Puṇyayaśas
Présentation
Puṇyayaśas (富那夜奢), onzième patriarche indien, était un brahmane érudit, maître dans l'art de la dispute philosophique. Avant de rencontrer Pārśva, il parcourait l'Inde en défiant tous les sages, convaincu de la supériorité de sa logique.
Son débat avec Pārśva marqua l'échec retentissant de l'intellect face au silence. Pārśva ne répondit pas à ses arguments — il les accueillit comme le ciel accueille les nuages, sans s'y attacher.
Keizan voit en Puṇyayaśas la figure de l'intellect qui, enfin, se rend — non par faiblesse, mais par reconnaissance de ses propres limites.
Le onzième patriarche, le vénérable Punyayasas, se tenait les mains jointes devant le vénérable Parsva. Le vénérable demanda : 'D'où viens-tu ?'
Le maître dit : 'Mon esprit ne va nulle part.'Le vénérable dit : 'Où demeures-tu ?'Le maître dit : 'Mon esprit ne s'arrête nulle part.'Le vénérable dit : 'Tu n'es donc pas fixé ?'Le maître dit : 'Tous les bouddhas sont ainsi.'Le vénérable dit : 'Tu n'es pas les bouddhas, et les bouddhas ne sont pas non plus.'
Le vénérable dit : 'Tu n'es pas les bouddhas.'Punyayasas dit : 'Les bouddhas ne sont pas non plus.'Le maître, entendant ces paroles, après vingt et un jours de pratique, obtint la patience de la non-naissance du dharma. Il déclara au vénérable : 'Les bouddhas ne sont pas, et le vénérable n'est pas non plus.'Le vénérable, l'ayant entendu, approuva et lui transmit le vrai dharma.
Il était originaire du royaume de Pataliputra. Son nom de famille était Gautama, son père se nommait Ratnakaya.
Le vénérable Parsva,
Arrivé pour la première fois au royaume de Pataliputra, il se reposa sous un arbre. Pointant le sol de sa main droite, il déclara à l'assemblée : 'Si cette terre se transforme en or, alors un sage entrera dans cette assemblée.'À peine eut-il fini de parler que le sol se changea en or. À ce moment, il y avait le fils d'un ancien nommé Punyayasas, qui se tenait les mains jointes, et ainsi de suite.
Le « Jingde Chuandeng Lu » rapporte qu'il était originaire du pays de Huashi. Son nom de famille était Gautama. Son père s'appelait Baoshen. Arrivé pour la première fois au pays de Huashi, il se reposa sous un arbre. De la main droite, il désigna le sol et déclara à l'assemblée : « Lorsque cette terre deviendra couleur d'or, un saint entrera dans l'assemblée. » À peine eut-il parlé que le sol se changea en or. À ce moment, le fils d'un ancien, Punyayasas, joignit les paumes et s'avança.
Il prononça alors un vers : « Cette terre devient couleur d'or, présageant l'arrivée d'un saint. Il s'assiéra sous l'arbre de la bodhi, et l'éveil fleurira en lui. » Punyayasas répondit par un vers : « Le maître assis sur la terre d'or enseigne toujours le sens véritable. Que sa lumière se retourne pour m'illuminer, et me fasse entrer dans le samadhi. » L'Ancêtre, comprenant son intention, l'ordonna aussitôt et le fit entrer dans la vie monastique, lui conférant les préceptes.
Il joignit les paumes et s'avança. L'Ancêtre demanda : « D'où viens-tu ? » Punyayasas dit : « Mon esprit n'est pas allé. » L'Ancêtre dit :
« Où demeures-tu ? » Il dit : « Mon esprit ne s'arrête pas. » L'Ancêtre dit : « Tu n'es donc pas fixe ? » Il dit : « Les bouddhas sont ainsi aussi. » L'Ancêtre dit : « Tu n'es pas les bouddhas. »
Il dit : « Les bouddhas ne sont pas non plus l'Ancêtre. » Il prononça alors un vers : « Cette terre devient couleur d'or, présageant l'arrivée d'un saint. Il s'assiéra sous l'arbre de la bodhi, et l'éveil fleurira en lui. » Punyayasas répondit par un vers : « Le maître assis sur la terre d'or enseigne toujours le sens véritable. Que sa lumière se retourne pour m'illuminer, et me fasse entrer dans le samadhi. » L'Ancêtre, comprenant son intention, l'ordonna aussitôt et lui conféra les préceptes. À propos de cette circonstance, Punyayasas l'Ancêtre était à l'origine un saint. C'est pourquoi il dit : « Mon esprit n'est pas allé. Mon esprit ne s'arrête pas, les bouddhas sont ainsi aussi. » Pourtant, cela reste encore une vision dualiste. Pourquoi ? Parce qu'on comprend ainsi : « Mon esprit est ainsi, les bouddhas sont ainsi. » C'est pourquoi l'Ancêtre dit :
Comme le laboureur qui pousse son bœuf, comme l'affamé qu'on prive de nourriture. Même celui qui a véritablement réalisé la voie ne peut encore se sauver lui-même. À plus forte raison s'il conserve l'idée des bouddhas. C'est pourquoi il dit : « Tu n'es pas les bouddhas. »
Il ne faut pas le connaître par la raison, ni le distinguer par le non-signe. Ainsi, il ne faut pas le connaître par la sagesse des bouddhas, ni le mesurer par sa propre conscience. Depuis qu'il entendit ces paroles, pendant vingt et un jours, il pratiqua sans relâche la voie. Finalement, un jour, il toucha l'éveil et oublia son propre esprit, libérant les bouddhas. C'est ce qu'on appelle réaliser la patience de la non-naissance. Ayant pénétré cette vérité,
Parce qu'il n'y a ni limite ni intérieur-extérieur, on dit de son lieu d'obtention : 'Les bouddhas ne sont pas non plus le Vénérable.'
Vraiment, la voie des patriarches ne doit pas être pénétrée par la raison, ni distinguée par l'esprit. Ainsi, le corps du dharma, la nature du dharma, les dix mille dharmas, l'esprit unique ne doivent pas être considérés comme ultimes. Ainsi, on ne doit pas dire 'immuable', ni comprendre 'pur'. À plus forte raison, comment comprendre 'vide et silencieux', ou distinguer 'principe suprême'? Ainsi, tous les saints des diverses écoles, arrivant à cet endroit, retournent l'esprit initial, ouvrent à nouveau la terre de l'esprit, pénètrent directement la voie d'entrée et brisent rapidement leurs propres vues. Qu'on le sache par les causes actuelles.
Parce qu'il est déjà un saint, lorsqu'il vient, la terre se transforme aussitôt, le vent de vertu a le pouvoir d'étonner les choses.
Pourtant, pendant encore vingt et un jours, il pratiqua et atteignit cet endroit. Ainsi, vous, hommes de bien, examinez minutieusement et distinguez clairement : ne déterminez pas l'essentiel avec de petites vertus, une petite sagesse, vos propres vues ou vos anciennes passions. Il faut grandement être minutieux, alors seulement on peut obtenir.
Ce matin, voulant à nouveau rencontrer ces causes, j'use honteusement de paroles humbles. Assemblée, écoutez si vous voulez. Le Vénérable dit : 'Tu n'es pas les bouddhas.'Il dit : 'Les bouddhas ne sont pas non plus le Vénérable.'Mon esprit n'est ni bouddha ni toi. Allant et venant, depuis toujours, il est ici.
Le Vénérable du « Miroir de l'école » dit : « Tu n'es pas les bouddhas. » Yasha dit : « Les bouddhas ne sont pas toi non plus. »
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第十一祖、富那夜奢尊者、合掌立脇尊者前。尊者問曰、汝從何來。
師曰、我心非往。尊者曰、汝何處住。師曰、我心非止。尊者曰、汝不定耶。師曰、諸佛亦然。尊者曰、汝非諸佛、諸佛亦非也。
《宗鏡錄》尊者曰。汝非諸佛。夜奢曰。諸佛亦非爾。(T 2016.48.938b5).《景德傳燈錄》尊者曰。汝非諸佛。曰諸佛亦非尊者。(T 2076.51.209a25-26).師聞此言、經三七日修行、得無生法忍。告尊者曰、諸佛亦非、非尊者。尊者聽許付正法。
華氏國の人なり。姓は瞿曇氏、父は寶身。
脇尊者、
初め華氏國に至て、一樹の下に憩ふ。右手に地を指て衆に告て曰く、此地金色と變ぜば、當に聖人ありて入會すべしと。言ひ訖りて、卽ち地金色と變ず。時に長者の子富那夜奢と云ふ者あり、合掌して立つ、云云。
《景德傳燈錄》華氏國人也。姓瞿曇氏。父寶身。(T 2076.51.209b11-12).《景德傳燈錄》初至華氏國憩一樹下。右手指地而告衆曰。此地變金色當有聖人入會。言訖即變金色。時有長者子富那夜奢。合掌前立 ...因に偈を説て曰く、「此地變金色。預知有聖至。當坐菩提樹。覺華而成已。」夜奢復た偈を説て曰く、「師坐金色地。常説眞實義。
回光而照我。令入三摩諦」と。尊者、師の意を知て卽ち度して出家し、戒法を具せしむ。
《景德傳燈錄》... 合掌前立 。尊者問。汝從何來。夜奢曰。我心非往。尊者曰。
汝何處住。曰我心非止。尊者曰。汝不定耶。曰諸佛亦然。尊者曰。汝非諸佛。
曰諸佛亦非尊者。(T 2076.51.209a22-26).《景德傳燈錄》因説偈曰。此地變金色、預知於聖至、當坐菩提樹、覺華而成已。夜奢復説偈曰。師坐金色地、常説真實義、迴光而照我、令入三摩諦、尊者知其意。即度出家復具戒品。(T 2076.51.209a26-b3).適來の因縁、夜奢尊者、元來是れ聖者なり。之に依て我心は往に非ず。我心は止に非ず、諸佛も亦た然りと説く。然も猶ほ是れ兩箇の見なり。所以者何となれば、我心も是の如く諸佛も是の如してと會す。是に依て尊者、
耕夫の牛を驅り、飢人の食を奪ふ。眞實得道の人も、猶ほ是れ自救不了なり。何に況や諸佛を存することあらんや。是に依て汝非諸佛と説く。
是れ理性を以て知るべきに非ず、非相を以て辨ずべきに非ず。故に諸佛の智を以て知るべきに非ず、自己の識を以て量るべきに非ず。故に此言を聞てより、三七日の間、修習行道して措くことなし。遂に一日覺觸して方に我心を忘じ、諸佛を解脱す。之を無生法忍を悟る謂ふ。遂に此理に通じて、
邊表なく内外なきに依て、其得處を説くに曰く、諸佛亦非尊者なりと。
實に是れ祖師の道は、理を以て通ずべきに非ず、心を以て辨ずべきに非ず。故に法身法性萬法一心を以て究竟とするに非ず。故に不變とも説くべからず、清淨とも會すべからず。何に況や空寂なりと會せんや、至理なりと辨ぜんや。故に諸家の聖者、悉く此處に到て、初心を回し、再び心地を開明して、直に入路を通じ速かに己見を破す。今の因縁を以て知るべし。
已に是れ聖者たるに依て、來る時、地卽ち變じ、德風、物を驚かす力あり。
然れども尚ほ三七日の間、修習して此所に達す。故に諸仁者、子細に明辨して、僅かに小德小智、己見舊情を以て宗旨を定ること勿れ。大に須らく子細にして、始て得べし。
今朝、又此因縁を會せんとするに、忝く卑語を以てす。大衆、聞かんと要《景德傳燈錄》尊者曰。汝非諸佛。曰諸佛亦非尊者。(T 2076.51.209a25-26).我心非佛亦非汝。來往從來在此中。
《宗鏡錄》尊者曰。汝非諸佛。夜奢曰。諸佛亦非爾。(T 2016.48.938b5).
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
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