Dhṛtaka
Présentation
Dhṛtaka (提多迦), cinquième patriarche indien, était fils d'une famille noble de Mathurā. Son nom signifie « celui qui supporte » ou « celui qui est né d'une lumière portée ». Selon la tradition, sa mère vit une lumière dans son sommeil avant sa naissance — signe précurseur de sa future réalisation.
Disciple d'Upagupta, il se distingua par sa sagesse précoce et sa capacité à pénétrer les enseignements les plus subtils sans instruction préalable. Sa transmission inaugure le thème de la vision intérieure qui ne dépend pas des yeux physiques.
Keizan interroge : une vision, même lumineuse, n'est pas l'éveil. Si on s'attache à la vision, on rate l'essentiel.
Le Cinquième Patriarche, le Vénérable Dhītika, dit :
Celui qui quitte la maison, parce qu'il n'y a pas de moi, parce qu'il n'y a pas de mien, parce que l'esprit ne naît ni ne périt, c'est la Voie éternelle. Les bouddhas aussi sont éternels. L'esprit n'a ni forme ni apparence, son essence est ainsi.
Le maître alors réalisa une grande illumination.
Le maître était originaire du royaume de Magadha. À sa naissance, son père rêva d'un soleil d'or sortant de la maison et illuminant ciel et terre. Devant lui se dressait une grande montagne, ornée de joyaux. Au sommet de la montagne, une source jaillissait, coulant abondamment vers les quatre directions. Lorsque le maître rencontra pour la première fois le Vénérable Upagupta, il lui raconta cela. Le Vénérable Upagupta l'interpréta ainsi : 'La grande montagne, c'est mon corps. La source jaillissante, c'est ton éveil de la sagesse et le dharma inépuisable. Le soleil sortant de la maison, c'est le signe de ton entrée dans la Voie aujourd'hui. Illuminer ciel et terre, c'est ta sagesse transcendante.'Le maître s'appelait originellement Gandhahastin ; à cause de cela, il changea son nom pour celui d'aujourd'hui. En sanskrit, on l'appelle Dhītika, ce qui signifie ici 'Mesure de la Vérité Universelle'.
Ayant entendu ces explications, le maître prononça un gāthā : 'Majestueuse montagne aux sept joyaux, d'où jaillit toujours la source de sagesse. Retournée, elle devient la saveur du vrai dharma, capable de sauver tous les êtres liés par les conditions.'Le Vénérable Upagupta prononça aussi un gāthā : 'Mon dharma je te transmets, tu manifesteras la grande sagesse. Le soleil d'or sort de la maison, illuminant ciel et terre.'
Le 'Jingde Chuandeng Lu'dit : 'Celui qui quitte la maison, parce qu'il n'y a pas de moi, parce qu'il n'y a pas de moi, l'esprit ne naît ni ne périt. L'esprit ne naissant ni ne périssant, c'est la Voie éternelle. Les bouddhas aussi sont éternels. L'esprit n'a ni forme ni apparence, son essence est ainsi.'Le Vénérable dit : 'Tu réaliseras une grande illumination, ton esprit sera spontanément pénétrant.'
Devant lui se dressait une grande montagne ornée de joyaux précieux. Du sommet jaillissait une source qui se répandait en quatre courants. Plus tard, il rencontra le Vénérable Upagupta, qui lui expliqua : 'La montagne de joyaux, c'est mon corps. La source jaillissante, c'est le Dharma inépuisable. Le soleil sortant de la maison représente ton entrée dans la Voie. Illuminer le ciel et la terre signifie que ta sagesse transcende tout.'Le Vénérable s'appelait à l'origine Gandhaka (Foule Parfumée). Le maître changea alors son nom en celui-ci. En sanskrit, on dit Tītaka, ce qui signifie 'Celui qui pénètre la vraie mesure.'Entendant les paroles du maître, Tītaka fut transporté de joie et s'exclama en vers : 'Majestueuse montagne aux sept joyaux, / D'où jaillit toujours la source de sagesse,'
'Retournée, elle devient la saveur du vrai Dharma, / Capable de sauver tous les êtres liés.'Le Vénérable Upagupta déclara également un vers : 'Mon Dharma je te transmets, / Tu manifesteras la grande sagesse ; / Le soleil d'or sort de la maison, / Illuminant le ciel et la terre.'Dès lors, le disciple rendit hommage au maître et le suivit, demandant finalement l'ordination monastique. Upagupta demanda : 'Tu aspires à l'ordination. Est-ce l'ordination du corps ou celle de l'esprit ?'Le maître répondit : 'Je suis venu chercher l'ordination, non pour le corps ni pour l'esprit.'Upagupta dit :
'Si ce n'est pour le corps ni pour l'esprit, alors qui donc s'ordonne ?'Le maître dit : 'L'ordination est...'Le maître alors réalisa la grande illumination.
En vérité, l'ordination révèle le soi sans soi. C'est pourquoi on ne peut la définir par le corps et l'esprit.
Ce soi sans soi, c'est précisément la Voie éternelle. On ne peut le mesurer par la production et l'extinction. C'est pourquoi, dans le 'Jingde Chuandeng Lu', il est dit : 'Il aspirait à l'ordination monastique. Le Vénérable demanda : 'Est-ce l'ordination du corps ou celle de l'esprit ?'Il répondit : 'Je viens m'ordonner non pour le corps ni pour l'esprit.'Le Vénérable dit : 'Si ce n'est pour le corps ni pour l'esprit, alors qui donc s'ordonne ?'Il répondit : 'L'ordination, c'est précisément parce qu'il n'y a pas de soi. Parce qu'il n'y a pas de soi, l'esprit ne naît ni ne disparaît. L'esprit qui ne naît ni ne disparaît, c'est la Voie éternelle. Les bouddhas aussi sont éternels. L'esprit n'a ni forme ni apparence, son essence est ainsi.'Le Vénérable dit : 'Tu devras réaliser la grande illumination. Ce n'est pas...'Ce n'est pas les êtres sensibles, encore moins les quatre grands éléments, les cinq agrégats, les trois mondes ou les six voies de l'existence. C'est pourquoi l'esprit n'a ni forme ni apparence.
Même s'il y a vision, audition, sensation ou connaissance, cela n'est finalement ni aller ni venir, ni mouvement ni repos. Voir ainsi, c'est précisément connaître celui qui connaît l'esprit. On peut encore appeler cela compréhension par l'écoute.
Ainsi, bien que Titaka comprenne de cette manière, Hottô, le désignant, dit : 'Tu devras certainement réaliser la grande illumination et ton esprit deviendra naturellement pénétrant.'C'est comme apposer le sceau de l'empereur sur une marchandise commerciale. Si le sceau royal est apposé, ce n'est pas du poison, ce n'est pas du doute. Ce n'est pas non plus une affaire publique, c'est pourquoi les gens l'utilisent. La voie du maître et du disciple qui s'harmonisent est ainsi.
Même s'il est dit qu'il n'y a pas de principe qui ne soit pénétré, pas de voie qui ne soit éclaircie, il faut nécessairement réaliser la grande illumination pour commencer à l'obtenir. Sans une seule grande illumination, on devient en vain un visiteur de connaissances intellectuelles, et finalement on ne pénètre pas le terrain du cœur. Ainsi, on n'échappe pas aux vues du Bouddha et aux vues du Dharma. À quel moment échappera-t-on aux entraves de soi et aux entraves d'autrui ?
Par conséquent, même si les quarante-neuf ans d'enseignement n'ont pas omis un seul mot, même si les trois véhicules et les cinq véhicules n'ont pas commis une seule erreur sur un dharma, sans une seule grande illumination, il est difficile d'accorder que l'on soit un vrai moine. Ainsi, même si l'on peut expliquer mille sūtras et dix mille traités, faire apparaître le Bouddha, faire trembler la grande terre, faire pleuvoir des fleurs célestes en désordre, c'est tôt encore la compréhension d'un maître de conférences, ce n'est pas encore un moine de qualité authentique.
Par conséquent, on ne doit pas comprendre 'les trois mondes ne sont que l'esprit', on ne doit pas comprendre 'les dharmas dans leur réalité', on ne doit pas comprendre 'tous les êtres ont la nature de Bouddha', on ne doit pas comprendre 'finalement vide et tranquille'. La réalité, encore, est contrainte par les détails. Le vide total est identique à tomber dans le vide, 'tous les êtres'ressemble aussi à la nature spirituelle. 'L'esprit seulement'n'échappe pas encore à la conscience. Ainsi, si quelqu'un pense chercher cette affaire, s'il la cherche dans les mille sūtras et dix mille traités, hélas, c'est un homme qui a abandonné son père et s'est enfui.
Ainsi, lorsque l'on ouvre un par un son propre trésor caché et que l'on fait sortir le grand canon des écritures, on obtient naturellement que les enseignements sacrés sont à moi. Si on ne réalise pas ainsi, les Bouddhas et les patriarches sont tous tes ennemis. C'est pourquoi on dit : 'Quel démon t'a fait quitter la maison ? Quel démon t'a fait voyager ? Si tu peux le dire, tu meurs aussi sous la fourche ; si tu ne peux le dire, tu meurs aussi sous la fourche.'Pour cette raison, on dit : 'Quitter la maison n'est pas pour le corps et l'esprit.'Bien qu'on comprenne ainsi,
ce n'est pas encore un moine de qualité authentique. Il faut à nouveau le désigner pour commencer à obtenir la grande illumination et la pénétration. Ainsi, ô vous, personnes vertueuses, pratiquez la voie avec attention, travaillez avec assiduité, ne comprenez pas le sens en vous appuyant sur les textes, ne discernez pas l'esprit en vous appuyant sur la conscience, détruisez grandement la terre entière, les êtres saints et ordinaires, les environnements et les êtres,
Bien qu'il aille et vienne d'avant en arrière, sans le moindre obstacle, bien qu'il entre et sorte de haut en bas, sans la moindre séparation poussiéreuse, il creuse encore une grotte dans le vide. Il soulève des vagues sur la terre plane, et voit le visage du Bouddha.
Ayant réalisé l'éveil et clarifié l'esprit, il reconnaît que la vigne de la calebresse s'enroule autour de la calebresse. Il fait tourner une perle de lumière ronde, et connaissant qu'il y a une affaire dans les profondeurs de la salle des Bouddhas et des Ancêtres, alors seulement il peut l'obtenir.
Je pense oser ajouter quelques mots humbles concernant les causes et conditions récentes. Voulez-vous les entendre ?
Pour obtenir la moelle, il faut connaître clairement le lieu de l'obtention. Même le charron Bian conservait un mystère qu'il ne transmettait pas.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第五祖、提多迦尊者曰、
出家者、無我我故、無我我所故、卽心不生滅故、卽是常道。諸佛亦常。心無形相、其體亦然。毱多曰、汝當大悟、自心通達。
師乃大悟。
師は摩伽陀國の人なり。初め生れし時、父の夢に、金日、屋より出て天地を照耀す。前に一の大山あり、諸寶嚴飾せり。山頂に泉涌て、滂沱として四方に流る。師、毱多尊者に參ぜし初に、此事を語る。毱多尊者、爲めに之れを解して曰く、大山は我身なり。泉涌は汝が智慧を發して法無盡なり。日、屋より出るは汝今入道の相なり。天地を照耀するは、汝が智慧の超越なりと。師は元と香象と名く、因て今の名に易ふ。梵に提多迦と曰ひ、此に通眞量と曰ふ。
師、説を聞き已りて偈を説て曰く、「巍巍七寶山。常出智慧泉。回爲眞法味。能度諸有縁。」毱多尊者も亦た偈を説て曰く、「我法傳於汝。當現大智慧。金日從屋出。照耀於天地。」
《景德傳燈錄》出家者無我我故。無我我故即心不生滅。心不生滅即是常道。諸佛亦常。心無形相其體亦然。尊者曰。汝當大悟心自通達。(T《景德傳燈錄》摩伽陀國人也。初生之時父夢金日自屋而出照耀天地。
前有大山諸寶嚴飾。山頂泉涌滂沱四流。後遇毱多尊者。爲解之曰。寶山者吾身也。泉涌者法無盡也。日從屋出者汝今入道之相也。照耀天地者汝智慧超越也。尊者本名香眾。師因易今名焉。梵云提多迦。此云通真量也。多迦聞師説已歡喜踊躍。而唱偈言。巍巍七寶山、常出智慧泉、
迴爲真法味、能度諸有緣。毱多尊者亦説偈曰。我法傳於汝、當現大智慧、金日從屋出、照耀於天地。 (T 2076.51.207c14-26).然しより師禮拜して隨從し、卒に出家を求む。毱多問て曰く、汝出家を志求す。身の出家か心の出家か。師曰く、我れ來て出家を求む、身心の爲に非ず。毱多曰く、
身心の爲にせず、復た誰か出家する。師曰く、出家は乃至、師乃ち大悟す。
實に是れ出家は我我なきの我を顯はす。故に身心を以て辨ずべきに非ず。
此我我なきの我、卽ち常道なり。生滅を以て測るべきに非ず。故に諸佛に《景德傳燈錄》志求出家。尊者問曰。汝身出家心出家。答曰。我來出家非為身心。尊者曰。不為身心復誰出家。答曰。夫出家者無我我故。無我我故即心不生滅。心不生滅即是常道。諸佛亦常。心無形相其體亦然。尊者曰。汝當大悟非ず、衆生に非ず、況や四大五蘊三界六道ならんや。故に心に形相なし、
設ひ見聞あり覺知ありとも、終に去來に非ず、動靜に非ず。是の如く見得する、卽ち是れ心を知得する底の漢、尚ほ是れ聞解と謂つべし。
故に提多迦、恁麼に解すと雖ども、毱多、點して曰く、汝まさに大悟して心自ら通達すべしと。恰か貿易の物に、皇帝の印を下すに似たり。王印もし題するとき、是れ毒に非ず、是れ疑ひに非ず。亦た是れ公物に非ず、故に人使用し來る。師資の道、相契ふこと是の如し。
設ひ理として通ぜずといふことなく、道として明らめずといふことなしと云ふとも、須からく大悟して始めて得べし。一度大悟せざれば、徒に知解の客となりて、遂に心地に通ぜず。故に佛見法見未だ免がれず。自縛他縛何れの時か遁れん。
然れば設ひ四十九年の説、一字も遺落せず、三乘五乘、一法も錯謬せずと雖も、一度大悟せざれば眞の衲子と許し難し。然れば設ひ千經萬論を講得し、佛を影向せしめ、大地を震動せしめ、天華を亂墜せしむとも、早く是れ座主の見解、未だ本色の衲僧に非ず。
然れば三界唯心と會すべからず、諸法實相と會すべからず、悉有佛性と會すべからず、畢竟空寂と會すべからず。實相、尚ほ是れ節目に拘はる。皆空却て落空に同じく、悉有また性靈に似たり。唯心未だ覺知を免がれず。然れば此事を求めんと思はん人、千經萬論の中に求むること有らば、恨むらくは捨父逃逝の漢なり。
故に一一自己の寶藏を打開して、一大藏經を運出せんとき、聖教自づから我有なることを得ん。若し恁麼に證得せずんば、佛祖悉く是れ汝が怨なり。故に謂ふ、那箇の魔魅か汝をして出家せしめ、那箇の魔魅か汝をして行脚せしむ。道ひ得ても也た叉下に死し、道ひ得ざるも也た叉下に死すと。恁麼なる故に謂ふ、出家は身心の爲に非ずと。是の如く解すと雖も、
尚ほ是れ本色の衲子に非ず。再び指出して始て大悟して通ずることを得た《景德傳燈錄》五台山祕魔巖和尚常持一木叉。每見僧來禮拜。即叉却頸云。那箇魔魅教汝出家。那箇魔魅教汝行脚。道得也叉下死。道不得也叉下死。速然れば諸仁者、子細に辦道し、綿密に功夫し、文に依て義を解することなく、覺に依て靈を辨まふることなく、乾坤大地、凡聖依正を大に破壞して、
前後に往返すと雖も、一絲の障礙なく、上下に出入すと雖も、一塵の隔歴なくして、更に虛空に窟籠をゑり。平地に波瀾をおこして、佛面を看得し、
悟道明心を識得して、葫蘆藤種葫蘆を纏ひ來り、一顆の圓光珠玉を回し來て、佛祖堂奧の事あることを知て、始て得べし。
適來の因縁、敢て卑語を著けんとおもふ。聞かんと要すや。
得髓須知得處明。輪扁猶有不傳妙。
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
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