Vasumitra
Présentation
Vasumitra (婆須蜜多), septième patriarche indien, est célèbre pour sa naissance miraculeuse : ses parents, un couple brahmane stérile, reçurent la visite de Micchaka qui bénit la mère, et Vasumitra naquit peu après, manifestant dès l'enfance une sagesse qui stupéfiait les sages les plus âgés.
Son nom signifie « l'ami des richesses » — non les richesses matérielles, mais le trésor intérieur du Dharma qu'il incarnait sans effort.
Keizan voit en Vasumitra l'exemple de la transmission qui se fait sans enseignement délibéré : le Dharma se manifeste de lui-même quand les conditions sont réunies.
Le septième patriarche, le vénérable Vasumitra, plaça un récipient à alcool devant le vénérable Micchaka, s'inclina et se tint debout. Le vénérable demanda : 'Est-ce mon récipient, ou est-ce le tien ?'Le maître réfléchit. Le vénérable dit : 'S'il est mon récipient, c'est ta nature originelle. S'il est ton récipient,
mon dharma, tu dois le recevoir.'Le maître entendit et connut la grande illumination de la nature non-née originelle.
Le maître était originaire du nord de l'Inde. Son nom de clan était Bharadvaja. Il portait toujours des vêtements purs. Tenant un récipient à alcool à la main, il errait dans les villages, tantôt chantant, tantôt sifflant. Les gens le prenaient pour un fou.
S'il est mon récipient, c'est ta nature originelle). Il ne révélait pas son nom. Cependant, le vénérable Micchaka,
voyageant pour enseigner, arriva au royaume du nord de l'Inde. Il vit au-dessus des créneaux une nuée propice de couleur dorée s'élever. Le vénérable dit à ses disciples : 'C'est l'aura d'un homme de la voie, il y a certainement ici un grand être qui sera mon héritier du dharma.'
Avant même qu'il n'ait fini de parler, le maître arriva aussitôt, et demanda :
« Jingde Chuandeng Lu » : Il était originaire du royaume de l'Uttarakuru. Son nom de famille était Bharadvaja. Il portait toujours des vêtements purs et se promenait dans les villages avec un récipient à alcool, tantôt chantant, tantôt... « Jingde Chuandeng Lu » : En voyageant pour enseigner, il arriva au royaume de l'Uttarakuru. Il vit au-dessus des créneaux des murailles un nuage auspicieux de couleur dorée. Il s'exclama : 'Cette aura est celle d'un homme du Dharma. Il doit y avoir un grand être qui sera mon successeur dans le Dharma.'
Le maître plaça alors le récipient à alcool devant le vénérable Micchaka. Alors, il réalisa profondément la nature intrinsèque du non-né.
À ce moment, le récipient à alcool disparut soudainement. Le vénérable dit à nouveau : 'Essaie de déclarer toi-même ton nom et ton lignage. Je t'indiquerai ensuite la cause originelle.'Le maître répondit en récitant une gatha : 'Depuis d'innombrables kalpas, jusqu'à ma naissance en ce pays. Mon nom de famille originel est Bharadvaja. Mon nom est Vasumitra.'À ce moment, le vénérable lui révéla : 'Mon maître, Dhītika, a dit : Le Bhagavat voyagea autrefois en Inde du Nord et dit à Ananda : Dans ce pays, trois cents ans après mon parinirvana, il y aura un sage. Son nom de famille sera Bharadvaja, son nom sera Vasumitra. Et dans la lignée des patriarches Chan... « Jingde Chuandeng Lu » dit : Essaie de déclarer toi-même ton nom et ton lignage. Je t'indiquerai ensuite la cause originelle. Cette personne répondit par une gatha.'
'Depuis d'innombrables kalpas, jusqu'à ma naissance en ce pays. Mon nom de famille originel est Bharadvaja. Mon nom est Vasumitra.'Le maître dit : 'Mon maître Dhītika a dit : Le Bhagavat voyagea autrefois en Inde du Nord et dit à Ananda : Dans ce pays, trois cents ans après mon parinirvana, il y aura un sage. Son nom de famille sera Bharadvaja, son nom sera Vasumitra. Et dans la lignée des patriarches Chan, il obtiendra la septième place. Le Bhagavat t'a prédit. Tu devrais quitter la vie laïque.'Alors, il déposa le récipient, se prosterna respectueusement devant le maître, se tint à ses côtés et dit : 'Je me souviens que dans une vie passée, j'ai été un donateur et ai offert un trône précieux à un Tathagata. Ce Bouddha m'a prédit en disant :'
'Dans le Dharma du Bouddha Shakyamuni durant le kalpa actuel, tu obtiendras la septième place.'Le Bhagavat t'a prédit. Tu devrais quitter la vie laïque. En entendant cela, le maître dit : 'En repensant à une vie passée, j'ai été un donateur et ai offert un trône précieux à un Tathagata. Ce Bouddha m'a prédit en disant : Dans le Dharma du Bouddha Shakyamuni durant le kalpa actuel,'
'Tu continueras la lignée sacrée.'C'est pourquoi il fut finalement compté parmi les septièmes patriarches.
Le maître, avant d'arriver chez le Vénérable, ne lâchait jamais le récipient à alcool, ni jour ni nuit. C'était là un véritable étalon. Ce récipient était nécessaire le matin, nécessaire le soir, son usage était sans obstacle. Cela manifestait véritablement sa nature de récipient.
C'est pourquoi, au tout début de son étude, il demanda : « Reconnais-tu l'objet dans ma main ? » Même si l'esprit réalise que la Voie est ici, même si le corps est clairement bouddha, c'est encore un récipient de contact. S'il est un récipient de contact, il sera nécessairement vaincu par celui qui est pur.
Que tu traverses les temps anciens et présents, que tu connaisses la plénitude future, tout cela n'est que récipient de contact. Que dire de l'ancien ? Que dire du présent ? Qu'appeler commencement ? Qu'appeler fin ? De telles vues seront nécessairement vaincues par celui qui est pur. Ayant entendu la raison ultime, le maître posa aussitôt le récipient à alcool. Ce fut l'étalon de son retour au Vénérable.
C'est pourquoi il demanda : « Est-ce mon récipient ou le tien ? » Ce n'était déjà plus une discussion sur l'ancien et le présent. Cela transcendait les vues du passé et du futur. Arrivé à ce moment, penser « c'est moi » ou « c'est toi », penser « ce n'est ni moi ni toi », il montra alors et dit : « Si c'est mon récipient, c'est ta nature originelle. Ainsi, ce n'est pas non plus le récipient de Michaka. Si c'est ton récipient, alors mon dharma, tu le recevras. Donc, ce n'est pas non plus le récipient de Vasumitra. Ce n'est ni mon récipient ni le tien. Donc le récipient n'est pas non plus un récipient. Ainsi le récipient disparaît. »
La véritable cause et condition du début à la fin n'est pas ce que les gens peuvent aujourd'hui connaître. Même si tu étudies et voyages, atteignant le lieu où même tous les bouddhas et patriarches n'arrivent pas par leurs efforts, ce serait encore un récipient de contact. Il sera nécessairement vaincu par celui qui est pur. Le véritable pur, la pureté même ne s'établit pas. Ainsi le récipient ne s'établit pas non plus. Ainsi la voie du maître et du disciple s'accorde. Parce que la voie est sans obstacle, mon dharma, tu le recevras. Parce que c'est ta nature originelle, aucun dharma n'est reçu d'un autre, aucun dharma n'est conféré à autrui. Quand on perce ainsi, on peut l'appeler maître, on peut l'appeler disciple. Ainsi le disciple monte sur la tête du maître, le maître descend aux pieds du disciple. À ce moment, il n'y a pas deux choses, pas de séparation, donc on ne peut même l'appeler récipient.
Alors le récipient disparaît. Ce fut l'étalon de la pénétration de cette Voie.
Aujourd'hui, si l'on parvient à atteindre cette terre, ce n'est plus le corps-esprit d'autrefois. Ainsi, il est difficile de dire qu'elle traverse passé et présent. À plus forte raison, comment pourrait-on parler de naissance-mort, d'aller-venir, ou encore consister en peau, chair, os et moelle ? C'est véritablement une terre de vide et de quiétude indivise, sans finalement ni face ni dos, ni intérieur ni extérieur.
Aujourd'hui, je revêts à nouveau des paroles humbles et souhaite évoquer les causes et conditions récentes. Ô grande assemblée, désirez-vous les entendre ?
La cloche de l'aube gelée résonne au gré de la frappe. En cela, nul besoin de vaine agitation.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第七祖、婆須密多尊者、置酒器於彌遮迦尊者前、作禮而立。尊者問曰、爲是我器、爲是汝器。師思惟。尊者曰、爲是我器者、汝之本有性。若復汝器、
我法汝當受。師聞大悟無生本性。
師は北印度の人なり。姓は頗羅墮。常に淨衣を服す。手に酒器を持して閭里に遊行し、或は吟じ或は嘯く。人、之を狂と謂ふ。
ō nari 是れ我が器と爲さば、汝の本有の性なり). The姓名を顯さず。 然るに彌遮迦尊者、
遊化して北天竺國に至る。雉堞の上を見るに金色の祥雲ありて起る。尊者、徒衆に謂て曰く、是れ道人の氣なり、是れ必ず大士ありて吾法嗣たらんと。
言、未だ了らざるに師卽ち到て、乃ち問て曰く、
《景德傳燈錄》北天竺國人也。姓頗羅墮。常服淨衣執酒器遊行里閈。或吟或《景德傳燈錄》遊化至北天竺國。見雉堞之上有金色祥雲。歎曰。斯道人氣也。必有大士爲吾法嗣。(T. 2076.51.208a16-18).《景德傳燈錄》曰識我手中物否。師曰。此是觸器而負淨者。( T我手中の物を知るや否や。尊者曰く、是れ觸器にして淨者に背く。
師、乃ち酒器を彌遮迦尊者の前に置く。乃至、大に無生本性を悟る。
時に酒器忽然として見へず。 尊者又謂て曰く、汝試みに自ら名氏を稱せよ。吾、當に後に本因を示すべし。師、偈を説て答ふ、「我從無量劫。至于生此國。本姓頗羅墮。名字婆須密。」時尊者示して曰く、我が師提多迦説たまふ。世尊昔し北印度に遊び、阿難に語て言く、此國中に吾が滅後三百年にして一の聖人あり。姓は頗羅墮、名は婆須密。而も禪祖に於て《景德傳燈錄》謂曰。汝試自稱名氏。吾當後示本因。彼人説偈而答。
我從無量劫。至于生此國。本姓頗羅墮。名字婆須蜜。師曰。我師提多迦説。世尊昔遊北印度。語阿難言。此國中吾滅後三百年有一聖人。姓頗羅墮。名婆須蜜。而於禪祖當獲第七。世尊記汝。汝應出家。彼乃置器禮師側立而言曰。我思往劫嘗作檀那。獻一如來寶坐。彼佛記我云。
汝於賢劫釋迦法中。 (T 2076.51.208a22-b1).當に第七を獲べしと。世尊、汝を記す。汝應に出家すべし。 師聞て曰く、我れ往劫を思ふに、嘗て檀那となりて如來に一の寶座を獻ず。彼佛、我を記して曰く、汝賢劫釋迦牟尼佛の法中に於て、
聖位を續ぐべしと。之に依て卒に第七の祖に列なる。
師、未だ尊者の所に至らざる時、十二時中酒器を持して棄ることなし。實に是れ表準なり。此器朝にも要し、暮にも要し、受用無礙なり。實に是れ其器たることを表す。
之に依て參學の最初に問て云く、我が手中の物を識るや否やと。設ひ心是道と會し、身是佛なりと明らむるとも、尚ほ是れ觸器なる故に、若し觸器ならば必ず淨者には負くべし。
古今に亙るとも會せよ、未來具足とも知れ。皆是れ觸器なり。何の古とか説かん、何の今とか説かん。何を始と曰ひ、何を末と曰はん。是の如きの所見、必らず淨者には負くべし。理の最たるを聆て、師卽ち酒器をさしおく。是れ卽ち尊者に歸せし表準なり。
《論語》子貢問爲仁。子曰、工欲善其事、必先利其器。居是邦也、事其大夫之賢者、友其士之仁者。(Analects 論語, 15 衛靈公第十五, sec.《大般涅槃經》佛言。善哉善哉。善男子。快發斯問。佛性者猶如虛空。非過去非未來非現在。一切衆生有三種身。所謂過去未來現在。衆生未來具足莊嚴清淨之身得見佛性。(T 374.12.562c1-5).是故に是れ我が器とやせん、是れ汝の器とやせんと問ひしなり。已に古今の論に非ず。去來の見をも離る。此時に到て是れ我なりとやせん、是れ汝なりとやせん。是れ我にも非ず、是れ汝にも非ずと思惟せし所に、卽ち示して曰く、我が器となさば汝の本有の性なり。然れば是れ彌遮迦の器にも非ず。若し復た汝が器ならば、我が法、汝受くべし。故に婆須密の器にも非ず。我と汝との器にも非ず。故に器また器に非ず。故に器卽ち隱れぬ。
實に一段始終の因縁、今、人の能く知るべき所に非ず。設ひ參じ來り參じ去て、諸佛諸祖師、盡力不到の處に到ると雖も、是れ觸器なるべし。必らず淨者には負くべし。夫れ眞箇の淨者は、淨もまた立せず。故に器また立せず。故に師資の道、相契ふ。通途無礙なる故に、我が法、汝受くべし。汝が本有の性なる故に、一法の他に受るなく、一法の人に授くるなし。恁麼に參徹するとき、師とも謂ふべし、資とも謂ふべし。故に子卽ち師の頂に上り、師卽ち子の足に下る。是時、兩物なく分析なし、故に器とも稱し難し。
乃ち器隱る、此道の方に通ぜし表準なり。
今日も若し此田地に到り得ば、從來の身心に非ず。故に古今に亙るとも謂ひ難し。何に況や生死去來と稱するあらんや、皮肉骨髓を存することあらんや。實に是れ虛凝一片の田地、遂に表裏なく内外なし。
今日、又卑語を着けて、適來の因縁を擧せんと思ふ。大衆、聞かんと要すや。
霜曉鐘如隨扣響。斯中元不要空盞。
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
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