Sēngcàn
Présentation
Sēngcàn (僧璃, † 606), troisième patriarche chinois, est l'auteur du Xinxin Ming (信心铭, Poème de la Foi dans l'Esprit), l'un des plus anciens et des plus beaux poèmes de la tradition Chan. Il reçut la transmission de Huike alors qu'il souffrait d'une grave maladie de peau.
Sa transmission est fameuse : Huike lui dit « Tu portes le poids de tes péchés. Donne-les-moi, et je t'en purifierai. » Sēngcàn chercha ses péchés et ne les trouva pas. « Je t'ai purifié », dit Huike.
Keizan commente : la maladie, le péché, l'impureté — tout cela est fabrication mentale. Le corps peut souffrir, mais la nature-Bouddha reste intacte.
Le trentième patriarche, le Grand Maître Jianzhi, rendit visite au vingt-neuvième patriarche et demanda :
Disciple, mon corps est affligé par une maladie du vent. Je prie le vénérable de confesser mes fautes. Le patriarche dit : Apporte tes fautes, et je les confesserai pour toi. Le maître, après un long silence, dit : Je ne trouve aucune faute à saisir. Le patriarche dit : J'ai déjà confessé tes fautes pour toi. Tu devrais demeurer en suivant le bouddha, le dharma et la sangha.
On ne sait de quel endroit il était. Initialement, en habit laïc, il rendit visite au deuxième patriarche.
Il avait plus de quarante ans. Il ne déclina pas son nom ni son lignage. Il vint soudainement, établit les salutations rituelles et demanda au patriarche :
Disciple, mon corps est affligé par une maladie du vent. [...] Tu devrais demeurer en suivant le bouddha, le dharma et la sangha. Le maître dit : Maintenant, en voyant le vénérable, je sais déjà ce qu'est la sangha. Je ne discerne pas encore ce qu'on nomme bouddha et dharma. Le patriarche dit : Ceci même est le bouddha, ceci même est le dharma. Le dharma et le bouddha ne font pas deux. Le joyau de la sangha est également ainsi. Le maître dit : Aujourd'hui seulement je comprends : la nature de la faute ne réside ni à l'intérieur, ni à l'extérieur, ni entre les deux. Il en est de même pour l'esprit. Le bouddha et le dharma ne font pas deux. Le patriarche le considéra profondément comme un réceptacle. Aussitôt, il le rasa et dit : Ceci est mon joyau. Tu devrais être nommé Sengcan. Cette année-là, le dix-huitième jour du troisième mois, il reçut les préceptes complets au temple Guangfu. Dès lors, sa maladie guérit progressivement. Il servit et assista pendant deux années. Le patriarche lui annonça alors : Le Grand Maître Bodhidharma, venu de l'Inde en cette terre, [...]
On ne sait de quel endroit il était. Initialement, en habit laïc, il rendit visite au deuxième patriarche. Il avait plus de quarante ans et ne déclinait pas son nom ni son lignage. Il vint soudainement, établit les salutations rituelles et demanda au maître : Disciple, mon corps est affligé par une maladie du vent. Je prie le vénérable de confesser mes fautes. Le maître dit : Apporte tes fautes, et je les confesserai pour toi. Le laïc, après un long silence, dit : Je ne trouve aucune faute à saisir. Le maître dit : J'ai déjà confessé tes fautes pour toi.
Il convient de s'appuyer sur le Bouddha, le Dharma et la Sangha. Il dit : 'Maintenant que j'ai vu le vénérable, je sais que c'est la Sangha. Je ne discerne pas encore ce qu'on appelle le Bouddha et le Dharma.'Le maître dit : 'Ce cœur est Bouddha, ce cœur est Dharma. Le Dharma et le Bouddha ne font pas deux. Le joyau de la Sangha est également ainsi.'Il dit : 'Aujourd'hui seulement, je comprends que la nature de la faute n'est ni à l'intérieur, ni à l'extérieur, ni au milieu. Tout comme ce cœur, le Bouddha et le Dharma ne font pas deux.'Le Grand Maître le tint en haute estime. Il lui rasa aussitôt la tête, disant : 'Tu es mon joyau. Il convient de te nommer Sengcan.'Cette année-là, le dix-huitième jour du troisième mois, il reçut les préceptes complets au temple Guangfu. Dès lors, sa maladie s'atténua progressivement. Il servit et assista pendant deux années. Le Grand Maître lui annonça alors : 'Bodhidharma (les anciens textes disent Dharma Bodhi), venu de loin de l'Inde, m'a transmis à la fois la robe et le Dharma. Moi, je te les transmets à mon tour.'Il dit aussi : 'Bien que tu aies déjà obtenu le Dharma,
tu ne dois pas pour l'instant entrer dans les montagnes profondes pour enseigner et convertir. Il y aura certainement un désastre national.'Le maître dit : 'Puisque le Maître le sait à l'avance, je vous prie de bien vouloir m'instruire et me guider.'Le Patriarche dit : 'Ce n'est pas moi qui le sais. C'est plutôt la prédiction transmise par Bodhidharma de Prajñātāra qui dit : 'Bien que le cœur soit de bon augure, l'extérieur est néfaste.'En vérifiant les dates, cela correspond précisément à toi. Médite profondément sur ces paroles antérieures, ne tombe pas dans le désastre du monde.'
Dès lors, il se cacha sur le mont Wangong pendant plus de dix ans. C'était à l'époque où l'empereur Wu des Zhou abolit le Dharma du Bouddha. Ainsi, il se rendit au mont Sikong dans le comté de Taihu, sans demeure fixe, son apparence changeant également. De cette manière, il reçut le novice Daoxin et plus tard lui annonça : 'Depuis que le Maître précédent
m'a transmis la transmission, je suis allé à Yedu et j'y suis resté trente ans. Maintenant que je t'ai obtenu toi, pourquoi resterais-je ici ?'Il se rendit aussitôt au mont Luofu, puis retourna à son ancien lieu. Les gens et les notables accoururent et établirent de grandes offrandes de dāna. Le maître, pour l'assemblée des quatre groupes, exposa largement l'essentiel du cœur et, ayant achevé,
lors de l'assemblée du Dharma, sous un grand arbre, il joignit les paumes et trépassa.
Ses paroles, telles que l'inscription 'Foi en l'Esprit'et autres, furent compilées et sont parvenues jusqu'à aujourd'hui. Plus tard, on lui décerna le titre de Grand Maître Jianzhi.
Lors de sa première rencontre, son corps était affligé d'un mal dit lèpre. Cependant, lorsqu'il rencontra le Patriarche, la maladie karmique s'élimina soudainement, sans autre circonstance particulière. Il comprit pleinement que la nature de la faute est insaisissable, et apprit que l'esprit-dharma est originellement pur. Sur cette base, il entendit qu'il n'y a pas deux dans le Dharma du Bouddha, et dit que l'esprit-dharma est ainsi.
Le Maître dit encore : « Autrefois, le grand maître Ke me transmit le Dharma. Ensuite, il alla enseigner à Yedu pendant trente ans avant de mourir. Maintenant que je t'ai obtenu, pourquoi resterais-je ici ? » Il se rendit aussitôt au mont Luofu où il erra librement deux années. De retour à son ancien lieu, après plus d'un mois, les gens accoururent et organisèrent une grande offrande. Le Maître exposa largement l'essentiel de l'esprit aux quatre assemblées. Puis, sous un grand arbre de l'assemblée du Dharma, il joignit les paumes et mourut debout. En vérité, lorsqu'on reconnaît l'esprit originel, il n'y a même pas de différence entre mort ici et naissance là. À plus forte raison, y aurait-il distinction entre faute et racine de bien ? Ainsi, les quatre grands éléments et les cinq agrégats finalement n'existent pas ; peau, chair, os et moelle sont originellement libérés. C'est pourquoi la maladie de lèpre s'élimina, et l'esprit originel se manifesta devant lui. Finalement, il fut placé sur la troisième position de Patriarche.
Exposant largement l'essentiel du Dharma, il dit : « Depuis qu'il est dit que la voie suprême n'est pas difficile, elle déteste seulement choisir », il enseigne : « La voie des paroles est coupée, elle n'est ni ancienne ni actuelle. »
En vérité, il n'y a ni intérieur ni extérieur, ni milieu. Que choisir et que rejeter ? On ne peut ni saisir
ni abandonner. Puisqu'il n'y a ni aversion ni attachement, c'est clair et lumineux. À aucun moment il ne manque quoi que ce soit, aucune chose n'a de dharma en surplus. Cependant, même ainsi, si on examine minutieusement et atteint le lieu de l'insaisissable, on arrive au seuil de l'inconcevable. Sans s'identifier à l'annihilation, sans s'égaler au bois ou à la pierre, capable de frapper le vide pour produire un écho, d'attacher la foudre pour former une forme, si on pose minutieusement l'œil sur le lieu sans trace, et qu'on ne se cache plus, c'est bon.
« La voie suprême n'est pas difficile, elle déteste seulement choisir. » « La voie des paroles est coupée, elle n'est ni ancienne ni actuelle. » Si c'est ainsi, même si on dit qu'elle n'est pas le dharma devant les yeux, ni ce que les oreilles et les yeux atteignent,
Il faut voir sans la moindre entrave, comprendre sans la moindre divergence.
Comment alors discerner et commenter cette causalité ?
La nature vide n'a ni dedans ni dehors. Le bien et le mal ne laissent pas de trace. L'esprit et le bouddha sont ainsi par essence. Le dharma et la communauté s'éveillent d'eux-mêmes.
Le Congronglu dit : « Ce n'est pas un phénomène du moment présent, il échappe à l'oreille et à l'œil. »
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第三十祖、鑑智大師、參二十九祖、問曰、
弟子身纏風恙、請和尚懺罪。祖曰、將罪來、與汝懺。師良久曰、覓罪不可得。祖曰、我與汝懺罪竟。宜依佛法僧住。
何の許の人と云ふことを知らず。初め白衣を以て二祖に謁す。
歳四十餘なり。名氏を言はず。聿に來て禮を設て、祖に問て曰く、
弟子が身、風恙に纏はる。乃至、宜く佛法僧に依て住すべし。師曰く、今、和尚を見て已に是れ僧なることを知る。未審、何をか佛法と名く。祖曰く、是心是佛、是心是法、法佛無二なり。僧寶も亦然り。師曰く、今日始て知ぬ、罪性は内に在らず、外に在らず、中間にも在らず。其心の如きも然り。佛法も無二なり。祖、深く之を器とす。卽ち爲に剃髪して曰く、是れ吾が寶なり。宜く僧璨と名くべし。其年三月十八日、光福寺に於て受具せしむ。茲れより疾漸く愈ゆ。執侍すること二載を經る。祖乃ち告て曰く、達磨大師、竺乾より此土に來りて、
《景德傳燈錄》不知何許人也。初以白衣謁二祖。(T 2076.51.221c14-15).《景德傳燈錄》年踰四十不言名氏。聿來設禮而問師曰弟子身纏風恙。請和尚懺罪。師曰。將罪來與汝懺。居士良久云。覓罪不可得。師曰。我與汝懺罪竟。
宜依佛法僧住。曰今見和尚已知是僧。未審何名佛法。師曰。是心是佛。是心是法。法佛無二。僧寶亦然。曰今日始知罪性不在内不在外不在中間。如其心然佛法無二也。大師深器之。即爲剃髮。云是吾寶也。宜名僧璨。其年三月十八日於光福寺受具。自茲疾漸愈。執侍經二載。大師乃告曰。菩提達磨(舊本云達磨菩提) 遠自竺。(T 2076.51.220c15-25).衣法共に吾に附す。吾、又汝に附す。又曰く、汝已に得法すと雖も、
且らく深山に入て行化すべからず。當に國難あるべし。師曰く、師既に預め知れり。願くは示誨を垂れたまへ。祖曰く、吾れ知るに《景德傳燈錄》宜處深山。未可行化當有國難。璨曰。師既預知。願垂示誨。師曰。非吾知也。斯乃達磨傳般若多羅懸記云。心中雖吉外頭凶是也。吾校年代正在于茲。當諦思前言勿罹世難。(T 2076.51.221a1-5).非ず。斯れ乃ち達磨、般若多羅の縣記を傳ふるに曰く、心中吉なりと雖も、外頭凶なりと云は是なり。吾れ年代を挍るに正に汝に在り。當に諦に前言を思て世難に罹ること勿れ。
然しより皖公山に隱れて十歳餘を經たり。卽ち周の武帝、佛法を廢せしときなり。是に依て司空山に往來し、居するに常處なし、形また變易《景德傳燈錄》隱于舒州之皖公山。屬後周武帝破滅佛法。師往來太湖縣司空山。居無常處積十餘載。(T 2076.51.221c15-17).是の如くして沙彌道信を接して後に告て曰く、先師、
我に傳通してより後、鄴都に往て三十年を經たり。今、吾れ汝を得る、何ぞ此に滯らんや。卽ち羅浮山に適きて後に舊趾に還る。士民奔趨して大に檀供を設く。師、四衆の爲に博く心要を宣べ訖て、
法會に於て大樹下に合掌して終る。
其語、信心銘等を錄して今に流傳し來る。後に鑑智大師の號を贈る。
其最初參見の時、身、風恙に纏はるといふは癩病なり。然ども祖師に參見せしに、業病、忽ちに消除せし因縁、別の樣子なし。罪性不可得なることを了知し、心法、本清淨なることを學悟す。之に依て佛法に二つなしと聞き、心法如然なりといふ。
《景德傳燈錄》師又曰。昔可大師付吾法。後往鄴都行化三十年方終。今吾得汝何滯此乎。即適羅浮山優游二載。却旋舊址逾月。士民奔趨大設檀供。師爲四眾廣宣心要訖。於法會大樹下合掌立終。(T 2076.51.221c26-222a1).實に本來心を識得せんとき、尚ほ死此生彼、差異なし。何に況や罪惡善根の辨別あらんや。之に依て四大五蘊終に存せず、皮肉骨髓本より解脱す。故に瘋恙の病消除し、本來の心現前す。終に第三の祖位に列なる。
法要を廣く説くに曰く、至道無難、唯嫌揀擇と謂ふより、言語道斷、非古來今と説く。
實に是れ内外なく中間なし。何をか擇び何をか捨てん。取ることも得ず、
捨ることも得ず。既に憎愛なく洞然明白なり。時として欠たる所なく、物として餘る法なし。然も是の如くなりと雖も、子細に參徹して不可得の處を得來り、不思議の際に到りもてゆく。斷滅に同ふすることなく、木石に等きことなく、能く空を叩て響を爲し、電を繫で形を爲し、沒蹤跡の處に子細に眼を著け、更に藏身することなくんば好し。
《信心銘》至道無難、唯嫌揀擇 。(T 2010.48.376b20).《信心銘》言語道斷、非古來今。 (T 2010.48.377a10).若し恁麼ならば、他は是れ目前の法に非ず、耳目の所到に非ずといふとも、
一絲毫の礙滯なく見得し、一微塵の異路なく了得すべし。
且く如何が辨別して此因縁に著語することを得ん。
性空無内外。罪福不留蹤。心佛本如是。法僧自曉聰。
《從容錄》他不是目前法。非耳目之所到。(T 2004.48.254a14-15).
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