Pārśva
Présentation
Pārśva (脇尊者) — « le vénérable aux côtes » — doit son surnom à la pratique ascétique extrême qui fut la sienne : il ne s'allongea jamais pour dormir, demeurant constamment en position assise, au point que ses côtes devinrent saillantes. Dixième patriarche indien, il incarne la vigilance ininterrompue.
Son histoire est liée à celle de son disciple Puṇyayaśas, qu'il convertit lors d'un débat public. La transmission entre eux fut marquée par un échange vif et lumineux.
Keizan commente cependant que la vigilance de Pārśva n'était pas un exploit physique mais l'expression naturelle de l'éveil : quand on est pleinement éveillé, pourquoi aurait-on besoin de s'allonger ?
Le Dixième Ancêtre, le Vénérable Pārśva, servit le Vénérable Buddhamitra pendant trois ans, sans jamais dormir. Un jour, le Vénérable récita un sūtra et exposa le non-né. L'enseignant, entendant cela, réalisa la Voie.
Il était originaire du centre de l'Inde. Son nom originel était Difficile-à-Naître. Au moment où le Maître allait naître, son père rêva
d'un éléphant blanc portant sur son dos un trône précieux. Sur le trône était placée une perle lumineuse, dont la lumière illuminait les quatre assemblées. À son réveil, l'enfant naquit.
Il était originaire du centre de l'Inde. Son nom originel était Difficile-à-Naître. Au moment où le Vénérable allait naître, son père rêva d'un éléphant blanc portant sur son dos un trône précieux sur lequel était placée une perle lumineuse. Elle entra par la porte, illuminant les quatre assemblées. À son réveil, l'enfant naquit.
Il se rendit au centre de l'Inde pour enseigner le dharma. À cette époque, il y avait un riche donateur nommé Parfum-Canopée. Celui-ci amena son fils, se prosterna devant le Vénérable et dit : 'Cet enfant est resté soixante ans dans le ventre maternel, c'est pourquoi on l'appelle Difficile-à-Naître. De plus, il a autrefois rencontré un rishi qui déclara : Cet enfant n'est pas ordinaire, il deviendra un réceptacle du dharma. Maintenant qu'il rencontre le Vénérable, il devrait être ordonné.'Le Vénérable lui rasa la tête et lui conféra les préceptes. Après soixante ans dans le ventre et quatre-vingts ans de vie, soit cent quarante ans au total, il commença enfin à produire l'esprit d'éveil. Il était extrêmement âgé, d'une vieillesse avancée. Lorsqu'il voulut produire cet esprit, tous le dissuadèrent : 'Tu es déjà très vieux, à quoi bon te fatiguer inutilement ? Il y a deux sortes de vie monastique : l'une est la pratique de la méditation,'
l'autre est la récitation des sūtras. Tu n'es capable d'aucune des deux.'
Dans le Recueil de la transmission de la lampe de l'ère Jingde, il est rapporté que le patriarche exerçait son influence en Inde. À cette époque, un riche laïc nommé Xianggai amena son fils pour rendre hommage au vénérable. Il dit : 'Cet enfant est resté dans le ventre maternel soixante ans, c'est pourquoi on l'appelle Difficile-à-naître. J'ai aussi rencontré un immortel qui a dit que cet enfant n'était pas ordinaire et deviendrait un réceptacle du Dharma. Maintenant que je rencontre le vénérable, je demande qu'il lui soit permis de quitter la vie familiale.'Le vénérable lui rasa aussitôt les cheveux et lui conféra les préceptes. Le maître, entendant les calomnies des gens du monde, fit lui-même le vœu : 'Si, après avoir quitté la vie familiale, je n'étudie pas à fond les trois corbeilles et n'obtiens pas les trois connaissances, je fais le serment de ne jamais laisser mes côtes toucher la natte.'Ayant fait un tel vœu, le jour il étudiait et récitait les sutras, la nuit il pratiquait la méditation assise et réfléchissait, sans jamais dormir. Au moment où il allait quitter la vie familiale, une lumière auspicieuse illumina son siège, et il perçut la manifestation de vingt-et-une reliques. À partir de là, il s'appliqua avec diligence, oubliant la fatigue pendant trois ans, et finalement maîtrisa les trois corbeilles et ouvrit les trois connaissances.
Un jour, alors que le vénérable récitait un sutra et exposait le non-né, le maître entendit et réalisa la voie, et fut finalement compté parmi les dixièmes patriarches. Sachez que l'œuvre des bouddhas et patriarches est ainsi : s'appliquer avec diligence en oubliant la fatigue, étudier et réciter les sutras, pratiquer la méditation assise et réfléchir. Le patriarche aussi récitait habituellement les sutras et exposait l'insurpassable. Ces sutras sont les véritables soutras du Grand Véhicule. Bien qu'ils soient également des paroles du Bouddha, on ne récite que ceux du Grand Véhicule. On ne s'appuie que sur les soutras de sens définitif. Ces soutras du Grand Véhicule ne parlent pas de balayer la moindre poussière, ne disent pas d'éliminer les illusions. Les soutras de sens définitif ne se contentent pas d'épuiser complètement le principe et le merveilleux, ils épuisent aussi les faits. Épuiser les faits signifie que depuis l'éveil de l'esprit d'éveil des bouddhas jusqu'au nirvana de l'éveil, en exposant les trois véhicules et les cinq véhicules, les noms des ères et des terres, rien n'est laissé inépuisé. C'est cela qu'on appelle sens définitif. Ainsi, sachez que les soutras bouddhiques sont ainsi.
Même si l'on exprime une phrase ou pénètre un principe, si l'on n'a pas accompli la tâche d'étudier toute une vie, il est difficile de le reconnaître comme bouddha ou patriarche. Il faut donc absolument s'appliquer avec diligence en oubliant la fatigue, éveiller l'esprit d'éveil en se distinguant de la foule, pratiquer en se détachant de la communauté, étudier avec minutie, examiner en détail, enchaîner la nuit au jour, établir sa résolution et déployer ses forces, clarifier complètement l'intention fondamentale de l'apparition des bouddhas et patriarches dans le monde et la signification de la préservation personnelle, de sorte que dans cette vie, il n'y ait aucun principe qui ne soit pénétré, aucun fait qui ne soit épuisé, et alors seulement on est bouddha ou patriarche. Récemment, la voie des patriarches étant déclinée et l'étude réelle manquant, certains pensent suffisant de pénétrer une seule parole ou un seul principe. Craignez que cela ne soit de la catégorie de l'orgueil spirituel. Il faut grandement s'en méfier.
Dans le Soutra du Lotus de la Loi merveilleuse, il est dit que la durée de vie est d'un kalpa, la terre est ornée, et on ne voit ni auditeurs, ni bodhisattvas, ni Dharma correct, ni Dharma semblant, tous suivent la même voie. La voie est comme une montagne : plus on monte, plus elle devient haute. La vertu est comme la mer : plus on y entre, plus elle devient profonde. Entrez profondément et atteignez le fond, montez haut et atteignez le sommet, alors seulement vous serez un véritable enfant du Bouddha. Ne laissez pas votre corps et votre esprit être négligés. Chacun est un réceptacle de la voie. Chaque jour est un bon jour.
C'est seulement selon qu'on étudie avec minutie ou non qu'il y a ceux qui ont percé à jour et ceux qui ne l'ont pas fait. Il ne s'agit pas nécessairement de choisir entre les gens.
Il suffit de scruter attentivement s'il y a participation ou non-participation, pour distinguer ceux qui ont percé de ceux qui n'ont pas percé. Ce n'est absolument pas une question de choisir entre les personnes.
Ne choisis pas le moment par toi-même, mais connais-le par les conditions présentes. Ayant déjà dépassé cent quarante ans, je suis vieux et décrépit. Cependant, m'appuyant sur une détermination sans dualité, j'oubliais la fatigue de l'effort diligent, et ainsi j'ai finalement accompli l'étude en une seule vie. Véritablement, en tant que vieux corps digne de compassion, j'ai servi à gauche et à droite pendant trois ans, sans jamais dormir. Les gens d'aujourd'hui, particulièrement en vieillissant, ont de la paresse. En pensant aux anciens sages du lointain passé, ne considère pas le froid amer comme un froid amer, ni la chaleur brûlante comme une chaleur brûlante ; ne pense pas à rompre corps et vie, ne pense pas que l'esprit ne peut atteindre. Si tu peux être ainsi, alors tu seras une personne qui étudie l'ancien. C'est alors un homme ayant la voie. S'il y a étude de l'ancien et possession de la voie, qui ne serait pas un bouddha-ancêtre ?
On dit qu'il récitait les sutras. Réciter les sutras ne signifie pas nécessairement les psalmodier de la bouche et les prendre en main, les considérant seulement comme 'tourner les sutras'. Dans les détails, à l'intérieur de la maison des bouddhas-ancêtres, sans pratiquer vainement au milieu des sons et des formes, sans marcher dans la matrice de l'ignorance, la sagesse surgit partout, à chaque instant le terrain du cœur s'éclaire, et il faut réciter les sutras. Si, marchant ainsi vingt-quatre heures sur vingt-quatre, on n'a jamais eu d'appui, alors on n'a pas manqué de réaliser la nature originelle non-née.
Ne sais-tu pas ? Bien que né, il n'y a pas d'origine d'où l'on vient ; bien que mort, il n'y a pas non plus d'endroit où l'on va. À l'endroit même, on naît et surgit ; suivant l'endroit, on s'éteint et s'achève. Surgir et s'éteindre, sans paresse avec le temps. Ainsi, cette naissance n'est pas une naissance.
Cette mort n'est pas une mort. Cependant, en tant que personne étudiant, ne laisse pas la vie-et-mort pendre à ton cœur. Ne te sépare pas toi-même par ce que tu vois et entends. Même si cela devient vision-audition, sons et formes, c'est ton propre trésor de lumière. De la faculté de l'œil, émet de la lumière, et les formes apparaissent, ornées ; de la faculté de l'oreille, émet de la lumière, et tu entends l'activité bouddhique des sons. Dans la paume de la main, émet de la lumière, et tourne toi-même, tourne les autres. Sous tes pieds, émet de la lumière, et avance, recule.
Aujourd'hui, pour indiquer et expliquer à nouveau un tel principe, je pense ajouter quelques mots humbles. Veux-tu entendre ?
Le maître demanda à un autre moment à Huangbo : 'Comment étudier ce principe de l'égalité de la concentration et de la sagesse ?'Huangbo dit : 'Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sans s'appuyer, tournant et retournant, combien de rouleaux de sutra ? Les phrases et sections sur la mort ici et la naissance là.'
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第十祖脇尊者、執侍伏駄密多尊者左右三年、未嘗睡眠。一日尊者、誦修多羅。及演無生。師聞悟道。
中印度の人なり。本名は難生。初め師將に誕れんとす。父夢らく、
一の白象、背に寶座あり。座上に一の明珠を安ず。其光四衆を照すと。既に覺て遂に生る。
《景德傳燈錄》中印度人也。本名難生。初尊者將誕。父夢一白象背有寶坐坐上安一明珠。從門而入光照四眾。既覺遂生。(T 2076.51.209a16-18).伏駄密多尊者、
中印度に至て行化す。時に長者香蓋と云ものあり。一子を携へ來て尊者を瞻禮して曰く、此子處胎六十歳、因て難生と號す。復た嘗て一りの仙人に會へり。謂く、此兒は凡に非ず、法器と爲るべしと。今尊者に遇ふ、當に出家せしむべし。尊者爲に落髪授戒せし處胎六十年、生後八十年、都盧一百四十年なりしに、始て發心す。老耄せること至て老耄せり。此に依て發心せんとせし時、人皆諫めて、汝既に老耄す、徒に清流にあとして是れ何にかせん。出家に二種あり、一には習禪、
二には誦經、汝が堪ゆべきに非ずと。
《景德傳燈錄》中印度行化。時有長者香蓋。携一子而來瞻禮尊者曰。此子處胎六十歳。因號難生。復嘗會一仙者。謂此兒非凡當爲法器。今遇尊者可令出家。尊者即與落髮授戒。(T 2076.51.209a3-7).師、世人の謗りを聞て、自ら誓ひて曰く、我出家して、若し三藏を學通し三明を得ることなくば、誓て脇を席に著けずと。是の如く誓ひて、晝は參學誦經し、夜は安禪思惟して卒に睡眠せず。初め出家せんとせし時、祥光、
座を燭して、仍て舎利三七粒現前することを感ず。此れより精進して疲れを忘るること三年、遂に三藏を學通し、三明智を開く。一日、尊者修多羅を誦し、無生を演べたまふ時、師聞て悟道し、卒に第十祖に列す。
知るべし、佛祖の功業として、是の如く精進疲れ忘れて、參學誦經、安禪思惟す。祖師も又尋常に修多羅を誦し、及び無上を演ぶ。此修多羅と謂ふは、正眞大乘經なり。同く佛説なりと雖も、大乘經に非ざれば誦することなし。了義經に非ざれば依ることなし。此大乘經といふは、纎塵を拂ふと説かず、妄想を除くと言はず。了義經といふは、必ず理を盡し妙を盡すのみに非ず、卽ち其事を盡し來る。謂はゆる事を盡すといふは、諸佛の發心より、菩提の涅槃に至り、三乘五乘を説き來て、劫國名號、皆以て盡さずと云ふことなし。此を了義とするなり。然れば佛經は是の如しと知るべし。
設ひ一句を道得し、一理を通得すと雖も、一生參學の事畢らずんば、卽ち是れ佛祖と許し難し。然れば必ず精進疲れを忘れ、發心群を抜け、修行倫を絶して、子細に參到し、委悉に究辨して、夜を以て日に續ぎ、志を立て力を起し、佛祖出世の本懷、自己保任の旨趣、悉く明辨して、一生の間に於て理として通ぜずといふことなく、事として盡さずといふことなくして、卽ち是れ佛祖なるべし。近來祖師の道すたれ、參學の實處なきに依て、卒に一言を通じ、一理を通ずるを以て足りぬと思へり。恐らくは是れ増上慢の類なるべし。大に畏るべし。
《妙法蓮華經》壽命一劫。國土莊嚴,聲聞、菩薩,正法、像法、皆悉同道ふことを見ずや、道は山の如く、登れば益す高し。德は海の如し、入れば益す深し。深きに入て底を究め、高きに登て頂を極めて、始て眞の佛子たらん。身心徒に放捨すること勿れ。人人悉く道器なり。日日是れ好日なり。
只子細に參と不參とに依て、徹人未徹人あり。必ずしも人を擇ぶに非ず、
時を擇ぶに非ざること、今の因縁を以て知るべし。既に百四十餘、老耄す。然れども志無二に依て、精進疲れを忘れしかば、卒に一生に參學し畢る。實に憐むべき老骨の身として、左右に侍すること三年、卒に睡眠せずといふ。今人は殊に老て怠たることあり。遙かに往古の先聖を思ひやりて、寒苦をも寒苦とせず、暑熱をも暑熱とせずして、身命を斷ずと思ふこと勿れ、心慮及ばずと思ふこと勿れ。若し能く是の如くならば則ち稽古の人なるべし。是れ則ち有道の士なるべし。若し稽古あり有道ならんが如きんば、誰か是れ佛祖に非ざらん。
既に修多羅を誦ずといふ。夫れ修多羅を誦すること、必ずしも口に誦し手に取て、以て轉經とのみすべからず。子細に佛祖の屋裡にして徒らに聲色の中に功夫せず、無明胎中に行履せず、處處に智慧發生し、時時心地開明して、須からく修多羅を誦すべし。十二時中恁麼に行履し來るに、曾て依倚せざらんが如きんば、卽ち是れ無生の本性を體達せざる無かるべし。
知らずや、生じ來れども從來する所なく、死し去れども亦去處なし。當處に出生し、隨處に滅盡す。起滅、時と共に怠たらず。故に生是れ生に非ず。
死是れ死に非ず。然も參學人として、生死を以て心頭に掛ること勿れ。見聞を以て自ら隔ること勿れ。設ひ見聞となり聲色となるとも、自の光明藏なり。眼根より光明を放て、色相莊嚴を作し來り、耳根より光明を放て、音聲の佛事を聞き得たり。手裏に光明を放て、自を轉じ他を轉ず。脚下に光明を放て、進歩退歩。
今日、又恁麼の道理を指説せんが爲に、卑語を着けんと思ふ。聞かんと要すや。
《景德傳燈錄》師又別時問黃檗、定慧等學此理如何。黃檗云、十二時中不依轉來轉去幾經卷。死此生彼章句區。
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
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