Hóngrěn
Présentation
Hóngrěn (弘忍, 601–674), cinquième patriarche chinois, est une figure de stabilité et de maturité dans l'histoire du Chan. Il passa toute sa vie sur le mont Huangmei (黄梅), où il enseigna à des milliers de moines sans jamais en descendre.
Son surnom était « celui qui ne descend jamais de la montagne ». Il incarne la puissance de l'enracinement : le Dharma n'a pas besoin d'être porté de place en place — il suffit de rester immobile et d'attirer ceux qui cherchent.
Keizan voit en Hóngrěn l'exemple de la maturité du Chan chinois : l'âge des fondateurs héroïques est passé, celui des communautés stables commence. Le Dharma est assez fort pour attirer à lui les chercheurs sincères.
Le trente-deuxième patriarche, le grand maître Chan Man, rencontra le trente-et-unième patriarche sur le chemin de Huangmei.
Le patriarche demanda : 'Quel est ton nom de famille ?'Le maître répondit : 'La nature existe, mais ce n'est pas un nom de famille ordinaire.'Le patriarche dit : 'Quelle est cette nature ?'Le maître répondit : 'C'est la nature de bouddha.'Le patriarche dit : 'Tu n'as donc pas de nature ?'Le maître répondit : 'Parce que la nature est vide.'Le patriarche, en silence, reconnut en lui un réceptacle du dharma.
Le maître demanda : 'Quel est ton nom de famille ?'Il répondit : 'La nature existe, mais ce n'est pas un nom de famille ordinaire.'Le maître dit : 'Quelle est cette nature ?'Il répondit : 'C'est la nature de bouddha.'Le maître dit : 'Tu n'as donc pas de nature ?'Il répondit : 'Parce que la nature est vide.'Le maître, en silence, reconnut en lui un réceptacle du dharma. Le patriarche demanda : 'Quel est ton nom de famille ?'Le maître répondit : 'La nature existe, mais ce n'est pas un nom de famille ordinaire.'Le patriarche dit : 'Quelle est cette nature ?'Le maître répondit : 'C'est la nature de bouddha.'Le patriarche dit : 'Tu n'as donc pas de nature de bouddha ?'Le maître répondit : 'Parce que la nature de bouddha est vide, donc on dit qu'elle n'existe pas.'Le patriarche reconnut en lui un réceptacle du dharma.
Il transmit la robe et le bol à la lignée.
Il était originaire du district de Huangmei dans la préfecture de Qi. Auparavant, il avait été un planteur de pins dans les montagnes de Potou. Il demanda un jour au quatrième patriarche : 'Puis-je entendre la voie du dharma ?'Le patriarche dit : 'Tu es déjà vieux. Même si tu l'entendais, pourrais-tu répandre largement l'enseignement ? Si tu reviens, je pourrai encore t'attendre.'Il partit donc.
Il arriva au bord de l'eau et vit une jeune femme lavant des vêtements. Il la salua et dit : 'Puis-je trouver un logement ici ?'La femme dit : 'J'ai un père et un frère, tu peux aller leur demander.'Il dit : 'Si tu acceptes, j'oserai alors le faire.'La femme inclina la tête en signe d'assentiment. Il fit alors demi-tour avec son bâton et partit. Cette femme était la plus jeune fille de la famille Zhou. De retour chez elle, elle tomba enceinte. Ses parents, horrifiés, la chassèrent. La femme n'avait nulle part où aller. Le jour, elle travaillait comme fileuse dans le village, la nuit elle dormait sous l'auvent d'une maison commune. Elle donna finalement naissance à un enfant. Le considérant comme de mauvais augure, ils l'abandonnèrent dans l'eau boueuse.
Le grand le chasse avec méchanceté. La femme, sans lieu où retourner, file pour des gages dans le village le jour, et le soir dort sous le porche des auberges. Finalement, elle donne naissance à un enfant. Le considérant comme un mauvais présage, elle l'abandonne dans le port boueux, mais le courant remonte et son corps ne se mouille pas. Des êtres divins le protègent et pendant sept jours il ne subit aucun dommage. Ce qu'on appelle des êtres divins,
le jour, deux oiseaux sont là, alignant leurs ailes pour le couvrir. La nuit, deux chiens sont là, fléchissant les genoux pour le garder. Son énergie vitale et son corps sont frais et lumineux, et ses six facultés sensorielles ne manquent de rien. Sa mère, le voyant, le trouve étrange et merveilleux et l'élève avec soin. En grandissant, il mendie avec sa mère. Les gens l'appellent l'enfant sans nom de famille. Un sage est là qui dit : Cet enfant manque de sept caractéristiques pour égaler le Tathagata.
Il mendiait avec sa mère. Les villageois l'appelaient l'enfant sans nom de famille. Il rencontra un sage. Celui-ci s'exclama : Cet enfant manque de sept caractéristiques.
Un jour, en allant vers le district de Huangmei, il rencontra sur la route un jeune garçon. La structure de ses os était étrangement élégante, différente des enfants ordinaires. Le maître demanda : Quel est ton nom de famille ? Il répondit : Un nom de famille, il y en a, mais ce n'est pas un nom de famille ordinaire. Le maître dit : Quel nom de famille ? Il répondit : C'est la nature de bouddha. Le maître dit : Tu n'as pas de nature ?
Il répondit : Parce que la nature est vide. Le maître, en silence, reconnut en lui un réceptacle du dharma. Il envoya immédiatement un assistant chez lui, auprès de ses parents, pour leur demander la permission de le faire quitter la vie laïque. (Sur la route de Huangmei, il rencontra le Quatrième Patriarche qui sortait en voyage. Le Quatrième Patriarche, trouvant la structure osseuse de cet enfant étrangement élégante, différente des enfants ordinaires, demanda : Quel est ton nom de famille ? Et ainsi de suite... Le Patriarche, en silence, reconnut qu'il était un réceptacle du dharma, et par l'intermédiaire d'un assistant, demanda à sa mère la permission de le faire quitter la vie laïque.
Il avait alors sept ans. Ainsi, ayant reçu la robe et obtenu l'ordination, depuis qu'il reçut la transmission du dharma et quitta la vie laïque, dans les douze périodes de la journée, il n'y avait pas un jour ou une nuit où il n'était pas empêché par le coussin de méditation. Bien qu'il ne manquât à aucune autre tâche, c'est ainsi qu'il s'assit et vint.
La deuxième année de l'ère Shangyuan, il s'adressa à l'assemblée et déclara : 'Mon œuvre est désormais accomplie. Il est temps de partir.'Sur ces mots, il s'assit et trépassa.
Soudain, il annonça à la foule : 'Mon œuvre est aujourd'hui achevée, le moment est venu de partir.'Ni reçu du père ni reçu de l'ancêtre, ni hérité du Bouddha ni hérité du patriarche, il possède pourtant un nom : on l'appelle nature de bouddha. En vérité, étudier le chan et pratiquer la voie vise fondamentalement à atteindre la racine, à éclaircir et illuminer le cœur et la nature. Si l'on n'atteint pas la racine, on vit en vain et meurt en vain, s'égarant soi-même et égarant autrui. Ce qu'on nomme nature originelle : vous tous, dans vos morts et vos renaissances successives, même si les visages et les formes diffèrent, à chaque instant, vous ne manquez jamais d'une sagesse claire et distincte. Il faut le comprendre par les causes et conditions d'aujourd'hui.
Autrefois, le pratiquant Zaisong demanda la voie du dharma, jusqu'à ce qu'il reçoive la transmission du kesa et du dharma sous la forme d'un enfant de sept ans. Ce n'est certainement pas que le cœur change avec la vie. Comment la nature pourrait-elle être altérée par la forme ? Le maître chan Hongzhi, dans son éloge du vrai maître Ren, dit : 'Deux corps en avant et en arrière, un seul cœur à travers passé et présent.'
Bien que les deux corps aient changé, le cœur à travers passé et présent n'est pas différent. Sachez-le : depuis d'innombrables kalpas, il en est simplement ainsi. Si l'on peut réaliser et atteindre cette nature originelle, cette nature ne se distingue pas fondamentalement par les quatre castes, car les quatre castes partagent la même nature. Parce que la nature originelle est ainsi, lorsque les membres des quatre castes quittent le foyer, ils sont tous appelés Shakya. Cela montre qu'il n'y a aucune différence.
Deux corps en avant et en arrière. Un seul cœur à travers passé et présent. Le phénix solitaire danse dans le vent devant le miroir de cristal. La longue baleine, sous la lune, fend la forêt de corail. Le bol à aumônes du barbare du Sud, que diront les hommes ? Combien de nuits au moulin du printemps sans bruit de pilon ?
En vérité, il n'y a ni séparation pour moi ni séparation pour vous, seulement le port des traits de son propre visage et de celui d'autrui, exactement comme les corps successifs. Sans pouvoir ainsi discerner et éclaircir le cœur, on prétend vainement à son propre présent, on sépare son propre corps du corps d'autrui. À cause de cela, on s'attache passionnément à chaque chose, on s'égare à chaque instant. Cependant, une fois qu'on a clairement atteint ce terrain, même si l'on change de forme et transmigre dans de nouvelles vies, comment cela pourrait-il entraver le soi ou altérer le cœur ?
Par le moine d'aujourd'hui et l'enfant, on doit le savoir. Déjà, sans père, il naît. On doit savoir que l'homme ne naît pas nécessairement du sang et des veines des parents. Ainsi, bien que les vues des attachements passionnés disent que le corps, les cheveux, la peau sont reçus des parents, il faut savoir que ce corps n'est pas les cinq agrégats. Si l'on réalise que ce corps est ainsi, il n'y a rien qui m'accompagne, pas un instant qui diffère de soi. C'est pourquoi les anciens ont dit : 'Depuis d'innombrables kalpas, tous les êtres sensibles ne sortent pas du samadhi de la nature du Dharma.'En réalisant ainsi, en pratiquant ainsi, on rencontre rapidement le Quatrième Patriarche et on s'égalise avec le Cinquième Patriarche. Il n'y a pas de séparation entre le Japon et la Chine, pas de distinction entre l'ancien et le moderne.
Comment donc indiquer et obtenir la correspondance avec cette vérité ?
Clair de lune, eau pure, ciel d'automne limpide. Comment un nuage pourrait-il souiller le grand ciel pur ?
Le Sutra Shurangama dit : 'Sachez que l'espace vide naît dans votre esprit, comme un nuage dans le grand ciel pur. À plus forte raison, les mondes dans l'espace vide.'
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第三十二祖、大滿禪師、於黄梅路上逢三十一祖。
祖問曰、汝何姓。師曰、性卽有、不是常姓。祖曰、是何姓。師曰、是佛性。祖曰、汝無姓耶。師曰、性空故無。祖默識其法器、
《景德傳燈錄》師問曰。子何姓。答曰姓即有不是常姓。師曰。是何姓。答曰。是佛性。師曰。汝無性耶。答曰。性空故。師默識其法器。(T 2076.51.222b11-14).《正法眼藏、佛性》汝何姓。師答曰、姓即有、不是常姓。祖曰、是何姓。師答曰、是佛性。祖曰、汝無佛性。師答曰、佛性空故、所以言無。祖識其法器、
傳附法衣。
蘄州黄梅縣の人なり。先に破頭山の栽松道者たり。嘗て四祖に請て曰く、法道得て聞つべしや。祖曰く、汝已に老たり、若し聞くことを得るとも、夫れ能く化を廣めんや。若し再來せば吾尚ほ汝第卅二祖大滿禅師黄梅路上ニ乄卅一祖ニ値祖問云汝ハ何姓ソ師云姓ハ即アリ是常姓ニ非《五燈會元》蘄州黃梅人也。先爲破頭山中栽松道者。甞請於四祖曰。法道可得聞乎。祖曰。汝已老。脱有聞。其能廣化邪。儻若再來。吾尚可遲汝。廼去。
行水邊。見一女子浣衣。揖曰。寄宿得否。女曰。我有父兄。可往求之。曰。諾我。即敢行。女首肯之。遂回䇿而去。女周氏季子也。歸輙孕。父母大惡。逐之。女無所歸。日傭紡里中。夕止於衆館之下。已而生一子。以爲不祥。因拋濁を遲つべしと。卽ち去て水邊に往て一りの女子の衣を洗ふを見て、揖して曰く、寄宿し得てん、否や。女曰く、吾に父兄あり、往て之を求むべし。曰く、諾せば我れ卽ち敢て行かん。女、首肯す。遂に策を回して去る。女は周氏の季子なり。歸て輒ち孕む。父母、
大に惡て之を逐ふ。女、歸する所なく、日に里中に傭紡し、夕には衆舘の下に宿す。終に一子を生ず。以て不祥として濁港の中に捨流に遡りて体濡ふことなし。神物護持して七日損せず。謂ゆる神物と云は、
晝は二羽の鳥ありて、羽を並べて之を覆ふ。夜は二疋の狗ありて、膝を屈して之を守る。氣体鮮明にして六根欠ることなし。母、之を見て奇異なりとして鞠養す。長ずるに及で母と共に乞食す。人呼で無姓兒と謂ふ。一りの智者ありて曰く、此子、七種の相を欠て如來に及ばず。
《五燈會元》隨母乞食。里人呼爲無姓兒。逢一智者。歎曰。此子缺七種相。
《景德傳燈錄》一日往黃梅縣路逢一小兒。骨相奇秀異乎常童。師問曰。子何姓。答曰姓即有不是常姓。師曰。是何姓。答曰。是佛性。師曰。汝無性耶。
答曰。性空故。師默識其法器。即俾侍者至其家。於父母所乞令出家。(T黄梅路上に四祖の出遊に遇ふ。四祖、此童子の骨相奇秀、常童に異なれりとして、問て曰く、汝何の姓ぞ。乃至、祖黙して其法器なることを識り、侍者を以て母に請て出家せしむ。
時に七歳なり。乃ち受衣得度し傳法出家せしより、十二時中、一時も蒲團に礙えられざる日夜あらず。餘務欠くことなしと雖も、此の如く坐し來る。
上元二年、徒に示して曰く、吾事、既に畢りぬ。便ち逝くべし、と云て坐化す。
《景德傳燈錄》上元二年 (乙亥歳乃唐高宗時也。至肅宗時復有上元年號。其二年歳在辛丑也)。忽告衆曰。吾今事畢時可行矣。(T 2076.51.223a29-b1).父に受けず祖に受けず、佛に嗣がず祖に嗣がずして姓あり、之を佛性と謂ふ。夫れ參禪學道は本是れ根本に達し、心性を廓明せんが爲なり。若し根本に到らざれば、徒に生し徒に死して、己に迷ひ他に迷ふ。謂ゆる本性と云は、汝等諸人、死死生生、設ひ面面形異にすとも、時時刻刻、悉く了了智を具せずといふことなし。謂ゆる今日の因縁を以て知るべし。
昔し栽松道者、法道を請して、今七歳の童子として衣法を傳るに到るまで、必ず生にて心變ずるに非ず。形に依て性の改ることあらんや。宏智禪師の忍大師眞讚に曰く、前後兩身、古今一心と。
兩身既に換れりと雖も、古今別心なし。知るべし、無量劫來より只恁麼なることを。若し能く此本性に體達せば、此性本より四姓を以て辨ずべきに非《宏智禪師廣錄》奇女之兒。雙峯之嗣。傳衣世稱乎妙齡。栽松我愧乎頹齒。
前後兩身。古今一心。孤鸞風舞玻璃鏡。長鯨月[馬*展]珊瑚林。鉢盂狤獠人將云。幾夜春坊無碓音。(T 2001.48.101c4-8).ず、四姓是れ同性なるが故に。本性是の如くなるが故に、乃ち四姓出家すれば同く釋氏と稱す。其差異なきことを知らしむ。
實に是れ吾も隔てず汝も隔てず、僅に自他の面目を帶する、恰も前後身の如し。是の如く辨別し心を明らめ得ることなふして、妄りに自己目前を稱し、自身他身を分つ。之に依て物毎に情執し、時と共に迷惑す。然も一度這箇の田地を明らめ得ば、設ひ形を換へ生を轉ずるとも、何ぞ己を妨げ心を變ずることあらんや。
今の道者と童子とを以て知るべし。既に父なふして生ず。知るべし、人必ず父母の血脈を受て生ぜざることを。然れば、則ち既に情執の所見、身體髪膚、父母に受くと雖も、是身卽五蘊に非ずと知るべし。是身是の如しと會せば、總て我と伴ふ者なく、片時も己れに異なる時なからん。故に古人曰く、一切衆生、無量劫來より法性三昧を出でずと。是の如く體得し、是の如く踐得せば、早く四祖と相見し、五祖と齊肩なることを得ん。和漢の隔てなく、古今の別なからん。
且らく作麼生か指注して、此道理に相應することを得ん。
月明水潔秋天淨。豈有片雲點大清。
《首楞嚴經》當知虛空生汝心内。猶如片雲點太清裏。況諸世界在虛空耶。(T
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