Śāṇavāsī
Présentation
Śāṇavāsī (商那和修), troisième patriarche indien, doit son nom à la simple tunique de chanvre (śāṇa) qu'il portait, symbole de son dépouillement radical. Il fut le disciple d'Ānanda et transmit le Dharma à Upagupta.
Keizan souligne que l'humilité extérieure de Śāṇavāsī ne doit pas être confondue avec une doctrine de pauvreté ascétique : son manteau usé était l'expression spontanée d'une liberté intérieure totale — non pas le rejet des biens, mais l'absence même de toute notion de possession.
Le Denkōroku présente sa transmission comme une affaire de reconnaissance silencieuse : Ānanda perçoit en lui la capacité d'incarner le Dharma sans artifice.
Le troisième patriarche, le vénérable Śāṇavāsa, demanda au vénérable Ānanda : « Quelle est la nature fondamentale de tous les phénomènes, qui ne naît jamais ? » Ānanda désigna le coin de la robe de Śāṇavāsa. Il demanda encore : « Quelle est la nature originelle de l'éveil de tous les bouddhas ? » Ānanda saisit à nouveau le bord de la robe de Śāṇavāsa et le tira. À ce moment, Śāṇavāsa réalisa la grande illumination.
Le maître était originaire du pays de Mathurā. En sanskrit, on l'appelle Śāṇaka, ce qui signifie ici « vêtement naturel ». À sa naissance, Śāṇavāsa vint au monde déjà vêtu. Depuis lors, en été, ce vêtement devenait frais, et en hiver, il devenait chaud. Lorsqu'il prit la résolution de quitter la vie laïque, ses habits ordinaires se transformèrent spontanément en robe monastique. C'était comme la bhikṣuṇī Utpalavarṇā du temps du Bouddha. Ce n'était pas seulement dans cette vie-ci qu'il en était ainsi. Autrefois, lorsque Śāṇavāsa était un marchand, il offrit cent pièces de tissu de laine à cent bouddhas. Depuis lors, vie après vie, il portait naturellement ce vêtement. En général, on appelle « existence intermédiaire » le moment où tous les êtres abandonnent l'existence passée sans encore atteindre l'existence future. À ce moment-là, tous les êtres sont vêtus. Maintenant, comme le vénérable Śāṇavāsa, même dans l'existence intermédiaire, il est vêtu.
En sanskrit, on l'appelle Śāṇaka, ce qui signifie ici « vêtement naturel ». De plus, Śāṇavāsa est le nom d'une herbe appelée « neuf branches élégantes » en Occident. Lorsqu'un saint naît, cette herbe pousse sur une terre pure. Lorsque Śāṇavāsa naquit, cette herbe poussa également. C'est pourquoi il fut nommé ainsi. Il resta dans le ventre maternel six ans avant de naître.
Autrefois, l'Honoré du monde désigna une forêt de teck bleu et dit à Ānanda : « Cette forêt s'appelle Uruvilvā. Cent ans après mon nirvana, un moine nommé Śāṇavāsa apparaîtra ici et tournera la merveilleuse roue du dharma. » Cent ans plus tard, le maître naquit ici. Finalement, il reçut la transmission du vénérable Ānanda. Il résida alors dans cette forêt. Tournant la roue du dharma, il soumit le dragon de feu. Le dragon de feu, soumis, offrit cette forêt. Ceci accomplit véritablement la prédiction de l'Honoré du monde.
Cependant, le vénérable Śāṇavāsa était à l'origine un sage de la Montagne Enneigée. Il s'approcha du vénérable Ānanda, ce qui donna lieu à la présente relation karmique.
On demande : « Quelle est la nature fondamentale de tous les phénomènes, qui ne naît jamais ? » C'est véritablement ce que personne n'avait encore demandé. Śāṇavāsa seul demanda : « Qui pourrait ne pas avoir la nature fondamentale de tous les phénomènes, qui ne naît jamais ? » Cependant, sans savoir qu'elle existe, on ne la questionne pas non plus.
Comment nommer la nature non-née ? Bien que tous les phénomènes, tous les dharmas, naissent de cet endroit, cette nature elle-même ne naît jamais. C'est pourquoi on l'appelle nature non-née. Ainsi, tout est fondamentalement non-né. La montagne n'est pas la montagne, l'eau n'est pas l'eau. C'est pourquoi Ananda montre le coin de la robe de Vashishtha.
Le terme 'kashaya'est un mot sanskrit ; ici, on l'appelle couleur brisée ou couleur non-née. Il ne faut vraiment pas le voir par la couleur. De plus, depuis les bouddhas au-dessus jusqu'aux fourmis et moustiques au-dessous,
leurs rétributions environnementales et personnelles sont toutes couleur. Une vision unilatérale est ainsi. Cependant, ce n'est pas non plus son et couleur. C'est pourquoi on ne peut sortir des trois mondes, ni réaliser le fruit de la voie. Bien que l'on comprenne ainsi, Vashishtha demande à nouveau : 'Quelle est la nature originelle de l'éveil des bouddhas ?'
Depuis d'innombrables kalpas, bien que cela n'ait jamais été erroné ainsi, si l'on ne le connaît pas une fois, on reste simplement ébloui. C'est pourquoi il demande ainsi pour clarifier le lieu de la naissance des bouddhas.
Pour montrer qu'il répond à l'appel et sort à la frappe, il prend exprès le coin de la robe de Vashishtha et tire pour le faire comprendre. À ce moment, Vashishtha réalise la grande illumination.
Vraiment, depuis d'innombrables kalpas, bien que cela n'ait jamais été erroné ainsi, si l'on ne le touche pas une fois, on ne peut même pas connaître que soi-même est la mère de sagesse de tous les bouddhas. C'est pourquoi les bouddhas apparaissent tour à tour dans le monde, et les patriarches indiquent et enseignent de génération en génération. Bien qu'il n'y ait jamais un seul dharma à transmettre à autrui, ni un seul dharma à recevoir d'autrui, il faut chercher sur son propre visage et toucher ses propres narines.
La pratique du zen doit être personnellement approfondie et réalisée. Une fois éveillé, il faut rencontrer un maître. Sans une telle rencontre, on ne fait que s'attacher aux herbes et aux arbres. Vraiment, la pratique du zen ne doit pas être vaine. Pour éclaircir que l'on ne doit pas passer sa vie en vain, prenons l'exemple de l'occasion présente avec Vasu. Il ne faut pas développer une vue de naturel ou de spontanéité erronée. Il ne faut pas prendre ses propres opinions ou anciennes conceptions comme premières.
De plus, il faut réfléchir : la voie des bouddhas et des patriarches choisit les personnes et les capacités, ce n'est pas ce que nous pouvons supporter. Une telle vision est vraiment la plus inférieure parmi les inférieures. Parmi les anciens, qui n'était pas né du corps de ses parents ? Qui n'était pas une personne d'affection et de désirs mondains ? Cependant, une fois qu'ils s'étaient engagés dans la pratique, ils ont nécessairement percé à fond. Ainsi, depuis l'Inde jusqu'à notre pays, bien que les trois périodes de l'Âge de la Loi Correcte, de l'Âge de la Loi Semblable et de l'Âge de la Loi Déclinante diffèrent, les sages réalisés remplissent les montagnes et les mers.
Ainsi, vous tous, possédant pleinement la vue et l'ouïe, n'êtes en rien différents des anciens. Quel que soit l'endroit où vous arrivez, vous pouvez tous dire : vous êtes cette personne. Kasyapa et Ananda, leurs quatre grands éléments et cinq agrégats ne diffèrent pas des vôtres. En quoi devriez-vous différer des anciens sur la voie ? Seulement parce que vous n'approfondissez pas la vérité et ne pratiquez pas la voie, non seulement vous perdez vainement la précieuse existence humaine, mais finalement vous ne vous connaissez pas vous-même. Transmis ainsi pour ne pas être vain, Ananda prit à nouveau Kasyapa comme maître, Ananda transmit à Vasu, et la voie de maître à disciple se perpétua.
Ainsi a circulé le Trésor de l'Œil de la Vraie Loi, l'Esprit Merveilleux du Nirvana, sans différence avec l'époque où le Bouddha était en ce monde. Ne regrettez donc pas de ne pas être né dans le pays du Bouddha. Ne vous affligez pas de ne pas avoir rencontré le Bouddha de son vivant. Dans le passé, vous avez planté de profondes racines de bien et noué de profondes affinités avec la prajna. Grâce à cela, vous vous rassemblez dans l'assemblée du Grand Véhicule. Vraiment, c'est comme si vous étiez côte à côte avec Kasyapa et genoux contre genoux avec Ananda. Ainsi, même un jour en tant qu'hôte et invité, toute une vie vous serez bouddhas et patriarches. Ne soyez pas enfermés dans les sentiments d'hier et d'aujourd'hui. Ne soyez pas obstrués par les dharma des sons et des formes. Ne passez pas vainement les nuits et les jours. Pratiquez avec soin et effort, atteignez le point de pénétration des anciens, et recevez la marque de confirmation du temps présent.
Pour éclaircir l'occasion qui vient de se présenter, il y a encore un humble chant. Voulez-vous l'entendre ?
Sur la falaise de dix mille brasses, une eau sans source, perce la pierre, effleure les nuages, bouillonne et jaillit. Neige éparse, fleurs volantes, s'éparpillent en désordre. Un seul fil de soie blanche, pur de toute poussière mondaine.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第三祖、商那和修尊者、問阿難陀尊者、何物諸法本不生性。阿難指和修袈裟角。又問、何物諸佛菩提本性。阿難又取和修袈裟角引。時和修大悟。
師は、摩突羅國の人なり。梵には商諾迦といひ、此には自然服といふ。和修生まれしとき、衣を着て生る。其れより以來、夏は涼き衣となり、冬は暖かなる衣となる。乃ち發心出家せしとき、俗服自から袈裟となる。佛在世の蓮華色比丘尼の如し。唯、今生恁麼なるのみに非ず。和修昔し商人たりしとき、百佛に氎百丈を奉つる。其れより以來、世世生生の間自然服を著す。大凡一切の人、本有をすて當有に到らざる間を名けて中有とす。其時の形悉く皆衣をきず。今、和修尊者の如きは、中有にしても衣を著す。
梵には商諾迦といひ、此には自然服と又、商那和修といふは、西域の九枝秀といふ草の名なり。聖人生るるとき、此草、淨潔の地に生ずるなり。和修生れしとき、此草亦生じき。之に依て名とす。在胎六年にして生れき。
昔世尊一つの青林を指して、阿難に語て曰く、此林地を優留茶と名く。我滅後一百年に、比丘商那和修といふ者あらん、此處にして妙法輪を轉ぜんと。一百年いま師ここに生る。遂に慶喜尊者の付囑を受く。乃ち此林に住まる。法輪を轉じて火龍を降す。火龍歸伏して此林を奉つる。是れ實に世尊の來記たがはず。
然るに和修尊者はもと雪山の仙人なり。阿難尊者に投じて今の因縁あり。
謂ゆる何物か是れ諸法本不生の性と。實に是れ人の未だ問はざる所なり。和修獨り問ふ、誰か諸法本不生の性なからん。然れども有ることを知らず、又問ふことなし。
何としてか不生の性といふ。萬法諸法悉く此處より出生すと雖も、此性遂に出生する者なし。故に不生の性といふ。故に悉く本不生なり。山これ山に非ず、水これ水に非ず。故に阿難、和修の袈裟角を指す。
夫れ袈裟といふは梵語、此には壞色といひ不生色といふ。實に是れ色を以て見るべきに非ず。又かみ諸佛より、しも一切の螻蟻蚊虻に到るまで、
其依報正報悉く是れ色なり。一邊の所見此の如し。然れども便ち又是れ聲色に非ず。故に三界の出づべきなく、道果の證すべきなし。此の如く會すと雖も、和修再び問ふ、何物か諸佛菩提の本性なると。
曠大劫よりこのかた、錯まらざること恁麼なりと雖も、一度有ることを知らざれば、徒に眼にさえらる。故に諸佛出生の處を明らめんと恁麼に問ふ。
喚ぶに從ひて應じ、叩くに從ひて出ることを知らしめんとして、殊更に和修の袈裟の角を取て引き知らしむ。時に和修大悟す。
實に夫れ無量劫よりこのかた、相錯らざること此の如くなりと雖も、一度築著せざるが如きは、自己の諸佛の智母なることをも知るべからず。之に依て諸佛番番出世し、祖師代代指説す。曾て一法の人に授くべきなく、更に一法の他に受くべきなしと雖も、自面に捜りて鼻孔にさはるが如くなるべし。
參禪は須らく自ら參悟すべし。悟り畢りては人に遭ふべし。若し人に遭はずんば、徒に依草附木なり。實に參禪徒らにすべからず。一生虛くすべからざること、今の和修の因縁を以て明めつべし。徒に自然天然の見を發すべからず。已見舊見を先とすべからず。
又思ふべし、佛祖の道は人を擇び機を擇ぶ、我等が堪る所に非ずと。恁麼の所見、實に是れ愚劣の中の愚劣なり。昔人孰れか是れ父母所生の身に非ざる、孰れか是れ恩愛名利の人ならざりし。然れども、一度すでに參ぜしとき、必ず參徹しき。故に天竺より我朝に到るまで、正像末の三時異なるとも、證果の聖賢、山をしめ海をしむ。
然れば汝等諸人、見聞を具足すること既に古人に異ならず、設ひ何れの處に到るとも、悉く言ふべし、汝等此人なりと。迦葉阿難と、四大五蘊かはれる所なし。何に依てか道に於て古人にかはるべき。唯、究理辦道せざるに依て、徒に人身を失却するのみに非ず、終に己れあることを知らず。此の如く虛しくす可らずと相承して、阿難も重ねて迦葉を師とし、阿難陀また和修を接し、師資の道傳通す。
此の如く流通し來る正法眼藏涅槃妙心、佛の在世と異なることなし。故に佛生國に生れざることを恨むること勿れ。佛在世に遭はざることを悲しむこと勿れ。昔し厚く善根を植え、深く般若の良縁を結ぶ。之に依て大乘の會裡に集まる。實に是れ迦葉と肩を並べ、阿難と膝を交ゆる如し。然れば一日賓主たりとも、終身すなはち佛祖たらん。妄りに古今の情に封ぜらるること勿れ。聲色の法に滯ほること勿れ。夜間をも日裡をも、虛しく度ること勿れ。子細に辦道功夫して、古人の徹處に到り、今時の印記を受くべし。
適來の因縁を明さんと思ふに、又卑頌あり。聞かんと要すや。
萬仞巖上無源水、穿石拂雲湧沸來。散雪飛花縱亂亂。一條白練絶塵埃。
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
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