Āryasiṃha
Présentation
Āryasiṃha (師子尊者), vingt-quatrième patriarche indien, est le premier patriarche à avoir souffert le martyre pour le Dharma. Sous le règne du roi persécuteur du Kashmir, il fut arrêté, torturé et décapité — mais le miracle de son sang transformé en lait marqua la défaite spirituelle du tyran.
Son nom signifie « le noble lion » — symbole de son courage intrépide face à la mort. Il ne résista pas, ne maudit pas ses bourreaux. Il accueillit la mort comme une étape naturelle, sans crainte ni regret.
Keizan enseigne que le corps peut être détruit, mais l'éveil ne peut être touché par aucune épée. La mort du martyr est la vie du Dharma.
Le vingt-quatrième patriarche, le vénérable Simha, demanda au vingt-troisième patriarche :
'Je désire rechercher la voie, comment dois-je appliquer mon esprit ?'Le patriarche dit : 'Si tu recherches la voie, n'applique ton esprit nulle part.'Le maître dit : 'Si l'esprit n'est appliqué nulle part, qui accomplit les œuvres du Bouddha ?'Le patriarche dit : 'Si tu as une application, ce n'est pas mérite. Si tu es sans agir, c'est là l'œuvre du Bouddha.'
Le sutra dit : 'Les mérites que j'accomplis, parce qu'il n'y a pas de moi.'Ayant entendu ces paroles, le maître pénétra immédiatement la sagesse du Bouddha.
Il était originaire du Magadha central. Sa famille était de caste brahmanique.
À l'origine, il étudia des doctrines hétérodoxes et était érudit, d'une mémoire prodigieuse. Plus tard, il rencontra le vingt-troisième patriarche et eut cet échange. Directement, il se plaça dans l'état d'esprit sans application, et soudainement pénétra la sagesse du Bouddha.
À ce moment, le vingt-troisième patriarche,
Soudain, il désigna le nord-est et demanda : Quel est ce phénomène ? Le maître dit : Je vois un souffle semblable à un arc-en-ciel blanc traversant ciel et terre. De plus, il y a cinq voies de souffle noir qui s'étendent horizontalement en leur milieu. L'ancêtre dit : Que présage cela ? Le maître dit : On ne peut le savoir. L'ancêtre dit : Cinquante ans après ma disparition, un désastre surviendra certainement dans le pays du Ciel du Nord. Il atteindra ta personne.
Bien qu'il en soit ainsi, toi, tu dois transmettre et maintenir mon joyau du dharma, et enseigner jusqu'aux confins du futur. À ce moment, le maître, ayant reçu cette prédiction secrète, se rendit aussitôt dans le pays de Kipin pour y répandre l'enseignement.
Il rencontra alors Vasasita et lui dit : Mon maître a fait une prédiction secrète : un désastre surviendra et m'atteindra. Si je ne puis l'éviter, je resterai donc ici. Toi, tu dois porter ma voie et aller dans un autre pays pour y déployer l'enseignement. Il lui transmit alors le kesa et le dharma.
À cette époque, bien que le roi du pays de Kipin vénérât profondément le dharma du Bouddha, il restait encore attaché aux apparences.
Cependant, dans ce pays, il y avait deux hérétiques. Le premier s'appelait Mamorta, le second Torakusha. Ayant étudié diverses méthodes d'illusions, ils complotèrent ensemble de semer le trouble. Ils volèrent alors l'apparence de disciples du Bouddha et s'introduisirent secrètement dans le palais royal. Et ils dirent : Si nous ne réussissons pas, nous attribuerons la faute aux fils du Bouddha.
Cependant, dans ce pays, il y avait deux hérétiques. Le premier s'appelait Mamudatsu, le second Torakusha. Ils apprirent diverses méthodes d'illusion et complotèrent ensemble de semer le trouble. Ils volèrent donc des statues de disciples du Bouddha et s'introduisirent secrètement dans le palais royal. Et ils dirent : 'Si nous ne réussissons pas, nous attribuerons le crime aux fils du Bouddha.'
Le Jingde Chuandenglu rapporte qu'il y avait deux hérétiques. Le premier s'appelait Mamuduo, le second Duluzhe. Ils étudiaient diverses pratiques illusoires et voulaient conspirer pour semer le trouble. Ils volèrent donc l'apparence de disciples du Bouddha et s'infiltrèrent secrètement dans le palais royal. Ils dirent : 'Si nous échouons, la faute en reviendra aux fils du Bouddha.'
L'affaire ayant été découverte, le roi, en effet, se mit en colère et dit : 'J'ai depuis toujours voué mon cœur aux Trois Joyaux. Comment en sont-ils arrivés à tramer un tel préjudice ?'Il ordonna immédiatement de détruire les monastères et d'expulser la communauté bouddhique. Puis, saisissant lui-même une épée, il se rendit auprès du Vénérable Simha. Il demanda : 'Maître, avez-vous atteint le vide des agrégats ?'Le Maître dit : 'J'ai déjà atteint le vide des agrégats.'Le roi dit : 'Êtes-vous libéré de la vie et de la mort ?'Le Maître dit : 'Je suis déjà libéré de la vie et de la mort.'Le roi dit : 'Puisque vous êtes libéré de la vie et de la mort,
vous pouvez me donner votre tête.'Le Maître dit : 'Le corps n'est pas à moi, pourquoi chérir la tête ?'Le roi brandit alors sa lame et trancha la tête du Maître. Un lait blanc jaillit à une hauteur de plusieurs pieds, et le bras droit du roi tomba aussitôt à terre également. Il mourut au bout de sept jours.
Le Jingde Chuandenglu dit : 'Le mal qu'ils firent eux-mêmes fut suivi de près par le désastre.'Le Jingde Chuandenglu rapporte : L'affaire ayant été découverte, le roi, en effet, se mit en colère et dit : 'J'ai depuis toujours voué mon cœur aux Trois Joyaux. Comment en sont-ils arrivés à tramer un tel préjudice ?'Il ordonna immédiatement de détruire les monastères et d'expulser la communauté bouddhique. Puis, saisissant lui-même une épée, il se rendit auprès du Vénérable. Il demanda : 'Maître, avez-vous atteint le vide des agrégats ?'Le Vénérable dit : 'J'ai déjà atteint le vide des agrégats.'Il dit : 'Êtes-vous libéré de la vie et de la mort ?'Le Vénérable dit : 'Je suis déjà libéré de la vie et de la mort.'Il dit : 'Puisque vous êtes libéré de la vie et de la mort, vous pouvez me donner votre tête.'Le Vénérable dit : 'Le corps n'est pas à moi, pourquoi chérir la tête ?'Le roi brandit alors sa lame et trancha la tête du Vénérable. Un lait blanc jaillit à une hauteur de plusieurs pieds, et le bras droit du roi tomba aussitôt à terre. Au bout de sept jours, la fin du Maître fut ainsi.
Lors de leur première rencontre, maître et disciple, il demanda d'abord : 'Je désire rechercher la Voie, sur quoi dois-je appliquer mon esprit ?'Le Patriarche dit : 'Si tu recherches la Voie, il n'y a rien sur quoi appliquer ton esprit.'
Lorsque l'on recherche véritablement la Voie, la Voie, comment pourrait-elle être limitée par l'application de l'esprit ? Mourir ici, renaître là.
Bien que l'on aspire partout à la Voie et que l'on recherche le Dharma, le fait de ne pas en atteindre aujourd'hui la réalité ultime vient de l'usage que l'on fait de ce cœur-ci. Cependant, si l'on souhaite soudainement s'accorder à la sagesse du Bouddha, il ne suffit pas seulement de se libérer des quatre vues inversées et des trois poisons, il faut aussi nécessairement abandonner les trois corps et les quatre sagesses. Lorsqu'on chemine ainsi,
Il devient effectivement difficile de se situer dans le domaine des êtres ordinaires, et tout aussi difficile de se prévaloir de la place du Bouddha. On transcende de loin le domaine des sentiments du sacré et du profane, on se détache rapidement des discussions sur la différence et l'identité. C'est pourquoi on dit : l'endroit mystérieux et subtil, même les Bouddhas et les Patriarches ont du mal à y parvenir. Non seulement les Bouddhas et les Patriarches ont du mal à y parvenir, mais dès qu'on parle de cet endroit, les Bouddhas et les Patriarches n'existent plus du tout. Parvenir à un tel terrain, c'est véritablement le corps même de la recherche de la Voie.
Si l'on n'est pas encore ainsi, même si l'on fait pleuvoir des fleurs célestes et trembler la grande terre, même si l'on parle de nature de l'esprit et discute de subtilités, dans la véritable Voie merveilleuse, on n'en aperçoit pas un cheveu. Cependant, vous tous, vertueux du Zen,
Vous devez clairement réaliser, en atteignant un tel endroit profond et mystérieux, l'affaire que les Patriarches successifs ont portée sur leurs épaules.
Pour exprimer ne serait-ce qu'un peu de cette vérité, il y a, comme d'habitude, des paroles humbles. Voulez-vous les entendre ?
Si tu veux manifester le vide, il ne faut surtout pas le couvrir. Vide et paisible, pur et tranquille, il est originellement clair.
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第二十四祖、師子尊者、問二十三祖曰、
我欲求道、當何用心。祖曰、汝若求道、無所用心。師曰、既無用心、誰作佛事。祖曰、汝若有用、卽非功德。汝若無作、卽是佛事。
經曰、我所作功德、而無我所故。師聞是言已、卽入佛慧。
中印度の人なり。姓は婆羅門。
本と異道を學して博達強記なり。後に二十三祖に參じて今の問答あり。直に無所用心の處に當て、頓に佛慧に入る。
時に二十三祖、
忽ち東北を指して問て曰く、是れ何の氣象ぞ。師曰く、我れ氣を見るに白虹の如く天地を貫く。復た黒氣五道あり、横に其中に亙る。祖曰く、其兆云何。師曰く、知るべきなし。祖曰く、吾滅後五十年、北天竺國に當に難の起ることあるべし。嬰て汝が身に在ら《景德傳燈錄》中印度人也。姓婆羅門。(T 2076.51.214c7-8).《景德傳燈錄》忽指東北問云。是何氣象。師子曰。我見氣如白虹貫乎天地。
復有黑氣五道橫亘其中。尊者曰。其兆云何。曰莫可知矣。尊者曰。吾滅後五十年。北天竺國當有難起。嬰在汝身。(T 2076.51.214b21-25).是の如くなりと雖も、汝、吾法寶を傳持して未來際を化すべし。時に師、
此密記を受け、卽ち罽賓國に行化す。乃ち婆舎斯多を接して之に謂て曰く、
吾師、密に縣記あり。難ありて我身に嬰らんと。苟くも免がるべからず。故に我れ此に止まらん。汝當に我道を持し、他國に往て演化すべしと。衣法ともに授く。
時に罽賓國王、佛法を歸敬すること深しと雖も、尚ほ是れ有相に滯ほる。
然も彼國に外道二人あり。一を摩目多と名け、二を都落遮と名く。諸の幻法を學て共に亂を謀らんとす。乃ち盗て釋子の形像を爲て潜に王宮に入る。且つ曰く、成ぜずんば卽ち罪を佛子に歸せんと。
《景德傳燈錄》有外道二人。一名摩目多。二名都落遮。學諸幻法欲共謀亂。乃盜爲釋子形象。潛入王宮。且曰。不成即罪歸佛子。(T 2076.51.215a8-11).事既に敗す。王果して怒て曰く、吾素より心を三寶に歸す。何ぞ乃ち害を搆ること、一に斯に至るや。卽ち命じて伽藍を破毀し、釋衆を袪除す。又自ら劒を秉て師子尊者の所に至る。問て曰く、師、
蘊空を得るや否や。師曰く、已に蘊空を得たり。王曰く、生死を離るや否や。師曰く、已に生死を離る。王曰く、既に生死を離れば、
我に頭を施すべし。師曰、身は我有に非ず、何ぞ頭を惜まん。王卽ち刃を揮て師の頭を斷る。白乳を涌すこと高さ數尺、王の右の臂、旋て亦た地に墮つ。七日にして終る。
《景德傳燈錄》妖既自作禍亦旋踵。(T 2076.51.215a11).《景德傳燈錄》事既敗。王果怒曰。吾素歸心三寶。何乃搆害一至于斯。即命破毀伽藍祛除釋眾。又自秉劍至尊者所。問曰。師得蘊空否。尊者曰。已得蘊空。曰離生死否。尊者曰。已離生死。曰既離生死可施我頭。尊者曰。身非我有何悋於頭。王即揮刃斷尊者首。涌白乳高數尺。王之右臂旋亦墮地。七日而師の始終、是の如し。
其最初、師資相見の時、先づ問て曰く、我れ道を求めんと欲す、當に何か用心すべき。祖曰く、汝若し道を求めば、用心する所なしと。
眞實に求道せんとき、道、豈用心に拘はるべけんや。此に死し彼に生ず。
處處に道を志ざし、法を求むとも、今其實歸なきことは本と此心を用るに依てなり。然るに頓に佛慧に相應せんことを思はば、唯四倒三毒を離るるのみに非ず、亦須からく三身四智をも離却すべし。恁麼に游踐する時、
果して凡夫地にも安排し難く、又佛位にも敬重し難し。遙に聖凡の情域を超え、速かに異同の論量を離る。故に謂ふ、玄妙の處、佛祖尚ほ到り難し。唯佛祖到り難きのみに非ず、本より此處を論ずる時、佛祖卒に存せず。恁麼の田地に到るを、實に求道の爲體なりとす。
若し未だ是の如くならざれば、設ひ天華を雨し大地を動じ、心性と説き玄妙と談ずとも、眞箇の妙道に於て、毫髪も窺ひ見ることなし。然も諸禪德、
恁麼幽玄の處に證到して、列祖荷擔の事を分明にすべし。
些子の道理を説得せんとするに、例に依て卑語あり。聞かんと要や。
若欲顯空須莫覆。沖虛淨泊本來明。
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