Saṅghānandin
Présentation
Saṅghānandin (僧伽難提), dix-septième patriarche indien, était un moine contemplatif qui préférait la solitude des forêts et des grottes à l'agitation des grands monastères. Son nom signifie « la joie de la communauté » — paradoxe apparent pour un ermite.
Rāhulata le découvrit dans une grotte des montagnes himalayennes, assis immobile, les yeux clos, après des années de méditation ininterrompue. La transmission se fit dans ce cadre sauvage, loin des institutions.
Keizan enseigne que le Saṅgha véritable n'est pas un groupe humain organisé — il est la présence de tous les éveillés, passés, présents et futurs, à travers tout l'univers.
Le dix-septième ancêtre, le vénérable Sanghanandi, reçut de Rahulabhadra un vers qui disait : « Puisque j'ai déjà réalisé le non-soi, tu dois voir mon moi comme un moi. Puisque tu m'as pris pour maître, sache que mon moi n'est pas un moi. » En entendant ces paroles, son esprit s'éclaira soudainement. Il rechercha dès lors la libération.
Le maître était le fils du roi Ratnavyuha dans la ville de Shravasti. Dès la naissance, il pouvait parler.
Il louait constamment les activités du Bouddha. À sept ans, il se détourna déjà des plaisirs mondains et adressa à ses parents un vers du Jingde Chuandeng Lu : « Le dix-septième ancêtre Sanghanandi était le fils du roi Ratnavyuha de Shravasti. Dès la naissance, il pouvait parler.
Il louait constamment les activités du Bouddha. À sept ans, il se détourna déjà des plaisirs mondains. Par un vers, il informa ses parents : 'Je me prosterne devant le grand père compatissant, je salue la mère de chair et de sang. Je souhaite maintenant quitter la maison, je vous prie de m'accorder votre compassion.'Ses parents s'y opposèrent fermement. Il cessa alors de manger toute la journée. Ils permirent finalement qu'il quitte la maison tout en restant au palais. Il reçut le nom monastique de Sanghanandi. On désigna aussi le moine Chandradatta comme son maître. Durant dix-neuf années, il ne montra jamais de lassitude. Le vénérable pensait souvent : 'Mon corps réside dans le palais royal
Ses parents s'y opposèrent fermement. Il cessa alors de manger toute la journée. Ils permirent finalement qu'il quitte la maison tout en restant au palais. Il reçut le nom monastique de Sanghanandi. On désigna aussi le moine Chandradatta comme son maître. Durant dix-neuf années, il ne montra jamais de lassitude. Le maître pensait souvent
Mon corps réside dans le palais royal, pourquoi quitterais-je la maison ? Une nuit, une lumière céleste descendit. Par hasard, il vit un chemin plat et, sans y penser, avança doucement. Après environ dix li, il atteignit le devant d'une grande falaise.
Il y avait une grotte dans laquelle il demeurait en paix. Le roi, ayant perdu son fils, bannit Chandrika hors du royaume et le chargea de rechercher son fils, sans savoir où il se trouvait. Dix années s'écoulèrent, et il devint moine errant. Une nuit, une lumière céleste descendit. Il vit un chemin plat et s'y engagea sans y penser. Après environ dix lieues, il arriva devant une grande falaise. Il y avait une grotte. Il s'y installa en paix. Le père, ayant perdu son fils, bannit Chandrika hors du royaume et le chargea de rechercher son fils, sans savoir où il se trouvait. Dix années s'écoulèrent. Le vénérable Rahulata se rendit dans la ville de Shravasti pour enseigner. Il y avait une rivière nommée Eau d'Or, dont le goût était particulièrement délicieux. Au milieu du courant apparurent les ombres de cinq bouddhas. Le vénérable dit à l'assemblée : 'La source de cette rivière est à environ cinq cents lieues d'ici. Un sage nommé Sanghanandi y réside. Le Bouddha a prédit qu'après mille ans, il succéderait à la position sacrée.'Après ces mots, il conduisit les disciples en remontant le courant. Arrivé là, ils virent Sanghanandi assis en méditation profonde. Le vénérable et l'assemblée l'attendirent. Après vingt et un jours, il sortit enfin de sa méditation. Le vénérable demanda : 'Est-ce ton corps qui est en méditation, ou ton esprit ?'Le maître répondit : 'Corps et esprit sont tous deux en méditation.'Le vénérable dit : 'Si corps et esprit sont tous deux en méditation, comment peut-il y avoir entrée et sortie ?'
En vérité, si l'on dit que corps et esprit sont en méditation, comment pourrait-il y avoir entrée et sortie ? Si l'on pratique la méditation en visant corps et esprit, ce n'est pas encore la vraie méditation. Si ce n'est pas la vraie méditation, alors il y a entrée et sortie. S'il y a entrée et sortie, on ne peut parler de méditation. Ne cherchez pas corps et esprit en visant l'état de méditation.
Pratiquer le zen est fondamentalement le dépouillement du corps et de l'esprit. Qu'appelle-t-on corps ? Qu'appelle-t-on esprit ?
Le maître dit :
Bien qu'il y ait entrée et sortie, la nature de la méditation n'est pas perdue. Comme l'or dans le puits, la substance de l'or est constamment paisible.
Si l'or est dans le puits, si l'or sort du puits, si l'or n'a ni mouvement ni repos, quelle chose pourrait entrer ou sortir ?
S'il y a mouvement ou repos dans l'or, s'il y a lieu d'entrée ou de sortie, ce n'est pas de l'or véritable. Pourtant, on ne comprend toujours pas cette vérité. Le maître dit :
L'or se meut et se repose, que pourrait-on appeler entrée ou sortie ? On parle d'entrée et de sortie de l'or. L'or n'est ni mouvement ni repos. Si l'on dit que l'or n'a ni mouvement ni repos, mais qu'il y a entrée et sortie, c'est encore là une vision dualiste. C'est pourquoi le vénérable dit :
Si l'or est dans le puits, comment ce qui sort pourrait-il être de l'or ? Si l'or est sorti du puits,
qu'est-ce qui y demeure ?
Extérieurement, on ne le laisse jamais entrer ; intérieurement, on ne le laisse jamais sortir. S'il sort, il sort entièrement ; s'il entre, il entre entièrement. Comment pourrait-il être dans le puits et en sortir aussi ? C'est pourquoi ce qui sort n'est pas de l'or. On dit : 'Ce qui demeure, qu'est-ce ?'On n'atteint pas cette vérité. Le maître dit :
Si l'or est sorti du puits, ce qui demeure n'est pas de l'or. Si l'or est dans le puits, ce qui sort n'est pas une chose.
Ces paroles ne connaissent pas véritablement la nature de l'or. Ainsi le Vénérable dit :
Ce sens n'est pas ainsi.
Bien qu'il semble réellement, dans la concentration, pénétrer la vérité, le maître conserve encore la vue du moi et des choses. Ainsi il est dit : 'Si l'or sort du puits, ce n'est pas de l'or. Si l'or est dans le puits, ce qui sort n'est pas une chose.'Ce sens n'est pas ainsi. Cette vérité n'est pas attachée. Ce sens n'est pas établi.
Cependant, ce sens n'a pas de réalité véritable, il est comme une plume légère qui suit le vent. Parce qu'il n'est pas véritable, le Vénérable dit : 'Ce sens doit être rejeté.'
Selon les paroles du maître, on dit. Le maître dit :
'Ce sens n'est pas accompli.'
Le Vénérable, par la profondeur de sa grande compassion, déclara à nouveau :
Si son enseignement n'est pas établi, le mien l'est.
Cependant, parce qu'il comprend à tort le non-soi. Le maître dit :
Selon le 'Jingde Chuandeng Lu', cet enseignement doit tomber. Selon le 'Jingde Chuandeng Lu', son enseignement n'est pas établi. Selon le 'Jingde Chuandeng Lu', son enseignement n'est pas établi, le mien l'est. Bien que mon enseignement soit établi, le dharma n'est pas moi.
Le Vénérable dit :
Mon enseignement est déjà établi, parce que je suis sans moi.
Bien que sachant réellement que tous les dharmas sont sans soi, il ne connaît pas encore la vérité. Le maître dit :
Puisque je suis sans moi, quelle signification puis-je encore accomplir ?
Désirant le faire connaître directement, le Vénérable dit :
Puisque je suis sans moi, j'accomplis ta signification.
En vérité, les quatre grands éléments ne sont pas moi. Les cinq agrégats ne sont pas non plus l'existence depuis l'origine. C'est parce qu'il a légèrement pensé, distingué et compris qu'il y a un moi dans ce qui est ainsi sans moi, que le maître demanda :
Ô homme de bien, quel saint as-tu pris pour maître pour obtenir ce non-soi ?
Pour montrer que la voie de la transmission maître-disciple n'est pas frivole, le Vénérable dit :
J'ai réalisé ce non-soi en prenant pour maître le grand bodhisattva Gayata.
Le maître dit :
Je me prosterne devant le maître Gayata. Et je sors grâce au Bienveillant. Le Bienveillant étant sans soi, je désire prendre le Bienveillant pour maître.
Le Vénérable répondit :
Bienveillant, auprès de quel saint avez-vous appris ce non-soi ? Mon maître Gayata a réalisé ce non-soi. Moi qui suis déjà sans soi, vous devez voir mon moi. Si vous me prenez pour maître, sachez que mon moi n'est pas un moi.
En vérité, celui qui perçoit le vrai moi ne conserve même pas le soi, comment pourrait-il être entravé par les yeux des dix mille phénomènes ? La vue, l'ouïe, la perception et la connaissance ne se distinguent finalement pas ; un événement, un dharma, ne se séparent plus. Ainsi, le sacré et le profane ne sont pas séparés, la voie du maître et du disciple s'unit. Lorsqu'on perçoit cette vérité, alors on rencontre les bouddhas et les patriarches. C'est pourquoi on prend le soi pour maître, et le maître pour soi. La hache et le ciseau ne peuvent l'ouvrir.
Cette vérité s'éclaire soudainement et on s'y accorde. Ainsi, on cherche immédiatement la libération. Le Vénérable dit : 'Ton esprit est libre. Il n'est pas lié par moi.'Après avoir parlé, le Vénérable prit immédiatement de sa main droite le bol d'or, le souleva jusqu'au palais brahmanique, prit cette nourriture parfumée pour l'offrir à l'assemblée. Mais l'assemblée soudain produisit un cœur de dégoût. Le Vénérable dit : 'Ce n'est pas ma faute, c'est votre propre karma.'Il ordonna alors à Saṅghanandi de partager le siège et de manger ensemble. L'assemblée en fut étonnée. Le Vénérable dit : 'Votre incapacité à manger provient entièrement de cela. Sachez que celui qui partage mon siège est le Tathāgata Roi des Arbres Śāla du passé. Par compassion pour les êtres, il est descendu manifester une trace. Vous aussi, dans l'éon de l'Ornementation, vous avez déjà atteint le troisième fruit, mais vous n'avez pas encore réalisé l'absence de fuites.'L'assemblée dit : 'Nous pouvons croire en la puissance surnaturelle de notre maître. Mais dire qu'il est un bouddha du passé, cela nous laisse secrètement dubitatifs.'Le maître, sachant que l'assemblée produisait de l'arrogance, dit alors : 'Du temps du Bienheureux, le monde était plat et droit, sans collines ni montagnes. Les rivières, les fossés, toutes les eaux étaient douces et délicieuses. Les plantes et les arbres étaient luxuriants, les terres abondantes, sans les huit souffrances, on pratiquait les dix vertus. Depuis qu'il a montré l'extinction sous les arbres jumeaux, plus de huit cents ans se sont écoulés ; le monde est devenu un amas de ruines, les arbres sont desséchés et flétris, les gens n'ont plus de foi profonde, la pensée juste est ténue. Ils ne croient pas au tathātā, ils n'aiment que les pouvoirs surnaturels.'Après avoir dit cela, avec sa main droite, il l'étendit progressivement jusqu'à entrer dans la terre, atteignant la limite de la roue de diamant, prit l'eau d'ambroisie, la porta dans un récipient de lapis-lazuli jusqu'à l'assemblée. L'assemblée,
tous virent et tous se soumirent, regrettèrent leurs fautes.
Il faut se lamenter : depuis que le Tathāgata fut dans le monde, huit cents ans se sont écoulés, et déjà il en est ainsi. À plus forte raison aujourd'hui, cent ans plus tard, même si on entend à peine le nom du dharma du Bouddha, on ne discerne pas quelle pourrait être la vérité. Parce qu'on n'a pas atteint le corps-esprit sans attache, personne ne cherche comment faire. Même si on saisit un peu cette vérité, on ne la protège ni ne la maintient. Même s'il existe des bons amis et qu'on suit leurs enseignements empreints de grande compassion, et qu'on a un peu de connaissance et de compréhension, parfois envahi par la paresse, on n'a pas de foi et de compréhension authentiques. Ainsi, sans véritables pratiquants de la voie, il n'y a pas de véritables personnes qui produisent l'esprit d'éveil. En vérité, à cause des temps décadents et des karmas passés maladroits, on rencontre une telle époque. Honte et regret sont immenses.
Cependant, ô vous, nobles êtres, vous êtes nés à l'époque du vrai dharma et du dharma en image. En tant que maîtres ou disciples, bien que lamentables, réfléchissez : le dharma du Bouddha s'est propagé vers l'Est et, arrivant à l'époque du dharma final, dans notre pays, entendre le vrai dharma du Tathāgata ne dure que cinquante ou soixante ans. On peut dire que c'est le commencement. Là où le dharma du Bouddha arrive, il ne manque pas de prospérer.
Vous devez être courageux et diligents, produire la détermination, ne pas prendre le moi pour le moi, réaliser directement le non-moi, atteindre rapidement l'absence d'esprit, ne pas être contraint par les actions du corps et de l'esprit, ne pas être enfermé par les sentiments de confusion ou d'éveil, ne pas rester dans la caverne de la naissance et de la mort, ne pas être noué dans le filet de l'être vivant et du bouddha, savoir qu'il y a un moi qui, depuis d'innombrables kalpas jusqu'à la fin des temps futurs, n'a jamais changé.
Le mécanisme mental tourne et se transforme, on l'appelle l'apparence de l'esprit. Mon moi, combien de visages sont venus ?
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第十七祖、僧伽難提尊者、因羅睺羅多、以偈示曰、我已無我故、汝須見我我。汝既師我故、知我非我我。師聞心意豁然。既求度脱。
師は室羅筏城、寶莊嚴王の子なり。生れながらにして能く言ふ。
常に佛事を讚す。七歳にして卽ち世樂を厭ひ、偈を以て其父母に《景德傳燈錄》第十七祖僧伽難提者。室羅閥城寶莊嚴王之子也。生而能言。
常讚佛事。七歳即厭世樂。以偈告其父母曰。稽首大慈父、和南骨血母、我今欲出家、幸願哀愍故、父母固止之。遂終日不食。乃許其在家。出家號僧伽難提。復命沙門禪利多爲之師。積十九載未曾退倦。尊者每自念言。身居王宮告て曰く、「稽首大慈父。和南骨血母。我今欲出家。幸願哀愍故。
」父母固く之を止む。遂に終日食せず。乃ち其家に在て出家するを許す。僧伽難提と號す。復た沙門禪利多に命じて之が師たらしむ。積で十九載、未だ嘗て退倦せず。師、毎に自ら念言すらく、
身王宮に居す、胡ぞ出家とせんと。一夕、天光下る。偶一路の坦平なるを見て覺へず徐ろに行く。約十里許にして、大巖前に至る。
石窟あり、乃ち中に燕寂す。父王、既に子を失て卽ち禪利多を擯し、國を出て其子を訪尋せしむれども、所在を知らず。十年を經胡爲出家。一夕天光下屬。見一路坦平不覺徐行。約十里許至大巖前。有石窟焉。乃燕寂于中。父既失子。即擯禪利多出國。訪尋其子不知所在。經十年。(T《景德傳燈錄》行化至室羅筏城。有河名曰金水。其味殊美。中流復現五佛影。尊者告眾曰。此河之源凡五百里。有聖者僧伽難提居於彼處。佛誌一千年後當紹聖位。語已領諸學眾泝流而上。至彼見僧伽難提安坐入定。尊者與眾伺之。經三七日方從定起。尊者問曰。汝身定耶。心定耶。曰身心俱定。尊者曰。身心俱定何有出入。(T 2076.51.211c12-19).羅睺羅多尊者、行化して室羅筏城に到る。河あり、名を金水と曰ふ。其味、殊に美なり。中流に復た五佛の影を現ず。尊者、衆に告て曰く、此河の源、凡五百里、聖者僧伽難提と云あり、彼處に居せり。佛記したまふ、一千年の後、當に聖位を紹ぐべしと。語り已て諸學衆を領し、流に沂て上る。彼こに至りて僧伽難提を見るに、安坐入定せり。尊者、衆と之を伺ふ。三七日を經て方に定より起つ。尊者問て曰く、汝、身の定か、心の定か。師曰く、身心倶に定なり。尊者曰く、身心倶に定ならば、何ぞ出入あらんと。
實に身心もし定なりと謂はば、何ぞ出入あらんや。若し身心に向て定を修せば、是れ尚ほ眞定に非ず。若し眞定に非ずんば、卽ち是れ出入あらん。若し出入あらば、是れ定に非ずと謂ふべし。定の處に向て身心を求ること勿れ。
參禪は本より身心脱落なり。何を呼でか身と爲し、何を呼でか心と爲ん。
師曰く、
出入ありと雖も、定相を失せず、金の井に在るが如く、金體常寂尊者曰く、
《景德傳燈錄》雖有出入不失定相。如金在井金體常寂。(T 2076.51.211c20).若し金、井に在り、若し金、井を出るに、金に動靜なくんば、何物か出入せんと。
其れ金に動靜あり、出處あり入處あらば、是れ眞金に非ず。然も猶ほ此道理に通ぜず。師曰く、
金動靜す、何物か出入と言ふ。金の出入を言ふ。金、動靜に非ず金に動靜なし、出入ありと謂はば、猶ほ是れ、兩箇の見あり。故に尊者曰く、
若し金、井に在ては出る者何ぞ金ならん。若し金、井を出ては、
在る者何物ぞ。
《景德傳燈錄》若金在井若金出井金無動靜何物出入。(T 2076.51.211c21-《景德傳燈錄》言金動靜何物出入。許金出入金非動靜。(T 2076.51.211c22-《景德傳燈錄》若金在井出者何金。若金出井在者何物。(T 2076.51.211c23-外 、終に放入せず、内、亦放出せず。出れば出で盡き、入れば入り盡く。何ぞ井に在り、又井を出ん。故に出る者は金に非ず。在る者は何物ぞと言ふなり。此理に達せず。師曰く、
金、若し井を出ては、在る者は金に非ず。金、若し井に在らば、出る者、物に非ず。
此言は實に金の性を知らず。故に尊者曰く、
此義然らず。
實に定に在て理を通ずるに似たりと雖も、師、猶ほ物我の見あり。故に曰《景德傳燈錄》金若出井在者非金。金若在井出者非物。(T 2076.51.211c24-《景德傳燈錄》此義不然。(T 2076.51.211c25).《景德傳燈錄》彼理非著 (T 2076.51.211c25).彼義著なるに非ず。
然も此義眞實なし、輕毛の風に隨ふが如し。眞實ならざる故に。尊者曰此義當に墮すべし。
師の言に依て謂ふ。師曰く、
彼義成ずるに非ずと。
尊者、大慈大悲の深きに依て重て曰く、
彼義成ぜずんば、我義成ぜり。
然れども妄りに無我を解する故に。師曰く、
《景德傳燈錄》此義當墮。(T 2076.51.211c26).《景德傳燈錄》彼義不成。(T 2076.51.211c26).《景德傳燈錄》彼義不成我義成矣。(T 2076.51.211c26-27).我義成ずと雖も、法は我に非ざるが故に。
尊者曰く、
我が義已に成ず、我れ我なきが故に。
實に法法皆無我なることを知ると雖も、尚ほ是れ眞實を知らず。師曰く、
我れ我なきが故に、復た何の義を成ぜん。
親く汝を知らしめんとして、尊者曰く、
我れ我なきが故に汝が義を成ずと。
《景德傳燈錄》我義雖成法非我故。(T 2076.51. 211c27).《景德傳燈錄》我義己成我無我故。(T 2076.51.211c28).《景德傳燈錄》我無我故復成何義。(T 2076.51.211c28-29).《景德傳燈錄》我無我故故成汝義。(T 2076.51.211c29).實に四大悉く我に非ず。五蘊本より有に非ず。是の如く無我なる所に我あることを、少しく思量分別し辨まへる故に、師問て曰く、
仁者何の聖をか師として、是無我を得たる。
師資の道の猥りならざることを知らしめん爲に、尊者曰く、
我れ伽那提婆大士を師として、是の無我を證す。
師曰く、
稽首提婆師。而出於仁者。仁者無我故。我欲師仁者。
尊者答て曰く、
《景德傳燈錄》仁者、師於何聖得是無我。(T 2076.51.211c29-212a1).《景德傳燈錄》我師迦那提婆證是無我。(T 2076.51.212a1-2).我已無我故。汝須見我我。汝若師我故。知我非我我。
實に夫れ眞實我を見得する人は、自己尚ほ存せず、豈萬法の眼に遮ぎることを得んや。見聞覺知終に分たず、一事一法、更に分つことなし。故に聖凡隔てなく、師資の道合す。此道理を見得する時、乃ち佛祖に相見すとす。 故に自己を以て師とし、師を以て自己とす。刀斧斫れども開けず。
恁麼の道理豁然として契ふ。故に卽ち度脱を求む。尊者曰く、汝が心自在なり。我が繫ぐ所に非ずと。語り已つて、尊者卽ち右手を以て金鉢を擎げて、擧て梵宮に至る。彼の香飯を取て將に大衆に齋せんとす。而して大衆忽ちに厭惡の心を生ず。尊者曰く、我が咎に非ず、汝等が自業なり。卽ち僧伽難提に命じて、座を分て同食す。衆、之を訝かる。尊者曰く、汝食を得ざることは、皆此に由るが故に。當に知るべし、吾と座を分つ者、卽ち過去の娑羅樹王如來なり。物を愍んで降迹す。汝輩、亦た莊嚴劫中に已に三果に至りしも、未だ無漏を證せざる者なり。衆曰く、我が師の神力は斯れ信ずべし。彼を過去佛と云ふ者、卽ち竊に疑ふ。師、衆の慢を生ずるを知て、乃ち曰く、世尊の在日は世界平正にして丘陵あることなし。江河溝洫、水悉く甘美なり。草木滋茂し、國土豊盈して八苦なく十善を行じき。雙樹に滅を示してより八百餘年、世界丘墟にして樹木枯悴し、人に至信なく、正念輕微なり。眞如を信ぜず、唯神力を愛すと。言ひ訖て、右手を以て漸く展て地に入て金剛輪際に至り、甘露水を取り、瑠璃器を以て持て會所に至る。大衆、
皆見て皆歸伏悔過す。
《景德傳燈錄》難提心意豁然。即求度脱。尊者曰。汝心自在非我所繫。語已即以右手擎金鉢舉至梵宮。取彼香飯將齋大衆。而大衆忽生厭惡之心。尊者曰。非我之咎汝等自業。即命僧伽難提分坐同食。衆復訝之。尊者曰汝不得食。皆由此故。當知與吾分坐者。即過去娑羅樹王如來也。愍物降迹。汝輩亦莊嚴劫中已至三果而未證無漏者也。衆曰我師神力斯可信矣。彼云過去佛者即竊疑焉。僧伽難提知衆生慢。乃曰。世尊在日世界平正。無有丘陵江河溝洫。水悉甘美草木滋茂。國土豐盈無八苦行十善。自雙樹示滅八百餘年。世界丘墟樹木枯悴。人無至信正念輕微。不信真如唯愛神力。言訖。以右手漸展入地。至金剛輪際取甘露水。以瑠璃器持至會所。大衆見之即時欽慕悔過作悲むべし、如來在世より八百年、尚ほ是の如し。何に況や後百歳の今、僅に佛法の名字を聞くとも、道理如何なるべしとも辨まへず。到れる身心なき故に、如何なるべきぞと尋ぬる人なし。聊か其道理を得ることあれども、護持し來ることなし。設ひ知識ありて、大慈大悲の教誡に依て、聊か覺知覺了ありと雖も、或は懈怠に侵されて眞實の信解なし。故に眞實の道人なければ、眞實發心する者なし。實に末世の澆運宿業の拙きに依て、是の如きの時分に遭へり。愧ても悔ても餘りあり。
然も諸仁者、正法像法に生ず。師としても資としても、悲むべしと雖も、思ふべし、佛法東漸して末法に至て我朝如來の正法を聞くこと、僅に五六十年なり。這事初めなりと謂つべし。佛法到る處に興らずといふことなし。
汝等が勇猛精進にして志を發し、吾我を吾我とせず、直に無我を證し、速に無心なることを得て、身心の作に拘ることなく、迷悟の情に封ぜらるることなく、生死窟に留ることなく、生佛の綱に結ぼふることなく、無量劫來、盡未來際、曾て變易せざる我あることを知るべし。
心機宛轉稱心相。我我幾分面目來。
CC BY-NC-SA 4.0 — Sauf indication contraire, les contenus de ce site sont distribués sous licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.