Aśvaghoṣa
Présentation
Aśvaghoṣa (馬鳴), douzième patriarche indien, est un géant littéraire du bouddhisme indien. Auteur du Buddhacarita (biographie en vers du Bouddha), du Saundarananda et du traité Mahāyāna-śraddhotpāda, il mania la poésie avec une puissance que même les philosophes les plus austères admirent.
Son nom viendrait de ce que, lorsqu'il parlait, même les chevaux hennissaient d'émotion. Ancien brahmane et redoutable débatteur, il fut converti par Puṇyayaśas non par la logique mais par la beauté d'un vers sur l'impermanence.
Keizan voit en lui le modèle de la transmission par l'art : quand le cœur est touché par la beauté, le Dharma y pénètre sans résistance.
Le Douzième Ancêtre, le Vénérable Ashvaghosha, demanda au Vénérable Pārśva : "Je désire connaître le Bouddha. Quelle chose est cela ?" Le Vénérable dit : "Tu désires connaître le Bouddha, c'est ce que tu ne connais pas qui l'est." Le Maître dit : "Si l'on ne connaît pas le Bouddha, comment savoir que c'est Lui ?" Le Vénérable dit :
"Puisque tu ne connais pas le Bouddha, comment sais-tu que ce n'est pas Lui ?" Le Maître dit : "Ceci est le sens de la scie." Le Vénérable dit : "Cela est le sens du bois." Il demanda à nouveau :
"Quel est le sens de la scie ?" Le Maître dit : "Sortir à égalité avec le maître." Il demanda encore : "Quel est le sens du bois ?" Le Vénérable dit : "Tu es débité par moi."
Le Maître fut soudainement illuminé et comprit.
Il était originaire du pays de Varanasi. On l'appelait aussi Gunashri. On le nomma ainsi parce qu'il considérait que les mérites, qu'ils soient conditionnés ou inconditionnés, étaient les plus éminents.
Il se rendit alors auprès du Vénérable Pārśva et lui demanda d'abord : "Je désire connaître le Bouddha. Quelle chose est cela ?" Le Vénérable dit :
Si tu veux connaître le Bouddha, celui qui ne connaît pas, voilà qui il est.
Véritablement, au tout début de la quête, ce qu'il faut nécessairement rechercher, c'est cela, le Bouddha. Les Bouddhas des trois temps, les patriarches de nombreuses générations, tous sont appelés des hommes qui étudient le Bouddha. Si l'on n'étudie pas le Bouddha, tous sont nommés hérétiques. C'est pourquoi il ne faut pas le chercher par le son, ni le reconnaître en le cherchant par la forme. C'est pourquoi les trente-deux marques et les quatre-vingts signes secondaires ne suffisent pas à faire le Bouddha. Ainsi, je veux connaître le Bouddha. 'Qui donc est cela ?'vient la question. Aussitôt il montre et dit : 'Si tu veux connaître le Bouddha, celui qui ne connaît pas, voilà qui il est.'Celui qu'on appelle 'celui qui ne connaît pas'est précisément le Vénérable Ashvaghosha ; serait-ce un autre ? De Bénarès. Aussi nommé Guna-shri. Parce qu'il possédait les mérites suprêmes, tant conditionnés qu'inconditionnés, il fut ainsi nommé. Même au temps où l'on ne connaît pas, et au temps où l'on connaît, il n'y a pas d'autre maintien, pas d'autre apparence. C'est pourquoi depuis les temps anciens jusqu'à maintenant, il en est seulement ainsi. Parfois il porte les trente-deux marques, possède les quatre-vingts signes secondaires, porte trois têtes et huit bras. Il sombre dans les cinq déclins et les huit souffrances, parfois il a poils et cornes, parfois il porte des cangues et des chaînes de fer. Toujours résidant dans les trois mondes, il maintient sa propre conduite, dans son propre cœur il émerge et sombre, apparaissant avec un visage différent. Ainsi, même en naissant, on ne sait pas ce que c'est. Même en mourant, on ne sait pas ce que c'est. Bien qu'on veuille lui donner une forme, ce n'est pas un dharma à fabriquer. Bien qu'on veuille lui donner un nom, cela non plus n'est pas une chose à établir. C'est pourquoi d'ère cosmique en ère cosmique, jamais on ne le connaît, même s'il me suit, m'accompagne, on ne le discerne absolument pas.
Ayant entendu la causalité précédente, beaucoup comprennent et disent : 'Si en quelque manière on a une connaissance, c'est précisément s'écarter du Bouddha. Ne pas connaître, ne pas distinguer, voilà qui doit être le Bouddha.'
Le 'ne pas connaître'actuel, si on le comprend ainsi, pourquoi le Vénérable Bashya se donnerait-il la peine de le montrer ainsi ? Entrer dans l'obscurité depuis l'obscurité, il en est seulement ainsi parce que tout n'est pas ainsi. Il montre directement et dit : 'Celui qui ne connaît pas est Ashvaghosha.'Ne pas encore éclaircir, simplement prendre le 'ne pas connaître'd'origine pour comprendre le point montré maintenant. C'est pourquoi il est dit : 'Puisque le Bouddha n'est pas connu, comment saurait-on que c'est cela ?'Le Vénérable montre à nouveau et dit : 'Puisqu'on ne connaît pas le Bouddha, comment saurait-on que ce n'est pas le Bouddha ?'Il ne faut pas le chercher ailleurs, celui qui ne connaît pas est précisément le Bouddha. Comment pourrait-on dire que ce n'est pas cela ?'
Le Maître dit : 'Ceci est le sens de la scie.'Le Vénérable dit : 'Cela est le sens du bois.'Bashya demande à nouveau : 'Qu'est-ce que le sens de la scie ?'Le Maître dit : 'Maître et disciple sortent de plain-pied.'Ashvaghosha demande à nouveau : 'Qu'est-ce que le sens du bois ?'Le Vénérable dit : 'Toi, tu es compris par moi.'Le Maître, soudainement, réalise et s'éveille.
Véritablement, toi aussi tu es ainsi, moi aussi je suis ainsi. Ouvrant grand en huit caractères, confiant dans les deux mains. Toi aussi, moi aussi, ne recevons pas un seul point. Moi aussi, toi aussi, n'empruntons pas la moindre part. En cela, sortir de plain-pied est exactement comme la scie.
C'est pourquoi il est dit : le sens de la scie. Le maître expliqua et dit : Moi, c'est le sens du bois. Le Vénérable dit : Lui, c'est le sens du bois. Pourquoi cela ? Parce que tout est sombre et vaste, sans lieu de connaissance. Ne s'attachant même pas à un seul point. N'empruntant même pas une seule connaissance. Exactement comme une souche de bois, ou encore comme un pilier de véranda. Sans esprit, et ainsi. Finalement, aucun lieu de discrimination. Parce qu'il comprend ainsi, il dit : Lui, c'est le sens du bois.
Le Recueil étendu du maître chan Hongzhi dit : Ne recevant pas une seule poussière, sur la route, se rencontrant soudainement. Cependant, cette compréhension ainsi, les habitudes résiduelles demeurent encore, et il ne connaît pas le sens du maître. Là, le Vénérable, par compassion et descente dans les herbes, demande à nouveau : Qu'est-ce que le sens de la scie ? Le maître dit : Toi et moi, nous sortons sur un pied d'égalité. Arrivé là, il s'exprime à nouveau par lui-même, et demande encore : Qu'est-ce que le sens du bois ? Yasha lui tend à nouveau la main, lui transmet et dit : Toi, tu es compris par moi. Ici, la voie entre maître et disciple s'ouvre, les sentiments anciens et présents sont brisés, dans le rêve ils font route ensemble, marchant dans le vide pour avancer. C'est pourquoi il est dit : Toi, tu es compris par moi. Arrivé là, l'esprit sans pensée se condense et se dissout rapidement, il sort de la caverne de la clarté manifeste, s'ouvre soudainement dans l'éveil, et finalement il est compté comme le douzième patriarche.
Le Vénérable dit à l'assemblée : Ce grand bodhisattva, autrefois, était roi du pays de Vaisali. Dans ce pays, il y avait une catégorie de personnes. Comme des chevaux, nues. Le roi, utilisant sa puissance divine, divisa son corps et devint un ver à soie. Eux alors obtinrent des vêtements. Ce roi, plus tard, naquit en Inde centrale. Les hommes-chevaux, émus par l'attachement, poussèrent des cris de tristesse. C'est pourquoi on le nomma Ashvaghosha. Le Tathagata a prédit en disant : Après mon parinirvana, six cents ans plus tard, il y aura un sage nommé Ashvaghosha. Dans le pays de Bénarès, il vaincra les hétérodoxies et sauvera largement les hommes et les dieux, sauvera des êtres innombrables, et après moi, il transmettra l'enseignement.
Maintenant, c'est précisément le moment, dit-il, et Yasha transmet immédiatement le trésor de l'œil du vrai dharma du Tathagata.
Dans cette partie du début à la fin, ne la considérez pas à la légère comme un lieu d'ignorance et de non-réception, ne faites pas de chaque lieu un lieu d'ignorance. Même si c'est l'ignorance, c'est au lieu avant la gestation, en regardant attentivement et en réfléchissant minutieusement, on cherche le visage du Bouddha, le visage du patriarche, mais on ne l'obtient pas. On cherche le visage humain, le visage démoniaque, le visage animal, mais on ne l'obtient pas. Ce n'est pas non plus l'immuabilité. Ce n'est pas non plus le mouvement. Ce n'est pas non plus le vide. Pas de discussion intérieur-extérieur, pas de séparation entre juste et partial.
Réalisant précisément que c'est le visage originel de soi-même, même si les êtres ordinaires et saints, les êtres sensibles apparaissent, même si les deux rétributions, directe et environnementale, se séparent, ils vont et viennent entièrement dans ceci, s'élèvent et s'éteignent dans ceci. Exactement comme l'eau de mer produit des vagues, même si elles s'élèvent et s'élèvent, jamais une goutte d'eau n'augmente. Ou encore comme les vagues s'éteignent, même si elles s'éteignent et s'éteignent, jamais une goutte n'est perdue. Jamais, au sein des mondes humains et célestes, ils ne sont temporairement appelés bouddhas, ou appelés démons-animaux. Exactement comme sur un seul visage, apparaissent provisoirement de nombreux visages. Vouloir en faire un visage de bouddha n'est pas correct, vouloir en faire un visage de démon n'est pas correct.
Pourtant, les affaires à la porte de l'enseignement se manifestent par des échanges vifs, et l'on pratique véritablement le samadhi de l'illusion, accomplissant les activités bouddhiques au sein du rêve. Ainsi, la guidance transformatrice de l'Inde occidentale, telle une illusion, demeure ininterrompue jusqu'à aujourd'hui, circulant à travers les trois royaumes pour transformer l'ordinaire en sacré. Celui qui sait ainsi se transformer et pratiquer ne néglige pas ses propres fautes et n'est pas troublé par sa propre vie et mort. Tel est véritablement le moine authentique dans sa couleur originelle.
Aujourd'hui, en évoquant les causes et conditions qui viennent de se présenter, il y a, comme d'habitude, des paroles humbles. Voulez-vous les entendre ?
Dans les villages sauvages, les fleurs de pêcher rouges ne connaissent pas la conscience. Encore faut-il enseigner à Lingyun d'atteindre l'absence de doute.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第十二祖、馬鳴尊者、問夜奢尊者曰、我欲識佛、何物卽是。尊者曰、汝欲識佛、不識者是。師曰、佛既不識、焉知是乎。尊者曰、
既不識佛、焉知不是。師曰、此是鋸義。尊者曰、彼是木義。復問、
鋸義者何。師曰、與師平出。又問、木義者何。尊者曰、汝被我解。
師豁然省悟。
波羅奈國の人なり。亦た功勝と名く。有作無作、諸の功德を以て最も殊勝と爲すが故に名く。
卽ち夜奢尊者の處に參じて、最初に問て曰く、我れ佛を識らんと欲す。何者か卽ち是なる。尊者曰く、
汝ぢ佛を識らんと欲す、識らざる者是なりと。
實に參學の最初、必ず尋ぬべきは是佛なり。三世の諸佛、數代の祖師、盡く是れ學佛の漢といふ。若し佛を學せざれば、悉く是れ外道と名く。故に音聲を以て求むべきに非ず、色相を以て求め識るべきに非ず。故に三十二相八十種好を以て佛とするに足らず。因て我れ佛を識らんと欲す。何者か卽ち是なると問ひ來る。卽ち示して曰く、汝ぢ佛を識らんと欲す、識らざる者是なりと。謂ゆる識らざる者といふは正に是れ馬鳴尊者なり、豈他なら《景德傳燈錄》波羅柰國人也。亦名功勝。以有作無作諸功德最爲殊勝故名未だ識らざる時も識れる時も、別の保任なし、他の樣子なし。故に昔より今に及で只是の如し。有時は三十二相を帶し、八十種好を具し、三頭八臂を帶し。五衰八苦に沈み、有時は被毛戴角し、有時は鐵擔枷鎖す。常に三界中に居して、自己の行履を保任し、自心の中に頭出頭沒して、異面を帶し來る。故に生じ來るも是れ何者なりと知らず。死し去るも是れ何者なりと知らず。形を着けんとすれども、是れ造作すべき法に非ず。名を安ぜんとすれども、亦是れ建立すべきことに非ず。故に劫より劫に至るまで、曾て知る所なく、我に從ひ、我に伴ふとも、都て辨ずることなし。
適來の因縁を聽て、多く解して曰く、如何にも知ることあるは、卽ち是れ佛に違はん。知ることなく分つことなからん。正に是れ佛なるべしと云ふ。
今の不識、恁麼に會せば、何ぞ煩はしく夜奢尊者恁麼に示さん。冥より冥に入るに、只是の如く都て恁麼ならざる故に、直に示して曰く、不識者是馬鳴尚ほ明らめず、只是れ從來の識らずといふを以て、今の示す處を解す。故に曰く、佛既に識らずんば、焉ぞ是なることを知らんや。尊者重て示して曰く、既に佛を識らず、焉ぞ是佛ならさることを知らんと。其外に求むべきに非ず、不識者卽ち是れ佛なり。豈に不是と云べけんや。
師曰く、此は是れ鋸の義なり。尊者曰く、彼は是れ木の義なり。夜奢復問ふ、鋸の義とは何ぞや。師曰く、師と平出す。馬鳴又問ふ、木の義とは何ぞや。尊者曰く、汝、我に解せらる。師、豁然として省悟す。
實に汝も是の如く、我も是の如し。八字に打開し、兩手に分付す。汝も我も一點を受ず。吾も汝も少分を假らず。之に依て平出せること恰も鋸の如し。
故に謂ふ、鋸の義と。師解して曰く、吾は是れ木の義と。尊者曰く、彼は是れ木の義と。所以者何となれば黒漫漫として總て知る處なし。更に一點をも着ず。一知をも假らず。恰も木頭の如く、又露柱の如し。無心にして恁麼なり。終に辨別する處なし。恁麼に會する故に道ふ、彼は是れ木の義と。
《宏智禪師廣錄》不受一點塵埃驀路相逢。(T 2001.48.44a17-18).然れ共、恁麼の所解、餘習尚ほ殘て師の義を知らず。此に尊者、慈悲落草の故に復た問ふ、鋸の義とは何ぞや。師曰く、師と平出すと。此に至りて重て自ら道取して、又問ふ、木の義とは何ぞや。夜奢復た手を授て分付して曰く、汝、我に解せらると。爰に師資の道通じ、古今情破れて、夢中に路をなし來り、空裏を運歩しもてゆく。故に曰く、汝、我に解せらると。此に到て無心凝結速かに解け、明白の窠窟脱け來て、豁然として開悟し、遂に第十二祖に列す。
尊者、衆に謂て曰く、此大士は、昔し毘舎離國王たり。其國に一類の人あり。馬の如く裸露なり。王、神力を運び、身を分て蠶と爲る。彼れ乃ち衣を得たり。彼王、後に中印度に生る。馬人感戀して悲鳴す。因て馬鳴と號す 如來記して云く、吾滅度の後六百年、當に賢者馬鳴と云ふ者あり。波羅奈國に於て異道を摧伏して廣く人天を度し、度人無量、吾に繼で化を傳へんと。
今正くに是れ時なりと云て、夜奢卽ち如來の正法眼藏を付囑す。
此一段始終の處、猥りに不識不受の處として、處處不識なる所とすること勿れ。卽ち不識なりとも、未胞胎の處にして、子細に見得し子細に思量して、佛面祖面を模索すれども得ず。人面鬼畜を求覓すれども得ず。是れ不變なるにも非ず。是れ動著するにも非ず。曾て空なるにも非ず。内外の論なく、正偏の隔てなし。
正に是れ自己本來の面目なることを覺知して、設ひ凡聖含靈と顯はれ來り、依正二報と分れ來れども、全く此中に去來し、此中に起滅す。恰かも海水の波を起すが如く、起り起れども、曾て一水も増さず。又波の滅するが如し。滅し滅すれども、一滴も失はず。曾て人間天上の中に、暫らく諸佛と呼ばれ來り、鬼畜と呼れ來る。恰も一面上に假りに衆面を現ずるが如し。是れ佛面とせんも不是、鬼面とせんも不是。
然も建化門頭の事、敲唱し來り、正に如幻三昧を修習し、夢中の佛事を作し來る。之れに依りて西天の化導幻術、今に不斷、三國流轉して轉凡入聖し來るなり。能く恁麼に轉變修習して、方に自己の罪過をも疎くせず、自己の生死にも惑はされず。是れ眞箇本色の衲僧なるべし。
今日、適來の因縁を擧揚するに、例に依て卑語あり。聞かんと要すや。
野村紅不桃華識。更教靈雲到不疑。
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
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