Manorhita
Présentation
Manorhita (摩拏羅), vingt-deuxième patriarche indien, était un jeune homme d'une sensibilité poétique rare. Il passait des heures à contempler la lune, fasciné par sa beauté changeante. Mais une question le tourmentait : la lune est-elle belle par elle-même, ou est-ce l'esprit qui la rend belle ?
Vasubandhu résolut cette question en une phrase : « La lune et l'esprit ne sont pas deux. » Manorhita, entendant cela, s'éveilla immédiatement.
Keizan commente : la dualité sujet-objet est la racine de l'ignorance. Quand le voyant et le vu ne font qu'un, la beauté véritable apparaît — celle qui n'a ni cause ni condition.
Le vingt-deuxième patriarche, le vénérable Manorhâ, demanda à Vasubandhu : « Qu'est-ce qui est précisément la bodhi de tous les bouddhas ? » Le vénérable répondit : « La nature originelle de l'esprit l'est. » Le maître demanda encore : « Qu'est-ce que la nature originelle de l'esprit ? » Le vénérable dit : « La vacuité des dix-huit domaines. » Le maître, entendant cela, s'éveilla.
Il était le fils du roi Changzizai du pays de Nadi. À l'âge de trente ans, il rencontra le patriarche Vasubandhu.
Vasubandhu.
Il était le fils du roi Changzizai du pays de Nadi. À l'âge de trente ans, il rencontra le patriarche Vasubandhu. Le patriarche voyagea pour enseigner jusqu'au pays de Nadi. Ce roi se nommait Changzizai. Il avait deux fils : l'aîné s'appelait Mahârâja, le cadet s'appelait Manorhâ. Le roi demanda au vénérable : « Les coutumes de Râjagriha et celles d'ici, en quoi diffèrent-elles ? » Le vénérable répondit : « En cette terre, trois bouddhas sont apparus.
Aujourd'hui, dans le royaume de Votre Majesté, il y a deux maîtres qui guident par leur enseignement. » Le roi demanda : « Qui sont ces deux maîtres ? » Le vénérable répondit : « Le Bouddha a prédit que dans le second cinq cents ans, apparaîtrait un grand être de puissance surnaturelle qui, quittant la vie familiale, perpétuerait la sainteté. C'est précisément le second fils du roi, Manorhâ, qui en est un. Bien que ma vertu soit mince, j'ose correspondre à l'autre. » Le roi dit : « Si vraiment les paroles du vénérable sont ainsi,
alors je dois abandonner cet enfant pour en faire un shramana. » Le vénérable dit : « Excellent ! Que Votre Majesté puisse suivre l'intention du Bouddha. » Il lui conféra immédiatement les préceptes complets.
Depuis lors, il servit Vasubandhu. Un jour, il demanda : 'Quelle est la bodhi de tous les bouddhas ?'Le Vénérable répondit : 'La nature originelle de l'esprit, voilà ce que c'est.'
Le deuxième fils du roi, Manura, en est un. Bien que ma vertu soit mince, j'ose en assumer un. Le roi dit : 'En vérité, comme l'a dit le Vénérable, je dois abandonner ce fils pour qu'il devienne shramana.'Le Vénérable dit : 'Excellent, grand roi ! Vous pouvez suivre la volonté du Bouddha.'Il lui conféra alors les préceptes. En vérité, la première question à poser lorsqu'on étudie la Voie est précisément celle-ci. Ce qu'on appelle bodhi, c'est la Voie. Ainsi, le sens de cette question est : 'Quelle est la Voie ?'Les gens d'aujourd'hui, le cœur vide, ne questionnent pas le dharma ; débutants, ils ne rendent pas visite au maître, donc cette question n'existe pas. S'il y avait un véritable désir de Voie, il ne devrait pas en être ainsi. Il faut d'abord demander : 'Qu'est-ce que le Bouddha ?'Puis demander : 'Quelle est la voie du Bouddha ?'C'est pourquoi cette question existe maintenant. Cependant, il est montré et dit : 'La nature originelle de l'esprit, voilà ce que c'est.'Comme il n'y a toujours pas deux intentions, pas la moindre accumulation, il demande alors : 'Quelle est la nature originelle de l'esprit ?'Il répond : 'Les dix-huit domaines vides, voilà ce que c'est.'À ce moment, il s'éveille immédiatement.
Le Bouddha, c'est la nature originelle de l'esprit. La nature originelle ne peut finalement être connue, ne peut être vue. C'est précisément la Voie suprême. Ainsi, l'esprit n'a pas de forme, pas de lieu où se tenir. À plus forte raison, le Bouddha et la Voie, ce sont tous des noms imposés. Ainsi, le Bouddha n'est pas une connaissance éveillée, la Voie n'est pas ce qui est pratiqué, l'esprit n'est pas une conscience discriminante. Ce terrain, sans objet, sans racine. Où la conscience pourrait-elle s'établir ?
C'est pourquoi il est dit : 'Les dix-huit domaines vides, voilà ce que c'est.'Ainsi, ce terrain, ne le discutez pas en termes d'esprit et d'objets. Ne le différenciez pas par la conscience discriminante. En arrivant ici, les bouddhas ne manifestent finalement aucune forme, la merveilleuse Voie n'utilise aucune pratique. Cependant, bien que la vision, l'audition, la sensation et la connaissance n'aient aucune trace, les sons, les formes, les mouvements et les agitations ne doivent pas non plus avoir de limites.
C'est pourquoi il est dit :
C'est précisément voir-entendre sans voir-entendre, les sons et les formes n'ont rien à vous offrir. Si ici vous comprenez que tout est sans affaire, essence et fonction, pourquoi empêcher qu'elles soient séparées ? En vérité, ne faites pas du son la compréhension des notes musicales, ne faites pas de la couleur la perception du bleu, jaune, rouge, blanc, ne faites pas de la vue la condition de la lumière oculaire, ne pensez pas que l'audition est la racine de l'oreille.
Chacun ne s'oppose pas à la couleur devant l'œil, et n'attend pas le son par l'oreille. Si l'on dit qu'il existe une catégorie pour le son de l'oreille, ou que l'on s'appuie sur la couleur de l'œil, alors cela n'est ni clair par le son, ni obscur par l'œil. Pourquoi donc ? Car si l'on dit qu'il existe un dharma opposé, ou que l'on dit qu'il existe un objet attendu, alors le son pourrait-il entrer dans l'oreille, la couleur pourrait-elle être vue par l'œil ? Ainsi, si l'on ne s'accorde pas comme le vide s'accorde au vide, ou l'eau à l'eau, alors l'audition ne sera pas interrompue, et la vision ne sera pas interrompue.
Parce que cela n'est pas ainsi, l'œil pénètre la couleur, et l'oreille pénètre le son. Harmonieusement fusionnés sans séparation, mélangés sans trace. Étant ainsi, même si le son fait résonner le ciel et fait résonner la terre,
Il entre à peine dans l'oreille d'un pouce carré. Le très grand n'est-il pas identique au très petit ? Avec l'œil d'un pouce carré, il illumine le monde entier. Le très petit n'est-il pas identique au très grand ? N'est-ce pas que l'œil est la couleur, et que le son est l'oreille ? Connaissant ainsi et discernant ainsi, ce cœur n'a ni limite, ni bord, ni surface.
Ainsi, l'œil ne peut fondamentalement rien obtenir, et la couleur ne peut être séparée.
Ces trois catégories ne sont-elles pas toutes vides ? Ainsi, lorsque l'on atteint cette terre, on peut parler de son,
On peut parler d'œil, on peut parler de conscience, on peut parler ainsi, on peut parler autrement, on peut parler de tout ainsi et autrement. Rien ne vient de l'extérieur d'un grain de poussière, et rien ne s'en va avec la séparation d'un cheveu. Ainsi, quand on parle de son, on discerne dans l'audition du son ; quand on parle de couleur, on arrange dans le sujet et l'objet de la couleur. Il n'y a rien au-delà.
Pourtant, les gens n'atteignent pas cette vérité. Certains pensent que les sons et les formes sont des illusions vaines, qu'il faut nécessairement balayer et effacer. Ils croient que l'esprit originel est éternel et ne peut changer. C'est tout à fait risible. En ce lieu, y aurait-il encore changement ou non-changement ? Quelle chose serait réelle ou irréelle ? Ainsi, sans éclaircir cette affaire, non seulement on reste aveuglé par les sons et les formes, mais on n'atteint pas non plus la vision et l'audition. C'est pourquoi on veut lever les yeux sans voir, boucher les oreilles sans entendre. C'est alors se lier soi-même sans corde, et tomber encore dans le vide. Ainsi, on échappe difficilement aux passions et aux poussières. Si donc on examine minutieusement et que, pénétrant jusqu'au fond, on voit clairement, alors percer jusqu'au sommet ne sera pas non plus un obstacle.
Il y a encore un humble discours, je souhaite indiquer et expliquer cette cause et condition. Voulez-vous l'entendre ?
Le dieu Shunyata n'est ni intérieur ni extérieur. Voir, entendre, les sons et les formes sont tous vacuité.
Le dieu Shunyata n'est ni intérieur ni extérieur. Les formes visibles et les sons entendus sont tous vacuité.
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第二十二祖、摩拏羅尊者、問婆修盤頭曰、何物卽是諸佛菩提。尊者曰、心本性卽是。師又曰、如何是心本性。尊者曰、十八界空是。師聞開悟。
那提國、常自在王の子なり。年三十にして婆修祖師に遇ふ。
婆修盤頭、
《景德傳燈錄》那提國常自在王之子也。年三十遇婆修祖師。( T《景德傳燈錄》行化至那提國。彼王名常自在。有二子。一名摩訶羅。次名摩拏羅。王問尊者曰。羅閲城土風與此何異。尊者曰。彼土曾三佛出世。今王國有二師化導。曰二師者誰。尊者曰。佛記第二五百年有一神力大士出家繼聖。即行化して那提國に到る。彼王を常自在と名く。二子あり、一をば摩訶羅と名け、次をば摩拏羅と名く。王、尊者に問て曰く、羅閲の土風と此と、何ぞ異なるか。尊者曰く、彼の土は曾て三佛出世す。
今、王の國に二師ありて化導せり。曰く、二師とは誰そ。尊者曰く、佛記したまふ、第二の五百年に一りの神力の大士あり、出家して聖を繼ぐと。卽ち王の次子摩拏羅、是れ其一なり。吾德薄しと雖も、敢て其一に當る。王曰く、誠に尊者の言ふ所の如くならば、
當に此子を捨てて沙門と作すべし。尊者曰く、善哉、大王能く佛旨に遵ふ。卽ち與に受具せしむ。
其れより以來、婆修盤頭に給仕す。有時、問て曰く、何物か是れ諸佛菩提なる。尊者曰く、心の本性卽ち是なり。
王之次子摩拏羅是其一也。吾雖德薄敢當其一。王曰。誠如尊者所言。當捨此子作沙門。尊者曰。善哉大王。能遵佛旨。即與受具。(T 2076.51.213c4-12).實に學道の最初に問ふべきは卽ち此問なり。謂ゆる菩提と云は道なり。故に此問の意は、如何是道と問ふなり。今の人、虛心にして法を問ふことなく、初心にして師に參ぜざる故に此問なし。若し眞實の道念あらん時、然あるべからず。先づ問ふべし。如何なるか是れ佛と。次に問ふべし。如何なるか是れ佛道と。故に今此問あり。然るに示して曰く、心の本性是なりと。尚ほ志二つなく、毫髪の蓄へなきに依て、乃ち問ふ、如何なるか是れ心の本性と。答て曰く、十八界空是なりと。時に卽ち開悟す。
夫れ佛といふは卽心の本性なり。本性終に知不得、見不得なり。正に是れ無上道なり。然れば心に形なく立處なし。何に況や佛といひ道といふ、皆是れ強いて名け來る。故に佛も覺知に非ず、道も所修に非ず、心も識知に非ず、此田地、境なく根なし。識何の處にか立せん。
故に謂ふ、十八界空是と。然れば這箇の田地、心境と論ずること勿れ。識知と辨まふること勿れ。此に到りて諸佛、卒に形を顯はさず、妙道また修持を用ゐず。然も見聞覺知は設ひ是蹤跡なしと雖も、聲色動搖また界畔あるべきに非ず。
故に謂ふ、卽ち、
是卽見聞非見聞、更聲色無可呈君。此中若了全無事、體用何妨分不實に是れ聲は宮商角徴の解を爲すこと勿れ、色は青黄赤白の會を爲すこと勿れ、見は眼光の縁とすること勿れ、聞は耳根なりと思ふこと勿れ。
人人總て眼の色に對するなく、耳の聲に待するなし。若し耳の聲に類するあり、眼の色を縁ずるありと言はば、是れ聲にも明らかならず、又眼にも暗し。故如何となれば、若し所對の法ありと言ひ、所待の物ありと言はば、聲豈に耳に入り、色豈眼に見んや。故に空の空に合し、水の水に合するが如くならずんば、聞くことも斷へず、見ることも斷へじ。
爾らざる故に眼は色に通じ、耳は聲に通ず。和融して隔てなく、混合して蹤跡なし。是の如くなる故に、設ひ天を響かし地を響かす聲なりと雖も、
僅かに方寸の耳に入る。豈極大は小に同きに非ずや。僅に方寸の眼を以て盡界を照す。豈極小は大に同きに非ずや。豈眼の色なるに非ずや、又聲の耳なるに非ずや。是の如く知て是の如く辨ふる、此心、界畔邊表なし。
故に眼もとより得ることなし、色も分つことを得ず。
此三科是れ皆空なるに非ずや。故に此田地に到る時、聲と説くも得たり、
眼と説くも得たり、識と説くも得たり、恁麼も得たり、不恁麼も得たり、恁麼不恁麼總に得たり。繊塵の外より來るなく、毫末の隔てもてゆくなし。故に聲と説くときは、聽説聲中に辨別し、色と説く時は能所色中に安排す。更に分外底なし。
然るを諸人、此道理に達せず、或は思はく、聲色は妄りに立する虛假なり、
須らく拂ひ掃ふべし。本心は本來常住なり、更に變動すべからずと。尤も笑ふべし。此處、更にか變不變あらん、何物か實不實あらん。故に此事を明らめずんば、唯聲色に暗きのみに非ず、又見聞にも達せず。故に眼を擧して見ざらんと思ひ、耳を塞げて聞ざらんとす。是れ則ち無繩自縛し、穴なきに又落ちもて行く。故に情塵漏、免がれ難し。然れば子細に參到して、若し底に徹して見得明白ならば、頂に徹しても到ること亦た無礙ならん。
又卑語あり、此因縁を指説せんと思ふ。聞かんと要や。
舜若多神非内外。見聞聲色倶虛空。
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