Vasubandhu
Présentation
Vasubandhu (世親), vingt et unième patriarche indien, est l'un des plus grands philosophes bouddhistes, auteur de l'Abhidharmakośa (Trésor de l'Abhidharma) et co-fondateur de l'école Yogācāra avec son frère Asaṅga.
D'abord un maître de l'école Sarvāstivāda (hinayana), il fut converti au Mahāyāna par Jayata après un long débat philosophique. Il devint alors l'un des plus prolifiques commentateurs des sūtras mahāyāna.
Keizan voit en lui l'exemple que la science la plus étendue n'est pas contraire à l'éveil — ce qui compte n'est pas ce qu'on sait, mais comment on le sait : avec attachement ou avec liberté.
Le vingt-et-unième ancêtre, le vénérable Vasubandhu, interrogea le vingtième ancêtre en disant :
Je ne cherche pas la voie, mais je ne suis pas non plus renversé. Je ne vénère pas le Bouddha, mais je ne le méprise pas non plus. Je ne reste pas assis longtemps, mais je ne suis pas non plus négligent.
Je ne mange pas qu'une fois, mais je ne mange pas non plus de façon désordonnée. Je ne me contente pas de peu, mais je ne suis pas non plus avide. L'esprit sans rien désirer, cela s'appelle la voie.
Alors le maître, ayant entendu cela, manifesta la sagesse sans fuite.
Le père s'appelait Guang Gai, la mère Yan Yi. Leur famille était riche mais sans enfant. Les parents prièrent devant la pagode du Bouddha pour obtenir une descendance. Une nuit, la mère rêva qu'elle avalait deux perles, l'une lumineuse et l'autre obscure. À son réveil, elle était enceinte. Après sept jours, un arhat nommé Xian Zhong arriva chez eux. Guang Gai lui présenta ses respects. Xian Zhong s'assit droit et les accepta. Yan Yi sortit pour saluer. Xian Zhong quitta sa place et dit : 'Je rends hommage au grand bodhisattva du corps du dharma.'Guang Gai ne comprenait pas la raison. Il prit alors une perle précieuse et l'offrit à genoux à Xian Zhong pour tester sa véracité. Xian Zhong l'accepta immédiatement sans la moindre marque de déférence. Guang Gai ne put le supporter et demanda : 'Moi, homme, je vous présente mes respects et vous n'y prêtez pas attention. Quelle vertu possède mon épouse pour que vous, vénérable, vous vous écartiez d'elle ?'Xian Zhong répondit : 'J'accepte vos hommages et reçois votre perle pour votre propre bienfait. Votre femme porte un saint enfant. À sa naissance, il sera lumière de sagesse et lampe pour le monde, c'est pourquoi je m'écarte. Ce n'est pas la femme que j'honore.'
Xian Zhong ajouta : 'Votre femme donnera naissance à deux fils. Le premier s'appellera Vasubandhu, celui que je vénère. Le second s'appellera Chuni (cela signifie petit corbeau). Autrefois, lorsque le Tathagata pratiquait la voie dans les montagnes enneigées, Chuni fit son nid sur sa tête. Le Bouddha ayant atteint l'éveil, Chuni en reçut la rétribution et devint roi du pays de Nadi. Le Bouddha prédit alors : 'Toi, dans la deuxième période de cinq cents ans, tu naîtras dans la famille Vaisakya de la ville de Rajagriha, frère de sainteté.'Maintenant, cela ne fait aucun doute.'Un mois plus tard, elle donna effectivement naissance à un fils. Le vénérable Vasubandhu, à l'âge de quinze ans, rendit hommage à l'arhat Guang Du et quitta le foyer. Il inspira au bodhisattva Vipashyin de lui conférer les préceptes.
Il arrive à leur demeure. Guang Gai prépare les offrandes. Xian Zhong s'assied droit et les reçoit. Yan Yi sort et se prosterne. Xian Zhong, évitant la place d'honneur, dit : « Je rends les hommages au grand bodhisattva du corps du dharma. » Guang Gai
ne comprend pas la raison. Il prend alors une perle précieuse, s'agenouille et l'offre à Xian Zhong pour tester son authenticité. Xian Zhong la reçoit aussitôt, sans la moindre déférence. Guang Gai ne peut le supporter. Il demande : « Moi, je suis un homme, je n'ai pas hésité à présenter mes respects. Quelle vertu possède mon épouse pour que le Vénérable l'évite ainsi ? » Xian Zhong dit : « Si je reçois vos hommages et accepte la perle, c'est uniquement pour vous accorder des bienfaits. Votre femme porte en son sein un saint enfant.
À sa naissance, il deviendra la lampe du monde et le soleil de la sagesse. C'est pourquoi je l'évite. Non que j'honore particulièrement les femmes. » Xian Zhong ajoute : « Votre femme donnera naissance à deux fils. Le premier se nommera Vasubandhu. C'est celui que je vénère. Le second se nommera Cūṇī (on dit ici « le petit corbeau »). Autrefois, lorsque le Tathāgata pratiquait la voie dans les montagnes enneigées, Cūṇī fit son nid sur sa tête. Le Bouddha, ayant atteint l'éveil, Cūṇī en reçut la rétribution et devint roi du pays de Nadi. Le Bouddla prédit : « Au cours du second cinq cents ans, tu naîtras dans la famille de Viśākha à Rājagṛha, et tu seras le frère du saint. » Cela ne manqua pas. Un mois plus tard, elle mit au monde deux fils. Le Vénérable Vasubandhu, à l'âge de quinze ans, rendit hommage à l'arhat Guang Du et quitta la vie familiale. Le bodhisattva Vibhāṣa fut ému de lui conférer les préceptes.
Le vingtième ancêtre, le Vénérable Jayata, voyageant pour enseigner, arriva à Rājagṛha et y exposa l'enseignement subit. Il y avait là une assemblée d'étudiants qui ne prisaient que les débats. Leur chef se nommait Vasubandhu (on dit ici « Pratique Universelle »). Il ne prenait qu'un repas par jour, ne s'allongeait jamais,
se prosternait devant le Bouddha aux six périodes, vivait dans la pureté, sans désir, et était le refuge de la communauté. Le Vénérable voulut le libérer. Il interrogea d'abord l'assemblée : « Ce pratiquant ascétique universel, peut-il cultiver la conduite brahmique et obtenir la voie du Bouddha ? » L'assemblée dit : « Notre maître est diligent. Pourquoi ne le pourrait-il pas ? » Le Vénérable dit : « Votre maître est loin de la voie. Même s'il pratique l'ascèse pendant des kalpas de poussière,
tout cela reste la racine de l'illusion. » L'assemblée dit : « Vénérable, quelle vertu possédez-vous pour critiquer ainsi notre maître ? » Le Vénérable dit : « Je ne cherche pas la voie, et pourtant j'ai éveillé la sagesse sans fuite, dans la joie et la louange. » Le Vénérable,
Il s'adressa à l'assemblée en disant : Comprenez-vous mes paroles ? La raison de mon attitude est la suivante. Le Vénérable se rendit à la ville de Rājagṛha pour propager l'enseignement subit. Là, les disciples érudits ne valorisaient que les débats. Leur chef se nommait Pārśva (en chinois : Pratique Universelle). Il ne prenait qu'un repas par jour, ne s'allongeait jamais, et vénérait le Buddha six fois par jour. Pur et sans désir, il était révéré par tous. Le Vénérable, voulant le libérer, interrogea d'abord l'assemblée : Ce Pratique Universelle, cet ascète qui observe la pure conduite, peut-il atteindre la voie du Buddha ? L'assemblée répondit : Notre maître est diligent, pourquoi ne le pourrait-il pas ? Le Vénérable dit : Votre maître est loin de la voie. Même s'il pratique l'ascèse pendant d'innombrables kalpas, ce ne sera que la racine de l'illusion. L'assemblée dit : Vénérable, de quelles vertus êtes-vous doté pour critiquer notre maître ? Le Vénérable dit : Je ne cherche pas la voie, et je ne suis pas dans l'erreur. Je ne vénère pas le Buddha, et je ne le méprise pas. Je ne reste pas assis longtemps, et je ne suis pas négligent.
Je ne prends pas un seul repas, et je ne mange pas de façon désordonnée. Je ne suis pas satisfait, et je ne suis pas avide. L'esprit sans rien espérer, cela s'appelle la voie. En entendant cela, Pratique Universelle obtint la sagesse sans fuite et se réjouit en louant. Le Vénérable dit encore à l'assemblée : Comprenez-vous mes paroles ? La raison de mon attitude est qu'ils cherchent la voie avec un cœur trop ardent. Une corde trop tendue se rompt, c'est pourquoi je ne loue pas, afin de les faire demeurer dans la terre de paix et de joie, et entrer dans la sagesse de tous les buddhas.
Cette circonstance est particulièrement le secret le plus profond de l'étude de la voie. Pourquoi ? Penser qu'il y a un buddha à devenir, une voie à obtenir, et pratiquer l'abstinence, la pure conduite, rester assis longtemps sans s'allonger, vénérer le buddha, réciter les sutras, accumuler tous les mérites pour cela, tout cela, c'est comme faire pleuvoir des fleurs dans un ciel sans fleurs,
créer une ouverture là où il n'y en a pas. Même si l'on traverse des kalpas aussi nombreux que les poussières, on n'aura pas la moindre part de libération. Justement, ne rien désirer dans l'esprit, cela s'appelle la voie.
Ainsi, vouloir être satisfait devient la racine même de l'avidité. S'attacher nécessairement à rester assis longtemps, c'est une faute d'être entravé par le corps. Vouloir un seul repas, c'est aussi avoir une part de vision sur la nourriture. De plus, vénérer le buddha, réciter les sutras, c'est comme faire naître des fleurs en se frottant les yeux, créer une plaie en taillant la chair, opprimer le bon pour en faire un sutra, c'est alors faire naître des fleurs dans les yeux. Ainsi, chacune de ces pratiques est particulièrement la racine de l'illusion, ce n'est pas du tout l'affaire de notre propre nature fondamentale. Si rester assis longtemps était la voie, tous, à la naissance, seraient venus après dix mois assis. Ce serait alors la voie. Pourquoi chercher à nouveau ? Si l'abstinence était la voie,
lorsqu'on est malade, le moment des repas n'est pas fixe. À ce moment, ne serait-on pas un pratiquant de la voie ? C'est extrêmement risible.
Le disciple du Bouddha établit toutes sortes de règles pures, montrant ainsi la conduite des patriarches bouddhistes. Cependant, si l'on s'y attache rigidement, cela devient au contraire une affliction. Si l'on déteste la naissance et la mort, les allées et venues, et que l'on cherche encore la voie, depuis le commencement sans commencement jusqu'à maintenant, on ne peut mettre fin à cette mort ici et cette naissance là. En quel lieu fixer le moment d'obtenir la voie ? Pourtant, ainsi contraint par toutes choses, on pense chercher la voie. Tout cela est une compréhension erronée.
De plus, quel Bouddha pourrait-on voir devenir ? Quels êtres pourrait-on voir s'égarer ? Ainsi, il n'existe pas une seule personne qui s'égare, pas un seul dharma à réaliser. C'est pourquoi parler de transformer l'égarement en éveil, de transformer l'ordinaire en saint, ce sont tous des mots de ceux qui ne sont pas encore éveillés. De plus, quel ordinaire y aurait-il à transformer ? Quel égarement y aurait-il à éveiller ?
C'est pourquoi le vénérable Jiashan dit :
Clairement clair, pas de dharma d'éveil, le dharma de l'éveil égare les gens. Étendant longuement les deux pieds, dormant, ni faux ni vrai.
Le Recorde de la Transmission de la Lampe de l'ère Jingde rapporte : Un moine demanda : « Depuis les anciens, on établit le sens des patriarches et l'enseignement. Pourquoi, vénérable, dites-vous ici qu'il n'y a rien ? » Le maître dit : « Trois ans sans manger de riz, actuellement pas d'affamé. » Il dit : « Puisqu'il n'y a pas d'affamé, pourquoi moi, je ne réalise pas ? » Le maître dit : « Simplement parce que réaliser égare le moine. » Le maître dit un vers : « Clairement clair, pas de dharma d'éveil, le dharma de l'éveil égare les gens. Étendant longuement les deux pieds, dormant, ni faux ni vrai. » C'est vraiment ainsi le corps de la voie. Bien que ce soit ainsi, les débutants et les étudiants avancés doivent examiner minutieusement et ainsi atteindre cette terre paisible. Pourquoi ? Si soi-même on n'a pas réellement réalisé le lieu, on peut être trompé par les paroles des autres. Ainsi, si l'on pense lever les yeux et voir, on est envahi par bouddhas et démons. Aujourd'hui, même si en entendant de tels enseignements on comprend qu'il n'y a rien à obtenir, si par hasard un maître dit qu'il y a un dharma à obtenir, ou si bouddhas et démons viennent dire qu'il y a une pratique à accomplir, alors assurément l'esprit s'agitera et on tombera dans l'inversion. Maintenant, recevez l'instruction correcte de tous les bouddhas, examinez minutieusement et percevez, il faut absolument atteindre la terre de paix et de joie de soi-même.
Celui qui une fois atteint le lieu de paix et de joie est comme une personne rassasiée de nourriture. Même s'il s'agit d'un festin royal, il n'en espère plus. C'est pourquoi on dit : la délicieuse nourriture ne convient pas à celui qui est rassasié. Les anciens disaient : une fois tourmenté, aussitôt en paix. En y regardant minutieusement, le cœur originel de sa propre nature ne voit pas de bouddha, ne voit pas d'êtres sensibles, comment pourrait-il détester l'égarement et chercher l'éveil ? Pour amener directement cette personne à voir, depuis que le patriarche vint de l'Ouest, on ne parle pas de sage ou d'ignorant, on ne parle pas d'ancien étudiant ou de nouvel étudiant, on la fait simplement s'asseoir droit en paix, demeurant en elle-même. C'est précisément la grande porte du dharma de la paix et de la joie.
C'est pourquoi, ô nobles êtres, depuis les temps sans commencement jusqu'à aujourd'hui, vous avez pris ce qui n'était pas une erreur pour une erreur.
Ne vous contentez pas de balayer la gelée sur le seuil d'autrui en oubliant le trésor dans votre propre maison. Ainsi, aujourd'hui, vos véritables amis vous rencontrent. N'attendez pas la réalisation dans un futur lointain. Il suffit de retourner votre robe monastique et d'examiner attentivement ce qui se trouve dans votre propre cœur, sans chercher à l'extérieur. Si vous agissez ainsi, les centaines de milliers de portes du Dharma et les activités bouddhiques illimitées jailliront toutes de là, couvrant le ciel et la terre dans leur déploiement.
Évitez absolument de chercher la Voie. Il suffit seulement de préserver et d'assumer votre propre être. Même si depuis les temps sans commencement, portant et emportant, vous ne vous en êtes jamais séparé un instant, si vous ne connaissez pas votre propre être, c'est comme chercher à l'est et à l'ouest ce que vous tenez déjà en main. Quelle erreur serait-ce ? Ce n'est qu'oublier votre propre être. En examinant cela minutieusement aujourd'hui, la merveilleuse Voie de tous les bouddhas et la transmission unique des patriarches résident uniquement en cette unique affaire. N'osez en douter.
Ô vous tous, lorsque vous atteignez un tel état, n'osez pas douter de la langue des vieux moines sous le ciel.
Comme dit précédemment, après avoir entendu, on développe la sagesse sans fuite. Si vous souhaitez développer la sagesse sans fuite, il suffit de préserver et d'assumer votre propre être. Si vous souhaitez préserver et assumer votre propre être, sachez que de la naissance à la vieillesse, il n'y a que cela. Rien à rejeter, pas même une poussière ; rien à saisir, pas même un dharma. N'imaginez surtout pas développer une sagesse sans fuite séparée.
Aujourd'hui, selon la coutume, il y a des paroles humbles. Je souhaite exposer les causes et conditions de tout à l'heure. Voulez-vous entendre ?
Le vent traverse le grand vide, les nuages émergent des gorges. Les affaires du dharma et les soucis du monde, tout cela n'est plus de son ressort.
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第二十一祖、婆修盤頭尊者、因二十祖曰、
我不求道、亦不顚倒。我不禮佛、亦不輕慢。我不長坐、亦不懈怠。
我不一食、亦不雜食。我不知足、亦不貪欲。心無所希、名之曰道。
時師聞已發無漏智。
《景德傳燈錄》羅閲城人也。姓毘舍佉。父光蓋。母嚴一。家富而無子。父母禱于佛塔而求嗣焉。一夕母夢吞明暗二珠。覺而有孕。經七日有一羅漢。名賢衆。至其家。光蓋設禮。賢衆端坐受之。嚴一出拜。賢衆避席云。迴禮法身大士。光蓋罔測其由。遂取一寶珠跪獻賢衆試其真偽。賢衆即受之殊無遜謝。光蓋不能忍。問曰。我是丈夫致禮不顧。我妻何德尊者避之。賢衆曰。我受禮納珠貴福汝耳。汝婦懷聖子。生當爲世燈慧日故吾避之。非重女人也。
賢衆又曰汝婦當生二子。一名婆修盤頭。則吾所尊者也。二名芻尼(此云野鵲子)昔如來在雪山修道。芻尼巢於頂上。佛既成道芻尼受報。爲那提國王。佛記云。汝至第二五百年生羅閲城毘舍佉家與聖同胞。今無爽矣。後一月果產子。尊者婆修盤頭年至十五禮光度羅漢出家。感毘婆訶菩薩與之授戒。(T羅閲城の人なり。姓は毘舎佉。父は光蓋、母は嚴一。家富て子なし。父母、佛塔に禱て嗣を求む。一夕、母明暗の二珠を呑むと夢む。覺て孕むことあり。七日を經て一りの羅漢あり、賢衆と名く。
其家に至る。光蓋、禮を設く。賢衆、端坐して之を受く。嚴一、出でて拜す。賢衆、席を避て曰く、禮を法身の大士に還すと。光蓋、
其由を測ることなし。遂に一の寶珠を取り、跪て賢衆に獻じ、其眞僞を試む。賢衆卽ち之を受て、殊に遜謝することなし。光蓋忍ぶこと能はず。問て曰く、我は是れ丈夫、禮を致すに顧みず。我妻何の德ありてか、尊者之を避く。賢衆曰く、我れ禮を受け珠を納ることは、汝を福せんことを貴ぶのみ。汝が婦、聖子を懷せり。
生れば當に世燈慧日となるべし。故に之を避るなり。女人を重ずるに非ず。賢衆又曰く、汝が婦は當に二子を生むべし。一を婆修盤頭と名く。則ち吾が尊む所の者なり。二を芻尼と名く(此に野鵲子と云ふ)。昔し如來、雪山に在て修道するとき、芻尼頂上に巢ふ。佛既に成道して、芻尼報を受け、那提國王となる。佛記して曰く、汝第二の五百年に至て、羅閲城毘舎佉が家に生れ、聖と同胞ならんと。今爽ふことなし。後一月にして果して二子を産す。 尊者婆修盤頭は、年十五に至て、光度羅漢を禮して出家す。毘婆訶菩薩、これが爲に戒を授ることを感ず。
二十祖闍夜多尊者、行化して羅閲城に至り、頓教を敷揚す。彼に學衆あり、唯辨論を尚ぶ。之が首たる者を婆修盤頭(此に徧行と云ふ)と名く。常に一食不臥、
六時に禮佛し、清淨無欲にして衆の歸する所と爲る。尊者、將に之を度せんと欲す。先づ彼衆に問て曰く、此徧行頭陀、能く梵行を修す。佛道を得べけんや。衆曰く、我師精進なり。何が故ぞ不可なる。尊者曰く、汝が師は道と遠し。設ひ苦行して塵劫を經とも、
皆虛妄の本なり。衆曰く、尊者何の德行を蘊で我師を譏る。尊者曰く、我は道を求めず、乃至、無漏智を發し、歡喜讚歎す。尊者、
又彼衆に語て曰く、吾語を會すや否や。吾が然る所以は、其れ求《景德傳燈錄》至羅閲城敷揚頓教。彼有學衆唯尚辯論。爲之首者名婆修盤頭(此云遍行)常一食不臥六時禮佛。清淨無欲爲衆所歸。尊者將欲度之。先問彼衆曰。此遍行頭陀能修梵行可得佛道乎。衆曰。我師精進何故不可。尊者曰。汝師與道遠矣。設苦行歷於塵劫皆虛妄之本也。衆曰。尊者蘊何德行而譏我師。尊者曰。我不求道亦不顛倒。我不禮佛亦不輕慢。我不長坐亦不懈怠。
我不一食亦不雜食。我不知足亦不貪欲。心無所希名之曰道。時遍行聞已發無漏智歡喜讚歎。尊者又語彼衆曰。會吾語否。吾所以然者。爲其求道心切。夫弦急即斷故吾不贊。令其住安樂地入諸佛智。(T 2076.51.213a18-b2).道心の切なるが爲めなり。夫れ、絃、急なれば卽ち斷つ。故に吾れ讚せずして、其をして安樂地に住し、諸佛智に入らしむと。
此因縁、殊に是れ學道の尤も祕訣なり。故如何となれば、佛の成ずべきあり、道の得べきありと思ふて、或は持齋梵行、長坐不臥、禮佛轉經して、一切の功德を重ねて此得道の爲にせんと。悉く是れ華なき空に華を雨らし、
穴なき所に穴を生ず。設ひ塵劫微塵劫を經るとも、解脱の分なからん。正にとかく心に願ふ所なき、之を名て道と謂ふ。
然れば知足を欲するも、却て貪欲の本なり。必ず長坐を好むも、是れ身に滯ほる咎あり。一食ならんとする、是れ亦食を見るの分あり。又た禮佛轉釋迦老子四十九年説法。度人無數。大似揑目生華。剜肉成瘡。壓良爲經せんとする、是れ則ち眼に華を生ず。故に一一の行業、殊に是れ虛妄の本、全く自己本分の事に非ず。長坐もし道なるべくんば、生る時皆十月坐し來る。是れ則ち道なるべし。何ぞ再び求めん、持齋もし道なるべくんば、
此に病することあらんとき、食時定まらず。此時是れ道人ならざるべきか、尤も大に笑ふべし。
佛弟子、樣樣の清規を立て、佛祖の操行を示すこと是の如し。然るを執して徧ならば、却て煩惱なるべし。然も生死去來を厭ひ、更に道を求むべくんば、汝無始より今に、此に死し、彼に生ずること斷ずべからず。何れの處にか道を得る時節とせん。然も是の如く諸事に拘はりて、乃ち道を求めんと思ふ。悉く是れ錯まりて會するなるべし。
更に何の佛の成ずべきかを見ん。何の衆生の迷ふべきをか見ん。故に一人として迷ふ人なく、一法として悟るべき法なし。是故に迷を轉じて悟となし、凡を轉じて聖となすといふも、悉皆未悟の人の言なり。更に何の凡の轉ずべきかあらん。何の迷の悟るべきかあらん。
故に夾山和尚曰く、
明明無悟法、悟法却迷人。長舒兩脚睡、無僞亦無眞。
《景德傳燈錄》僧問。從上立祖意教意。和尚此間爲什麼言無。師曰。三年不食飯目前無饑人。曰既無饑人。某甲爲什麼不悟。師曰。只爲悟迷却闍梨。師説頌曰。明明無悟法、悟法却迷人、長舒兩脚睡、無偽亦無眞。(Tと實に是れ道の體、是の如し。然も是の如くなりと雖も、初機後學、子細に參じ、是の如く平穩の地に到るべし。故如何となれば、自己若し實地に會する所なければ、或は人の言に依て惑はさる。故に眼を擧て見んと思へば、佛魔の爲めに侵さる。今日、設ひ是の如きの所説を聞て、得べき所なしと解すと雖も、更に或は知識ありて法の得べきありとも説き、若し佛魔來りて更に修すべき法ありと言はば、果して心覺動じ却て顚倒せん。今諸佛の正訓を受け、子細に參徹して須らく自己安樂の地に至るべし。
一度安樂の處に至る如き人は、恰も食に飽る人の如し。王膳なりと云とも、乃ち希望すべからず。故に謂ふ、美食飽人の喫に當らずと。古人の云く、一度煩ひて、やがて安しと。子細に見來るに、自己本分の心、佛を見ず、衆生を見ず、豈迷と厭ひ、悟と求むべけんや。其人をして直に見せしめんとして、祖師西來より以來、有智無智を言はず、舊學新學を言はず、一片に端坐せしめて自己に安住せしむ。卽ち是れ大安樂の法門なり。
故に諸仁者、曠劫より以來、今日に至るまで、錯まらざるを錯りと思へり。
徒らに他人門上の霜をのみ管して、自己屋裡の寶を忘るること勿れ。故に今、親友まさに汝等相逢り。遙に成道を他日に期すること勿れ。只須く衲衣を翻へし、方に自己方寸の中に向て、子細に檢點將來して、他に向て求むべからず。若し是の如くならば、百千の法門も、無邊の佛事も、悉く是より流出し、蓋天蓋地しもて行ん。
切に忌む、道を求むることを。只自己を保任すべきのみなり。曠劫より以來、將來り、將去り、片時も離るることなしと云とも、都て自己あることを知らずんば、恰か手に持ちながら東西に求るが如し。是れ幾ばくの錯とかせん。是れ只自己を忘れたるのみ。今日委悉に見來るに、諸佛の妙道も祖師の單傳も、唯此一事に在り。敢て疑ふべからず。
諸人、恁麼の地に至らんとき、敢て天下の老和尚の舌頭を疑はざるべし。
上に謂ふ、聞已て無漏智を發す。無漏智を發せんと思はば、只須らく自己を保任すべし。若し自己を保任せんと思はば、生より老に至る、唯是れ這箇なりと知るべし。總て一塵の捨つべきなく、一法の取るべきなし。更に別に無漏智を發せんと思ふこと勿れ。
今日、例に依て卑語あり。適來の因縁を演んと思ふ。聞かんと要や。
風過大虛雲出岫。道情世事都無管。
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