Upagupta
Présentation
Upagupta (優波毱多), quatrième patriarche indien, est célèbre pour avoir converti Māra, le tentateur, et pacifié la ville de Mathurā par son enseignement. Surnommé le « Bouddha sans marques » (alakṣaṇa-buddha), il n'avait pas les trente-deux signes physiques du Bouddha, mais possédait la totalité de son éveil.
Sa rencontre avec Māra — qui tenta de le séduire et de l'intimider — est l'un des épisodes les plus fameux du bouddhisme indien post-canonique. Upagupta ne chassa pas Māra : il le reconnut, le salua et en fit un protecteur du Dharma.
Keizan commente cet épisode comme une parabole de notre propre vie intérieure : les démons qui nous assiègent ne sont autres que nos attachements non reconnus.
Le quatrième patriarche, le vénérable Upagupta, servit le vénérable Vasubandhu pendant trois années, puis reçut la tonsure et devint moine. Le vénérable lui demanda alors : « Est-ce ton corps qui renonce au monde, ou ton esprit ? » Le maître répondit : « C'est véritablement mon corps qui renonce. » Le vénérable dit : « Le dharma merveilleux des bouddhas pourrait-il être limité par le corps ou l'esprit ? » Le maître connut alors la grande illumination.
Il était originaire du pays de Takṣaśilā. Il se nommait également Upagupta. Son nom de famille était Śūdra. À quinze ans, il rencontra le vénérable Vasubandhu. À dix-sept ans, il renonça au monde. À vingt-deux ans, il réalisa le fruit de l'éveil. Il voyagea pour enseigner et parvint au pays de Mathurā. Ceux qu'il fit entrer dans la voie furent très nombreux. Par cela, le palais des démons fut ébranlé et Pāpīyas fut saisi d'effroi.
Le vénérable demanda : « Est-ce ton corps qui renonce au monde, ou ton esprit ? » Il répondit : « Je suis venu renoncer au monde non pour le corps ni pour l'esprit. » Il était originaire du pays de Takṣaśilā. Il se nommait également Upagupta, ou encore Upatiṣya. Son nom de famille était Śūdra. Son père se nommait Suyan. À dix-sept ans, il renonça au monde. À vingt ans, il réalisa le fruit de l'éveil. Il voyagea selon les régions pour enseigner et parvint au pays de Mathurā. Ceux qu'il fit entrer dans la voie furent très nombreux. Par cela, le palais des démons fut ébranlé. Chaque fois qu'il faisait réaliser le fruit de l'éveil à quelqu'un, il jetait un bâtonnet de quatre doigts dans une chambre de pierre. Cette chambre mesurait dix-huit coudées de long sur douze de large, et elle en fut entièrement remplie.
Une coudée équivaut à deux pieds. À sa crémation, on utilisa les bâtonnets correspondant à tous ceux qu'il avait fait entrer dans la voie durant sa vie. Le nombre de ceux qu'il fit entrer dans la voie fut tel qu'il ressemblait à celui du temps où le Tathāgata était en ce monde. C'est pourquoi le monde entier le nomma « le bouddha sans les marques distinctives ».
Pāpīyas, empli de fureur, guetta le moment où il entrerait en samādhi,
et finit par épuiser ses pouvoirs démoniaques pour tenter de nuire au vrai dharma. Le vénérable entra alors en samādhi et contempla la cause de cela. Pāpīyas guetta à nouveau et, en secret, prit une guirlande de joyaux qu'il suspendit à son cou. Alors le vénérable pensa à nouveau le soumettre. Sortant de son samādhi, il prit trois cadavres, d'un homme, d'un chien et d'un serpent, et par transformation les changea en une guirlande de fleurs. Avec des paroles douces, il apaisa Pāpīyas et lui dit : « Tu m'as donné une guirlande de joyaux, elle est vraiment précieuse et merveilleuse. Moi aussi j'ai une guirlande de fleurs, je te l'offre en retour. » Pāpīyas, très joyeux, tendit le cou pour la recevoir. Aussitôt elle se transforma en trois sortes de cadavres putrides. Des vers et des asticots les rongeaient, pourris et décomposés. Pāpīyas, pris de dégoût et d'aversion, fut saisi d'une grande affliction. Ayant épuisé ses pouvoirs divins, il ne pouvait s'en débarrasser, ni la défaire, ni la déplacer. Il monta alors jusqu'au ciel des six désirs et informa tous les seigneurs célestes. Il se rendit aussi au ciel brahmanique pour chercher à s'en libérer. Ceux-ci lui dirent chacun : « Ceci est l'œuvre des pouvoirs miraculeux d'un disciple du Bouddha aux dix pouvoirs. Nous sommes ordinaires et inférieurs, comment pourrions-nous l'enlever ? » Pāpīyas dit : « Que faire alors ? » Le roi Brahmā dit : « Tu dois tourner ton esprit vers le vénérable, alors seulement tu pourras t'en défaire. » Il prononça alors une stance pour le faire se repentir et transférer ses mérites, disant : « Si l'on tombe à cause de la terre, c'est encore par la terre que l'on se relève. Chercher à se relever en quittant la terre, »
Enfin, il n’y aurait plus de principe. Il faut encore s’appuyer sur le disciple aux dix forces pour rechercher la libération. Papiyas,
ayant reçu l’enseignement, descendit aussitôt du palais céleste, se prosterna aux pieds du Vénérable et exprima ses remords avec une douleur sincère.
Le Vénérable dit : « À partir de maintenant, dans la vraie Loi du Tathagata, causeras-tu encore des troubles ou non ? » Papiyas dit : « Je fais le vœu de tourner mon cœur vers la voie du Bouddha et de couper à jamais le mal. » Le Vénérable dit : « Si c’est ainsi, tu peux toi-même proclamer de ta propre bouche : “Je prends refuge dans les Trois Joyaux”. » Le roi-démon joignit les mains et le proclama trois fois. Les guirlandes de fleurs disparurent entièrement.
Le « Jingde Chuandeng Lu » rapporte qu’il épuisa son pouvoir magique pour nuire à la vraie Loi. Le Vénérable entra aussitôt en samadhi pour contempler la cause de cela. Papiyas guetta à nouveau une occasion, prit secrètement un collier de perles et l’enroula autour de son cou. Lorsque le Vénérable sortit de sa méditation, il prit trois cadavres – humain, chien et serpent – et les transforma en guirlandes de fleurs. Avec des paroles douces, il consola Papiyas en disant :
« Le collier que tu m’as donné est très précieux et merveilleux. J’ai des guirlandes de fleurs à t’offrir en retour. » Papiyas, ravi, tendit le cou pour les recevoir. Elles se transformèrent aussitôt en trois cadavres puants, grouillants de vers et en décomposition. Papiyas, dégoûté, fut saisi d’une grande angoisse. Il épuisa toutes ses forces divines sans pouvoir les déplacer. Il monta alors au ciel des six désirs pour informer les rois célestes.
Il se rendit aussi auprès du roi Brahma pour demander leur délivrance. Chacun lui dit : « Les pouvoirs surnaturels manifestés par le disciple aux dix forces, nous autres êtres ordinaires et grossiers, comment pourrions-nous les annuler ? » Papiyas dit : « Alors, que faire ? » Le roi Brahma dit : « Tu peux tourner ton cœur vers le Vénérable, et il pourra les supprimer. » Il lui récita alors un gatha pour l’inciter à se tourner vers la voie, disant : « Si l’on tombe à cause de la terre, c’est encore par la terre que l’on se relève ; chercher à se relever en quittant la terre, cela n’a finalement aucun principe. » Papiyas, ayant reçu l’enseignement, descendit aussitôt du palais céleste, se prosterna aux pieds du Vénérable et exprima ses remords avec une douleur sincère. Upagupta lui dit : « À partir de maintenant, dans la vraie Loi du Tathagata, ne causeras-tu plus de troubles ? » Papiyas dit : « Je fais le vœu de tourner mon cœur vers la voie du Bouddha et de couper à jamais le mal. » Upagupta dit : « Si c’est ainsi, tu peux toi-même proclamer de ta propre bouche : “Je prends refuge dans les Trois Joyaux”. » Le roi-démon joignit les mains et le proclama trois fois. Les guirlandes de fleurs disparurent entièrement. De cette manière, il manifesta l’autorité et l’efficacité du Dharma bouddhique, exactement comme du vivant du Tathagata. À dix-sept ans, il reçut la tonsure. Vasubandhu l’interrogea en disant : « Est-ce ton corps qui quitte la maison, ou ton esprit ? » En effet, dans la maison du Bouddha, il y a fondamentalement deux sortes de renoncement : celui du corps et celui de l’esprit.
Ce qu'on appelle la sortie du corps signifie abandonner les affections, quitter le foyer natal, raser les cheveux, teindre les vêtements, ne pas accumuler serviteurs ni esclaves, devenir bhikkhu ou bhikkhuni, et pratiquer la voie à chaque instant. Ainsi, on ne laisse jamais passer le temps en vain, sans désirs extérieurs. On ne se réjouit pas de la vie, on ne craint pas la mort. Le cœur est comme la clarté de la lune d'automne, l'œil comme un miroir brillant sans tache. On ne cherche pas l'esprit, on n'aspire pas à la nature, on ne fabrique même pas les saintes vérités, à plus forte raison les attachements mondains. En agissant ainsi, on ne demeure ni dans le domaine des êtres ordinaires ni dans les états des sages, on devient plutôt un être sans cœur. C'est cela, la sortie du corps.
Ce qu'on appelle la sortie du cœur signifie ne pas raser les cheveux ni teindre les vêtements. Même si l'on vit dans le monde, engagé dans les affaires mondaines, on est comme le lotus qui ne se souille pas dans la boue, comme le jade qui n'accepte pas la poussière. Même si par les circonstances on a femme et enfants, on les perçoit comme un grain de moutarde, comme de la poussière, sans un instant d'attachement, sans aucune convoitise. Comme la lune suspendue dans le ciel vide, comme le jade roulant sur un plateau, on voit la quiétude au milieu du marché bruyant, on discerne au-delà des kalpas au sein des trois mondes. On sait que couper les afflictions est encore une maladie, on comprend que se tourner vers le vrai ainsi est une déviation. Nirvana et samsara sont des fleurs dans le ciel, bodhi et afflictions ne sont pas concernés. C'est cela, la sortie du cœur.
C'est pourquoi on demande : est-ce la sortie du corps ou la sortie du cœur ? Cependant, une sortie qui n'est pas ainsi n'est pas une vraie sortie. C'est pourquoi cette question est posée.
Pourtant, Upagupta répondit : En vérité, c'est la sortie du corps.
Ici, on ne conserve pas l'esprit, on ne parle pas de nature, on ne discute pas du mystère. Seulement, avec ce corps des quatre grands éléments et des cinq agrégats, on sait précisément que c'est cela, sortir. Sans effort, on y parvient, donc on manifeste la perfection. Sans rechercher, on obtient, donc on manifeste l'inobtenu. Parce qu'il en est ainsi, on dit qu'en vérité, c'est la sortie du corps.
Cependant, le merveilleux dharma des bouddhas ne doit pas être compris de cette manière. C'est pourquoi Vasubandhu le désigne et dit : Les bouddhas, en vérité, ne sortent ni par le corps ni par le cœur. On ne doit pas les voir par les quatre grands éléments et les cinq agrégats, on ne doit pas les réaliser par la nature rationnelle ou le mystère subtil. Ainsi, saints et êtres ordinaires sont également libérés, corps et esprit tombent ensemble. Comme le vide sans intérieur ni extérieur, comme l'eau de mer sans surface ni profondeur. Même s'il existe d'innombrables principes subtils, d'innombrables portes du dharma, diverses et variées, on ne parle toujours que de cette unique affaire.
Le Trésor de l'Œil de la Vraie Loi,
les trente-sept branches de l'éveil. Le Bouddha Shakyamuni dit : 'Arriver sans mouvement, cela s'appelle la base de la liberté.'
Ainsi, on ne peut dire que 'Seul je suis vénéré'soit le Bouddha, on ne peut dire que 'sans venue ni départ'le soit. Qui pourrait parler de 'avant la naissance des parents'ou de 'avant l'ère du vide'? En arrivant ici, on transcende naissance et non-naissance, on se libère de l'esprit et du non-esprit. Comme l'eau qui épouse le récipient, comme l'espace qui s'appuie sur les choses. Saisir, mais sans remplir la main ; chercher, mais sans trouver de trace. C'est précisément le dharma merveilleux de tous les bouddhas. En arrivant ici, il n'y a plus de place pour Upagupta, ni d'émergence pour Vashishtha ; donc, on n'agit pas par mouvement ou immobilité, par venue ou départ. Même s'il y a bien et mal, soi et autre, c'est comme le son au fond de l'eau, comme l'absence de limite dans l'espace. Pourtant, sans une seule fois toucher à l'éveil, même des millions de portes du dharma et d'innombrables principes merveilleux ne font que devenir le flux de la conscience karmique.
Dans le Sūtra du Diamant de la Prajnaparamita, il est dit : 'Si l'on me voit par la forme, si l'on me cherche par le son, cette personne suit une voie erronée et ne peut voir le Tathagata.'En entendant ces mots, le vénérable Upagupta s'éveilla soudainement. Comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu, comme un feu violent surgissant sur la terre. Le tonnerre retentit une fois, non seulement brisant les oreilles d'Upagupta, mais rapidement anéantissant la racine de la vie ; le feu violent brûla soudain, réduisant en cendres toutes les portes du dharma des bouddhas et le sommet des patriarches. Une telle cendre révélée, on l'appelle le vénérable Upagupta. Solide comme la pierre, noir comme la laque. Combien de fois a-t-il perdu sa couleur originelle, brisé son corps entier, jeté vainement des bâtonnets pour compter le vide, brûlé le vide pour laisser une trace du vide ?
Aujourd'hui, les descendants du Grand Véhicule veulent chercher la trace au-delà des nuages, fixer les mots dans le ciel bleu. Voulez-vous, tous, entendre ?
La maison détruite, les gens disparus, ni dedans ni dehors. Où le corps et l'esprit se cachent-ils pour prendre forme ?
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第四祖、優婆毱多尊者、執事和修尊者三載、遂爲落髪、作比丘。尊者因問曰、汝身出家耶、心出家耶。師曰、實是身出家。尊者曰、諸佛妙法、豈拘身心。師乃大悟。
吒利國の人なり。又優婆崛多と名く。姓は首陀。十五歳にして和修尊者に參ず。十七歳にして出家し、二十二歳にして證果す。行化して摩突羅國に到る。得度の者甚だ多し。之に依て魔宮震動し波旬愁怖す。
《景德傳燈錄》尊者問曰。汝身出家心出家。答曰。我來出家非爲身心。(T《景德傳燈錄》吒利國人也。亦名優波崛多。又名鄔波毱多。姓首陀。父善意。十七出家。二十證果。隨方行化至摩突羅國。得度者甚眾。由是魔宮震動。波旬證果の人を得る毎に、四指の籌を石室に投ず。其室、縱十八肘廣十二肘、其間に充滿す。
一肘は二尺なり。彼の一生の間の得度し得たる籌を以て荼毘す。得度の人多きこと、恰かも如來在世の如し。故に世擧りて號して無相好佛と曰ふ。
波旬、憤りを作して入定の時節を窺ひ、
遂に其魔力を盡して以て正法を害せんとす。尊者乃ち三昧に入てその所由を觀ず。波旬また窺ふて密に瓔珞を持して之を頸に懸く。時に尊者また彼れを伏せんと思ふ。定より起て、乃ち人狗蛇の三屍を取て、化して華鬘となす。輭言を以て波旬を慰諭して曰く、汝われに瓔珞を與ふ、甚だ是れ珍妙なり。我れ華鬘あり、以《景德傳燈錄》證果最多。每度一人以一籌置於石室。其室縱十八肘。廣十二て相報くい酬奉せん。波旬、大に喜で頸を延べて之を受く。乃ち變じて三種の臭屍となる。蠱蛆壞爛せり。波旬、厭惡して大に憂惱を生ず。己が神力を盡して捨ることを得ず、解くことを得ず、移動すること能はず。乃ち六欲天に昇りて、諸の天主に告ぐ。又梵天に詣して、其の解脱を求む。彼れ、各告て曰く、十力の弟子の所作神變なり、我輩凡陋なり、何ぞ能く之を去らん。波旬曰く、然らば則ち奈何せん。梵王曰く、汝、心を尊者に歸すべし、卽ち能く除斷せん。乃ち爲に偈を説き、其をして廻向せしむ。曰く、若し地に因て倒れば、還て地に因て起く。地を離れて起つことを求めば、
終に其理なけん。還て十力弟子に依て、解脱を求むべし。波旬、
教を受け巳て、卽ち天宮を下り、尊者の足を禮して哀露懺悔す。
尊者曰く、汝今より後、如來の正法に於て更に嬈害を作さんや否や。波旬曰く、我れ誓て佛道に廻向して、永く不善を斷ぜん。尊者曰く、若し然らば汝自ら唱えて、口づから歸依三寶と言ふべし。魔王合掌して三び唱ふ。華鬘悉く除く。
《景德傳燈錄》遂竭其魔力以害正法。尊者即入三昧觀其所由。波旬復伺便。密持瓔珞縻之于頸。及尊者出定。乃取人狗蛇三屍化爲華鬘。軟言慰諭波旬曰。
汝與我瓔珞甚是珍妙。吾有華鬘以相酬奉波旬大喜引頸受之。即變爲三種臭屍蟲蛆壞爛。波旬厭惡大生憂惱。盡己神力不能移動。乃升六欲天告諸天王。
又詣梵王求其解免。彼各告言。十力弟子所作神變。我輩凡陋何能去之。波旬曰。然則奈何。梵王曰。汝可歸心尊者即能除斷。乃爲説偈令其迴向曰。若因地倒、還因地起、離地求起、終無其理。波旬受教已。即下天宮禮尊者足哀露懺悔。毱多告曰。汝自今去。於如來正法更不作嬈害否。波旬曰。我誓迴向佛道永斷不善。毱多曰。若然者汝可口自唱言歸依三寶。魔王合掌三唱。華鬘悉此の如く佛法の威驗を施し、恰かも如來在世の如し。十七歳落髪のきざみ、和修問て曰く、汝身出家するや、心出家するや。夫れ佛家もとより身心の二出家あり。
謂ゆる身出家すといふは、恩愛を棄て家郷を離れて、髪を剃り衣を染め、
奴婢を蓄はへず、比丘となり、比丘尼となり、十二時中辦道し來る。故に時として虛しく過ることなふして、外か所願なし。故に生をも喜ばず、死をも懼れず。心は秋月の皎潔たるが如く、眼は明鏡の翳なきが如し。心を求めず、性を望まず、聖諦なほ作さず、況や世執をや。是の如くし來りて、凡夫地にも住まらず賢聖位にも拘らず、轉た無心道人たり。是れ則ち身出家人謂ゆる心出家といふは、髪を剃らず衣を染めず、設ひ在家に住み、塵勞に在りと雖も、蓮の泥に染まず、玉の塵を受けざるが如し。設ひ因縁ありて、
妻子ありとも、芥の如く塵の如く覺して、一念も愛心なく、一切貪著することなく、月の空裡に掛かるが如く、玉の盤上に走るに似て、鬧市中にして閑者を見、三界の中にして劫外を明らめ、煩惱を斷除するも病なりと知り、眞如に趣向するも邪なりと明らむ。涅槃生死是れ空華なり、菩提煩惱ともに管せず、是れ則ち心出家人なり。
故に身出家か心出家かと問ふなり。然も是の如くなからん出家は、是れ出家に非ず。故に此問をなし來る。然るに毱多答て曰く、實に是身出家すと。
此に心を存せず、性と説かず、玄を談ぜず。唯四大五蘊の身、方に是れ出家することを知る。不運にして至り得る、故に如意足なることを明らむ。不求にして得たり。故に不可得を明らむ。是の如くなる故に、實に身出家すと謂ふ。
然れども諸佛の妙法、這箇の見解を爲すべからず。故に和修指説するに曰く、諸佛實に是れ身出家するに非ず、心出家するに非ず。四大五蘊を以て見るべきに非ず、理性玄妙を以て證すべきに非ず。故に聖凡ともに解脱し、身心同く脱落し來る。虛空の内外なきが如く、海水の表裡なきに似たり。設ひ幾許の妙理、無量の法門、千差萬別なりと雖も、唯這の事をのみ説き來る。
《正法眼藏、
三十七品菩提分法》釋迦牟尼佛言、未運而到、名如意足。
然れば唯我獨尊を佛と謂ふべからず、無來無去と謂ふべからず、誰か父母未生といひ、空劫以前といはん。此處に到りて、生不生を超越し、心不心を解脱す。器に隨ふ水の如く、物に倚る空の如し。執れども手に滿ることなく、探れども跡を得ることなし。卽ち是れ諸佛の妙法なり。此處に到りて毱多存することなく、和修も起ることなき故に、動靜を以てせず、去來を以てせず。設ひ是非あり彼我ありとも、水の底の聲の如く、空の中の端なきに似たり。然も一度覺觸せざれば、千萬の法門無量の妙理も、徒に業識流注となる。
《金剛般若波羅蜜經》若以色見我、以音聲求我、是人行邪道、不能見如是の如く指説する所、毱多尊者忽ち大悟す。恰かも青天に忽雷の霹靂せるが如く、大地に猛火の發生するに似たり。迅雷一度震ふて、毱多耳根を斷ずるのみに非ず。速かに命根を喪し、猛火忽ち燒けて、諸佛の法門、祖師の頂〓悉く灰燼と爲り畢りぬ。恁麼の灰燼顯はれて、毱多尊者と號す。堅きこと石の如く、黒きこと漆の如し。幾回か人の本色を失し全身を打碎して、徒に籌を投げて空の數をとり、空を燒て空の跡を遺す。
今日大乘の兒孫、跡を雲外に尋ね、言を青天に着けんと思ふ。諸人聞かんと要すや。
家破人亡非内外。身心何處隱形來。
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
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