Daikan Enō — Huineng
Présentation
Huineng (慧能, Daikan Enō en japonais, 638–713) est le sixième et dernier patriarche de la lignée directe Inde-Chine. Fils d'un fonctionnaire déchu, il grandit dans le Guangdong comme bûcheron illettré. L'enseignement central de son cas tourne autour d'une seule formule : 本来無一物 — « Fondamentalement, pas une seule chose. »
Keizan Jōkin insiste : ce mu ichimotsu n'est pas un néant stérile, mais la nature même du Corps du Dharma, semblable à l'espace du ciel — vide, et pourtant dans lequel tout se manifeste librement. La transmission de la robe et du bol qu'Huineng reçoit dans le secret de la nuit conclut la chaîne des patriarches indiens et chinois.
Le Sūtra de l'Estrade (六祖壇経, Platform Sūtra) retranscrit les sermons de Huineng à Caoxi. Compilé par son disciple Fahai, c'est le seul sūtra chinois de toute la tradition bouddhiste — texte fondateur de l'école Chan du Sud.
Le trente-troisième patriarche, le maître chan Dajian. Le maître servait dans le moulin à décortiquer le riz de Huangmei. Le maître chan Damei, une fois,
entra de nuit dans le moulin et déclara : "Le riz est blanc." Le maître dit : "Le blanc n'a pas encore été tamisé." Damei frappa le mortier trois fois avec son bâton.
Le maître, avec un van, fit trois fois vanner le riz et entra dans la salle.
Son nom de famille était Lu. Ses ancêtres étaient de Fanyang. Son père, Xingtao. Sous l'ère Wude, il fut affecté comme fonctionnaire à Xinzhou dans le Nanhai, et finalement s'y établit et s'y fixa. Il perdit son père. Sa mère, gardant sa résolution, l'éleva et le nourrit. Quand il fut grand, la famille était extrêmement pauvre. Le maître coupait du bois et ramassait des herbes pour subvenir aux besoins. Un jour,
portant du bois de chauffage, il arriva au marché. Entendant un client réciter le Sutra du Diamant,
lorsqu'il parvint à la phrase "Il faut produire l'esprit sans s'attacher à rien", il fut illuminé et comprit.
Il s'appelait Lu. Ses ancêtres étaient de Fanyang. Son père, Xingtao, servit comme fonctionnaire à gauche sous l'empereur Wude dans la région de Nanhai. Ils s'installèrent à Xinzhou, où ils établirent leur résidence. À trois ans, il perdit son père. Sa mère, restée veuve, l'éleva. Devenu adulte, la famille était particulièrement pauvre. Le maître coupait du bois pour subvenir à leurs besoins. Un jour, alors qu'il portait du bois au marché, il entendit un voyageur lire le Sutra du Diamant.
La nonne, stupéfaite, informa les anciens du village en disant : 'Celui-ci est un homme de la Voie, il convient de l'inviter et de le nourrir.'Alors, les habitants s'empressèrent de venir lui rendre hommage. À proximité se trouvait l'ancien site du temple Baolin. L'assemblée décida de le restaurer et d'y installer le maître.
Les quatre assemblées se rassemblèrent comme des nuages et du brouillard, et rapidement, le lieu devint un précieux monastère. Un jour, le maître soudainement pensa : 'Je cherche le grand dharma, comment pourrais-je m'arrêter à mi-chemin ?'Le lendemain, il partit et arriva dans les grottes de la montagne à l'ouest du district de Changle. Il rencontra le maître chan Zhiyuan. Le maître lui demanda alors des enseignements. Yuan dit : 'En te regardant, ton esprit est vif et éminent, tu n'es sûrement pas un homme ordinaire. J'ai entendu que Bodhidharma de l'ouest avait transmis le sceau de l'esprit à Huangmei. Tu devrais t'y rendre pour y étudier et trancher tes doutes.'Le maître prit congé et se rendit directement à Huangmei.
La nonne Wujinzang était la tante de Zhi lüe. Elle lisait souvent le Sutra du Nirvana. Le maître, l'écoutant un moment, expliqua immédiatement le sens pour elle. La nonne prit alors le rouleau et lui demanda des caractères. Le maître dit : 'Les caractères, je ne les connais pas.'
Le maître demanda : 'D'où viens-tu ?'Le maître dit : 'Du Lingnan.'Le patriarche dit : 'Que cherches-tu ?'Le maître dit : 'Je ne cherche que devenir bouddha.'Le patriarche dit : 'Les gens du Lingnan n'ont pas la nature de bouddha, comment pourraient-ils obtenir la bouddhéité ?'Le maître dit : 'Il y a bien une distinction nord-sud pour les gens, mais la nature de bouddha, en aurait-elle une ?'Le patriarche, sachant qu'il était un homme extraordinaire, le réprimanda en disant : 'Va à l'atelier des mangeoires.'Neng se prosterna et se retira, puis entra dans le moulin à riz, servant entre le pilon et le mortier, sans repos jour et nuit, pendant huit mois. Le patriarche, sachant que le moment de la transmission était venu, dit à l'assemblée : 'Le vrai dharma est difficile à comprendre. Il ne faut pas simplement mémoriser mes paroles et les considérer comme votre propre tâche. Vous devez chacun, selon votre inspiration, composer un gatha. Si les mots et le sens coïncident parfaitement, alors la robe et le dharma seront tous deux transmis.'À cette époque, dans l'assemblée de plus de sept cents moines, l'aîné Shenxiu, qui maîtrisait les enseignements intérieurs et extérieurs, était vénéré par tous. Tous le recommandaient en disant : 'Si ce n'est pas le vénérable Xiu, qui oserait s'y risquer ?'Shenxiu, entendant secrètement ces louanges, ne réfléchit pas davantage.
Le gatha une fois composé, il voulut plusieurs fois le présenter, mais arrivant devant la salle, son cœur était troublé, une sueur coulait sur tout son corps. Il voulait le présenter mais ne pouvait pas. Après quatre jours, il ne put présenter le gatha treize fois. Xiu pensa alors : 'Il vaudrait mieux l'écrire face au corridor. Si le vénérable le voit et dit soudain que c'est bon, je sortirai, me prosternerai et dirai que c'est moi, Xiu, qui l'ai composé. S'il dit que ce n'est pas acceptable, j'aurai passé ces années en vain dans la montagne, recevant les hommages des gens, sans avoir cultivé quelle voie ?'Cette nuit, à la troisième veille, sans que personne ne le sache, il prit lui-même une lampe et écrivit le gatha sur le mur du corridor sud, présentant ainsi la vision de son esprit.
Le vers dit : « Le corps est l'arbre de bodhi, le cœur est la terrasse du miroir brillant. À chaque instant, nettoyez-le avec diligence, ne laissez pas la poussière s'accumuler. »
Le Patriarche, en marchant en méditation, vit soudain ce vers et sut que c'était l'œuvre de Shenxiu. Il le loua alors en disant : « Si les générations futures pratiquent selon cela, elles obtiendront aussi de nobles fruits. »
Il ordonna à tous de le réciter. Le Maître, dans le moulin, entendit soudain réciter le vers et demanda à un compagnon d'étude : « Quel est ce texte ? » Le compagnon répondit : « Ne le sais-tu pas ? Le Vénérable cherche un héritier du Dharma et a demandé à chacun de composer un vers du cœur. Celui-ci est l'œuvre du vénérable Shenxiu. Le Vénérable l'a profondément admiré. Il transmettra sûrement le Dharma et la robe. » Le Maître dit : « Que dit ce vers ? »
Le compagnon le récita pour lui. Le Maître, après un long silence, dit : « Beau, il est beau, mais quant à la compréhension, elle n'est pas encore parfaite. » Le compagnon le réprimanda : « Homme médiocre, que sais-tu ? Ne profère pas de paroles insensées. » Le Maître dit : « Tu ne me crois pas ? Je souhaite répondre par un vers. » Le compagnon ne répondit pas, ils se regardèrent et rirent. Le Maître, à la nuit tombée, demanda à un jeune serviteur de le conduire au corridor. Le Maître prit lui-même une bougie et fit écrire par le serviteur, à côté du vers de Shenxiu, un vers qui disait : « L'éveil n'est pas un arbre, le miroir brillant n'est pas une terrasse. Depuis l'origine, pas une seule chose, où donc la poussière pourrait-elle s'accumuler ? »
Le « Jingde Chuandeng Lu » rapporte le vers ainsi : Le corps est l'arbre de bodhi, le cœur est la terrasse du miroir brillant. À chaque instant, nettoyez-le avec diligence, ne laissez pas de poussière s'accumuler.
Le Maître, en marchant en méditation, vit soudain ce vers. Sachant que c'était l'œuvre de Shenxiu, il le loua en disant : « Les générations futures, en pratiquant selon cela, obtiendront aussi de nobles fruits. »
Tu ignores que le maître cherchait un successeur du dharma. Il demanda à chacun de composer un vers exprimant son esprit. Celui-ci est celui du vénérable Xiù. Le maître l'a profondément loué et admiré. Il va certainement lui transmettre le dharma et la robe. Huineng dit : Quel est ce vers ? Un compagnon le récita. Après un long moment, Huineng dit : Beau, il est beau, mais réalisé, il ne l'est pas. Le compagnon le réprimanda : Quel médiocre peut savoir ? Ne profère pas de paroles insensées. Huineng dit : Tu ne me crois pas ? Je souhaite composer un vers en réponse. Le compagnon ne répondit pas, ils se regardèrent et rirent.
Huineng, la nuit venue, demanda secrètement à un novice de le conduire sous la galerie. Huineng prit lui-même une bougie et ordonna au novice d'écrire à côté du vers de Xiù un vers disant : L'éveil n'est pas un arbre, le miroir de l'esprit n'est pas un socle, à l'origine il n'y a pas une seule chose, pourquoi dépoussiérer la poussière ? Voyant ce vers, toute la communauté, du haut en bas, s'exclama : Ceci est véritablement le vers d'un bodhisattva en chair et en os. À l'intérieur et à l'extérieur, on en parlait bruyamment. Le patriarche, sachant que c'était le vers de Huineng, dit alors :
Qui a fait cela ? C'est quelqu'un qui n'a pas encore vu la nature. Sur ce, il l'effaça immédiatement. Ainsi, toute l'assemblée cessa d'y prêter attention.
La nuit venue, le patriarche entra secrètement dans le moulin à décortiquer et demanda : Le riz est-il blanc ou pas encore ?
Le maître dit : Il est blanc, mais il n'a pas encore été tamisé. Le patriarche frappa trois fois le mortier avec son bâton. Le maître, avec le riz dans le van, le vanna trois fois et entra dans la chambre.
Il montra et dit : Les bouddhas apparaissent en ce monde pour une seule grande affaire. Selon les capacités, grandes ou petites, ils les guident. Ainsi existent les principes des dix terres, des trois véhicules, de la subitétude et de la gradualité, pour établir les portes de l'enseignement. Cependant, le trésor de l'œil du vrai dharma, suprême, subtil, secret, parfaitement lumineux et véritable, fut confié au vénérable Mahākāśyapa, le premier disciple.
La transmission se déroula ainsi jusqu'à la vingt-huitième génération, parvenant à Bodhidharma, qui atteignit cette terre et obtut le Grand Maître [Huike].
Il reçut la transmission et elle parvint jusqu'à moi. Maintenant, je te confie le Trésor du Dharma ainsi que la robe de la transmission. Protège-les bien toi-même et ne laisse pas la lignée s'interrompre.
À la nuit tombée, le Patriarche se rendit secrètement à l'atelier de décorticage du riz. Il demanda : Le riz est-il déjà blanc ? Huineng répondit : Il est blanc, mais il n'a pas encore été tamisé. Le Patriarche frappa trois fois le pilon avec son bâton. Huineng comprit immédiatement et se rendit dans la chambre du Patriarche à la troisième veille de la nuit. Il s'agenouilla pour recevoir la robe et le Dharma, puis demanda : Le Dharma, je l'ai déjà reçu. Mais à qui transmettre la robe ? Le Patriarche dit : Autrefois, lorsque Bodhidharma arriva pour la première fois, les gens ne croyaient pas encore. C'est pourquoi la robe fut transmise pour attester de l'obtention du Dharma. Maintenant que la foi est déjà mûre, la robe devient une source de conflits. Qu'elle reste avec toi et ne soit plus transmise. Pour l'instant, tu devras te cacher au loin, attendre le moment propice pour propager l'enseignement. On dit que celui qui reçoit la robe verra sa vie suspendue à un fil. Le Maître demanda : Où dois-je me cacher ? Le Patriarche dit : Lorsque tu rencontres le "huai", arrête-toi ; lorsque tu rencontres le "hui", cache-toi temporairement. Le Maître, après avoir rendu hommage aux pieds du Patriarche, prit la robe et partit.
Il reçut à genoux la transmission de la robe et du Dharma. Il demanda : « Le Dharma ayant été transmis, à qui la robe sera-t-elle confiée ? » Le Maître dit : « Autrefois, lorsque Bodhidharma arriva pour la première fois, les gens ne le connaissaient pas et n'avaient pas foi en lui. C'est pourquoi il transmit la robe pour prouver l'obtention du Dharma. Maintenant que la foi est mûre, la robe est source de conflits. Elle s'arrêtera avec toi et ne sera plus transmise. Pour l'instant, cache-toi au loin, attends le moment propice pour enseigner et convertir. Celui qui reçoit la robe, sa vie est suspendue à un fil. » Huineng demanda : « Où dois-je me cacher ? » Le Maître dit : « Arrête-toi là où tu rencontreras "Huai", cache-toi là où tu rencontreras "Hui". » Huineng, après s'être prosterné jusqu'aux pieds du Maître, prit la robe et sortit. Au pied du Mont Huangmei, il y avait une rivière à traverser. Le Patriarche l'accompagna lui-même jusqu'à cet endroit. Huineng, s'inclinant, dit : « Vénérable, retournez vite. J'ai déjà obtenu la Voie. Je dois traverser par moi-même. » Le Patriarche dit : « Bien que tu aies obtenu la Voie, je vais quand même te faire traverser. » Il prit lui-même la perche et le fit passer sur l'autre rive. Cela fait, le Patriarche retourna seul au temple. Personne dans l'assemblée ne le sut.
Après cela, le Cinquième Patriarche ne monta plus sur l'estrade. Lorsque des disciples venaient pour l'interroger, il disait : 'Ma voie est partie.'Quelqu'un demanda : 'À qui le maître a-t-il transmis la robe et le Dharma ?'Le Patriarche répondit : 'Celui qui est capable l'a obtenu.'Alors l'assemblée discuta, disant : 'Le pratiquant Lu, dont le nom est Neng.'Ils le cherchèrent mais il avait déjà disparu. Sachant clairement qu'il l'avait obtenu, ils partirent ensemble à sa poursuite.
Le 'Jingde Chuandeng Lu'rapporte qu'après la transmission de la robe et du Dharma, il fut ordonné de se cacher à Huaiji et Sihui. (T 2076.51.235b29-c1). Le 'Jingde Chuandeng Lu': À partir de ce moment, il ne monta plus sur l'estrade pendant trois jours. La grande assemblée, perplexe et étonnée, vint l'interroger. Le Patriarche dit : 'Ma voie est accomplie. Pourquoi m'interroger encore ?'Ils demandèrent à nouveau : 'Qui a obtenu la robe et le Dharma ?'Le maître dit : 'Celui qui est capable l'a obtenu.'Alors l'assemblée discuta du pratiquant Lu, nommé Neng. Ils le cherchèrent mais il avait déjà disparu. Sachant clairement à ce moment qu'un général de quatrième rang, ayant éveillé l'esprit de bodhi, nommé Huiming, prit les devants de la foule, le rattrapa au col de Dayu et atteignit le maître. Le maître dit :
Ce vêtement symbolise la foi, peut-on le disputer par la force ? Il plaça la robe et le bol sur un rocher et se cacha dans les herbes. Huiming arriva et voulut les soulever, mais malgré tous ses efforts, il ne put les bouger. Alors Huiming, saisi d'un grand tremblement, déclara : Je suis venu pour le dharma, non pour la robe. Le maître sortit finalement et s'assit sur le rocher. Huiming s'inclina et dit :
Je souhaite que le pratiquant me montre l'essentiel du dharma. Le maître dit : Sans penser au bien, sans penser au mal,
À ce moment précis, quel est le visage originel du vénérable Ming ? Ming, à ces mots, connut une grande illumination.
Il demanda encore : En plus des paroles secrètes et des intentions secrètes transmises jusqu'ici, y a-t-il encore une autre intention secrète ?
Le maître dit : Ce que je te dis n'est pas secret. Si tu retournes ta lumière, le secret sera en toi. Ming dit : Bien que j'aie été à Huangmei, je n'avais pas encore réalisé mon propre visage. Maintenant, ayant reçu cette indication, c'est comme boire de l'eau et connaître soi-même sa froideur ou sa chaleur. Désormais, le pratiquant est mon maître. Le maître dit : Si tel est le cas, toi et moi avons le même maître en Huangmei.
Ming s'inclina en remerciement et partit. Plus tard, lorsqu'il enseigna, il changea son nom de Huiming en Daoming, pour éviter le caractère supérieur du nom de son maître. Quand des visiteurs venaient, il les envoyait tous auprès de son maître.
Après la transmission de la robe et du dharma, le maître se cacha parmi les chasseurs des quatre districts pendant dix ans.
Le huitième jour de la première lune de l'année bingzi de l'ère Yifeng, il arriva dans le sud maritime et rencontra le maître du dharma Yinzong, qui enseignait le Sutra du Nirvana au temple Faxing. Le maître s'installa dans les couloirs. Une nuit de vent violent, les bannières du stupa claquaient. Il entendit deux moines discuter. L'un disait que les bannières bougeaient, l'autre que le vent bougeait.
Ils échangèrent arguments et réponses sans jamais parvenir à la vérité. Le maître dit : "Puis-je, homme ordinaire, me permettre d'intervenir dans votre haute discussion ?" Et il déclara directement : "Ce n'est ni le vent ni les bannières qui bougent, c'est votre esprit qui bouge." Yinzong, ayant secrètement entendu ces paroles, en fut profondément étonné. Le lendemain, il invita le maître dans sa chambre et s'enquit du sens du vent et des bannières. Le maître lui exposa pleinement la raison. Yinzong, sans s'en rendre compte, se leva et dit : "Vous n'êtes certainement pas un homme ordinaire. Qui êtes-vous, maître ?" Le maître, sans rien cacher, raconta directement les circonstances de son obtention du dharma.
Alors Yinzong, observant les rites d'un disciple, lui demanda de lui transmettre l'essentiel du chan. Puis il annonça aux quatre assemblées : "Yinzong est un être ordinaire complet. Aujourd'hui, j'ai rencontré un bodhisattva en chair et en os." Et désignant le laïc Lu en dessous du siège, il dit : "C'est précisément lui." Il demanda alors qu'on apporte la robe de transmission pour que tous puissent la vénérer. Le quinzième jour de la première lune, il réunit les maîtres renommés pour lui raser la tête. Le huitième jour de la deuxième lune, il reçut les préceptes complets du vinaya master Zhiguang du temple Faxing. L'estrade des préceptes était celle qu'avait établie le tripitaka Gunabhadra sous la dynastie Song. Le tripitaka avait prédit : "Plus tard, un bodhisattva en chair et en os recevra les préceptes sur cette estrade." De plus, à la fin des Liang, le tripitaka Paramartha planta de ses propres mains deux arbres bodhi près de l'estrade et déclara à l'assemblée : "Cent vingt ans plus tard, un grand bodhisattva exposera ici le véhicule suprême et sauvera d'innombrables êtres." Après avoir reçu les préceptes complets, le maître ouvrit la porte du dharma de la Montagne de l'Est sous ces arbres, comme si c'était prédestiné. Le huitième jour de la deuxième lune de l'année suivante, il dit soudain à l'assemblée :
"Je ne souhaite pas rester ici. Je veux retourner à mon ancienne retraite." À ce moment, Yinzong,
avec plus de mille moines et laïcs, accompagna le maître jusqu'à son retour au temple Baolin. Le gouverneur Wei Ju de Shaozhou l'invita à faire tourner la merveilleuse roue du dharma au temple Dafan, et il reçut également les préceptes du terrain de l'esprit sans signe. Ses disciples en firent un recueil intitulé Sutra de l'Estrade, qui se répandit largement dans le monde. Puis il retourna à Caoxi et fit pleuvoir la grande pluie du dharma. Les éveillés ne furent pas moins d'un millier.
Le huitième jour, il reçut les préceptes complets du maître des préceptes Zhiguang au temple Faxing. Ce tertre des préceptes avait été établi par le tripitaka Gunabhadra des Song. Le tripitaka avait prédit : « Plus tard, un bodhisattva en chair et en os recevra les préceptes sur ce tertre. » De plus, à la fin des Liang, le tripitaka Paramartha planta de sa main deux arbres bodhi à côté du tertre, déclarant à l'assemblée : « Cent vingt ans après, un grand enseignant exposera le véhicule suprême sous ces arbres et sauvera d'innombrables êtres. » Après avoir reçu les préceptes complets, le maître ouvrit la porte du dharma de la Montagne de l'Est sous ces arbres, comme par une ancienne affinité. L'année suivante, le huitième jour du deuxième mois, il dit soudain à l'assemblée : « Je ne souhaite pas demeurer ici, je désire retourner à mon ancienne retraite. » Alors, le maître Yinzong et plus de mille personnes, moines et laïcs, accompagnèrent le maître jusqu'au temple Baolin. Le gouverneur Wei Ju de Shaozhou l'invita à tourner la roue du merveilleux dharma au temple Dafan, où il transmit également les préceptes du cœur sans signe. Ses disciples en firent un recueil appelé le Sūtra du Tertre, qui se répandit largement dans le monde. Puis il retourna à Caoxi, où il fit tomber une grande pluie de dharma. À l'âge de soixante-seize ans, il prit un bain rituel et s'assit pour passer dans le nirvana.
Au moment de verser la bouteille, il dit : « Le riz est-il déjà blanc ou pas encore ? Ces grains de riz sont précisément les pousses spirituelles du roi du dharma, la racine de vie des saints et des êtres ordinaires. Bien qu'abandonnés dans un champ en friche, ils poussent d'eux-mêmes. Dépouillés de leur enveloppe, ils restent purs et ne reçoivent aucune souillure. Cependant, même ainsi, il reste encore à les vanner. Si l'on vanne et re-vanne, cela pénètre à l'intérieur et à l'extérieur. Cela bouge en haut et en bas. Après trois coups de pilon, les grains de riz s'alignent d'eux-mêmes, et le mécanisme de l'esprit soudain se révèle. Après trois passages au van, la transmission ancestrale est accomplie. Depuis cette nuit où le pilon fut frappé, l'aube n'est pas encore venue. Le jour où la transmission fut donnée, le crépuscule n'est pas encore tombé. »
Réfléchissons : le grand maître était un bûcheron du Lingnan, le pratiquant Lu de la salle des pilons. Autrefois, il se consacrait à la hache et errait dans les montagnes. Bien qu'il n'eût aucune étude intellectuelle des anciens enseignements pour éclairer son cœur sous la fenêtre lumineuse, néanmoins, en entendant une seule phrase du sūtra, l'esprit de non-attachement naquit. Maintenant, il manie le pilon et travaille dur dans la salle des pilons. Bien qu'il n'eût jamais participé aux séances de méditation, aux dialogues et aux débats sur le fond, par seulement huit mois d'efforts assidus, il éclaira l'esprit du miroir qui n'est pas un support. Ainsi, au milieu de la nuit, la transmission fut accomplie et la lignée vitale des ancêtres passa. Ce ne fut pas nécessairement grâce à de nombreuses années de pratique, mais uniquement parce qu'un jour il épuisa toute sa finesse et parvint à l'illumination. L'éveil des bouddhas ne peut être mesuré par la durée, longue ou courte. La transmission du dharma par les patriarches, comment pourrait-elle être distinguée par les frontières du passé et du présent ?
Cependant, durant ces quatre-vingt-dix jours d'été, j'ai parlé en long et en large, critiquant l'ancien et le moderne ; par des paroles rudes et douces, j'ai pointé et annoté les bouddhas et les patriarches. Pénétrant dans le subtil et le détaillé, tombant dans les dualités et les triplicités, j'ai souillé le style ancestral et exposé les hontes de la maison. Ainsi, vous tous pensez avoir compris la vérité et avoir obtenu la force. Pourtant, il semble que vous n'ayez pas encore intimement correspondu à l'intention des ancêtres. Votre conduite ne ressemble en rien à celle des sages anciens.
Grâce à de nombreuses affinités karmiques favorables, nous nous sommes rencontrés ainsi. Si vous vous appliquez d'un seul cœur à la pratique de la voie, vous devriez certainement l'accomplir. Cependant, beaucoup n'ont pas encore atteint la rive. Il en est encore qui n'ont pas entrevu la salle intérieure. L'époque des saints est lointaine, la pratique de la voie n'est pas accomplie, et il est difficile de préserver cette vie. Comment pourrait-on espérer un jour futur ?
Au début de l'automne et à la fin de l'été, le moment est venu où certains iront à l'est, d'autres à l'ouest. Selon la coutume, vous vous disperserez ici et là. Comment pourriez-vous vous accrocher aveuglément à une phrase ou un demi-mot, en pensant que c'est la voie du dharma d'ici ? Ou brandir une compréhension partielle et fragmentaire, en la prenant pour le véhicule du grand véhicule ? Même si vous obteniez pleinement cette force, vous exposeriez encore les hontes de la maison à l'extérieur. À plus forte raison avec des déclarations confuses et désordonnées ! Si vous souhaitez vraiment vous appliquer sérieusement ici, ne perdez pas vainement jour et nuit, ne déplacez pas votre corps et votre esprit de façon erronée.
Le bruit du pilon frappant s'élève haut, au-delà du ciel d'azur. Le van tamise les nuages, la lune blanche, la nuit profonde et pure.
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第三十三祖、大鑑禪師。師在黄梅碓坊服勞。大滿禪師、有時、
夜間入碓坊、示曰、米白也。師曰、白未有篩在。滿以杖打臼三下。
師以箕米三簸入室。
姓は盧氏。其先は范陽の人。父は行瑫。武德中に南海の新州に左官せられ、遂に籍を占めて止まる。父を喪す。其母、志を守て鞠養す。長ずるに及で、家尤も貧窶なり。師、樵釆して以て給す。一日、
薪を負て市中に至る。客の金剛經を讀むを聞き、
應無所住而生其心と云に到て感悟す。
《景德傳燈錄》姓盧氏。其先范陽人。父行瑫武德中左宦于南海。之新州遂占籍焉。三歳喪父。其母守志鞠養。及長家尤貧窶。師樵采以給。一日負薪至市中。聞客讀金剛經。(T 2076.51.235b10-14).《天聖廣燈錄》一日。負薪至市。聞客讀金剛經。至應無所住而生其心。有所其客に問て曰く、此は何の經ぞ、何人に得たるや。客曰く、此は金剛經と名く。黄梅の忍大師に得たり。師、遽に其母に告るに、法の爲に師を尋るの意を以てす。直に韶州に抵て、高行の士、劉志略と云ふ者に遇て、結て交友と爲る。尼無盡藏は卽ち志略が姑なり。常に涅槃經を讀む。師、暫らく之を聽て、卽ち爲に其義を解説す。尼、遂に巻を執て字を問ふ。師曰く、字は識らず。
尼、之を驚異して郷里の耆艾に告て曰く、能は是れ有道の人なり、宜く請して供養すべしと。是に於て、居人競ひ來て瞻禮す。近きに寶林古寺の舊地あり。衆議營緝し、師をして之に居らしむ。
四衆雲霧の如く集り、俄に寶坊となる。師、一日忽ち自ら念じて曰《金剛般若波羅蜜經》是故須菩提、諸菩薩摩訶薩應如是生清淨心。不應住色生心、不應住聲、香、味、觸、法生心,應無所住而生其心。(T 235.8.749c20-《景德傳燈錄》問其客曰。此何法也。得於何人。客曰。此名金剛經。得於黃梅忍大師。師遽告其母以爲法尋師之意。直抵韶州遇高行士劉志略結爲交友。
尼無盡藏者。即志略之姑也。常讀涅槃經。師暫聽之即爲解説其義。尼遂執卷問字。師曰。字即不識。(T 2076.51.235b14-19).く、我れ大法を求む、豈中道にして止まるべけんやと。明日、遂に行て昌樂縣の西、岩室の間に至る。智遠禪師に遇ふ。師遂に請益す。遠曰く、子を觀るに神資爽抜にして殆ど常人に非ず。我れ聞く、西域の菩提達磨、心印を黄梅に傳ふと。汝、當に彼に往て參決すべし。師、辭し去て直に黄梅に造り、
五祖大滿禪師に參謁す。祖《景德傳燈錄》尼驚異之。告郷里耆艾云。能是有道之人宜請供養。於是居人競來瞻禮。近有寶林古寺舊地。衆議營緝俾師居之。四衆霧集俄成寶坊。師一日忽自念曰。我求大法豈可中道而止。明日遂行至昌樂縣西山石室間。遇智遠禪師。師遂請益。遠曰。觀子神姿爽拔殆非常人。吾聞西域菩提達磨。傳心印于黃梅。汝當往彼參決。師辭去直造黃梅。(T 2076.51.235b21-28).問て曰く、何くより來る。師曰く、嶺南。祖曰く、何事をか求めんと欲す。師曰く、唯作佛を求む。祖曰く、嶺南人に佛性なし、若爲ぞ佛を得ん。師曰く、人に卽ち南北あり、佛性、豈然らんや。祖、是れ異人なりと知て、乃ち訶して曰く、槽厰に着き去れと。能、禮足して退き、便ち碓坊に入て杵臼の間に服勞し、晝夜息まず、八月を經たり。祖、付授の時至ることを知て、遂に衆に告て曰く、正法難解なり。徒らに吾言を記して持して、己が任と爲すべからず。汝等、各自隨意に一偈を述べよ。若し語意冥符せば則ち衣法皆附せん。時に會下七百餘僧の上座神秀は、學、内外に通じ、衆の宗仰する所なり。咸共に推稱して曰く、若し尊秀に非ずんば、疇れか敢て之に當らん。神秀、窃に衆の譽を聆て復た思惟せず。
《景德傳燈錄》問曰。汝自何來曰嶺南師曰。欲須何事。曰唯求作佛。師曰。嶺南人無佛性。若爲得佛。曰人即有南北佛性豈然。師知是異人。乃訶曰。著槽厰去。能禮足而退。便入碓坊服勞於杵臼之間。晝夜不息經八月。師知付授時至。遂告衆曰。正法難解不可徒記吾言持爲己任。汝等各自隨意述一偈。若語意冥符。則衣法皆付。時會下七百餘僧。上座神秀者。學通内外衆所宗仰。咸共推稱云。若非尊秀疇敢當之。神秀竊聆衆譽不復思惟。(T 2076.51.222c10-偈を作ること成り已て、數度呈せんと欲して行て堂前に至る。心中恍惚として徧身汗流る。呈せんと擬すれども得ず。前後四日を經て一十三度偈を呈すること得ず。秀、乃ち思惟すらく、如かず、廊下に向て書著せん。他の和尚の看見するに從て、忽若し好しと道はば、出て禮拜して是れ秀が作と云はん。若し不堪と道はば、枉て山中に向て年を數へん。人の禮拜を受て更に何の道をか修せんと。是夜三更、人をして知らしめず、自ら燈を執て偈を南廊の壁間に書して、心の所見を呈す。
偈に曰く、「身是菩提樹。心如明鏡台。時時勤拂拭。勿使惹塵埃。
」祖、經行して忽ち此偈を見て、是神秀の述る所と知て、乃ち讚歎して曰く、後代、之に依て修行せば亦た勝果を得ん。
各をして誦念せしむ。師、碓坊に在て忽ち偈を誦するを聆て、乃ち同學に問ふ、是れ何の章句ぞ。同學曰く、汝知らずや、和尚、法嗣を求め、各心偈を述べしむ。此れ則ち秀上座の述る所なり。和尚深く歎賞を加ふ。必ず將に附法傳衣せん。師曰く、其偈云何。
同學、爲に誦す。師、良久して曰く、美なることは則ち美なり、了ずることは則ち未だ了ぜず。同學訶して曰く、庸流、何をか知らん。狂言を發すること勿れ。師曰く、子、信ぜずや。願くは一偈を以て之を和せん。同學答へず、相視て笑ふ。師、夜に至て一の童子に告て引て廊下に至る。師、自ら燭を秉て、童子をして秀の偈の側に一偈を冩さしめて曰く、「菩提本非樹。明鏡亦非台。本來無一物。何處惹塵埃。」
《景德傳燈錄》偈云。身是菩提樹、心如明鏡台、時時勤拂拭、莫遣有塵埃。
師因經行忽見此偈。知是神秀所述。乃讚歎曰。後代依此修行亦得勝果。(T《景德傳燈錄》各令誦念。能在碓坊忽聆誦偈。乃問同學。是何章句。同學曰。
汝不知和尚求法嗣。令各述心偈。此則秀上座所述。和尚深加歎賞。必將付法傳衣也能曰。其偈云何。同學爲誦。能良久曰。美則美矣。了則未了。同學訶曰。庸流何知勿發狂言。能曰。子不信耶。願以一偈和之。同學不答相視而笑。
能至夜密告一童子引至廊下。能自秉燭。令童子於秀偈之側寫一偈云。菩提本非樹、心鏡亦非台、本來無一物、何假拂塵埃。(T 2076.51.222c26-223a7).此偈を見て一山上下皆曰ふ、是れ實に肉身の菩薩の偈なり。内外喧しく稱す。祖、是れ盧能が偈なりと知て、乃ち曰く、
是れ誰か作せるぞ、未見性の人なり、と云て卽ちかき消す。之に依て一衆悉く顧りみず。
夜に及で、祖、窃かに碓坊に入て問て曰く、米白まれりや未しや。
《景德傳燈錄》此是誰作亦未見性。衆聞師語遂不之顧。(T 2076.51.223a8-9).師曰く、白まれり。未だ篩ふること有らざること在り。祖、杖を以て臼を打つこと三下す。師、箕の米を以て三び簸て入室す。
示て曰く、諸佛出世、一大事の爲めの故に、機の大小に隨て之を引導す。遂に十地三乘頓漸等の旨あり、以て教門を爲す。然も無上微妙祕密圓明眞實の正法眼藏を以て、上首大迦葉尊者に附す。
展轉傳授すること二十八世達磨に至り、此土に届て可大師を得、
承襲して以て吾に至る。今、法寶及び所傳の袈裟を以て、用て汝に附す。善く自ら保護して斷絶せしむること無れ。
《五燈會元》逮夜。祖潛詣碓坊。問曰。米白也未。盧曰。白也。未有篩。祖於碓以杖三擊之。盧即以三皷入室。(CBETA, X80, no. 1565, p. 45, c20-22 // Z《景德傳燈錄》告曰。諸佛出世爲一大事故。隨機小大而引導之。遂有十地三乘頓漸等旨。以爲教門。然以無上微妙祕密圓明真實正法眼藏。付于上首大迦葉尊者。展轉傳授二十八世。至達磨屆于此土。得可大師。承襲以至于吾。今以法寶及所傳袈裟用付於汝。善自保護無令斷絶。(T 2076.51.223a10-16).跪て衣法を受て啓して曰く、法は則ち既に受く、衣、何人にか附せん。祖曰く、昔達磨初て至る。人未だ信ぜず、故に衣を傳へて以て得法を明す。今信心已に熟す。衣は乃ち爭ひの端なり。汝が身に止めて復た傳へざれ。且らく當に遠く隱れて時を俟て行化すべし。謂ゆる受衣の人は、命、縣絲の如くならん。師曰く、當に何の處にか隱るべき。祖曰く、懷に逢はば卽ち止まれ、會に遇はば且く藏れよ。師、禮足し已て衣を捧て出づ。
《景德傳燈錄》跪受衣法。啓曰。法則既授衣付何人。師曰。昔達磨初至人未知信。故傳衣以明得法。今信心已熟。衣乃爭端止於汝身不復傳也。且當遠隱俟時行化。所謂授衣之人命如懸絲也。能曰。當隱何所。師曰。逢懷即止。遇會且藏。能禮足已捧衣而出。(T 2076.51.223a19-24).黄梅の麓に渡あり、祖、自ら送りて此に到る。師、揖して曰く、和尚、速に還るべし。我既に得道す。當に自ら渡るべし。祖曰く、汝既に得道すと雖も、我れ尚ほ渡すべしと云て、自から竿を取て彼の岸に渡し畢り、祖、獨り寺に歸る。一衆皆知ることなし。
其より後、五祖上堂せず。衆、來て咨問することあれば、我道は逝きぬ。或るが問ふ、師の衣法、何人か得る。祖曰く、能者得たり。是に於て衆議すらく、盧行者、名は能。尋訪するに既に失せり。懸かに彼が得たるを知て、乃ち共に走り逐ふ。
《景德傳燈錄》後傳衣法令隱于懷集四會。(T 2076.51.235b29-c1).《景德傳燈錄》自此不復上堂凡三日。大衆疑怪致問。祖曰。吾道行矣。何更詢之。復問衣法誰得耶。師曰。能者得。於是衆議盧行者名能。尋訪既失。懸知時に四品將軍、發心して慧明と云ふありき。衆人の先と爲り趂て大庾嶺にして師に及ぶ。師曰く、
此衣は信を表す、力を以て爭ふべけんや。其衣鉢を盤石の上に置て草間に隱る。慧明至りて之を揚げんとするに、力を盡せども揚らず。時に慧明、大におののきて曰く、我れ法の爲に來る、衣の爲に來らず。師、遂に出て盤石の上に坐す。慧明作禮して曰く、
望むらくは行者、我が爲に法要を示せ。師曰く、不思善不思惡、
正與麼の時、那箇か是れ明上座本來の面目。明、言下に大悟す。
復た問て曰く、上來、密語密意の外、還て更に密意ありや否や。
師曰く、汝がために語る者は卽ち密に非ず。汝若し返照せば、密は汝が邊に有らん。明曰く、慧明、黄梅に在りと雖も、實に未だ自己の面目を省せず。今指示を蒙る。人の水を飲で冷暖自知するが如し。今、行者は卽ち慧明が師なり。師曰く、汝若し是の如くならば、吾と汝と同く黄梅を師とせん。
《景德傳燈錄》即擲衣鉢於盤石曰。此衣表信可力爭耶。任君將去。師遂舉之如山不動。踟躇悚慄乃曰。我來求法非爲衣也。願行者。開示於我。祖曰。不思善不思惡正恁麼時。阿那箇是明上坐本來面目。師當下大悟遍體汗流。泣禮數拜。問曰。上來密語密意外。還更別有意旨否。祖曰。我今與汝説者。即非密也。汝若返照自己面目。密却在汝邊。師曰。某甲雖在黃梅隨眾。實未省自己面目。今蒙指授入處。如人飲水冷暖自知。今行者即是某甲師也。祖曰。汝若如是。則是吾與汝同師。(T 2076.51.232a7-17).明、禮謝して返る。後に出世せし時、慧明を道明と改む。師の上字を避ればなり。參ずる者あれば悉く師に參ぜしむ。
師は衣法傳授の後、四縣の猟師の中にかくれて十年を經て後、
《景德傳燈錄》至儀鳳元年丙子正月八日。屆南海遇印宗法師於法性寺講涅槃經。師寓止廊廡間。暮夜風颺刹幡。聞二僧對論。一云幡動。一云風動。往復酬答未曾契理。師曰。可容俗流輒預高論否。直以風幡非動動自心耳。印宗竊聆此語竦然異之。翌日邀師入室。徵風幡之義。師具以理告。印宗不覺起立云。行者定非常人師爲是誰。師更無所隱直敘得法因由。於是印宗執弟子之禮請受禪要。乃告四衆曰。印宗具足凡夫。今遇肉身菩薩即指坐下盧居士云。即此是也。因請出所傳信衣悉令瞻禮。至正月十五日。會諸名德爲之剃髮。二月儀鳳元年丙子正月八日に至て南海に届り、印宗法師の法性寺に於て涅槃經を講ずるに遇ふ。廊廡の間に寓止す。暴風、刹旛を颺ぐ。二僧の對論を聞くに、一は旛動ずと曰ひ、一は風動ずと曰ふ。
往復酬答して未だ曾て理に契はず。師曰く、俗流の趣く高論に預ることを容すべしや否やと云て、直に風旛の動に非ず、仁者の心動なりと云を以てす。印宗、窃かに此語を聆て竦然として之を異とす。翌日、師を邀へて入室せしめ、風旛の義を徴す。師、具さに理を以て告ぐ。印宗、覺へず起立して曰く、行者は定て常人に非ず。
師は是れ誰とか爲す。師、更に隱す所なく、直に得法の因由を舒ぶ。是に於て印宗、弟子の禮を執て禪要を受けんと請ふ。乃ち四衆に告て曰く、印宗は具足の凡夫なり。今、肉身の菩薩に遇ふ。卽ち座下の盧居士を指して曰く、卽ち此れ是なり。因て請て所傳の信衣を出して悉く瞻禮せしむ。正月十五日に至り、諸名德を會して之が爲に剃髪せしむ。二月八日、法性寺智光律師に就て滿分戒を受く。其戒壇は卽ち宋朝の求那跋摩三藏の置く所なり。三藏、記に曰く、後に當に肉身の菩薩あり、此壇に在て受戒すべしと。又梁の末に眞諦三藏、壇の側に於て手から二菩提樹を植て、衆に謂て曰く、却後一百二十年に大開士あり、此樹下に於て無上乘を演べ、無量の衆を度せんと。師、具戒し已て此樹下に於て東山の法門を開く。宛も宿契の如し。明年二月八日、忽ち衆に謂て曰く、
吾れ此に居ることを願はず。舊隱に歸らんことを要す。時に印宗、
緇白千餘人と師を送て寶林寺に歸る。韶州の刺吏韋據、請して大梵寺に於て妙法輪を轉ぜしめ、並に無相心地戒を受く。門人記錄して目けて壇經と爲す。盛に世に行はる。然して曹溪に返て大法雨を雨らす。覺者千數に下らず。
八日就法性寺智光律師受滿分戒。其戒壇即宋朝求那跋陀三藏之所置也。三藏記云。後當有肉身菩薩在此壇受戒。又梁末真諦三藏。於壇之側手植二菩提樹。謂衆曰。却後一百二十年有大開士。於此樹下演無上乘度無量衆。師具戒已。於此樹下開東山法門宛如宿契。明年二月八日忽謂衆曰。吾不願此居要歸舊隱。時印宗與緇白千餘人。送師歸寶林寺。韶州刺史韋據請於大梵寺轉妙法輪。并受無相心地戒。門人紀錄目爲壇經盛行於世。然返曹谿雨大法雨。學壽七十六にして沐浴して坐化す。
乃ち瀉瓶の時に曰く、米白まれりや未しや。此米粒、正に是れ法王の靈苗、聖凡の命根。曾て荒田に在てくさぎらざれども自から長ず。脱白露淨にして汚染を受けず。然も是の如くなりと雖も、尚ほ簸ざることあり。若し簸來り簸去れば、内に通じ外に通ず。上に動き下に動く。臼をうつこと三下するに、米粒自から揃ひて、心機忽ちに露はる。米を簸ること三度して、祖卽ち傳はる。爾しより打臼の夜、未だ明けず。授手の日、未だ曛れず。
思ふに夫れ大師は嶺南の樵夫、碓房の盧行者なり。昔は斧伐を事として山中に遊歴し、遂に明窓下、古教照心の學解なかりしかども、尚ほ一句の聞經に無所住の心生じ、今杵臼にたづさはりて碓房に勤勞す。曾て席末に參じて、參禪問答、決擇なかりしかども、僅に八箇月の精勤に明鏡非台の心を照せしかば、夜半附授行はれ、列祖の命脈傳はる。必ずしも多年の功行に依らざれども、唯一旦精細を盡し來ること明けし。諸佛の成道、本より久近の時節を以て量るべからず、祖師の傳道、何ぞ古今の分域を以て辨ずることあらんや。
然も今夏九十日、横説竪説、古今を批判し、麤言軟語、佛祖を指注す。微に入り細に入り、二に落ち三に落て、宗風を汚し家醜を揚ぐ。之に依て諸人、悉く理を通ずと思ひ、力を得たりと思へり。然れども親切に未だ祖意に冥符せざるが如し。行狀すべて先聖に相似ならず。
宿縁多幸なるに依て是の如く相見す。若し一志に辦道せば、須らく成辨すべきに、未だ涯涘に到らざる多し。尚ほ堂奥を窺はざるあり。聖を去ること時遠く、道業未だ成ぜず身命保ち難し。何ぞ後日を期せん。
初秋夏末、既に或は東し、或は西する時節に當れり。舊に依て彼に散じ此に行かん。何ぞ妄りに一言半句を記持して、我這裏の法道と謂ひ、僅に一知半解を擧拈して、大乘門の運載とせんや。設ひ十分に其力を得たりとも、家醜尚ほ外に揚げん。何に況や妄稱胡亂の説道をや。若し眞實に此處に精到せんと思はば、晝夜徒らに捨てず、身心妄りに運ばざるべし。
打臼聲高虛碧外。簸雲白月夜深清。
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