非ずや。正法眼藏却て自己に付囑し畢りぬ。故に喚で迦葉と爲すべからず、喚で釋迦と爲すべからず。曾て、一法の他に與ふるなく、一法の人に受るなし。之を喚で正法と爲す。彼れを顯はさんが爲に、華を拈じて不變なることを知らしめ、破顏して長齡なることを知らしむ。恁麼に師資相見、命脈流通す。
吾れに正法眼藏有り).圓明の了知、心念渉らず、正しく意根を坐斷し鷄足山に入り、遥に慈氏の下生を待つ。故に摩訶迦葉、今に入滅せず。諸人、若し親く學道して子細に參徹せば、迦葉不滅のみに非ず、釋迦も亦た常住なり。故に汝等諸人、未曾生より直指單傳して、古に亙り今に亙りて築著磕著す。故に諸人二千年前の昔を思慕すること勿れ。唯急に今日に辦道せば、迦葉鷄足に入らず、正に扶桑國に在て出世することを得ん。故に釋迦の肉親今猶ほ暖かに、迦葉微笑また更に新たならん。
恁麼の田地に到り得ば、汝等却て迦葉に嗣ぎ、迦葉却て汝等に受けん。七佛より汝等に到るのみに非ず、汝等まさに七佛の祖師たることを得ん。無始無終古來今を絶して、卽ち是れ正法眼藏付囑有在ならん。之に依て釋迦も迦葉の付囑を得て、兜卒天に今に有在なり。汝等も靈山會上にして有在不變易なり。
道ふことを見ずや、常在靈鷲山、及餘諸住處、大火所燒時、我此土安穩、
天人常充滿と。唯、靈山會上のみ所住處といふに非ず、豈、梵漢本朝も亦た洩るることあらんや。如來の正法流轉して一毫髪も欠ることなし。若し然れば此會は、是れ靈山會たるべし。靈山は是れ此會たるべし。
常在靈鷲山 及餘諸住處。
衆生見劫盡 大火所燒時、
我此土安隱、天人常充滿。(T 262.9.43c5-7)唯諸人の精進と不精進とに依て、諸佛、頭出頭沒せるのみなり。今日も頻りに辦道し、子細に通徹せば、釋尊直に出世なり。唯、汝等自己不明に依て釋尊昔日入滅す。汝等已に佛子たり。何ぞ佛を殺すべけんや。故に急に辦道して速かに慈父と相見すべし。よのつね釋迦老漢、汝等と倶に行住坐臥し、汝等と倶に言語伺候して、一時も相離るることなし。一生若し彼の老漢を見ずんば、諸人悉く皆不孝の人たらん、已に佛子といふ。若し不孝の者たらば、千佛の手も及ばず。
今日大乘の子孫、また恁麼の道理を指説せんとするに卑語あり。諸人、聞かんと要すや。
可知雲谷幽深處。更有靈松歴歳寒。
《論語、子罕第九》子曰歳寒、然後知松柏之後彫也。(
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
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