Buddhamitra
Présentation
Buddhamitra (仏陀蜜多), neuvième patriarche indien, signifie « l'ami du Bouddha ». Il était un maître de la contemplation silencieuse, réputé pour sa capacité à transmettre l'éveil par la seule présence — sans paroles, sans gestes élaborés.
La rencontre avec Buddhānandin fut un face-à-face silencieux : deux regards se croisèrent, et la transmission s'accomplit. Buddhamitra est souvent évoqué comme l'exemple de la « transmission de l'œil », la reconnaissance directe de l'éveil dans un autre.
Keizan célèbre en Buddhamitra la puissance du silence partagé — ce qui se passe entre deux êtres quand les mots sont devenus inutiles.
Le neuvième patriarche, le vénérable Buddhamitra, entendit Buddhanandi déclarer : 'Tes paroles sont intimement liées à ton esprit, tes parents ne peuvent s'y comparer. Ta conduite s'accorde avec la voie, l'esprit des bouddhas est précisément cela. Rechercher extérieurement un bouddha doté de caractéristiques ne te ressemble pas. Pour reconnaître ton esprit originel, il n'est ni union ni séparation.'
Le maître atteignit alors la grande illumination.
Il était originaire du pays de Tiga. Son nom de famille était Vaisravana.
Buddhanandi, voyageant pour enseigner, arriva à la maison des Vaisravana dans la cité du pays de Tiga. Voyant une lumière blanche s'élever et monter au-dessus de la demeure, il dit à ses disciples : 'Il doit y avoir un être saint dans cette maison.'
Il n'y avait pas de discours verbal, c'était véritablement un réceptacle du Grand Véhicule.
Il était originaire du pays de Tiga. Son nom de famille était Vaisravana. Ses pieds ne touchaient pas le sol, il connaissait seulement la souillure du contact. 'Celui-ci sera mon successeur.'
Lorsqu'il eut fini de parler, le maître de maison sortit, s'inclina respectueusement et demanda : "De quoi avez-vous besoin ?" Le Vénérable répondit : "Je cherche un assistant." Le maître de maison dit : "J'ai un fils, déjà âgé de cinquante ans, dont la bouche n'a jamais parlé et les pieds n'ont jamais marché." Le Vénérable dit : "S'il est tel que vous le décrivez, il est véritablement mon disciple." Le Vénérable, l'ayant vu et ayant entendu ces paroles,
Le maître se leva aussitôt précipitamment, s'inclina en hommage et prononça une stance, demandant : "Les parents ne sont pas mes proches. Qui sont les plus proches ? Les bouddhas ne sont pas ma voie. Quelle est la plus haute voie ?" Le Vénérable répondit par une stance : "Tes paroles sont proches du cœur. Jusqu'à... ni union ni séparation." Alors le maître, entendant cette merveilleuse stance, marcha immédiatement sept pas. Le Vénérable dit : "Cet enfant, autrefois, a déjà rencontré le Bouddha ; son vœu de compassion est vaste et grand."
Parce qu'il considérait que l'amour et l'attachement des parents sont difficiles à abandonner, il ne parlait pas et ne marchait pas, etc.
Le Vénérable, en voyageant pour enseigner, arriva dans la ville du royaume de Tiga, à la maison de Vaisala. Il vit au-dessus de la maison une lumière blanche s'élevant vers le ciel. Il dit à ses disciples : "Cette maison doit abriter un sage. Sa bouche ne parle pas, c'est un véritable réceptacle du Grand Véhicule."
Nommé Buddhamitra, âgé déjà de cinquante ans, sa bouche n'avait jamais parlé, ses pieds n'avaient jamais marché. Le Vénérable dit : "S'il est tel que vous le dites, il est véritablement mon disciple." Le Vénérable, le voyant, se leva précipitamment, s'inclina en hommage et prononça une stance : "Les parents ne sont pas mes proches, qui sont les plus proches ? Les bouddhas ne sont pas ma voie, qui accomplit la plus haute voie ?" Le Vénérable répondit par une stance : "Tes paroles sont proches du cœur, les parents ne peuvent se comparer. Ta pratique s'accorde avec la voie, le cœur des bouddhas est cela même."
Rechercher extérieurement un bouddha doté de caractéristiques, cela ne te ressemble pas. Pour reconnaître ton cœur originel, ni union ni séparation. Buddhamitra, entendant la merveilleuse stance du maître, marcha alors sept pas. Le maître dit : "Cet enfant, autrefois, a déjà rencontré le Bouddha ; son vœu de compassion est vaste et grand. Il considérait que l'amour et l'attachement des parents sont difficiles à abandonner, c'est pourquoi il ne parlait pas et ne marchait pas." En vérité, les parents ne sont pas mes proches, les bouddhas ne sont pas ma voie. Ainsi, si tu souhaites connaître ce qui est véritablement proche, ce n'est pas comparable aux parents. Si tu souhaites connaître ce qui est véritablement la voie, ce n'est pas en apprenant des bouddhas. Pourquoi ? Parce que ce que tu vois et entends, finalement, n'emprunte pas les oreilles et les yeux d'autrui.
Tes mains et tes pieds n'utilisent pas les mouvements d'autrui. Les êtres sensibles sont ainsi, les bouddhas aussi sont ainsi. Qu'il apprenne cela, que cela apprenne de lui, ce n'est finalement pas l'intimité. Comment pourrait-on appeler cela la Voie ?
Parce qu'il maintient et préserve un tel principe, il ne parle pas avec sa bouche, ne marche pas avec ses pieds, ayant ainsi passé près de cinquante années. Vraiment, c'est un réceptacle du Grand Véhicule, qui ne demeure pas dans les souillures du contact. Dire que père et mère ne sont pas mes proches, ce sont là tes paroles. C'est précisément alors que ton cœur est intime. Dire que les bouddhas ne sont pas ma voie, et finalement ne pas poser le pied, c'est là ton action, en accord avec la Voie. Ainsi, chercher extérieurement un bouddha doté de caractéristiques, ce n'est finalement pas la pratique.
Le Vénérable répondit par un gatha dans le Jingde Chuandeng Lu : Tes paroles sont intimes avec ton cœur, père et mère ne peuvent s'y comparer ; ton action s'accorde avec la Voie, le cœur des bouddhas est précisément cela. Chercher extérieurement un bouddha doté de caractéristiques ne te ressemble pas. Pour connaître le cœur originel, ni accord ni séparation. En entendant le merveilleux gatha du maître, Futamita fit sept pas. Le maître dit : Cet enfant a jadis rencontré le Bouddha, sa compassion et ses vœux sont vastes. Craignant que l'amour et l'attachement des parents soient difficiles à abandonner, il ne parle pas et ne marche pas.
Alors le vieux maître le laissa partir pour qu'il quitte la maison. Le Vénérable lui conféra rapidement les préceptes complets. Il lui dit à nouveau : Maintenant, je te transmets le Trésor de l'Œil du Dharma correct du Tathagata. Ainsi, dans la lignée des patriarches, on n'établit pas d'écrits, on pointe directement et transmet simplement pour voir la nature et devenir bouddha. C'est pourquoi, pour faire connaître aux gens le caractère direct, on transmet simplement sans autre modèle.
Seulement, on fait que les gens coupent directement la racine de la pensée en s'asseyant, et laissent une moisissure blanche naître sur le bord des lèvres. Ce n'est pas éviter de parler, ce n'est pas prôner le silence. C'est pour leur faire connaître que ton cœur est ainsi. Comme l'eau claire, comme le ciel vide. Pur et blanc, limpide et propre, harmonieux et sans obstacle.
Ainsi, en dehors de son propre cœur, aucune chose ne se manifeste ; au-dessus de son propre esprit, pas la moindre poussière ne peut obstruer. Le corps entier lumineux et brillant, il ne s'aligne pas avec perles et jades. Ne compare pas la lumière du soleil et de la lune à ta propre lumière. Ne compare pas la lumière d'une perle de feu à tes propres yeux. Ne vois-tu pas ce qui est dit ?
Chaque personne possède une lumière intrinsèque, claire comme mille soleils brillant ensemble. Ceux qui sont dans l'obscurité cherchent à l'extérieur, tandis que ceux qui sont clairs ne s'attachent pas à l'intérieur. Méditez calmement : ne considérez pas l'intérieur comme proche ni l'extérieur comme distant.
Depuis les temps anciens jusqu'à aujourd'hui, il en est ainsi, mais ne vous laissez pas abattre ni relever par vous-même. Ainsi, les patriarches se rencontrent avec une intimité profonde. Simplement ainsi ils se rencontrent, sans rien de plus. Ne dites pas que l'éveil est atteint par la pratique et la réalisation, ni qu'il est approfondi par l'étude. Votre propre cœur est entièrement intime avec vous. Vous êtes précisément la Voie. Ne cherchez ni un bouddha avec forme ni un bouddha sans forme. Sachez réellement : avec qui vous uniriez-vous ? De qui vous sépareriez-vous ? Finalement, ce n'est ni union ni séparation. Même si vous parlez du corps, ce n'est pas séparation ; même si vous parlez de l'esprit, ce n'est pas non plus union. Quand vous atteignez cet état, ne cherchez pas l'esprit en dehors du corps. Même s'il y a naissance et mort, aller et venir, ce n'est pas l'œuvre du corps et de l'esprit.
Les bouddhas aussi maintiennent ainsi et réalisent constamment dans les trois temps ; les patriarches aussi maintiennent ainsi et apparaissent dans les trois pays. Vous aussi, maintenez ainsi, sans rien faire d'extraordinaire. Durant les douze heures du jour, rien n'est jamais erroné. Les douze liens interdépendants sont précisément la mise en mouvement de la roue du dharma. Quand vous atteignez cet état, la roue des cinq voies de transmigration devient naturellement l'axe tournant du Grand Véhicule. Les quatre modes de naissance sont précisément votre propre activité vivante. Que vous parliez d'êtres sensibles ou insensibles, c'est comme des noms différents pour les yeux. Même si vous dites 'êtres vivants', c'est une autre appellation pour l'esprit et la pensée. Ne considérez pas l'esprit comme supérieur et la pensée comme inférieure. Comment mépriseriez-vous l'œil pour honorer la vue ? Dans cet état, il n'y a finalement ni domaine des sens ni objets, ni vision de l'esprit ni dharma. Ainsi, chaque personne est la Voie ; chaque chose n'est autre que l'esprit.
Ce matin, je souhaite à nouveau indiquer et expliquer cette occasion, mais il y a des paroles humbles. Assemblée, voulez-vous écouter ?
Ne parlez pas, ne restez pas silencieux, ne vous engagez pas dans le subtil. Comment les sens et les objets pourraient-ils souiller la nature propre ?
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第九祖、伏駄密多尊者、聞佛陀難提、説汝言與心親、父母非可比。汝行與道合、諸佛心卽是。外求有相佛、與汝不相似。欲識汝本心、非合亦非離。
師乃大悟。
提伽國の人なり。姓は毘舎羅。
佛陀難提、行化して提伽國城の毘舎羅が家に至る。舎上に白光ありて上り騰るを見て、其徒に謂て曰く、此家に當に聖人あるべし。
口に言説なし、眞に大乘の器なり。
《景德傳燈錄》提伽國人。姓毘舍羅 (T 2076.51.209a2).足、地を踏まず、觸穢を知るのみ。則ち是れ吾が嗣ならんと。
言ひ訖るに、長者出て禮を致して問ふ、何の須むる所ぞ。尊者曰く、我れ侍者を求む。長者曰く、我に一子あり、年已に五十、口未だ曾て言はず、足未だ曾て履まず。尊者曰く、汝が説く所の如くならば、眞に吾が弟子なりと。尊者、之を見て是の如く云を聞き、
師、卽ち遽かに起て禮拜して偈を説て、相問て曰く、「父母非我親。誰是最親者。諸佛非我道。誰是最道者。」尊者、偈を以て答て曰く、「汝言與心親。乃至、非合非離。」時に師、妙偈を聞て卽ち行くこと七歩。尊者曰く、此子、昔し曾て佛に値て悲願廣大なり。
父母の愛情捨て難きを慮るが故に、言はず履まざるのみ、云云。
《景德傳燈錄》行化至提伽國城毘舍羅家。見舍上有白光上騰。謂其徒曰。此家當有聖人。口無言説真大乘器。(T 2076.51.208c4-6).《景德傳燈錄》言訖。長者出致禮問何所須。尊者曰。我求侍者。曰我有一子。
名伏馱蜜多。年已五十。口未曾言足未曾履。尊者曰。如汝所説真吾弟子。尊者見之遽起禮拜。而説偈曰。父母非我親、誰是最親者、諸佛非我道、誰爲最道者尊者以偈答曰。汝言與心親、父母非可比、汝行與道合、諸佛心即是、
外求有相佛、與汝不相似、欲識汝本心、非合亦非離、伏馱蜜多聞師妙偈便行七步。師曰。此子昔曾值佛悲願廣大。慮父母愛情難捨故不言不履耳。(T父母吾親ニ非 誰是最親ナル者諸佛吾道ニ非 誰是最道ナルモノ (乾坤院本、第九祖).實に父母は我親に非ず、諸佛は我道に非ず。故に正く親きことを知らんと思はば、父母に比すべきに非ず。正く道なることを知らんと思はば、諸佛に學すべきに非ず。所以者何となれば、汝が見聞、卒に他の耳目を仮らず、
汝が手足、他の動靜を用ゐず。衆生も恁麼なり、諸佛も恁麼なり。彼れ是れを學び、是れ彼れを學ぶは、卒に是れ親きに非ず。豈道とすべけんや。
恁麼の道理を護持保任する故に、口にものいはず、足ふまず、稍や五十年を經たり。實に是れ大乘の器、觸穢中に在らざらまくのみ。父母、我親に非ずと謂ふ。卽ち是れ汝が言なり。是れ方に汝が心と親しし。諸佛、吾道に非ずと謂て、足遂に履まず。卽ち汝が行なり、道に合す。然れば外に有相の佛を求むる、卒に是れ非行。
《景德傳燈錄》尊者以偈答曰。汝言與心親、父母非可比、汝行與道合、諸佛心即是、外求有相佛、與汝不相似、欲識本心、非合亦非離。伏馱蜜多聞師妙偈便行七步。師曰。此子昔曾值佛悲願廣大。慮父母愛情難捨故不言不履耳。
時長者遂捨令出家。尊者尋授具戒。復告之曰。我今以如來正法眼藏付囑於之に依て祖師門下、不立文字、直指單傳して見性成佛しもてゆく。故に人をして直指なることを知らしめんとして、單傳せしむるに他の榜樣なし。
唯人をして直に意根下を坐斷して、口邊に白醭を生ぜしめもてゆく。是れ言を忌むに非ず、默をよみするに非ず。汝が心恁麼なることを知らしめんとなり。清水の如く虛空の如し。純白清潔にして和融無礙なり。
故に自心の外に顯はるる一物なく、己靈の上に纖塵の遮るべきなし。全體明瑩にして珠玉に列せず。日月の光明を以て自己の光明に比すること勿れ。火珠の光明を以て自己の眼睛に比すること勿れ。道ふことを見ずや、
人人一段の光明、明らかなること千日並び照すが如し。暗き者は外に向て覓め、明かなる者は内に向て存せず。靜かに思ふべし、内を以て親きとすることなく、外を以て疎とすることなしと。
古往今來、是の如くなりと雖も、自倒自起し來ること勿れ。故に祖師親切に相見す。只恁麼に相逢ふ。更に多子なし。適來の因縁を以て明らめつべ必ずしも修證に依りて到るべしと謂はず、參學に依りて窮むべしと謂はず。只汝が心全く汝と親し。汝方に是れ道なりと謂ふ。此外に有相の佛も求めず、無相の佛も求めず。實に知りぬ、汝誰にか合せん、誰とか離せん。卒に合に非ず、離に非ず。設ひ是れ身と説くも、是れ離にあらず、設ひ是れ心と説くも亦是れ合に非ず。恁麼の田地に到るども、身の外に心を覓むること勿れ。設ひ生死去來すれども、身心の作にあらず。
諸佛も恁麼に保任して、三世に常に證し、諸祖も恁麼に保任して、三國に現はれ來る。諸仁者も恁麼に保任して、更に分外にすること勿れ。十二時中、卒に未だ相錯ることなし。十二因縁、却て是れ轉法輪なり。此田地に到る時、五道の輪轉自ら大乘の飜軸なり。四生の受業まさに是れ自己の活計、設ひ情と説き、非情と説くも、恰も眼目の異名なり。設ひ衆生と謂ふとも、心意の別稱なり。心を勝れたりとして、意を劣れりとすること勿れ。豈眼を賤みて目を貴しとせんや。這箇の田地、卒に根塵の境界なく、心法の所見なし。故に人人悉く是れ道なり。事事都て心ならざることなし。
今朝、又此因縁を指説せんとするに卑語あり。大衆、聞かんと要すや。
莫言語默渉離微。豈有根塵染自性。
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
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