Qīngyuán Xíngsī
Présentation
Qīngyuán Xíngsī (青原行思, 671–740), septième patriarche chinois dans la lignée du Sud, était l'un des disciples les plus proches du sixième patriarche Huineng. Originaire du Jiangxi, il fonda la lignée Qīngyuán.
Son échange avec Huineng est célèbre : Huineng lui demanda ce qu'il fallait faire pour ne pas tomber dans les degrés. Xíngsī répondit : « Que fais-tu des choses sacrées ? » — « Même la plus haute chose n'existe pas. » Huineng reconnut en lui un éveillé.
Keizan loue la liberté radicale de Xíngsī : même le sacré doit être abandonné. La Voie n'est ni sainte ni profane — elle est ce qu'elle est.
Le trente-quatrième patriarche, le grand maître Hongji, rendit visite à l'assemblée de Caoxi.
Il demanda : « Que doit-on entreprendre pour ne pas tomber dans les degrés hiérarchiques ? » Le patriarche dit : « Qu'as-tu fait jusqu'à présent ? » Le maître dit : « Je ne pratique même pas la vérité sacrée. » Le patriarche dit : « Dans quel degré tombes-tu alors ? » Le maître dit : « La vérité sacrée n'est même pas pratiquée, quels degrés pourraient exister ? » Le patriarche le tint en haute estime. Il était originaire d'Ancheng dans le Jizhou, fils de la famille Liu. Il quitta la maison dans sa jeunesse. Chaque fois que la communauté discutait du dharma, le maître restait silencieux. Plus tard, ayant entendu parler de l'assemblée du dharma de Caoxi, il s'y rendit pour rendre hommage. Il demanda : « Que doit-on entreprendre pour ne pas tomber dans les degrés hiérarchiques ? » Le patriarche dit : « Qu'as-tu fait ? » Le maître dit : « Je ne pratique même pas la vérité sacrée. » Le patriarche dit : « Dans quel degré tombes-tu ? » Il dit : « La vérité sacrée n'est même pas pratiquée, quels degrés pourraient exister ? » Le patriarche le tint en haute estime.
Le patriarche le tint en haute estime. Bien que les disciples de l'assemblée fussent nombreux, le maître occupait la première place. C'était comme le deuxième patriarche qui, sans parler, fut considéré par Shaolin comme ayant obtenu la moelle. Un jour, le patriarche dit au maître : « Depuis toujours, la robe et le dharma vont de pair, maîtres et disciples se les transmettent successivement. La robe sert à manifester la confiance, le dharma à imprimer l'esprit. Maintenant que j'ai trouvé la personne, pourquoi craindrais-je le manque de confiance ? Depuis que j'ai reçu la robe, j'ai rencontré bien des difficultés. À plus forte raison, les conflits des générations futures seront nombreux. La robe restera donc pour protéger la porte de la montagne. Toi, tu dois répandre l'enseignement dans une région, sans laisser la transmission s'interrompre. » Le maître, ayant obtenu le dharma, résida au temple Jingju sur la montagne Qingyuan dans le Jizhou.
Parmi les nombreux maîtres, il occupait la première place. C'était comme le deuxième patriarche qui, sans parler, fut considéré par Shaolin comme ayant obtenu la moelle. Un jour, le patriarche dit au maître : « Depuis toujours, la robe et le dharma vont de pair, maîtres et disciples se les transmettent successivement. La robe sert à manifester la confiance, le dharma à imprimer l'esprit. Maintenant que j'ai trouvé la personne, pourquoi craindrais-je le manque de confiance ? Depuis que j'ai reçu la robe, j'ai rencontré bien des difficultés. À plus forte raison, les conflits des générations futures seront nombreux. La robe restera donc pour protéger la porte de la montagne. Toi, tu dois répandre l'enseignement dans une région, sans laisser la transmission s'interrompre. » Le maître, ayant obtenu le dharma, résida au Jizhou. Il répandit l'enseignement au même titre que Caoxi, et après avoir formé Shitou, nombreux furent ceux de la lignée de Caoxi qui vinrent se joindre à lui, se succédant sans interruption. Il fut particulièrement la lumière éclatante de Dajian.
Puis, le treizième jour du douzième mois de l'année gengchen de la vingt-huitième année de l'ère Kaiyuan des Tang, il monta dans la salle, s'adressa à l'assemblée, s'assit en lotus et trépassa. Plus tard, on lui décerna le titre posthume de grand maître Hongji.
En vérité, il ne discutait pas du dharma en communauté. C'était particulièrement une conduite silencieuse et hors du commun. Une telle force d'effort et d'application de l'esprit, lorsqu'il vint interroger Caoxi en disant : « Que doit-on entreprendre pour ne pas tomber dans les degrés hiérarchiques ? » montrait réellement une vision pénétrante et fine, sans orientation particulière. Le patriarche, voulant le faire exprimer rapidement sa réalisation, lui demanda : « Qu'as-tu fait jusqu'à présent ? » Soudain, l'alène...
Ne se cachant pas dans le fourreau, la pointe déjà dévoilée, il vient et dit : Même la vérité sacrée n'est pas établie.
Selon le Jingde Chuandeng Lu, le treizième jour du douzième mois de l'année Gengchen, vingt-huitième année de l'ère Kaiyuan des Tang, il monta en chaire, s'adressa à l'assemblée, s'assit en lotus et trépassa. L'empereur Xizong entendit ainsi ce qui est difficile à entendre, rencontra ce qui est difficile à rencontrer. Même si l'aspiration cesse, il reste encore une part de préservation de soi-même. Si l'on est capable d'être ainsi, alors on risque de tomber dans le profond piège de la libération erronée. C'est pourquoi, depuis toujours, on nomme cet endroit l'attachement au dharma. Yunmen le qualifia de deux maladies du corps du dharma. En vérité, cela vient de ne pas avoir percé à travers cet endroit.
Hum, chercher la voie. Il faut seulement préserver et assumer soi-même. Cependant, aujourd'hui, ce n'est pas seulement assumer sa propre part, mais avoir traversé la passe et venir. C'est pourquoi le patriarche dit : À quel échelon tomberait-il ? En vérité, dans le lieu mystérieux, il n'existe ni surface ni intérieur ; à l'extrême profondeur, même la hache et le ciseau ne peuvent l'ouvrir. C'est pourquoi il dit : Quel échelon pourrait-il y avoir ? Ayant percé à travers un tel terrain, sans nuage, ayant investigué jusqu'au bout et épuisé toute chose. C'est pourquoi il dit : Même la vérité sacrée n'est pas encore établie.
Quel échelon pourrait-il y avoir ?
En vérité, même si l'on voulait établir des échelons, dans le vide, il n'y a fondamentalement aucune limite. Où pourrait-on disposer les marches de l'échelle ? Ceux qui, en cet endroit, interprètent le sens selon les textes, tombent depuis toujours dans la vue de la vacuité de tous les dharmas,
et produisent la compréhension de l'extinction totale des dix mille phénomènes. Puisqu'on dit que même la vérité sacrée n'est pas encore établie, comment pourrait-on demeurer dans la vacuité des dharmas ?
Examine avec une minutie extrême et une attention pénétrante. Cette terre de vacuité lumineuse est plus claire que le soleil éclatant. Cette vraie nature, vaste et spirituelle, bien qu'elle ne soit pas discriminante, possède une sagesse parfaitement claire et circulairement lumineuse. Bien qu'elle ne porte pas de moelle, il y a un corps clair et lumineux qui ne se cache pas. Ce corps ne peut être discerné par le mouvement ou l'immobilité. Cette connaissance ne peut être discernée par la conscience ou la sagesse. Puisque la conscience et la sagesse sont cette connaissance même, le mouvement et l'immobilité ne sont pas autres non plus.
C'est pourquoi même les bodhisattvas parvenus par étapes jusqu'à la dixième terre ne voient pas encore clairement la nature de bouddha. Pour quelle raison ? Le Bouddha dit : parce qu'ils conservent encore la nature du dharma, parce qu'ils établissent encore un lieu de pratique, ils ne voient pas clairement la nature de bouddha. Les bouddhas, n'ayant soudainement aucun lieu de pratique, n'ayant aucune nature de terre, voient la nature de bouddha avec une parfaite clarté.
Cette connaissance ne peut être discernée par la conscience ou la sagesse. Elle ne peut non plus être discernée par la conscience. Puisque la conscience est cette connaissance même, le mouvement et l'immobilité ne sont pas autres non plus.
D'innombrables bodhisattvas, bien qu'ils possèdent pleinement toutes les perfections et pratiquent même jusqu'aux dix demeures, ne peuvent encore voir la nature de bouddha qui leur appartient. Le Tathagata dit alors qu'ils en voient immédiatement un peu. De même, ô fils de bonne famille, ainsi les bodhisattvas parvenus à la dixième terre ne connaissent et ne voient pas encore clairement la nature de bouddha. À plus forte raison, comment les auditeurs et les éveillés solitaires pourraient-ils la voir ? Cependant, quand on ne dépend ni de la vue ni de l'ouïe, et qu'on ne s'appuie pas sur les objets ou la connaissance, examine alors en dessous. Il y a nécessairement une sagesse vivante et claire qui ne demande à personne. Il y aura une réalisation sans conscience ni confirmation.
Pour le moment, comment cette cause et condition pourrait-elle fixer des mots ? Parvenu à cette terre, si l'on demande comment cette cause et condition pourrait fixer des mots, c'est comme faire parler un homme sans langue. Si l'on parvient à entendre ce principe, c'est comme faire entendre et retenir à un homme sans oreilles, et alors seulement on pourra faire hocher la tête, parler et rire à cet homme-là.
D'innombrables bodhisattvas, bien qu'ils possèdent pleinement toutes les perfections et pratiquent même jusqu'aux dix demeures, ne peuvent encore voir la nature de bouddha qui leur appartient.
Le Tathagata ayant ainsi parlé, ils purent aussitôt entrevoir. Ces grands bodhisattvas, après avoir obtenu cette vision, s'exclamèrent tous : 'Ô merveille, Honoré du monde ! Nous qui avons erré dans d'innombrables naissances et morts, nous avons toujours été trompés par l'absence de soi.'Ô fils de bien, ces bodhisattvas qui ont atteint le dixième niveau ne discernent pas encore clairement et ne connaissent pas directement la nature de bouddha, à plus forte raison les auditeurs et les éveillés-solitaires peuvent-ils la voir ? La voie des oiseaux va et vient, laissant pourtant ses traces effacées. Comment pourrait-on chercher des degrés sur la voie mystérieuse ?
Traduit du kanbun d'après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第三十四祖、弘濟大師、參曹溪會。
問曰、當何所務卽不落階級。祖曰、汝曾作甚麼來。師曰、聖諦亦不爲。祖曰、落何階級。師曰、聖諦尚不爲、何階級之有。祖深器《景德傳燈錄》安城人也。姓劉氏幼歳出家。每群居論道師唯默然。後聞曹谿法席乃往參禮。問曰。當何所務即不落階級。祖曰。汝曾作什麼。師曰。聖諦亦不爲。祖曰。落何階級。曰聖諦尚不爲。何階級之有。祖深器之。會下學徒雖吉州安城、劉氏の子なり。幼歳にして出家し、群居して道を論ずる毎に、師は唯默然たり。後に曹溪の法席を聞て乃ち往て參禮す。問て曰く、當に何の所務か卽ち階級に落ちざるべき。乃至、
祖、深く之を器とす。會下の學徒衆しと雖も、師、首に居す。亦猶ほ二祖の言はざれども、少林之を得髓と謂が如し。一日、祖、師に謂て曰く、從上衣法雙び行ず、師資遞ひに授く。衣は以て信を表し、法は乃ち心を印す。吾今は人を得たり、何ぞ信ぜられざるを患へん。吾れ衣を受てより以來、此多難に遭ふ。況や後代の爭競必ず多からん。衣は卽ち留めて山門を鎭せん。汝、當に化を一方に分て斷絶せしむることなかるべし。師、既に法を得て吉州の青原山靜居寺に住す。
眾師居首焉。亦猶二祖不言少林謂之得髓矣。一日祖謂師曰。從上衣法雙行師資遞授。衣以表信。法乃印心。吾今得人何患不信。吾受衣以來遭此多難。況乎後代爭競必多。衣即留鎮山門。汝當分化一方無令斷絶。師既得法。住吉州乃ち曹溪と同く化を並べ、卒に石頭を接せしより、夥く曹溪の鱗下に投ぜしやから、踵を繼で來る。尤も大鑑の光明とす。
乃ち唐の開元二十八年庚辰十二月十三日、陞堂して衆に告て、跏趺して而して逝す。後に弘濟大師と謚す。
實に群居論道せず。殊に默然たる不群の行持なり。是の如き功夫用心の力、曹溪にして問來るに、當に何の所務か階級に落ちざるべきと云ふ。實に是れ子細に見得して、聿に趣向の處なし。祖また彼れをして速に所證を打著せしめんとして、爲に問て曰く、汝、曾て甚麼をか作し來る。卒に錐、
囊にこもらず、鋒、既に露はれ、來て曰く、聖諦も亦た爲さず。
《景德傳燈錄》唐開元二十八年庚辰十二月十三日。陞堂告眾跏趺而逝。僖宗是れ聞き難きを聞き、逢ひ難きに逢ふなり。設ひ趣向やむとも、尚ほ自己を保任する分あり。若し能く此の如くなれば、則ち是れ錯まりて解脱の深坑に落ちぬべし。故に古今此處を名けて法執とす。雲門は法身二種の病と謂へり。實に此處に徹通せざるに依てなり。
む、道を求むることを。只自己を保任すべきのみなり).然るに今本分に承當するのみに非ず、透關し來る。故に祖曰く、何の階級にか落ちんと。實に幽玄の處は聿に表裏を存することなく、深極の際には曾て刀斧斫れども開かず。故に曰く、什麼の階級か有らんと。恁麼の田地に通徹してくもりなく、究到して盡し來る。故に曰く、聖諦すら尚ほ爲さず。
何の階級か之れ有らんと。
實に設ひ階級を立せんとするとも、空裏に本より界畔なし。梯磴何れの處にか安排せん。此處を依文解義するやから、昔より一切法空の見に落ち、
萬法泯絶の解を爲す。既に喚て聖諦すら尚ほ爲さずと云ふ、豈法空に住まるべけんや。
子細に精到して見よ。此虛明の田地、杲日よりも明らかなり。此靈廓の眞性、了別に非ざれども了了たる圓明の智あり。骨髓を帶せざれども、明明として覆藏せざる身あり。此身、動靜を以て辨ずべきに非ず。此知、覺智をもて辨ずべきに非ず。覺知も此智なるが故に動靜亦他に非ず。
故に階級して十地に至る菩薩も、尚ほ佛性を見ること明了ならず。其故は何ぞ。佛の言く、尚ほ法性を存する故に、尚ほ行處を立する故に、佛性を見ること明了ならず。諸佛は卒に行處なく、性地あらざる故に、佛性を見ること了了なり。
此知、覺智をもて辨ずべきに非ず。覺知ももて辨ずべきに非ず。覺知も此智なるが故に動靜亦他に非ず).(大般涅槃經卷第八、如來性起品に云く、
無量の菩薩具足して諸波羅蜜、乃至、十住を行ずと雖も、猶ほ未だ所有の佛性を見ること能はず。如來既に卽便少見と説きたまふ。乃至、善男子、是の如く菩薩位階十地、尚ほ明了に佛性を知見せず。何況や聲聞縁覺の人能く見るを得んや。)《大般涅槃經》無量菩薩雖具足行諸波羅蜜乃至十住。猶未能見所有佛性。如來既説即便少見。是菩薩摩訶薩薩既得見已。咸作是言。甚奇世尊。我等流轉無量生死。常爲無我之所惑亂。善男子。如是菩薩位階十地。尚不明了知見佛性。何況聲聞緣覺之人能得見耶。(T 375.12.652c8-14).然れば見聞に依らず、境智を縁せざる時、試に其下を見よ。必ず惺惺として人に問はざる智あり。覺へず證契することあらん。
且らく此因縁をして如何が言を著ることを得ん。此田地に至て、若し且らく此の因縁をして、如何が言を著ることを得ば、卽ち無舌人をして解語せしめん。若し此理を聞き得ることを得ば、早く無耳根をして聞持せしめて、方に那人をして點頭語笑せしむることあらん。
《大般涅槃經》無量菩薩雖具足行諸波羅蜜乃至十住。猶未能見所有佛性。
如來既説即便少見。是菩薩摩訶薩薩既得見已。咸作是言。甚奇世尊。我等流轉無量生死。常爲無我之所惑亂。善男子。如是菩薩位階十地。尚不明了知見佛性。何況聲聞緣覺之人能得見耶。(T 375.12.652c8-14).鳥道往來猶絶跡。豈堪玄路覓階級。
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