Bodhidharma
Présentation
Le cas 29 marque le pivot entre la lignée indienne et la lignée chinoise du Dharma. Bodhidharma traverse les mers pour atteindre la Chine — où le Dharma ne l'attend pas encore. L'inutilité de son entretien avec l'Empereur Wu, suivie de neuf années de zazen face au mur à Songshan, puis la rencontre décisive avec Huike dans la neige, forment les trois temps d'un enseignement silencieux.
Keizan commente la formule centrale : « Vaste vide, rien de sacré » (kokuzen mujō) — non comme nihilisme, mais comme libération radicale à l'égard de toute catégorie, même spirituelle. Et l'échange sur la paix de l'esprit : « Je cherche mon esprit mais ne puis le trouver. — Je t'ai apaisé l'esprit. »
Le vingt-huitième ancêtre, le vénérable Bodhidharma, fut interrogé par le vingt-septième ancêtre, le vénérable Prajñātāra.
« Parmi toutes les choses, quelle chose est sans caractéristique ? » Le maître dit : « Ce qui ne surgit pas est sans caractéristique. » L'ancêtre dit : « Parmi toutes les choses, quelle chose est la plus grande ? » Le maître dit : « La nature du dharma est la plus grande. »
Il était de la caste des Kshatriya. Son nom originel était Bodhitara. Il était le troisième fils du roi Siṃha du sud de l'Inde.
Ce roi vénérait et honorait profondément le dharma du Bouddha, surpassant ses pairs. En une occasion, il offrit une perle précieuse inestimable à Prajñātāra. Le roi avait trois fils : le premier s'appelait Candratāra, le deuxième Guṇatāra, et le troisième Bodhitāra. Le vénérable, désirant éprouver la sagesse du prince héritier, montra la perle précieuse qu'il avait reçue en offrande aux trois princes et dit : « Existe-t-il quelque chose qui puisse égaler cette perle précieuse ? » Le premier et le deuxième dirent : « Cette perle est la plus vénérable parmi les sept trésors, assurément rien ne la surpasse. Sans la puissance du dharma du vénérable, qui pourrait la recevoir ? » Le troisième, Bodhitāra, dit : « Ceci est un trésor mondain, il ne suffit pas pour être considéré comme suprême. Parmi tous les trésors, le trésor du dharma est suprême. Ceci est une lumière mondaine, elle ne suffit pas pour être considérée comme suprême. Parmi toutes les lumières, la lumière de la sagesse est suprême. Ceci est une clarté mondaine, elle ne suffit pas pour être considérée comme suprême. Parmi toutes les clartés, la clarté de l'esprit est suprême. La lumière de cette perle ne peut briller d'elle-même ; elle doit nécessairement emprunter la lumière de la sagesse pour la faire rayonner. Une fois cela discuté et compris,
on sait alors que c'est une perle. Une fois cette perle connue, sa nature de trésor devient claire. Si sa nature de trésor est clarifiée, le trésor n'est pas un trésor par lui-même. Si cette perle est discutée, la perle n'est pas une perle par elle-même. Que la perle ne soit pas une perle par elle-même, c'est parce qu'il faut nécessairement emprunter la perle de la sagesse pour discerner la perle mondaine. Que le trésor ne soit pas un trésor par lui-même, c'est parce qu'il faut nécessairement emprunter le trésor de la sagesse pour clarifier le trésor du dharma. Le dharma du maître, étant le trésor de la sagesse, suscite donc aujourd'hui le trésor mondain. Ainsi, lorsque le maître possède le dharma, son trésor apparaît immédiatement ; lorsque les êtres sensibles possèdent le dharma, leur trésor apparaît immédiatement. Lorsque les êtres sensibles possèdent le dharma, le trésor de l'esprit est également ainsi.
Le roi s'appelait Siṃha. Il vénérait et honorait profondément le véhicule du Bouddha, le respectant et le soutenant, surpassant ses pairs. Il offrit également une perle précieuse inestimable. À cette époque, le roi avait trois fils. Le plus jeune était un bodhisattva. Le vénérable, désirant éprouver ce qu'ils avaient réalisé, prit la perle qui lui avait été offerte et demanda aux trois princes : « Cette perle est parfaitement ronde et lumineuse ; existe-t-il quelque chose qui puisse l'égaler ? » Le premier fils s'appelait Candratāra. Le deuxième fils s'appelait Guṇatāra.
Parmi toutes les lumières, la lumière de la sagesse est suprême. Cela est la clarté du monde, insuffisante pour être suprême. Parmi toutes les clartés, la clarté du cœur est suprême. Cette perle lumineuse ne peut s'éclairer elle-même. Il faut emprunter la lumière de la sagesse pour discerner cela. Une fois cela discerné, on connaît alors cette perle. Une fois cette perle connue, on éclaire alors son trésor. Si l'on éclaire le trésor, le trésor ne se trésorifie pas lui-même. Si l'on discerne la perle, la perle ne se perle pas elle-même. La perle ne se perle pas elle-même : il faut emprunter la perle de sagesse pour discerner la perle du monde. Le trésor ne se trésorifie pas lui-même : il faut emprunter le trésor de sagesse pour éclairer le trésor du dharma. Ainsi donc, lorsque le maître possède la voie, son trésor apparaît aussitôt. Lorsque les êtres sensibles possèdent la voie, le trésor du cœur est également ainsi.
Le temps n'étant pas encore venu, il se tut et se mêla.
Il demanda alors :
Parmi tous les phénomènes, quel phénomène est sans caractéristique ? Le maître dit : Parmi tous les phénomènes, l'absence de caractéristique ne surgit pas. Le patriarche demanda à nouveau : Parmi tous les phénomènes, quel phénomène est le plus élevé ? Le maître dit : Parmi tous les phénomènes, le soi-personnel est le plus élevé. Le patriarche demanda encore : Parmi tous les phénomènes, quel phénomène est le plus grand ? Le maître dit : Parmi tous les phénomènes, la nature du dharma est la plus grande.
Parmi tous les phénomènes, quel phénomène est le plus élevé ? Le maître dit : Le soi-personnel est le plus élevé. Le patriarche dit :
Parmi tous les phénomènes, quel phénomène est le plus grand ? Le maître dit : La nature du dharma est la plus grande.
Après de tels échanges, bien que maître et disciple aient réalisé la communion des esprits, ils attendirent encore la pleine maturation des capacités. Plus tard, le roi-père trépassa. Tous les assistants se lamentaient et s'évanouissaient de douleur, mais seul Bodhitara demeura devant le cercueil en samadhi. Après sept jours, il en sortit. Il se rendit alors auprès de Prajñatara pour demander à quitter la vie séculière.
Prajñatara, sachant que le moment était venu, lui fit quitter la vie séculière et recevoir les préceptes. Plus tard, le maître s'assit en zazen pendant sept jours dans la cellule de Prajñatara. Prajñatara lui exposa largement le principe merveilleux du zazen. En l'entendant, le maître manifesta la suprême sagesse.
Alors Prajñatara lui indiqua et dit :
Tu as déjà obtenu la mesure de pénétration dans tous les dharma. Or, 'Dharmo'signifie 'pénétrer le grand'. Il convient de te nommer Dharmo. Ainsi, il changea son nom en Bodhidharma.
Le maître, ayant quitté la vie séculière et reçu la transmission du dharma, s'agenouilla et demanda :
Ayant maintenant obtenu le dharma, vers quel pays dois-je me rendre pour accomplir l'œuvre du Bouddha ? Alors Prajñatara lui indiqua et dit : Bien que tu aies obtenu le dharma, demeure encore dans le Deccan. Après mon extinction, attends soixante-sept années, puis tu devras te rendre en Chine pour guider les êtres de grande capacité. Le maître demanda encore : Y aura-t-il dans cette terre des êtres capables de devenir des vases du dharma ? Après mille ans, des difficultés surgiront-elles à nouveau ? Prajñatara lui indiqua et dit : Dans cette terre, ceux qui obtiendront la bodhi seront innombrables. De petites difficultés pourront survenir. Il convient de bien les apaiser par toi-même. Lorsque tu arriveras, ne demeure pas dans le sud. Là-bas, ils n'aiment que les œuvres mondaines et ne voient pas le principe du Bouddha. Puis il lui montra une gatha : 'En chemin, tu traverseras les eaux puis rencontreras la chèvre, seul et anxieux tu franchiras discrètement le fleuve. Sous le soleil, pitoyables sont les deux éléphants-cheval, deux jeunes plants de cannelier prospéreront longtemps.'
« Le Recueil de la transmission de la lampe de l'ère Jingde » : Tu as déjà réalisé la mesure universelle de tous les dharmas. « Darma » signifie la pénétration de la grandeur. Il convient de te nommer Dharma. C'est pourquoi il changea son nom en « Recueil de la transmission de la lampe de l'ère Jingde ». Le maître dit alors au Vénérable : « Ayant obtenu le dharma, vers quel pays dois-je me rendre pour accomplir l'œuvre du bouddha ? Je souhaite recevoir ton enseignement. » Le Vénérable dit : « Bien que tu aies obtenu le dharma, ne voyage pas encore au loin. Demeure dans le Ciel du Sud. Après mon parinirvana, soixante-sept années plus tard, va au pays de Zhendan pour y dispenser le grand remède du dharma, directement aux racines supérieures. Prends garde à ne pas te hâter, de peur de décliner sous le soleil. » Le maître demanda encore : « Y a-t-il en ce lieu un grand bodhisattva capable de devenir un réceptacle du dharma ? Dans mille ans, y aura-t-il des obstacles ? » Le Vénérable dit : « Dans la région que tu convertiras, ceux qui obtiendront la bodhi seront innombrables. Plus de soixante ans après mon parinirvana, ce pays connaîtra une calamité. L'étoffe dans l'eau la soumettra d'elle-même. Lorsque tu arriveras, ne demeure pas dans le Sud. Là-bas, ils ne chérissent que les accomplissements mondains et ne perçoivent pas la vérité du bouddha. Même si tu y vas, ne reste pas longtemps. Écoute ma gatha : Sous la forêt, tu verras une personne, qui obtiendra sûrement le fruit de la voie. Il dit encore : « Bien que Zhendan soit vaste, il n'y a pas d'autre chemin ; il faut emprunter les pas des descendants. Le coq d'or sait porter un grain de millet, pour offrir aux arhats des dix directions. »
« Le Vaste Recueil de la lampe de l'ère Tiansheng » : Il demanda encore : « Et après cela, que se passera-t-il ? » Il dit : « Deux cent vingt ans plus tard, sous la forêt, tu verras une personne. Elle obtiendra le fruit de la voie. Écoute ma prédiction : Bien que Zhendan soit vaste, il n'y a pas d'autre chemin ; il faut emprunter les pas des neveux et descendants. Le coq d'or sait porter un grain de riz, pour offrir aux dix... » Ainsi, ayant reçu en détail la marque de la transmission, il servit à ses côtés pendant quarante ans. Après l'entrée au nirvana de Prajñātāra, son condisciple Buddhasiṃha, ayant reçu la marque de Prajñātāra, partagea avec lui la fonction de patriarche pour convertir, tandis que Buddhasiṃhavijaya divisa encore ses disciples pour former six écoles.
Le maître, ayant converti les six écoles, fut vénéré dans les dix directions. Alors qu'il approchait de soixante années d'enseignement, sachant que les conditions étaient mûres à Zhendan, il se rendit auprès du roi Vijayanandana et lui dit : « Honore et respecte les Trois Joyaux pour faire prospérer les bienfaits. Les conditions sont mûres pour moi à Zhendan. Une fois l'affaire accomplie, je reviendrai. » Le roi Vijayanandana, en larmes et pleurant de chagrin, dit : « Quel crime a commis ce pays ? Quel bon augure possède cette terre ? Cependant, puisque l'affaire de Zhendan est déjà décidée, reviens vite. N'oublie pas le pays de tes parents. » Le roi en personne l'accompagna jusqu'au bord de la mer. Le maître, traversant la vaste mer, passa par trois cycles et arriva à Nanhai. C'était la vingt-et-unième journée du neuvième mois de la première année Dingsui de l'ère Datong des Liang (ou on dit aussi la huitième année de l'ère Putong ; le nom de l'ère fut changé en mars).
« Le Recueil de la transmission de la lampe de l'ère Jingde » : Il servit avec diligence à ses côtés pendant près de quarante ans, sans jamais faillir. Lorsque le Vénérable quitta ce monde, il propagea l'enseignement dans son propre pays. À cette époque, il y avait deux maîtres. L'un se nommait Buddhasiṃha, l'autre Buddhasiṃhavijaya. Ils avaient à l'origine étudié avec le maître la contemplation du dhyāna du Petit Véhicule sous Buddha-bhadra. Buddhasiṃha, ayant rencontré le vénérable Prajñātāra, abandonna le petit pour suivre le grand et convertit avec le maître. À cette époque, on les appelait les deux portes de l'amṛta. Quant à Buddhasiṃhavijaya, il prit une autre voie... Le maître pensa en son cœur : « Les conditions sont mûres à Zhendan, le temps de la propagation est venu. » Il prit d'abord congé du stūpa du patriarche, puis dit adieu à ses condisciples. Ensuite, il se rendit auprès du roi, le réconforta et l'exhorta : « Applique-toi avec diligence aux actions pures, protège et soutiens les Trois Joyaux. Mon départ n'est pas pour longtemps, je reviendrai bientôt. » En entendant les paroles du maître, le roi, les larmes aux yeux, dit : « Quel crime a commis ce pays ? Quel bon augure possède cette terre ? Puisque mon oncle a des affinités, je ne peux le retenir. Je souhaite seulement que vous n'oubliiez pas le pays de vos parents. Une fois l'affaire accomplie, revenez vite. » Le roi prépara alors un grand navire, rempli de joyaux, et en personne conduisit ses ministres jusqu'au rivage. Le maître traversa la vaste mer, passa par trois cycles de froid et de chaud, et atteignit Nanhai. C'était précisément la vingt-et-unième journée du neuvième mois de l'année Dingsui, huitième année de l'ère Putong des Liang. C'est pourquoi il rencontra d'abord l'empereur Wu des Liang, etc. Il est dit : « Ne demeure pas dans le Sud », c'est cela. C'est pourquoi il se rendit ensuite au Wei. On parle de « flotter sur un roseau ». Généralement, les gens pensent que « un roseau » signifie une tige de roseau. Ce n'est pas que le patriarche se soit placé sur une feuille de roseau. Ce qu'on appelle « un roseau » est une petite barque de traversée, ce n'est pas un roseau. Sa forme ressemble à un roseau. « Rencontrer à nouveau le mouton » fait référence à l'empereur Wu des Liang. « Traverser le fleuve en secret » fait référence au fleuve de Yangzhou.
Ainsi, il se rendit précipitamment au temple Shaolin du mont Song. Il résida alors dans le couloir est du temple Shaolin. Les gens...
...ne pouvaient le mesurer. Il demeura assis en zazen tout le jour. C'est pourquoi on l'appelait le brāhmaṇa qui contemple le mur. Il ne parlait pas bruyamment, n'enseignait pas facilement, et ainsi passa neuf années. Après neuf ans, ayant confié la peau, la chair, les os et la moelle à quatre disciples, Daofu, Daoyu, Zongchi et Huike, il sut que leur capacité était déjà mûre.
À cette époque, il y avait deux hérétiques nommés Bodhiruci et l'avocat Guangtong. Voyant que la vertu et l'enseignement du Maître s'étaient répandus à travers le monde et que tous les gens lui rendaient hommage et respect, ils ne purent contenir leur ressentiment. Non seulement ils lancèrent des pierres et brisèrent les dents de la porte, mais ils administrèrent cinq fois un grand poison. Le Patriarche, lorsqu'il plaça le poison pour la sixième fois sur une pierre plate, celle-ci se fendit aussitôt. Il dit : « Ma mission de conversion est désormais achevée. »
Il pensa alors : « J'ai reçu le sceau de mon ancien maître et j'ai vu un grand présage dans le pays de Shen et Chi. Je sais avec certitude qu'il existe un réceptacle du Grand Véhicule. Cependant, depuis ma rencontre avec l'empereur Wu des Liang, nos esprits ne se sont pas accordés et je n'ai pas trouvé la personne. Après avoir simplement médité en vain, j'ai finalement obtenu le grand bodhisattva Shenguang, à qui j'ai transmis intégralement la voie que j'ai réalisée. L'affaire étant maintenant réglée et ma mission achevée, il est temps de partir. » Sur ces mots, il s'assit droit et trépassa. Il fut enterré au pic Xiong'er.
Plus tard, il y eut une légende selon laquelle il rencontra Songyun dans les montagnes Congling, mais en réalité, il fut enterré au pic Xiong'er.
Ceci est la version correcte.
« Le Jingde Chuandeng Lu » rapporte : L'empereur ne comprit pas. Le Maître sut que leurs esprits ne s'accordaient pas.
Bodhidharma est précisément le premier patriarche en Chine, conformément à la prédiction du vingt-septième patriarche. Dès sa première existence en tant que prince, il discerna le joyau précieux. Le Vénérable lui demanda : « Parmi toutes les choses, laquelle est sans caractéristique ? »
Le maître dit : 'Ne pas surgir, c'est le sans-forme.'Même si l'on parle de vacuité silencieuse, ce n'est pas véritablement le sans-forme. C'est pourquoi on dit : 'Ne pas surgir, c'est le sans-forme.'
Ainsi, lorsque l'on rencontre la falaise dressée sur dix mille brasses, et que l'on réalise l'éclatante clarté des cent herbes, on discerne que chaque chose n'est pas autre, mais seulement soi-même résidant dans la position du dharma. Ce n'est pas le fond du non-surgissement. Ce n'est donc pas le sans-forme.
On ne distingue même pas le ciel et la terre. À plus forte raison, comment distinguerait-on le sacré et le profane ? En cet état, aucune loi ne peut germer. Pas une poussière ne peut le souiller. Ainsi, ce n'est pas qu'il n'y ait originellement rien. Justement, c'est vaste et vide, lumineux et spirituel, clairement éveillé, sans obscurité. En ce lieu, rien ne peut lui être comparé, jamais aucun compagnon n'est venu avec lui, donc il est le plus grand des grands. C'est pourquoi on dit : 'On nomme le grand inconcevable.'On nomme aussi l'inconcevable 'nature du dharma'. Même un joyau sans prix ne peut lui être comparé. La lumière claire de l'esprit ne peut être représentée. Ainsi, ceci est la lumière du monde, encore insuffisante pour être considérée comme suprême ; on considère la lumière de la sagesse comme suprême. C'est ainsi que la discrimination vient à être comprise.
Bien que ce soit véritablement l'enseignement de la sagesse suprême, après avoir de nouveau écouté l'exposé de l'essence merveilleuse du zazen durant sept jours de méditation assise, il manifesta la sagesse insurpassable de la voie. Ainsi, on doit savoir qu'en discernant minutieusement et en atteignant profondément un tel état, on connaît alors ce que les bouddhas et patriarches ont réalisé, on éclaire ce que les bouddhas antérieurs ont déjà réalisé, et on doit être un descendant des bouddhas et patriarches. Chez ce vénérable, il y a particulièrement cet exemple de preuve. Bien qu'il ait été comme la sagesse naturelle, il manifesta à nouveau la sagesse insurpassable de la voie. Par la suite, il pénétra encore l'intention de protéger et maintenir jusqu'au futur indéfini, servit quarante ans à gauche et à droite, et examina minutieusement jusqu'à l'épuisement.
Dans le Mahaprajnaparamita Sutra, Subhuti dit au Bouddha : 'Honoré du monde, ce Prajnaparamita surgit pour la grande affaire. Honoré du monde, ce Prajnaparamita surgit pour l'affaire inconcevable.'Sans oublier la transmission, il passa soixante ans, traversant trois cycles de froid et chaleur sur les vagues du vaste océan. Finalement arrivé dans le pays de l'ignorance, au milieu de neuf ans d'assise froide, il obtint un grand réceptacle du dharma et commença à propager le vrai dharma du Tathagata, rendant ainsi la grâce de son ancien maître. Les difficultés étaient plus difficiles que toutes autres, les austérités plus austères que toutes autres.
Cependant, récemment, nombreux sont les pratiquants dont l'époque est déjà décadente et les capacités obscures et inférieures, qui souhaitent encore obtenir facilement. Je crains que de telles personnes soient du genre de ceux qui prétendent avoir obtenu sans avoir obtenu, des personnes d'orgueil spirituel, de ceux qui disent 'mieux vaut se retirer'. Ô vous, bienveillants, si vous pénétrez minutieusement les causes et conditions récentes, connaissez des choses plus élevées, brisez votre cœur, abandonnez votre corps et pratiquez la voie avec sincérité, il y aura l'influence secrète des bouddhas et vous serez directement en accord avec ce que les bouddhas et patriarches ont réalisé. Ne pensez pas qu'une demi-mesure de sagesse suffise.
Il y a aussi des paroles humbles. Veux-tu les entendre ?
Il n'y a plus de lieu ni de limite, comment pourrait-il y avoir la moindre grandeur ?
Le Zhuangzi dit : Sous le ciel, rien n'est plus grand que la pointe d'un poil d'automne, et le mont Taishan est petit.
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第二十八祖、菩提達磨尊者、因二十七祖、般若多羅尊者問、
於諸物中、何物無相。師曰、不起無相。祖曰、於諸物中、何物最大。師曰、法性最大。
刹利種なり。本は菩提多羅と名く。南印度香至王の第三子なり。
彼王、佛法を崇重して倫等に度越せり。有時、無價の寶珠を以て般若多羅に施す。王に三子あり、一は月淨多羅、二は功德多羅、三は菩提多羅と名く。尊者、太子の智慧を試みんと欲して、施す所の寶珠を以て三王子に示して曰く、能く此寶珠に及ぶ物有りや否や。第一第二《景德傳燈錄》南天竺國香至王第三子也。姓刹帝利。本名菩提多羅。(T皆曰く、此珠は七寶の中の尊なり、固に踰る物なし。尊者の道力に非んば、誰か能く是を受けん。第三菩提多羅曰く、此は是れ世寶なり、未だ上とするに足らず。諸寶の中に於ては法寶を上なりとす。此は是れ世光なり、未だ上とするに足らず。諸光の中に於ては智光を上なりとす。此は是れ世明なり、未だ上とするに足らず。諸明の中に於ては心明を上なりとす。此珠の光明は自ら照すこと能わず、必ず智光を借て此を光辨す。既に此を辨じ了れば、
卽ち是れ珠なる事を知る。既に此珠を知れば、卽ち其寶なることを明らむ。若し其寶なることを明むれば、寶自ら寶に非ず。若し其珠を辨ずれば、珠自ら珠に非ず。珠自ら珠に非ざることは、必ず智珠を假て世珠を辨ずればなり。寶自ら寶に非ざることは、必ず智寶を假て法寶を明むればなり。師の道、智寶なる故に今世寶を感ず。然れば則ち師に道あれば其寶卽ち現じ、衆生に道あれば其寶卽ち現ず。衆生に道あれば心寶亦然なり。
《景德傳燈錄》彼王名香至。崇奉佛乘尊重供養度越倫等。又施無價寶珠。時王有三子。其季開士也。尊者欲試其所得。乃以所施珠問三王子曰。此珠圓明有能及此否。第一子目淨多羅。第二子功德多羅。(T 2076.51.216a20-24).《景德傳燈錄》皆曰。此珠七寶中尊固無踰也。非尊者道力孰能受之。第三子菩提多羅曰。此是世寶未足爲上。於諸寶中法寶爲上。此是世光未足爲上。
於諸光中智光爲上。此是世明未足爲上。於諸明中心明爲上。此珠光明不能自照。要假智光光辯於此。既辯此已即知是珠。既知是珠即明其寶。若明其寶寶不自寶。若辯其珠珠不自珠。珠不自珠者。要假智珠而辯世珠。寶不自寶者。要假智寶以明法寶。然則師有其道其寶即現。衆生有道心寶亦然。(T祖、其辨説を聞て、聖降なることを知り、定て法嗣なることを辨ずれども、
時未だ到らざるを以て黙して混ぜしむ。
卽ち問て曰く、
《景德傳燈錄》以時尚未至且默而混之。(T 2076.51.216b9-10).《景德傳燈錄》於諸物中何物無相。曰。於諸物中不起無相。又問。於諸物中何物最高。曰於諸物中人我最高。又問。於諸物中何物最大。曰於諸物中法性諸物の中に於て何物か無相なる。師曰く、不起無相なり。祖曰く、
諸物の中に於て何物か最も高き。師曰く、人我最も高し。祖曰く、
諸物の中に於て何物か最も大なる。師曰く、法性最大なり。
是の如く問答して、師資、心通ずと雖も、且らく機の純熟を俟つ。後に父王崩御す。衆皆號絶するに、菩提多羅獨り柩の前にして入定、七日を經て出づ。乃ち般若多羅の處に往て出家を求む。
般若多羅、時の到ることを知て、出家受具せしむ。後に師、般若多羅の室にして七日坐禪す。般若多羅廣く坐禪の妙理を指説す。師聞て無上智を發す。
乃ち般若多羅示して曰く、
《景德傳燈錄》香至王厭世衆皆號絶。唯第三子菩提多羅。於柩前入定。經七日而出。乃求出家。(T 2076.51.216b10-12).汝諸法に於て已に通量を得たり。夫れ達磨は通大の義なり、宜く達磨と名くべし。因て號を菩提達磨と改む。
師、出家傳法して跪きて問て曰く、
我、既に得法す。當に何の國に到てか佛事を作すべき。時に般若多羅示して曰く、汝、得法すと雖も、且らく南天に留りて、我滅後六十七載を待て、當に震旦に往て大器を接すべし。師又曰く、彼土に大士の法器となるを得べしや、一千年の後、又難起ることあるべしや。般若多羅示して曰く、彼土に菩提を得ん者、擧て數ふべからず。小難ありて起ることあらん。宜く善く自ら降すべし。汝至らん時、南方に住まること勿れ。彼れ唯有爲の功業を好て佛理を見ず。卽ち偈を示して曰く、「路行跨水復逢羊、獨自棲棲暗渡江。日下可憐双象馬、二株嫩桂久昌昌。」
《景德傳燈錄》汝於諸法已得通量。夫達磨者通大之義也。宜名達磨。因改號《景德傳燈錄》師乃告尊者曰。我既得法。當往何國而作佛事。願垂開示。尊者曰。汝雖得法未可遠遊。且止南天待吾滅後六十七載。當往震旦設大法藥直接上根。慎勿速行衰於日下。師又曰。彼有大士堪爲法器否。千載之下有留難否。尊者曰。汝所化之方獲菩提者不可勝數。吾滅後六十餘年彼國有難。水中文布自善降之。汝至時南方勿住。彼唯好有爲功業不見佛理。汝縱到彼亦不可久留。聽吾偈曰。(T 2076.51.217a14-23).林下に一人を見ん、當に道果を得べし。又曰く、「震旦雖濶無別路、要假兒孫脚下行。金鷄解銜一粒粟、供養十方羅漢僧。」
《天聖廣燈錄》又問。此後如何。曰。却後二百二十年。林下見一人。當得道果。聽吾讖曰。震旦雖闊無別路、要假姪孫脚上行、金鷄解銜一顆米、供養十是の如く子細に印記を受て、左右に執侍すること四十年。般若多羅入滅の後、同學佛大先は般若多羅の印記を受て祖と化を並べ、佛大勝多は更に徒を分て六宗を爲す。
師、六宗を教化して、名十方に仰ぎ、六十餘載に向んとするに、震旦縁熟するを知て、異見王の所に往て告て曰く、三寶を敬重し以て利益を繁興すべし。我、震旦の縁熟せり。事了りなば便ち還るべし。異見王、涕涙悲泣して曰く、此國何の罪かある、彼土何の祥かある。然れども震旦の事、既に果てなば、速に還りたまふべし。父母の國を忘るること勿れ。王躬ら送て直に海堧に至る。師、重溟に汎で三周を經て南海にとつぐ。梁の大通元年丁未歳九月二十一日なり。(或は普通八年ともいふ。三月に改元す)。
《景德傳燈錄》服勤左右垂四十年未嘗廢闕。逮尊者順世。遂演化本國。時有二師。一名佛大先。一名佛大勝多。本與師同學佛陀跋陀小乘禪觀。佛大先既遇般若多羅尊者。捨小趣大與師並化。時號二甘露門矣。而佛大勝多更分途而《景德傳燈錄》師心念。震旦緣熟行化時至。乃先辭祖塔。次別同學。然至王所慰而勉之曰。當勤修白業護持三寶。吾去非晚一九即迴。王聞師言涕淚交集。曰此國何罪彼土何祥。叔既有緣非吾所止。唯願不忘父母之國。事畢早回。王即具大舟實以眾寶。躬率臣寮送至海壖。師汎重溟凡三周寒暑達于南海。實梁普通八年丁未歳九月二十一日也。(T 2076.51.219a7-14).之に因て最初梁の武帝に相見す、云云。南に住まること勿れと謂ふ、是なり。之に因て、既に魏に往く。一葦を浮ぶといふ。尋常、人思はく、一葦といふは一のあしなりと。之に依て一枝の葦の葉の上に、祖の身を載るは非なり。謂ゆる一葦といふは渡りの小船なり。あしには非ず。其形あしに似たり。復逢羊と謂ふは梁の武帝なり。暗渡江と謂ふは揚州の江なり。
是の如くして急に嵩山の少林寺にとつぐ。則ち少林寺の東廊に居す。人、
是を測ることなし。終日打坐す。因て壁觀婆羅門と謂ふ。乃ち喧しく説かず、易く示さずして九年を經たり。九年の後、道副、道育、総持、慧可等、四人の門人に、皮肉骨髓を付してより、其機已に熟せることを知りぬ。
時に菩提流支と光統律師と云ふ二人の外道あり。師の道德天下に布き、
人悉く歸敬するを見て、其憤ほりに堪へず、乃ち石を擲げて當門の牙歯を欠くのみに非ず、五度大毒を上つる。祖、乃ち其毒藥を六度の時、盤石の上に置しかば、卽ち石裂けき。吾化縁、既に盡きぬと。
乃ち思く、吾先師の印記を受て、神旦赤縣にして大なる氣象を見き。定て知ぬ、大乘の法器ありと。然れども梁の武帝相見以來、機契はず人を得ず。徒に冷坐せしに、獨の大士神光を得て、我所得の道悉く以て傳通す。事既に辨じ縁則ち盡きぬ。逝去すべしと云て端坐して逝す。熊耳峰に葬る。
後に葱嶺にして宋雲に相逢ふといふ説あれども、實には熊耳峰に葬る、
是れ正説なり。
《景德傳燈錄》帝不領悟。師知機不契。(T 2076.51.219 a28).夫れ達磨は正に二十七祖の記莂に依て震旦の初祖なり。其最初太子の時、寶珠を辨ぜし因み、尊者問て曰く、諸物の中に於て何物か無相なる。
師曰く、不起無相なりと。夫れ設ひ空寂と謂ふとも、實に是れ無相なるには非ず。之に依て謂ふ、不起無相なりと。
然れば壁立萬仞と會し、明明たる百草と會得して、物物他に非ず、唯己れと法位に住すと識得せん。卽ち是れ不起底に非ず。然れば無相に非ず。
未だ天地をも分たず。何に況や聖凡をも辨ぜんや。這箇の田地、總て一法の萌すべきなし。一塵の汚し得るあらず。然れば是れ本來、物なきに非ず。方に虛廓靈明にして惺惺として暗からず。此處に物の比倫するなく、曾て他の伴ひ來ることなき故に、最大にして最大なり。故に謂ふ、大を不可思議と名くと。亦不可思議を名て法性と曰ふ。設ひ無價の寶珠も比するに堪へず。明白の心光も象どるべからず。故に此は是れ世光なり、未だ上とするに足らず、智光を上なりとすと。是の如く了別し來る。
實に是れ天至の智慧の所説なりと雖も、再び七日坐禪の中にして、坐禪の妙旨を説くを聆て、無上道智を發しき。然れば知るべし、子細に辨得して恁麼の田地に精到し、方に佛祖の所證あることを知り、先佛の已證を明め得て、須らく是れ佛祖の兒孫なるべきこと、此尊者に於て殊に其例證あり。既に自然智慧の如くなりと雖も、重て無上道智を發しき。後尚ほ未來際、護持保任すべき用心を參徹し、四十年左右に給仕し、委悉に究辨す。
《摩訶般若波羅蜜經》須菩提白佛言、世尊、是般若波羅蜜爲大事故起。世尊、是般若波羅蜜爲不可思議事故起。(T 223.8.327a4-6).來記を忘れず六十年を送り、三周の寒暑を巨海の波濤に經たりき。終に不知の國に至て、冷坐九年の中に大法器を得て、始て如來の正法を弘通し、先師の洪恩を報ず。艱難は何れよりも艱難なり、苦行は何れよりも苦行なり。
然るを近來諸の學人、時既に澆薄にして機もと昧劣なるに、尚ほ得やすからんことを願ふ。恐らく是の如きの類、未得謂得の類、増上慢人、退亦佳矣の輩たるべし。諸仁者、適來の因縁を子細に參徹して、愈よ高き事を知り、心を碎き身を捨て親切に辦道せば、諸佛の冥薫ありて直に佛祖の所證に契ふことあらん。一智半解に足れりと思ふこと勿れ。
又卑語あり。聞かんと要や。
更無方所無邊表。豈有秋毫大者麼。
《荘子》天下莫大於秋豪之末,而大山爲小。
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