Puṇyamitra
Présentation
Puṇyamitra (不如蜜多), vingt-sixième patriarche indien, fut un laïc — un chef de famille, marié, avec des enfants — qui devint patriarche sans passer par l'ordination monastique. Sa transmission prouve que l'éveil n'est pas réservé aux moines.
Basiasita le rencontra dans une petite ville commerçante et reconnut immédiatement en lui un éveillé, malgré son apparence ordinaire. La transmission se fit sur place, sans cérémonie ni changement de statut.
Keizan célèbre en Puṇyamitra la preuve que la Voie est accessible à tous : moine ou laïc, homme ou femme, riche ou pauvre — l'esprit éveillé ne connaît pas de distinction.
Le vingt-sixième patriarche, le vénérable Punyamitra, alors qu'il était prince, le vingt-cinquième patriarche lui demanda :
Tu désires quitter la maison, pour quelle affaire ? Le maître dit : Si je quitte la maison, ce ne sera pas pour une autre affaire. Le patriarche dit : Pour quelle affaire alors ?
Le maître dit : Pas pour les affaires mondaines. Le patriarche dit : Pour quelle affaire alors ? Le maître dit : Pour l'affaire du Bouddha. Le patriarche dit : La sagesse du prince est venue du ciel, nécessairement les saints manifestent leur trace. Le patriarche autorisa immédiatement à quitter la maison.
Le maître était le prince du roi Jayasena du sud de l'Inde.
Le vingt-cinquième patriarche, ayant d'abord soumis le tirthika Anātmavāda en Inde centrale, se rendit ensuite dans le sud de l'Inde.
À cette époque, le roi de ce pays se nommait Devatideva. Il l'accueillit et l'invita à recevoir des offrandes. Le roi avait deux fils, l'un violent et doté d'une force physique abondante, l'autre doux et longtemps affligé de maladies et de souffrances. Le patriarche,
Il expose alors la loi de cause et effet. Le roi, soudainement, dissipe ses doutes.
Après la mort du roi Tiande,
Le prince victorieux monte sur le trône. De nouveau, il croit aux doctrines hétérodoxes et cause des difficultés au patriarche. Moins que secret, il est emprisonné pour avoir présenté des remontrances. Le roi s'enquiert soudainement auprès du patriarche en disant : 'Mon royaume a toujours été exempt de superstitions et de fausses doctrines. Quelle école prétendez-vous transmettre ?'Le patriarche dit : 'Votre royaume, depuis toujours, n'a en effet aucune doctrine erronée. Ce que je transmets est précisément l'école du Bouddha.'Le roi dit : 'Plus de mille deux cents ans se sont écoulés depuis le nirvana du Bouddha. De qui le maître tient-il cela ?'Le patriarche dit : 'Le grand bodhisattva Mahakashyapa reçut personnellement le sceau du Bouddha, qui se transmit successivement jusqu'au vingt-quatrième patriarche, le vénérable Simha. C'est de lui que je le tiens.'Le roi dit : 'J'ai entendu dire que le bhikkhu Simha ne put éviter la peine capitale. Comment aurait-il pu transmettre le dharma à des successeurs ?'Le patriarche dit : 'Avant que la difficulté ne survienne, mon maître me transmit secrètement le vêtement de confiance et le gatha du dharma, pour manifester la succession du maître.'Le roi dit : 'Où est ce vêtement ?'Le patriarche sortit alors le vêtement de sa besace et le montra au roi. Le roi ordonna de le brûler. Les cinq couleurs resplendirent, et lorsque le bois fut consumé, le vêtement était intact comme avant. Le roi, immédiatement pris de remords, s'inclina avec respect. La véritable succession de Simha étant ainsi établie, il gracia le prince. Le prince demanda alors à quitter la vie séculière. Le patriarche demanda au prince : 'Si tu veux quitter la vie séculière, quelle affaire devras-tu accomplir ?'
Le patriarche dit : 'Si tu veux quitter la vie séculière, quelle affaire devras-tu accomplir ?'Il répondit : 'Si je quitte la vie séculière, ce ne sera pas pour les affaires mondaines.'Le patriarche dit : 'Pour quoi alors ?'Il dit : 'Pour les affaires du Bouddha.'Le patriarche dit : 'La sagesse du prince est venue du ciel, il doit être une manifestation d'un sage.'Il lui permit alors de quitter la vie séculière.
Puis, après avoir servi pendant six ans, il lui transmit le Trésor de l'Œil de la Vraie Loi du Tathagata, en disant : 'Depuis le Tathagata, il a été transmis de maître à disciple jusqu'à maintenant. Tu dois le maintenir et être capable d'enseigner à tous les êtres.'Lorsque le maître reçut la transmission secrète, son corps et son esprit furent libérés.
Tu désires quitter la maison pour quelle affaire ? Il répondit : Si je quitte la maison, ce ne sera pas pour cette affaire. Le Patriarche dit : Pour quelle affaire ne sera-ce pas ? Il dit : Ce ne sera pas pour les affaires mondaines. Le Patriarche dit : Pour quelle affaire alors ? Il dit : Ce sera pour l'affaire du Bouddha. Le Patriarche dit : Le prince, sa sagesse étant venue du ciel, doit certainement manifester la trace des saints. Il autorisa immédiatement à quitter la maison.
Les circonstances précédentes montrent précisément que ce n'est pas pour les affaires mondaines. C'est pourquoi il demanda : « Tu désires quitter la maison, quelle affaire devrais-tu alors accomplir ? » Il répondit : « Je vais accomplir l'affaire du Bouddha. » Par « affaire », on entend les affaires mondaines. En vérité, quitter la maison n'est fondamentalement pas pour les affaires ; c'est par cela qu'il faut le connaître. Cette « affaire » n'est ni sa propre affaire, ni l'affaire d'autrui. C'est pourquoi on dit : ce n'est pas pour les affaires mondaines.
Même si l'on rase ses cheveux, teint ses vêtements et prend l'apparence d'un fils du Bouddha, on n'échappe pas encore aux vues personnelles et aux vues d'autrui. Si l'on ne transcende pas les apparences masculines et féminines, tout cela relève des affaires mondaines, non de l'affaire du Bouddha. Lorsqu'on parle provisoirement en se fondant sur le cœur originel de chacun, bien qu'il n'y ait absolument ni affaire du Bouddha ni affaire mondaine, tant que l'on ne connaît pas le cœur originel, on parle provisoirement d'affaires mondaines. Une fois que l'on a clarifié le cœur originel, on le nomme « affaire du Bouddha ».
Au moment où l'on connaît et obtient le cœur originel, il n'y a encore ni apparence de naissance ni apparence d'extinction. À plus forte raison, y a-t-il un être égaré ou un être éveillé ?
Lorsqu'on voit et obtient ainsi, les quatre grands éléments et les cinq agrégats ne subsistent même pas ; comment les trois mondes et les six voies pourraient-ils s'établir ? C'est pourquoi il n'y a pas de maison à abandonner, pas de corps où se placer. C'est pourquoi on appelle cela « quitter la maison ». Parce qu'il n'y a pas d'endroit où demeurer, la maison est détruite et la personne disparaît. C'est pourquoi naissance-mort et nirvana s'épuisent d'eux-mêmes sans être balayés, et bodhi et afflictions sont originellement séparés sans être rejetés.
Aujourd'hui, il en est non seulement ainsi. Depuis les kalpas jusqu'aux kalpas, on n'est fondamentalement pas altéré par les quatre kalpas de formation, durée, déclin et vacuité, ni lié par les quatre phases de naissance, durée, altération et extinction. Vaste comme le ciel sans intérieur ni extérieur, pur comme l'eau sans surface ni fond. Le cœur originel de chacun est entièrement ainsi ; il ne faut pas craindre d'être dans la maison, ni s'enorgueillir d'en être sorti. Il suffit de cesser de chercher vers l'extérieur, il faut absolument discerner en se tournant vers soi-même. Essayez, vous tous, de ne pas disperser votre esprit vers l'est et l'ouest,
de ne pas tourner vos yeux d'avant en arrière, et regardez attentivement : à ce moment, qu'appellerez-vous « moi », qu'appellerez-vous « lui » ? Déjà, il n'y a plus de moi et d'autrui en opposition. Que nommera-t-on encore bien et mal ? S'il en est ainsi, le cœur originel se manifeste de lui-même, clair comme le soleil et la lune. Il n'y a aucun endroit obscur qu'il n'illumine.
Je vais maintenant évoquer les circonstances de sa venue, mais il y a aussi des paroles humbles à entendre.
En soi-même, ordinaire, pas un brin d'herbe. Où donc, dans le vent de l'école, trouver à s'arranger ?
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第二十六祖、不如密多尊者、太子時、二十五祖問曰、
汝欲出家、當爲何事。師曰、我若出家、不爲別事。祖曰、不爲何事。
師曰、不爲俗事。祖曰、當爲何事。師曰、當爲佛事。祖曰、太子智慧天至、必諸聖降迹。祖卽許出家。
師は南印度得勝王の太子なり。
二十五祖、始め中印度の無我尊外道を伏して、卽ち南印度に到る。
時に彼の國王を天德と名く。迎へ請して供養す。王に二子あり、一は凶暴にして色力充盛なり。一は柔和にして長く疾苦に嬰る。祖、
乃ち爲に因果を陳ぶ。王、頓に所疑を釋く。
王天德崩じて後、
《景德傳燈錄》南印度得勝王之太子也。(T 2076.51.215c15-16).《景德傳燈錄》時彼國王名天德。迎請供養。王有二子。一凶暴而色力充盛。一柔和而長嬰疾苦。祖乃爲陳因果。王即頓釋所疑。(T 2076.51.215b12-14).太子得勝卽位す。復た外道を信じて難を祖に致す。不如密多、進諫を以て囚はる。王遽に祖に問て曰く、予が國、素より妖怪を絶す。師が傳る所の者、當に是れ何の宗なるべきや。祖曰く、王の國昔より實に邪法なし。我が傳ふる所の者は卽ち是れ佛の宗なり。
王曰く、佛滅已に千二百載なり、師は誰より得たるや。祖曰く、飮光大士親く佛印を受け、展轉して二十四世師子尊者に至る。我れ彼より得たり。王曰く、予聞く、師子比丘は刑戮を免るること能はずと、何ぞ能く法を後人に傳へん。祖曰く、我師、難未だ起らざるとき、密に我に信衣法偈を授て、以て師承を顯はす。王曰く、其衣何にか在る。祖卽ち嚢中より衣を出して王に示す。王、命じて之を焚しむ。五色相、鮮にして、薪盡て故の如し。王、卽ち追悔して禮を致す。師子の眞嗣なること既に明らけし。乃ち太子を赦す。太子、遂に出家を求む。祖、太子に問て曰く、汝出家せんと欲す、當に何事をか爲すべき。乃至、祖出家を許す。
《景德傳燈錄》太子得勝即位。復信外道致難于祖。太子不如密多以進諫被囚。王遽問祖曰。予國素絶妖訛。師所傳者當是何宗。祖曰。王國昔來實無邪法。我所得者即是佛宗。王曰。佛滅已千二百載。師從誰得耶。祖曰。飲光大士親受佛印。展轉至二十四世師子尊者。我從彼得。王曰。予聞。師子比丘不能免於刑戮。何能傳法後人。祖曰。我師難未起時。密授我信衣法偈以顯師承。王曰。其衣何在。祖即於囊中出衣示王。王命焚之。五色相鮮薪盡如故。王即追悔致禮師子。真嗣既明乃赦太子。太子遂求出家。祖問太子曰。
汝欲出家當爲何事。曰我若出家不爲其事。祖曰。不爲何事。曰不爲俗事祖曰。當爲何事。曰當爲佛事。祖曰。太子智慧天至必諸聖降迹。即許出家。(T然しより執事すること六年、後に如來の正法眼藏を傳付するに曰く、如來より嫡嫡囑累して今に至る。當に傳持して能く群有を化すべし。師、密記を受る時、身心釋然たり。
上來の因縁、卽ち其事の爲に非ざることを示す。故に問て曰く、汝出家せんと欲す、當に何事をか爲べき。曰く、我れ佛事を爲さんと。事と云は俗事。實に出家は本より事の爲に非ざること、是を以て知識しつべし。夫れ事と云は、自の事に非ず、他の事に非ず。故に謂ふ、俗事の爲に非ずと。
設ひ髪を剃り、衣を染て形を佛子に似せたりとも、尚ほ自見他見を免かれず。若し男女の相を離れずんば、悉く是れ俗事なり、佛事に非ず。且らく人人の本心に依て談ずる時、都て佛事なく、俗事なしと雖も、未だ本心を知らざれば且らく俗事と謂ふ。既に本心を明らめ得るを、之を佛事と名く。
本心知得の時、尚ほ生相なく滅相なし。何に況や迷人なり悟人ならんや。
是の如く見得する時、四大五蘊尚ほ存せず、三界六道、豈立することあらんや。故に家として捨つべき所なく、身として置くべき所なし。故に出家と謂ふ。住すべき所なきが故に家破れ人亡じぬ。故に生死涅槃ともに拂はざるに自から盡き、菩提煩惱捨てざるに本來離る。
今日、唯是の如くなるのみに非ず。劫より劫に至るまで、本より成住壞空の四劫にも遷されず、生住異滅の四相にも縛せられず。廓然として空の内外なきが如く、清淨にして水の表裏なきに似たり。人人の本心、悉皆是の如然も在家と恐るべからず、出家と驕るべからず。只外に向て求ることを息めて、須らく己れに向て辨ずべし。試に汝諸人、且らく心を東西に散ぜず、
眼を前後に廻らさずして、子細に見來らば、此時何を呼でか我とし、何を呼でか彼とせん。已に自他相向ふことなし。更に何を名てか善惡と曰はん。若し恁麼ならば、本心本より顯はれて、明かなること日月の如し。幽として照さずといふ所なし。
乃ち適來の因縁を擧似せんとするに、又卑語あり、聞くべし。
本地平常無寸草。宗風何處作安排。
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