Kumāralabdha
Présentation
Kumāralabdha (鳩摩羅多), dix-neuvième patriarche indien, était un jeune brahmane d'une intelligence exceptionnelle. Il cherchait la vérité dans les textes sacrés, mais ne la trouvait pas. Gayāśata lui fit simplement écouter le chant d'un oiseau.
« Qu'enseigne l'oiseau ? » demanda Gayāśata. « Il enseigne sans enseigner », répondit Kumāralabdha. Cette réponse marqua sa transmission.
Keizan souligne que les sons les plus simples — un oiseau qui chante, le vent dans les arbres — portent l'enseignement complet du Bouddha pour qui sait écouter.
Le dix-neuvième patriarche, le vénérable Kumāralabdha, reçut l'enseignement du vénérable Gayasata qui lui révéla :
Jadis, le Bouddha prophétisa : 'Après mon parinirvana, dans mille ans, un grand bodhisattva apparaîtra au pays de Yueh-chih. Il perpétuera et élèvera profondément la transmission.'Maintenant que tu m'as rencontré, tu réponds à cette heureuse destinée. En entendant cela, le maître déploya la sagesse de ses vies antérieures.
Il était originaire du pays de Yueh-chih, de la caste brahmanique. Dans une existence antérieure, alors qu'il était un deva du ciel de la Liberté (sixième ciel du monde du désir), il vit les joyaux ornementaux d'un bodhisattva et soudain fit naître un attachement. Il tomba et naquit dans le ciel Trayastrimśa (deuxième ciel du monde du désir). Il entendit Kaśyapa enseigner la Prajñāpāramitā. En raison de la supériorité du dharma, il s'éleva au ciel de Brahmā (monde de la forme). En raison de la finesse de ses facultés, il excellait à exposer l'essentiel du dharma. Les devas le vénéraient comme maître. Le moment étant venu de succéder à la lignée patriarcale, il descendit au pays de Yueh-chih.
Il descendit donc au pays de Yueh-chih.
Le dix-huitième patriarche, après avoir converti et guidé, arriva au pays de Yueh-chih. Voyant qu'une demeure brahmanique émettait une énergie inhabituelle, le vénérable s'apprêta à y entrer. Le maître demanda : 'Quelle est cette assemblée ?'Le vénérable répondit : 'Ce sont des disciples du Bouddha.'En entendant le nom du Bouddha, l'esprit du maître fut saisi d'une vive émotion et il ferma immédiatement la porte. Le vénérable, après un long moment, frappa à cette porte. Le maître dit : 'Il n'y a personne dans cette maison.'Le vénérable dit : 'Qui donc répond qu'il n'y a personne ?'En entendant ces paroles, le maître comprit que c'était un être extraordinaire. Il ouvrit précipitamment la porte et l'invita à entrer.
Le vénérable dit : 'Jadis, le Bouddha prophétisa : "Après mon parinirvana, dans mille ans, un grand bodhisattva apparaîtra au pays de Yueh-chih. Il perpétuera et élèvera profondément la transmission." ...'Il déploya la sagesse de ses vies antérieures.
Aujourd'hui, tu as rencontré ma réponse à cette heureuse occasion. Ainsi Kumāralāta manifesta la sagesse des vies passées. Cette causalité doit être examinée avec soin. Éclaircir la voie des noms et des formes, ou bien éclaircir la véritable substance humaine de la naissance-mort et des allers-retours, si l'on n'éclaire pas la nature propre, vide, lumineuse, spirituelle et vaste, on ne connaît pas la réalisation des bouddhas. C'est pourquoi, voyant la lumière rayonnante du bodhisattva, on s'étonne, et voyant les marques sublimes des bouddhas, on s'attache. Pourquoi ? Parce qu'on n'a pas encore échappé aux trois poisons de l'aversion, de l'attachement et de l'ignorance. Maintenant, en observant les causes passées du maître, par attachement il dégénère et descend au ciel des Trente-Trois. Cependant, en vertu de causes antérieures, rencontrant l'enseignement d'Indra, il monte au ciel de Brahmā et descend naître dans le pays de Yuezhi. Accumuler les mérites et les vertus n'est pas vain. Finalement, rencontrant le dix-huitième patriarche, il manifeste la sagesse des vies passées.
Ce qu'on appelle sagesse des vies passées, on pense ordinairement qu'il s'agit de connaître le passé et le futur. Qu'est-ce donc ? Simplement, si l'on discerne clairement que la nature propre originelle, immuable, sans distinction entre saint et profane, n'est pas obscurcie, alors les cent mille portes du dharma et les sens merveilleux infinis résident tous dans la source de l'esprit. Ainsi, l'égarement des êtres sensibles comme l'éveil des bouddhas se trouvent au sein de son propre cœur. Ce n'est absolument pas un phénomène des sens et des objets. Ce n'est pas un phénomène d'esprit et de monde. Arrivé là, que serait l'ancien, que serait le présent ? Où sont les bouddhas, où sont les êtres sensibles ? Pas un dharma n'obstrue l'œil, pas une poussière ne touche la main. Seulement une étendue vide et lumineuse, vaste et sans limites. C'est précisément le tathāgata réalisé depuis les temps immémoriaux, l'être sensible qui n'obscurcit pas l'origine. Même lorsqu'on le réalise ainsi, cela n'augmente pas ; même lorsqu'on ne le connaît pas ainsi, cela ne diminue pas. Depuis les temps immémoriaux, percevoir ainsi, c'est ce qu'on appelle manifester la sagesse des vies passées.
Si l'on n'atteint pas cette terre, en vain on est troublé par les passions de l'égarement et de l'éveil, déplacé par les phénomènes d'aller et de venir,
et finalement on ne connaît pas sa propre existence, on n'éclaire pas que l'esprit originel n'est pas erroné. C'est pourquoi on fait que les bouddhas apparaissent laborieusement dans le monde, que les patriarches viennent de loin de l'Ouest. L'intention fondamentale de l'apparition dans le monde, le sens originel de la venue de l'Ouest, c'est uniquement pour cette affaire. Rien d'autre. Il faut examiner avec soin, être attentif, et connaître ce qui est spirituellement spirituel sans obscurcissement, lumineusement lumineux sans dissimulation. Connaître qu'il y a une lumière originelle, c'est ce qu'on appelle sagesse des vies passées.
Aujourd'hui, il y a encore des paroles humbles. Je souhaite transmettre un peu de raison. Assemblée, voulez-vous écouter ?
Renverse le corps séparé des vies passées. Maintenant nous nous rencontrons, le même homme d'autrefois.
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第十九祖、鳩摩羅多尊者、因伽耶舎多尊者示曰、
昔世尊記曰、吾滅後一千年有大士。出現於月支國。紹隆玄化。今汝値吾、應斯嘉運。師聞發宿命智。
月支國の人なり。姓は婆羅門、昔し自在天人 (欲界第六天) たりしとき、菩薩の瓔珞を見て忽ち愛心を起す。墮して忉利(欲界第二天) に生じ、憍尸迦が般若波羅密多を説くを聞き、法の勝れたる《景德傳燈錄》大月氏國婆羅門之子也。昔爲自在天人(欲界第六天)見菩薩瓔珞。忽起愛心墮生忉利(欲界第二天)聞憍尸迦説般若波羅蜜多。以法勝故升于梵天(色界)以根利故善説法要。諸天尊爲導師。以繼祖時至遂降月氏。(Tを以ての故に梵天 (色界) に昇り、根利なるを以て、故に善く法要を説く。諸天、尊んで導師となす。祖位を繼ぐの時至れるを以て、
遂に月支に降る。
十八祖、化度して月支國に到る。一の婆羅門の舎に異氣あるを見て、尊者、將に彼舎に入んとす。師問て曰く、是れ何の徒衆ぞ。尊者曰く、是れ佛弟子なり。師、佛號を聞て、心神竦然として卽時に戸を閉づ。尊者、
良久して其門を扣く。師曰く、此舎に人なし。尊者曰く、無と答ふる者は誰そ。師、この語を聞て是れ異人なりと知る。遽かに關を開て延接す。尊者曰く、昔し世尊記して曰く、乃至、宿命智を發《景德傳燈錄》至大月氏國。見一婆羅門舍有異氣。尊者將入彼舍。舍主鳩摩羅多問曰。是何徒眾。曰是佛弟子。彼聞佛號心神竦然。即時閉戶。尊者良久自扣其門。羅多曰。此舍無人。尊者曰。答無者誰。羅多聞語知是異人。遽開關延接。尊者曰。昔世尊記曰。吾滅後一千年有大士。出現於月氏國。紹隆玄化。
今汝値吾應斯嘉運。於是鳩摩羅多發宿命智。(T 2076.51.212c6-13).此因縁、須らく子細にすべし。名字道を明らめ、若しは生死去來眞實の人體と明むとも、自己本性の虛明靈廓なることを明らめずんば、諸佛の所證を知らず、故に菩薩の放光を見て驚き、諸佛の相好を見ても愛すべし。故如何となれば、貪瞋癡等の三毒、未だ免がれざる故に、今、師の往因を見るに、愛に依て退墮して忉利天に下る。然も宿因に依て、帝釋の説法に遭て梵天に昇り、月支國に降生す。積功累德、空しからず。終に十八祖に遭て宿命智を發す。
謂ゆる宿命智とは、尋常過去を知り、未來を知ることと思へり。是れ何にかせん。唯本來不變の自性、聖凡なく迷なきことを看得すれば、百千の法門無量の妙義、總に心源に在り。故に衆生顚倒も、諸佛成道も、自己方寸の中に在り。全く根塵の法に非ず。心境の相に非ず。此に到りて、何をか古とし、何をか今とせん。何れか是諸佛、何れか是衆生。一法の眼に遮るなく、一塵の手に觸るるなし。但虛明一片にして、廓落無際なるのみなり。卽久遠實成の如來、不昧本來の衆生なり。是の如く悟り知る時も増さず、是の如く知らざる時も減せず。久遠劫來、恁麼なりと覺觸するを、宿命智を發すと謂ふ。
若し此田地に到らずんば、徒に迷悟の性情に亂され、去來の相に移され、
遂に自己あることを知らず。本心錯まらざることを明らめず。故に諸佛をして煩らはしく出世せしめ、祖師をして遥かに西來せしむ。出世の本懷、西來の本意、只此事の爲なり。更に他事に非ず。須く子細に用心して靈靈として不昧、明明として不藏なることを知るべし。本來一段の光明あることを知るを宿命智と謂ふなり。
今日又卑語あり。聊か些子の理を通ぜんと思ふ。大衆、聞かんと要すや。
推倒宿生隔歴身。而今相見舊時漢。
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