Huìkě
Présentation
Huìkě (慧可, 487–593), deuxième patriarche chinois, est l'une des figures les plus emblématiques de l'histoire du Chan. Ancien érudit confucéen et taoïste, il chercha Bodhidharma dans la neige et, pour prouver sa détermination, se trancha le bras gauche.
Son célèbre échange avec Bodhidharma — « Mon esprit n'est pas en paix. Apaisez mon esprit » — « Apporte-moi ton esprit, et je l'apaiserai » — « Je cherche mon esprit mais ne puis le trouver » — « Je t'ai apaisé l'esprit » — constitue l'un des koans les plus fondamentaux de la tradition Zen.
Keizan commente : l'esprit qui se cherche et ne se trouve pas est déjà apaisé. La paix n'est pas quelque chose que l'on obtient — c'est la nature même de l'esprit quand on cesse de vouloir l'apaiser.
Vingt-neuvième patriarche, le Grand Maître Da Zu, rendit visite au vingt-huitième patriarche.
Un jour, il dit au patriarche : 'J'ai déjà apaisé toutes les conditions.'Le patriarche demanda : 'Ne tombes-tu pas dans l'annihilation ?'Le maître répondit : 'Je ne tombe pas dans l'annihilation.'
Le patriarche demanda : 'Quelle en est la preuve ?'Le maître dit : 'Clairement et constamment conscient, ainsi les mots ne peuvent l'atteindre.'Le patriarche dit : 'Ceci est le corps du cœur réalisé par tous les bouddhas. N'en doute plus.'
Le Zongmen Liandeng Huiyao rapporte : Soudain, un jour, il réalisa la compréhension. Il courut dire au patriarche : 'J'ai déjà apaisé toutes les conditions.'Le patriarche dit : 'Ne tombes-tu pas dans l'annihilation ?'Il dit : 'On peut dire que ce n'est pas l'annihilation.'Le patriarche dit : 'Quelle en est la preuve ?'Il dit : 'Clairement et constamment conscient, ainsi les mots ne peuvent l'atteindre.'Le patriarche dit : 'Ceci est...'
...un homme de Wulao. Son nom de famille est Ji. Son père s'appelait Ji. Alors qu'il n'avait pas encore d'enfant, il pensait souvent : 'Ma famille vénère le bien, comment pourrait-elle ne pas avoir d'enfant ?'Après avoir prié longtemps, une nuit, il perçut une lumière merveilleuse illuminant la chambre. Sa mère conçut alors. En grandissant, on le nomma Guang, d'après l'augure de la lumière illuminant la chambre. Dès son jeune âge, sa volonté et son esprit étaient hors du commun. Il résida longtemps à Yiluo et étudia de nombreux livres. Il ne s'occupait pas des affaires familiales, aimant voyager dans les montagnes et les rivières. Il soupirait souvent en disant : 'Les enseignements de Confucius et de Laozi sont les règles des rites et des arts. Les livres de Zhuangzi et du Yi Jing n'ont pas encore épuisé la merveilleuse vérité.'Il se réfugia auprès du maître chan Baojing du mont Xiangshan à Longmen pour quitter la vie laïque et recevoir les préceptes. Il erra dans les lieux d'enseignement, étudiant largement les sens du Grand et du Petit Véhicule. Un jour, en lisant le sutra de la Prajnaparamita, il fut transcendé et réalisa par lui-même. Dès lors, il s'assit jour et nuit en méditation, passant déjà huit années. Dans le silence, il vit un être divin qui lui dit : 'Si tu désires recevoir le fruit, pourquoi restes-tu ici ? La grande voie n'est pas lointaine. Va vers le sud.'Guang, comprenant que c'était une aide divine, changea alors son nom en Shenguang. Le lendemain, il eut un mal de tête comme percé d'une aiguille. Son maître voulut le soigner, mais...
...il soupirait souvent en disant : 'Les enseignements de Confucius et de Laozi sont les règles des rites et des arts. Les livres de Zhuangzi et du Yi Jing n'ont pas encore épuisé la merveilleuse vérité.'Il se réfugia auprès du maître chan Baojing du mont Xiangshan à Longmen pour quitter la vie laïque et recevoir les préceptes. Il erra dans les lieux d'enseignement, étudiant largement les sens du Grand et du Petit Véhicule. Un jour, en lisant le sutra de la Prajnaparamita, il fut transcendé et réalisa par lui-même. Dès lors, il s'assit jour et nuit en méditation, passant déjà huit années. Dans le silence, il vit un être divin qui lui dit : 'Si tu désires recevoir le fruit, pourquoi restes-tu ici ? La grande voie n'est pas lointaine. Va vers le sud.'Guang, comprenant que c'était une aide divine, changea alors son nom en Shenguang. Le lendemain, il eut un mal de tête comme percé d'une aiguille. Son maître voulut le soigner, mais...
Une voix dans le ciel déclara : 'Ceci est le changement des os, non une douleur ordinaire.'Guang rapporta finalement à son maître la vision du divin. Le maître observa son os occipital, semblable à cinq pics s'élevant avec élégance. Il dit aussitôt : 'Ton apparence est auspicieuse, tu dois avoir réalisé quelque chose. Le divin qui t'a ordonné d'aller au sud, c'est le grand bodhisattva Bodhidharma du Shaolin, il sera certainement ton maître.'Guang, ayant reçu l'enseignement, se rendit au temple Shaolin sur le mont Song.
Selon le 'Jingde Chuandeng Lu', il était de Wulao, de nom de famille Ji. Son père, Ji, n'ayant pas d'enfant, méditait souvent en lui-même : 'Ma famille honore la vertu, comment pourrait-elle ne pas avoir de fils digne ?'Après avoir longtemps prié, une nuit, une lumière merveilleuse illumina la chambre. Sa mère conçut ainsi. À sa naissance, on le nomma d'après ce présage lumineux.
On le nomma Guang. Dès l'enfance, son aspiration était hors du commun. Il étudia abondamment les classiques et les livres, maîtrisant particulièrement les principes profonds. Mais il ne s'occupait pas des affaires familiales, préférant voyager parmi les montagnes et les rivières. Plus tard, il découvrit les écrits bouddhiques et atteignit une compréhension spontanée. Il se rendit alors au mont Longmen, à Xiangshan près de Luoyang, où il prit refuge auprès du maître chan Baojing pour devenir moine et recevoir les préceptes. Il fréquenta les salles d'enseignement du temple Yongmu, étudiant exhaustivement les doctrines du Grand et du Petit Véhicule. À trente-deux ans, il retourna à Xiangshan, s'asseyant en méditation jour après jour pendant encore huit années. Dans le silence, soudain, il vit un être divin qui lui dit : 'Si tu souhaites recevoir le fruit, pourquoi restes-tu ici ? La grande voie n'est pas lointaine. Va vers le sud.'
Guang, comprenant l'assistance divine, changea son nom en Shenguang. Le lendemain, il ressentit une douleur à la tête comme des aiguilles. Son maître voulut le soigner. Une voix dans le ciel déclara : 'Ceci est le changement des os, non une douleur ordinaire.'Guang rapporta alors la vision du divin à son maître. Le maître observa son os occipital, semblable à cinq pics s'élevant avec élégance. Il dit : 'Ton apparence est auspicieuse, tu dois avoir réalisé quelque chose. Le divin qui t'a ordonné d'aller au sud, c'est le grand bodhisattva Bodhidharma du Shaolin, il sera certainement ton maître.'Guang, ayant reçu l'enseignement, se rendit au Shaolin. La neuvième nuit de la dernière lune de la deuxième année de Datong, le grand maître ne lui permit pas d'entrer dans la chambre. Le maître se tint devant la fenêtre. Cette nuit-là, il neigea abondamment. Il resta debout dans la neige, attendant l'aube. La neige accumulée lui enfouit la taille, le froid transperça ses os. Ses larmes tombaient goutte à goutte et gelaient. En les voyant, le froid semblait encore plus intense.
Il réfléchit secrètement : 'Autrefois, ceux qui cherchaient la voie brisaient les os pour en extraire la moelle, perçaient leur chair pour apaiser la faim, étendaient leurs cheveux pour couvrir la boue, se jetaient des falaises pour nourrir les tigres. Les anciens agissaient ainsi, qui suis-je donc ?'Pensant ainsi, il affermit sa résolution, restant ferme, inflexible, immobile. À l'aube, le grand maître, le voyant debout toute la nuit dans la neige, pris de compassion, demanda : 'Tu es resté longtemps dans la neige, que cherches-tu donc ?'Le maître dit : 'Je souhaite seulement que le vénérable, par compassion, ouvre la porte du nectar et sauve largement les êtres.'Le grand maître dit : 'La merveilleuse voie suprême des bouddhas exige une diligence intense pendant d'innombrables kalpas, accomplir ce qui est difficile à accomplir, endurer ce qui est insupportable. Comment, avec une petite vertu, une petite sagesse, un cœur léger et arrogant, pourrait-on espérer le véhicule véritable et simplement se fatiguer en vains efforts ?'Et il ne le regarda plus. À ce moment, le maître, entendant ces paroles compatissantes, versa encore plus de larmes. Son désir de chercher la voie devint plus intense. Secrètement, il saisit un couteau tranchant et se coupa le bras gauche. Le grand maître, comprenant qu'il était un réceptacle du dharma, lui montra et dit : 'Lorsque les bouddhas cherchaient initialement la voie, ils oubliaient leur corps pour le dharma. Tu as maintenant coupé ton bras devant moi. Ta recherche peut aussi être acceptable.'Le maître changea alors son nom en Huike.
Selon le 'Jingde Chuandeng Lu', Guang médita en lui-même : 'Autrefois, ceux qui cherchaient la voie brisaient les os pour en extraire la moelle, perçaient leur chair pour apaiser la faim, étendaient leurs cheveux pour couvrir la boue, se jetaient des falaises pour nourrir les tigres.'
Les anciens étaient déjà ainsi. Qui suis-je donc ? Cette année-là, la nuit du neuvième jour du douzième mois, une grande tempête de neige s'abattit. Hui-ke demeura fermement debout sans bouger. À l'aube, la neige accumulée dépassait ses genoux. Le maître, pris de compassion, lui demanda : « Tu es resté si longtemps dans la neige. Que recherches-tu donc ? » Hui-ke, les larmes de douleur aux yeux, répondit : « Je souhaite seulement que le vénérable fasse preuve de compassion, ouvre la porte du nectar et sauve tous les êtres. » Le maître dit : « La voie merveilleuse et suprême des bouddhas exige une diligence intense pendant d'innombrables kalpas, accomplir ce qui est difficile, endurer ce qui est insupportable. Comment, avec une petite vertu et une petite sagesse, un cœur léger et arrogant, pourrait-on espérer atteindre le véhicule authentique ? Ce serait peine perdue. » En entendant ces paroles d'exhortation du maître, Hui-ke prit secrètement un couteau tranchant et se coupa le bras gauche. Il le plaça devant le maître. Celui-ci comprit qu'il était un réceptacle du dharma et dit : « Lorsque les bouddhas recherchaient initialement la voie, ils oubliaient leur corps pour le dharma. Aujourd'hui, tu as coupé ton bras devant moi. Ta recherche peut être acceptée. » Le maître lui changea alors son nom en Hui-ke. Finalement, il lui permit d'entrer dans la chambre intérieure. Dès lors, il le servit à gauche et à droite pendant huit ans. Une fois, le maître demanda au grand maître :
« Puis-je entendre le sceau du dharma des bouddhas ? » Le grand maître dit : « Le sceau du dharma des bouddhas ne s'obtient pas des autres. »
Une fois, il enseigna en disant :
« À l'extérieur, apaisez toutes les conditions ; à l'intérieur, que le cœur ne halète pas. Que le cœur soit comme un mur, et ainsi vous pourrez entrer dans la voie. »
Le maître parlait habituellement du cœur et de la nature, mais cela ne correspondait pas à la vérité. Le grand maître se contentait de réfuter ses erreurs, sans lui expliquer le corps du cœur sans pensée.
Dans la chambre, sur le mystère profond, il est dit : Une fois, alors qu'il servait le grand maître Bodhidharma, ils gravirent le pic de Shaoshi. Bodhidharma demanda : « Vers quelle direction la voie s'en va-t-elle ? » Le maître dit : « Je vous en prie, avancez droit devant, c'est là. » Bodhidharma dit : « Si vous avancez droit, vous ne pouvez déplacer un seul pas. » Le maître, entendant cela, comprit et s'éveilla.
Le Recueil de la Transmission de la Lampe de l'ère Jingde rapporte : Guang demanda : « Puis-je entendre le sceau du Dharma des Bouddhas ? » Le maître répondit : « Le sceau du Dharma des Bouddhas ne s'obtient pas des autres. » Dans le Classement général des interprétations de la source du Chan, il est dit : « À l'extérieur, arrêter toutes les conditions ; à l'intérieur, l'esprit sans halètement. L'esprit comme un mur, on peut entrer dans la voie. » Dans les Six Portes du monastère Shaoshi : « À l'extérieur, apaiser toutes les conditions ; à l'intérieur, l'esprit sans halètement ; l'esprit comme un mur, on peut entrer dans la voie. Clarifier la lignée du cœur du Bouddha, sans aucune erreur ; pratique et compréhension en accord, cela s'appelle un ancêtre. » Il dit au Grand Maître : « J'ai déjà apaisé toutes les conditions, et même, je n'ai plus aucun doute. »
Finalement, il transmit ensemble la robe et le Dharma en disant : « À l'intérieur, transmettre le sceau du Dharma pour s'accorder avec le cœur éveillé ; à l'extérieur, confier la kāṣāya pour établir la lignée essentielle. » Après le parinirvāṇa du Grand Maître, le maître continua à propager le vent profond. Il transmit le Dharma à Sengcan en disant : « Moi aussi, j'ai des dettes karmiques passées, maintenant je dois nécessairement les régler. » Après avoir donné ses instructions, il enseigna immédiatement le Dharma selon les circonstances à Yedu. Les quatre assemblées se tournèrent vers lui.
Ainsi s'accumulèrent trente années, dissimulant sa lumière et mêlant ses traces, changeant d'apparence et de comportement, tantôt entrant dans les tavernes, tantôt passant par les abattoirs, tantôt s'exerçant aux conversations de rue, tantôt suivant les serviteurs. Quelqu'un demanda : « Maître, vous êtes un homme de la voie. Pourquoi êtes-vous ainsi ? » Le maître dit : « Je règle moi-même mon cœur. En quoi cela vous concerne-t-il ? » Plus tard, il ouvrit l'enseignement essentiel sous la porte triple du temple Kuangjiu dans le district de Guancheng. Les quatre assemblées se rassemblèrent comme une forêt.
À cette époque, il y avait un certain maître Bianhe qui enseignait le Sūtra du Nirvāṇa dans le temple. Entendant l'enseignement du Dharma du maître, ses disciples le quittèrent progressivement. Bianhe, incapable de supporter sa colère, porta plainte auprès du magistrat Zhai Zhongkan. Zhongkan, trompé par ses dires erronés, infligea au maître des châtiments illégaux. Le maître, serein, se soumit avec résignation. C'était le seizième jour du troisième mois de la treizième année de l'ère Kaihuang des Sui, année guichou.
Certes, parmi les vertus honorables des divers ancêtres, il n'y a ni supérieur ni inférieur, mais parmi les lourds, il y a plus lourd ; parmi les précieux, il y a plus précieux. Pourquoi ? Parce que même si Bodhidharma vint de l'Ouest, si le maître n'avait pas transmis et communiqué,
le vent de la lignée serait difficile à atteindre aujourd'hui. Les difficultés, plus grandes que pour quiconque ; la recherche de l'éveil, transcendante par-dessus tout. Le Premier Ancêtre aussi attendit longtemps la vraie occasion sans enseigner. Spécialement pour le Deuxième Ancêtre, il ne donna pas d'explications détaillées. Il dit seulement : « À l'extérieur, apaise toutes les conditions ; à l'intérieur, l'esprit sans halètement ; l'esprit comme un mur, entre ainsi dans la voie. » Vraiment, si l'on apaise ainsi les pensées, alors le corps de l'esprit se manifeste. Entendre ainsi parler et vouloir être sans esprit comme un mur, c'est ne pas voir directement son propre cœur. Alors il dit : « Clairement, constamment, connaître ainsi, c'est ce qu'on appelle la réalisation des Bouddhas. » Ainsi, à l'extérieur, apaiser toutes les conditions ; à l'intérieur, aucune pensée. Vigilant, sans obscurcissement ; clair, fondamentalement lumineux. Sans séparer ancien et moderne, sans séparer soi et autrui. La réalisation des Bouddhas, la transmission du cœur des ancêtres, sans la moindre différence, harmonieuse et unifiée depuis toujours. Ainsi, l'Occident céleste et la Terre de l'Est se transmirent et communiquèrent ; la dynastie Han et le pays du Japon fusionnèrent et s'accueillirent. Anciennement ainsi, aujourd'hui ainsi. Ne vous attachez pas seulement à l'ancien. Pratiquez sans négliger le présent. Ne pensez pas que les saints sont loin dans le temps. Ne vous abandonnez pas, éclairez-vous.
Vouloir exprimer selon l'exemple, il y a des paroles basses. Veux-tu entendre ?
Le vide lumineux, la terre, les liens, les pensées épuisés. Clairement éveillé, constamment vaste et lumineux.
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第二十九祖、大祖大師、參持二十八祖。
一日告祖曰、我既息諸縁。祖曰、莫成斷滅去否。師曰、不成斷滅。
祖曰、何以爲驗。師曰、了了常知、故言之不可及。祖曰、此是諸佛所證心體。更勿疑也。
《宗門聯燈會要》忽一日契悟。走告祖云。我已息諸緣耳。祖云。莫成斷滅否。
可云不斷滅。祖云。以何爲驗。可云。了了常知故。言之不可及。祖云。此是武牢の人なり。姓は姫氏。父は寂。未だ子あらざる時に、常に自ら思はく、我家善を崇ぶ、豈子なからしめんやと。禱ること久しふして一夕異光あり、室を照すことを感ず。其の母因て孕む。長ずるに及びて、照室の瑞を以て名て光と曰ふ。幼より志氣群ならず。久く伊洛に居して博く群書を見る 。家産を事とせず、好て山水に遊ぶ。
常に歎じて曰く、孔老の教は禮術の風規なり。莊易の書は未だ妙理を盡龍門香山の寶靜禪師に依て出家受具し、講肆に浮游して普く大小乘の義を學す。一日、佛書般若を見て超然として自得す。然しより晝夜宴坐して既に八載を經しに、寂黙の中に於て一りの神人を見る。告て曰く、將に果を受けんと欲す、何ぞ此に滯るや。大道遙なるに非ず。汝其れ南せよ。光、神助なるを知て、因て名を神光と改む。翌日、頭痛すること刺すが如し。其師、之を治せんとするに、
空中に聲ありて曰く、是れ卽ち換骨なり、常の痛に非ずと。光、卒に神を見る事を以て師に白す。師、其頂骨を見るに五峯の秀出せるが如し。卽ち曰く、汝が相吉祥なり、當に所證あるべし。神、汝をして南せしむる者は、斯れ則ち少林の達磨大士なり、必ず汝が師ならん。光、教を受て嵩山少林寺に到る。
《景德傳燈錄》武牢人也。姓姫氏。父寂未有子時。嘗自念言。我家崇善豈無令子。禱之既久。一夕感異光照室。其母因而懷妊。及長遂以照室之瑞。
名之曰光。自幼志氣不群。博涉詩書尤精玄理。而不事家產好遊山水。(T《景德傳燈錄》後覽佛書超然自得。即抵洛陽龍門香山。依寶靜禪師出家受具。於永穆寺浮游講肆。遍學大小乘義。年三十二却返香山。終日宴坐又經八載。於寂默中倏見一神人。謂曰。將欲受果何滯此耶。大道匪遙。汝其南矣。
光知神助因改名神光。翌日覺頭痛如刺。其師欲治之。空中有聲曰。此乃換骨非常痛也。光遂以見神事白於師。師視其頂骨即如五峯秀出矣。乃曰。汝相吉祥當有所證。神令汝南者。斯則少林達磨大士必汝之師也。光受教造于少大通二年窮臘九日なり。大師、入室を許さず。師窓前に立つ。其夜大に雪ふる。雪中に立て明るを待つ。積雪腰を埋み、寒氣骨に徹る。落涙滴滴凍る。涙を見るに愈よ寒きことを増す。
密に惟ひき、昔人道を求るに骨を敲きて髓を取り、血を刺して饑を濟ひ、髪を布て泥を掩ひ、崖に投じて虎に飼ふ。古尚ほ此の若し、我又何人ぞと。是の如く思ひて志を勵まして、撓むことなく堅く立て動ぜず。遲明、大師よもすがら雪の中に立つを見て、愍て問て曰く、汝久く雪中に立つ、當に何事をか求むべき。師曰く、惟願くは、和尚、慈悲、甘露門を開き、廣く群品を度したまへ。大師曰く、諸佛無上の妙道は曠劫精勤して、行じ難きを能く行じ、忍に非ざるを而も忍ぶ。豈小德小智、輕心慢心を以て眞乘を冀はんと欲し、徒らに勤苦に勞せんやと言て、又顧眄せず。時に師、慈誨を聞て、涕涙益す長し。求道の志、愈よ切なり。窃かに利刀を執て自ら左臂を斷ず。大師、是れ法器なりと知て示して曰く、諸佛最初に道を求む、法の爲に形を忘る。汝今臂を吾前に斷つ。求ること亦た可なること在り。師、遂に因て與に名を易て慧可と曰ふ。
《景德傳燈錄》光自惟曰。昔人求道敲骨取髓刺血濟饑。布髮掩泥投崖飼虎。
古尚若此。我又何人。其年十二月九日夜天大雨雪。光堅立不動。遲明積雪過膝。師憫而問曰。汝久立雪中。當求何事。光悲淚曰。惟願和尚慈悲。開甘露門廣度群品。師曰。諸佛無上妙道。曠劫精勤。難行能行非忍而忍。豈以小德小智輕心慢心。欲冀真乘徒勞勤苦。光聞師誨勵。潛取利刀自斷左臂。置于師前。師知是法器。乃曰。諸佛最初求道爲法忘形。汝今斷臂吾前。求亦可在。師遂因與易名曰慧可。(T 2076.51.219b9-20).終に入室を許す。爾しより左右に給仕して八年を送る。有時、師、大師に問て曰く、
諸佛の法印得て聞くべしや。大師曰く、諸佛の法印は人より得るに匪ず。
有時示して曰く、
外、諸縁を息め、内、心喘ぐことなく、心、墻壁の如くにして以て道に入るべし。
師、尋常説心説性すれども、道理に契はず。大師、祇だ其非を遮り、爲に無念の心體を説かず。
室中玄機に曰く、有時、達磨大師に侍して少室峰に登る。達磨問ふ、道何の方に向ひ去る。師曰く、請ふ、直に進前せば是なり。達磨曰く、若し直に進まば一歩を移すことを得ず。師、聞て契悟す。
《景德傳燈錄》光曰。諸佛法印可得聞乎。師曰諸佛法印匪從人得。(T《禪源諸詮集都序》外止諸緣内心無喘。心如牆壁可以入道。( T《少室六門集》外息諸緣、内心無喘、心如牆壁、可以入道。明佛心宗、等無差誤、行解相應、名之曰祖。(T 2009.48.370a25-27).大師に告て曰く、我既に諸縁を息む、乃至、更に疑ふことなし。
卒に衣法共に附して曰く、内に法印を傳て以て證心に契ひ、外に袈裟を附して以て宗旨を定む。因て大師圓寂してより、師、繼て玄風を闡く。法を僧璨に附して曰く、我亦宿累あり、今必ず之を酬はんと。附嘱し已りて卽ち鄴都に於て隨宜説法す。四衆歸依す。
是の如くして三十載を積み、光を韜み跡を混じ、儀相を変易して、或は諸の酒肆に入り、或は屠門に過り、或は街談を習ひ、或は廝役に隨ふ。或は人問て曰く、師は是れ道人なり。何が故ぞ是の如くなる。師曰く、我れ自ら心を調ふ。何ぞ汝が事に關らん。後に筦城縣の匡救寺の三門の下に於て法要を開演す。四衆、林の如く會す。
時に辨和法師と云者あり、寺中に於て涅槃經を講ず。師の演法を聞て徒衆漸く引去る。辨和、其憤りにたへず。謗を邑宰翟仲侃に興す。仲侃、其邪説に惑て、師に加ふるに非法を以てす。師、怡然として委順す。卽ち隋の開皇十三年癸丑歳三月十六日なり。
抑も師は諸祖の尊德、何れも勝劣なしと雖も、重きが中に重く、貴きが中に貴し。所以者何となれば、達磨設ひ西來すとも、師若し傳通せずんば、
宗風今に及び難し。艱難、誰れよりも勝れ、志求、何れよりも超たり。初祖も眞機を待て久く説かず。殊に二祖の爲に指説せず。唯曰く、外、諸縁を息め、内、心喘ぐことなく、心、牆壁の如く以て道に入るべしと。實に是の如く慮を息れば、則ち心體を顯はすなり。是の如く言ふを聞て牆壁の如く無心ならんとす。是れ親く心を見得せず。乃ち曰く、了了として常に知る能く是の如くなれば諸佛の所證と謂ふ。然れば外、諸縁を息れば、内、萬慮なし。惺惺として昧まさず、了了として本明なり。古今を分たず、自他を隔てず。諸佛の所證、諸祖の傳心、毫末も差はず和同し來るが故に、西天と東土と傳通し、漢朝と和國と融接す。古も是の如く今も是の如し。唯古を慕ふこと勿れ。今を過さず修すべし。聖を去ること時遠しと思ふこと勿れ。己れを捨てず明らむべし。
例に依て下語せんとするに卑語あり。聞かんと要や。
空朗朗地縁思盡。了了惺惺常廓朗。
CC BY-NC-SA 4.0 — Sauf indication contraire, les contenus de ce site sont distribués sous licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.