Gayāśata
Présentation
Gayāśata (伽耶舎多), dix-huitième patriarche indien, s'éveilla en entendant le bruit du vent dans les bambous. Saṅghānandin l'avait emmené dans un bosquet de bambous et lui avait simplement dit d'écouter.
La transmission de Gayāśata marque un tournant dans l'attitude pédagogique des patriarches : non plus enseigner des doctrines, mais créer les conditions de l'éveil — un vent dans les bambous, un rayon de lune, le cri d'un oiseau.
Keizan commente que le Dharma est partout, constamment en train de se manifester. Mais nous ne l'entendons pas parce que nous sommes trop occupés à chercher un enseignement.
Le dix-huitième ancêtre, le vénérable Gayashata, servit le vénérable Samghanandi. Un jour, entendant le vent faire résonner les cloches de bronze du temple, le vénérable demanda au maître : « Est-ce la cloche qui sonne ou le vent ? » Le maître dit : « Ni le vent ni la cloche, c'est mon esprit qui résonne. » Le vénérable dit : « Et qui est cet esprit ? » Le maître dit : « Parce que les deux sont silencieux. » Le vénérable dit : « Excellent, excellent ! Celui qui héritera de ma voie ne peut être autre que toi. » Et il lui transmit aussitôt le trésor du dharma.
Il était originaire du pays de Mati. Son nom de famille était Uttara. Son père s'appelait Tengai, sa mère Hoshō. Elle rêva une fois d'une grande divinité tenant un miroir, et conçut ainsi. Après sept jours, elle donna naissance. Son corps brillait comme du lapis-lazuli. Jamais lavé, il était naturellement parfumé et pur. Dès sa naissance, un miroir rond apparut. Ce miroir accompagnait constamment cet enfant. L'enfant aimait toujours la tranquillité, sans être souillé par les affaires mondaines. Ce miroir rond, lorsque l'enfant était assis, se tenait devant lui. Aucune activité bouddhique, passée ou présente, ne manquait d'y apparaître. C'était encore plus clair que d'éclairer son cœur selon les saints enseignements. Quand l'enfant partait, le miroir le suivait comme une auréole, sans cacher sa forme enfantine. Quand l'enfant dormait, le miroir le couvrait comme un dais au-dessus du lit. En somme, dans toutes ses actions - marche, station, assise, couché - ce miroir ne le quittait jamais.
Cependant, le vénérable Samghanandi,
Il était originaire du pays de Mati. Son nom de famille était Uttara. Son père s'appelait Tengai, sa mère Hoshō. Elle rêva une fois d'une grande divinité tenant un miroir, et conçut ainsi. Après sept jours, elle donna naissance. Son corps brillait comme du lapis-lazuli. Jamais lavé, il était naturellement parfumé et pur. Il voyagea pour enseigner jusqu'au pays de Mati. Soudain, une brise fraîche enveloppa l'assemblée, apportant un bien-être physique et mental extraordinaire, sans que personne n'en comprenne la raison.
Le vénérable dit : « Ceci est le vent de la vertu du dharma. Il doit y avoir un être saint apparaissant dans le monde pour succéder à la lampe des ancêtres. » Après ces mots, par son pouvoir spirituel, il guida la grande assemblée vers les montagnes et les vallées. En peu de temps, ils arrivèrent au pied d'un pic. Il dit à l'assemblée : « Au sommet de ce pic, il y a un nuage pourpre comme un dais. Un sage doit y résider. » Ils errèrent longtemps et virent une hutte de montagne où un enfant, tenant un miroir rond, vint directement devant le vénérable. Le vénérable demanda : « Quel âge as-tu ? » Il dit : « Cent ans. » Le vénérable dit : « Tu es encore jeune. Pourquoi dis-tu cent ans ? » Il dit : « Je ne comprends pas la raison. Je suis simplement centenaire. » Le vénérable dit : « Connais-tu bien les capacités ? » Il dit : « Le Bouddha a dit : Si un homme vit cent ans sans comprendre les capacités des bouddhas, il ne vaut pas mieux qu'un homme qui, né depuis un jour, peut les réaliser complètement. » Le vénérable dit : « Cet objet dans ta main,
Que représente-t-il ? » L'enfant dit : « Le grand miroir rond des bouddhas, à l'intérieur comme à l'extérieur sans défaut ni tache. Deux personnes le voient ensemble, leur esprit et leurs yeux sont semblables. » Ses parents, entendant les paroles de leur fils, le laissèrent aussitôt quitter la vie familiale. Le vénérable l'emmena à son lieu d'origine, lui fit recevoir les préceptes complets, puis le nomma Gayashata. Un jour, entendant le vent faire résonner les cloches de bronze du temple, et ainsi de suite, il lui transmit aussitôt le trésor du dharma.
Il parcourut les vallées et les montagnes. Après un repas, il arriva au pied d'un pic et dit à l'assemblée : 'Au sommet de ce pic, il y a un nuage pourpre comme un dais. Un sage réside ici.'Aussitôt, avec la grande assemblée, il erra longtemps. Il vit une hutte de montagne où un jeune garçon tenant un miroir rond s'avança droit devant le Vénérable. Le Vénérable demanda : 'Quel âge as-tu ?'Il répondit : 'Cent ans.'
Le Vénérable dit : 'Tu es encore jeune, pourquoi dis-tu cent ans ?'Il répondit : 'Je ne comprends pas le principe, justement cent ans.'Le Vénérable dit : 'Es-tu habile aux mécanismes ?'Il dit : 'Le Bouddha a dit : Si un homme vit cent ans sans comprendre les mécanismes des bouddhas, il ne vaut pas celui qui vit un jour et parvient à une décision éclairée.'Le maître dit : 'Ce que tu tiens en main, que représente-t-il ?'Le garçon dit : 'Le grand miroir rond des bouddhas, intérieur et extérieur sans tache ni obscurité. Deux personnes le voient ensemble, l'œil et l'esprit sont tous deux semblables.'Ses parents, entendant les paroles de leur fils, le laissèrent partir pour qu'il quitte la maison. Le Vénérable l'emmena à son propre lieu, et après qu'il eut reçu les préceptes complets, il fut nommé Gayashata. Plus tard, entendant le vent faire sonner la cloche de cuivre du hall, le Vénérable demanda au maître : 'Est-ce la cloche qui sonne ou le vent ?'Le maître dit : 'Ni le vent ni la cloche, c'est mon esprit qui sonne.'Le Vénérable dit : 'L'esprit, à qui est-il ?'Le maître dit : 'Parce que tous deux sont tranquilles et silencieux.'Le Vénérable dit : 'Excellent, excellent. Celui qui perpétuera ma voie, si ce n'est toi, qui d'autre ?'Aussitôt, il transmit le dharma par un gatha.
En vérité, cette unique lumière de chaque personne, maintenant comme le miroir rond sans tache ni obscurité intérieure ou extérieure, est entièrement semblable.
Depuis sa naissance, ce jeune garçon a toujours loué les affaires du Bouddha, sans se mêler aux affaires mondaines. Face au miroir lumineux, il voit et contemple les affaires du Bouddha passées et présentes. Bien qu'il sache véritablement que l'œil et l'esprit sont tous deux semblables, il pense encore ne pas comprendre les mécanismes des bouddhas. C'est pourquoi il dit cent ans. Même s'il ne s'agissait que d'un jour, s'il comprenait les mécanismes des bouddhas, non seulement il dépasserait cent ans, mais il transcenderait d'innombrables vies. Pour cette raison, finalement il abandonne le miroir rond ; en vérité, c'est là la grande cause et condition des bouddhas, ne la négligez pas. Que cela n'est pas facile, on peut le savoir aussi par cette condition. En vérité, il comprend le grand miroir rond des bouddhas. Pourrait-il rester quelque chose ?
Cependant, ce n'est toujours pas le fond véritable. De plus, comment pourrait-il y avoir un grand miroir rond des bouddhas ? Et comment deux personnes pourraient-elles l'obtenir ensemble ? Et comment pourrait-il n'y avoir ni tache ni obscurité intérieure ou extérieure ? Qu'appellerait-on tache ou obscurité ? Qu'est-ce que l'œil et l'esprit ? Pourraient-ils être semblables ? C'est pourquoi le miroir rond est perdu ; cela n'est-il pas la perte de la peau et de la chair du jeune garçon ?
Pourtant, même si la vision est comme maintenant, sans séparation entre l'œil et l'esprit, et même si l'on comprend que deux personnes voient ensemble, véritablement c'est la vision de deux individus. Ce n'est toujours pas le fond qui illumine véritablement soi-même.
Ainsi, vous tous, ne créez pas de vision du cercle parfait. Ne créez pas de vision du corps. Il vous faut examiner minutieusement et pénétrer profondément, jusqu'à ce que soudain l'environnement et le corps se brisent simultanément, et que vous réalisiez votre propre incomplétude. Si vous n'atteignez pas cette terre, vous n'êtes que des êtres soumis au karma, n'ayant pas encore rencontré l'opportunité des bouddhas.
Ayant ainsi fait repentance et exprimé sa gratitude, il finit par quitter la vie laïque et recevoir les préceptes, puis servit le vénérable Sanghanandi pendant des années. Un jour, entendant le son des cloches de cuivre agitées par le vent sur le pavillon, le vénérable demanda à son maître : « Est-ce la cloche qui sonne ou le vent ? »
Il faut examiner minutieusement cette circonstance. Même si le vénérable ne voyait ni cloche ni vent, que voulait-il ainsi faire connaître ? Pourquoi donc demander ainsi : « Est-ce la cloche qui sonne ou le vent ? » Il ne faut pas comprendre cela par la cloche et le vent. Ce n'est pas une cloche à vent ordinaire, mais précisément une cloche suspendue au coin du pavillon. Ces clochettes, appelées reitetsu, sont aujourd'hui toutes suspendues aux pavillons et édifices du sud. Elles permettent de distinguer les habitations communes des temples. Depuis l'établissement de la capitale du nord, bien qu'on ait initialement suspendu des clochettes aux temples,
à l'époque moderne cette coutume s'est perdue et n'a plus de sens. Cependant, la tradition indienne était ainsi. Lorsque le vent soufflait sur ces clochettes, il y avait ce koan.
Le maître répondit alors : « Ce n'est ni le vent ni la cloche, seul mon esprit résonne. » Il savait véritablement que rien n'échappe au moindre grain de poussière. Ainsi, ce n'est pas le vent qui sonne ni la cloche. Si vous pensez qu'il y a son, alors il y a son. Une telle vision n'est pas encore l'esprit en parfaite tranquillité. C'est pourquoi
il dit : « C'est mon esprit qui résonne. » En entendant cette circonstance, les gens l'interprètent de travers. Ils pensent nécessairement que ce n'est pas le vent qui sonne, mais que seul l'esprit résonne. C'est pourquoi Gayashata parla ainsi. Si, dans l'authenticité naturelle originelle, rien ne se manifeste, comment pourrait-on dire que ce n'est pas la cloche qui sonne ? C'est pourquoi il dit : « C'est mon esprit qui résonne. » De Gayashata jusqu'au sixième patriarche, les époques sont largement séparées. Pourtant, elles ne sont pas séparées. C'est pourquoi il est dit : « Ce n'est pas la bannière qui bouge ni le vent, c'est votre esprit qui bouge. » Maintenant, vous tous, lorsque votre esprit terrestre perce complètement, les trois temps ne sont pas séparés depuis l'origine. La réalisation s'étend continuellement à travers l'ancien et le présent. Quelle distinction faire entre identité et différence ?
Ne t'en tiens pas aux perceptions ordinaires pour discerner. Ce n'est pas le vent qui sonne, ce n'est pas la cloche qui résonne. C'est seulement en comprenant cela que tu peux commencer à savoir. Si tu te demandes ce que l'on peut connaître ainsi, il faut savoir que c'est mon propre esprit qui résonne. La forme de cette résonance est comme la montagne, abrupte et haute, comme l'océan, calme et profond. La forêt dense des arbres et des herbes, la clarté des yeux de chaque personne, tout cela est la forme de l'esprit qui résonne. Ainsi, il ne faut pas penser que c'est le son qui résonne.
Le son aussi est la résonance de l'esprit. Les quatre grands éléments, les cinq agrégats, tous les phénomènes, absolument tout, n'est que la résonance de l'esprit. Cet esprit n'est jamais sans résonner. C'est pourquoi, finalement, il ne porte aucun écho. De plus, il n'est pas perçu par l'oreille.
L'oreille elle-même, parce qu'elle résonne, est dite être en paix et silence avec tout.
Lorsqu'on voit ainsi, tous les phénomènes n'ont aucun lieu d'émergence. C'est pourquoi la montagne n'a pas de forme, l'océan n'a pas de forme.
Il n'y a plus un seul phénomène qui porte une apparence. C'est comme rêver de faire voguer une barque d'orchidée sur l'immensité marine.
Que l'on lève la perche pour fendre les vagues, ou que l'on arrête la barque pour sonder le courant, il n'y a pas de ciel où flotter, pas de fond où sombrer. Où donc pourrait-on se tenir en dehors de la montagne et de l'océan ? Où donc pourrait-on jouer à l'intérieur de son propre bateau ? C'est pourquoi on l'indique ainsi.
Bien qu'il y ait des yeux, il n'y a pas d'écoute ; bien qu'il y ait des oreilles, il n'y a pas de vision. Ainsi, on ne peut dire que les six racines s'interpénètrent. Les six racines n'ont rien à porter. Ainsi, elles sont toutes silencieuses et paisibles. Lorsqu'on cherche à saisir, il n'y a pas de six racines ; lorsqu'on cherche à abandonner, il n'y a pas de six objets. Racines et objets sont tous deux libérés, esprit et environnement sont tous deux oubliés. En y regardant de près, il n'y a ni racines ni objets à libérer, ni esprit ni environnement à effacer. Vraiment silencieux et paisible, ce n'est ni une question de similitude ou de différence, ni un sentiment d'intérieur ou d'extérieur. Lorsqu'on atteint réellement un tel état, on reçoit et maintient le trésor du dharma de tous les bouddhas, et on s'aligne véritablement avec la position des patriarches bouddhistes.
Si ce n'est pas ainsi, même si l'on comprend que les dix mille phénomènes ne sont pas erronés, on conserve encore son propre soi et on parle des autres, finissant par séparer les phénomènes les uns des autres. Si l'on est séparé, comment pourrait-on être en communion avec les patriarches bouddhistes ? C'est comme construire un mur dans le ciel. Le ciel pourrait-il être obstrué ? On crée seulement ses propres obstacles. Si la frontière est une fois brisée, que pourrait-on considérer comme intérieur ou extérieur ?
En arrivant ici, le vieux Shakyamuni n'est pas le commencement. Vous, les nombreuses personnes, n'êtes pas non plus la fin. Totalement, les bouddhas n'ont pas de visage, les personnes n'ont pas de forme. En un tel moment, comme de l'eau pure qui forme des vagues, les patriarches bouddhistes apparaissent et s'en vont. Bien que ce ne soit ni augmentation ni diminution, puisque l'eau coule et les vagues s'agitent, en examinant minutieusement et en pénétrant profondément, on peut atteindre un tel état. Depuis les temps immémoriaux, jusqu'aux confins futurs,
Même si l'on établit temporairement des frontières et que l'on aligne les trois temps, en somme, d'ère en ère, il en est seulement ainsi.
Pour saisir cette nature claire et lumineuse, il ne faut pas s'embarrasser de la chair et de la peau, ni distinguer par les mouvements et l'immobilité du corps. Totalement, cet état ne peut être connu par le corps et l'esprit, ni distingué par le mouvement et l'immobilité. Il faut examiner minutieusement, pénétrer profondément, se reposer et cesser par soi-même, et assumer par soi-même pour enfin l'obtenir. Si l'on ne clarifie pas ainsi, on portera en vain corps et esprit à travers les douze heures du jour. Comme si l'on plaçait un lourd fardeau sur ses épaules, le corps et l'esprit ne trouveront jamais la paix. Si l'on dépose corps et esprit, et que le terrain de l'esprit devient vaste et vide comme l'espace, on obtient alors ce qu'il y a de plus ordinaire. Cependant, même si c'est ainsi, en raison des causes et conditions passées,
Si l'on ne peut exprimer et clarifier là où l'esprit résonne, on ne connaît pas l'apparition des bouddhas. On ne connaît pas l'éveil des êtres sensibles.
Ainsi, pour réaliser la Voie par le son de l'esprit, il faut ajouter des mots humbles. Veux-tu entendre ?
Dans la solitude, le son de l'esprit résonne en dix mille formes. La communauté des moines, le Gaya, et les cloches à vent.
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第十八祖、伽耶舎多尊者、執侍僧伽難提尊者。有時聞風吹殿銅鈴聲。尊者問師曰、鈴鳴耶風鳴耶。師曰、非風非鈴、我心鳴耳。尊者曰、心復誰乎。師曰、倶寂靜故。尊者曰、善哉善哉、繼吾道者非子而誰。卽付法藏。
摩提國の人なり。姓は鬱頭籃。父は天蓋、母は方聖。嘗て夢むらく、大神あり、鑑を持すと。因て娠むことあり。凡そ七日にして誕る。肌體瑩として瑠璃の如し。未だ嘗て洗浴せず、自然に香潔な生るる時より一圓鑑ありて現ず。尋常此童子に伴なふ。童子常に閑靜を好む。都て世縁に染みず。謂ゆる此圓鑑、童子坐する時は面前に在り。古今の佛事、都て此鑑に浮ばずと云ことなし。恰も聖教に依て照心するよりも猶ほ明かなり。童子、若し去る時は、此鑑、後に從ふこと圓光の如し。然も童形隱れず。童子臥すときは、此鑑、床の上に天蓋の如くにして覆へり。總て行住座臥、此鑑、相隨がはずといふことなし。
然るに僧伽難提尊者、
《景德傳燈錄》摩提國人也。姓欝頭藍。父天蓋。母方聖。嘗夢大神持鑑因而有娠。凡七日而誕。肌體瑩如瑠璃未嘗洗沐自然香潔。(T 2076.51.212c2-5).《景德傳燈錄》行化至摩提國。忽有涼風襲眾身心悅適非常。而不知其然。
尊者曰。此道德之風也。當有聖者出世嗣續祖燈乎。言訖。以神力攝諸大眾行化して摩提國に到る。忽ち涼風あり、衆を襲ふ。身心悦適すること常に非ず。而して其然ることを知らず。尊者曰く、此れ道德の風なり。當に聖者あり、出世して祖燈を嗣續すべし。言ひ訖て神力を以て諸大衆を攝して山谷に遊歴す。食頃に一峰の下に至て衆に謂て曰く、此峰頂に紫雲あり、蓋の如し。聖人、之に居せん。卽ち大衆と徘徊すること久し。山舎を見るに一童子あり、圓鑑を持して直に尊者の前に造る。尊者問て曰く、汝幾歳ぞ。曰く、百歳。尊者曰く、汝年尚幼。何ぞ百歳と言ふや。曰く、我れ理を會せず。正に百歳なるのみ。尊者曰く、汝機を善くすや。曰く佛言く、若し人生て百歳なるも、諸佛の機を會せずんば、未だ生て一日にして、而も之を決了することを得る若しかずと。尊者曰く、汝が手中の者、
當に何の所表ぞ。童子曰く、「諸佛大圓鑑。内外無瑕翳。兩人同得見。心眼皆相似。」父母、子の語を聞て、卽ち捨て出家せしむ。尊者携て本處に至て、具戒を受けしめ訖て、伽耶舎多と名づく。有時、風の殿の銅鈴を吹く聲を聞て、乃至、卽ち法藏を付し、
遊歷山谷。食頃至一峯下謂眾曰。此峯頂有紫雲如蓋。聖人居此矣。即與大眾徘徊久之。見山舍一童子持圓鑑直造尊者前。尊者問。汝幾歳耶。曰百歳。
尊者曰。汝年尚幼何言百歳。曰我不會理正百歳耳。尊者曰。汝善機耶。曰佛言若人生百歳。不會諸佛機。未若生一日。而得決了之。師曰。汝手中者當何所表。童曰。諸佛大圓鑑内外無瑕翳。兩人同得見心眼皆相似。彼父母聞子語。即捨令出家。尊者携至本處。受具戒訖。名伽耶舍多。他時聞風吹殿銅鈴聲。尊者問師曰。鈴鳴耶風鳴耶。師曰。非風非鈴我心鳴耳。尊者曰。心復誰乎。師曰。俱寂靜故。尊者曰。善哉善哉。繼吾道者非子而誰。即付法偈。(T終に十八祖に列す。彼の圓鑑、童子出家せし時、忽然として見へず。
實に夫れ人人一段の光明、今圓鑑の内外瑕翳なきが如く、悉皆相似たり。
此童子生れてより以來、常に佛事をほめ、俗事に混せず。明鑑に對し古今の佛事を看見す。眞に心眼皆相似たることを知ると雖も、尚ほ思ふに諸佛の機を會せず。故に百歳といふ。假ひ一日なりと雖も、若し諸佛の機を會せば、唯百歳を超るのみに非ず、無量の生をも超ゆべし。此故に終に圓鑑を捨つ、實に是れ諸佛の一大事因縁、忽せにせず。容易からざること、此因縁にても知るべし。實に諸佛の大圓鑑を解會す。殘る所あるべけんや。
然れども尚ほ是れ眞實底に非ず。更に何ぞ諸佛の大圓鑑あるべき。又何ぞ兩人同得すべきあらん。又何の内外瑕翳なきかあらん。何を呼でか瑕翳とせん。心眼とは何ぞ。豈相似たるべけんや。故に圓鑑を失す、豈是れ童子の皮肉を失するに非ずや。
然も設ひ所見、今の如く心眼相隔たらず。兩人同得見と會すとも、眞箇是れ兩箇の所見なり。更に眞に自己を明むる底に非ず。
然れば汝諸人、圓相の所見を作すこと勿れ。身の相を作すこと勿れ。大に須らく子細に參徹して、急に依報正報一時に破烈し、自己又不了なることを得べし。若し此田地に到らずんば、唯是れ業報の衆生、未だ諸佛の機を會せるに非ず。
是の如く懺悔禮謝し、遂に出家受具して、後に僧伽難提に執侍して年を送る。有時、風の殿の銅鈴を吹く聲を聞て、尊者、師に問て曰く、鈴鳴るか風鳴るか、云云。
此因縁、實に子細にすべし。尊者、遂に鈴を見ず風を見ずとも、更に此何事を知らしめん。故に恁麼に鈴鳴るか風鳴るかと問ふ、是れ何事ぞ。風鈴を以て解會すべからず。尋常の風鈴に非ず、卽ち堂殿の角に掛たる鈴なり。鈴鐸といふ、今南都堂閣等に、悉く皆掛け來れり。此を以て人家と堂舎と辨別す。北京と爲てより、初めつかたは、堂舎に鈴鐸を掛くと雖ども、
近代は土風すたれて義なし。然れども西天の義も是の如し。此鈴鐸を風の吹く時、此公案ありき。
然も師答て曰く、風に非ず鈴に非ず、我心鳴のみと。實に知ぬ、都て一塵の邊表を出し來ることなし。之に依て風鳴に非ず鈴鳴に非ず。又鳴と思へば卽ち鳴なりと。恁麼の所見も、尚ほ是れ心倶に寂靜に非ず。之に依て、
乃ち曰く、我心鳴るなりと。此因縁を聞きて、人皆邪解す。必しも風の鳴に非ず。唯心鳴と覺ゆと。故に伽耶舎多是の如く言ふと。若し天眞天然として一切發せざらん時、豈に鈴鳴に非ずともいふべけんや。故に我心鳴るなりと。伽耶舎多より六祖に到るまで、時代遥に隔れり。然れども更に隔たらず。故に風幡動に非ず、仁者心動なりといふ。今汝諸人も、其心地徹通する時、三世本より隔たらず。證契古今に連綿たり。何の同異を辨ぜん。
尋常の所見に辨ずること勿れ。風鳴に非ず。鈴鳴に非ざるを以て、始て知るべし。此何事を知らんと思はば、須らく我が心鳴なりと知るべし。其の鳴る姿は、山の突兀と高く、海の平沈と深きが如し。草木森森たるも、人人眼目の分明なるも、心の鳴る姿なり。然れば聲の鳴ると思ふべからず。
聲も又心の鳴るなり。四大五蘊、一切萬法、都盧皆是心鳴なり。此心都て鳴らざる時なし。故に遂に響を帯びず。更に又耳を以て聞かるるに非ず。
耳是れ鳴が故に倶に寂靜といふ。
恁麼に見得する時、總て萬法出頭の處なし。故に山の形なく海の形なく、
更に一法の形貌を帶するなし。恰も夢に蘭舟を浮べ、滄溟に行くが如し。
竿を揚て波瀾を分つも、舟を留めて水勢を諳んずるも、浮ぶ空なく、沈む底なし。更に何の山海の外に立すべきかあらん。更に何の自己の船中に遊戯するかあらん。故に恁麼に指説す。
眼あれども聞くことなく、耳あれども見ることなし。故に六根互融すと謂ふべからず。六根の帶すべきなし。故に倶に寂靜なり。取らんとするに六根なく、捨てんとするに六境なし。根塵共に脱し、心境兩つながら共に忘ず。子細にみれば、脱すべき根塵なく、泯ずべき心境なし。眞箇寂寂にして、同異の論に非ず、内外の情に非ず。實に恁麼の田地に到る時、卽ち諸佛の法藏を受持して、正に佛祖の位に排列す。
若し是の如くならずんば、設ひ萬法不錯と會すとも、猶ほ是れ自己を存し他を談じて、遂に法法隔歴す。若し隔歴せば、何ぞ佛祖に卽通せん。恰も空裏に界墻を築くが如し。空、豈さゆべけんや。自ら界障を作すのみなり。若し界畔一度破るる時、何を内外とせん。
此に到りて、釋迦老子も始に非ず。汝諸人も亦終に非ず。都て諸佛の面目なく、諸人の形貌なし。是の如くなる時、恰も清水波濤をなすが如く、佛祖出興しもてゆく。是れ増にあらず減に非ずと雖も、水流れ浪激しもてゆ然れば子細に參徹して恁麼の田地に至り得べし。曠劫以來、及未來永際、
且く界畔をなして、三世を排列すと雖も、惣に從劫至劫、唯是の如し。
這箇明白の本性を會得せんに、皮肉を以て煩らひ、身の動靜を以て辨まふべきに非ず。都て此田地、身心を以て知るべきに非ず、動靜を以て辨まふべきに非ず。子細に參徹し、自休自歇し、自ら承當して始て得べし。若し恁麼に明めずんば、徒に十二時中身心を擔ひ持ち來らん。恰も重擔を肩に置くが如く、身心、遂に安かるべからず。若し身心を放下して、心地空廓廓地にして、尤も平生なることを得ん。然も是の如くなりと雖も、適來の因縁、
心鳴る所を道得して明らめ得ずんば、諸佛の出興をも知らず。衆生の成道をも知らず。
故に心鳴を道得せんに、卑語を付んと思ふ。聞かんと要すや。
寂寞心鳴響萬樣。僧伽伽耶及風鈴。
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