Dongshan Liangjie
Présentation
Dongshan Liangjie (807-869) est le co-fondateur de lecole Caodong (Soto au Japon) avec son disciple Caoshan Benji.
Il developpa le systeme des Cinq Rangs (goi) qui decrit les relations entre le principe (li) et les phenomenes (shi). Ce systeme est fondamental pour lecole Soto.
Keizan considere Dongshan comme le grand systematiseur du Chan — non par abstraction, mais par experience directe.
Le quarante et unième patriarche, plus tard appelé Maître Tongan, rendit visite au précédent Tongan et demanda : « Les anciens ont dit : “Là où les gens du monde aiment, je n’aime pas.” Je ne comprends pas encore : quel est l’endroit que le vénérable aime ? » Tongan répondit : « Puisque c’est ainsi. » À ces mots, le maître connut une grande illumination.
Les anciens ont dit : « Là où les gens du monde aiment, je n’aime pas. » Ce maître se nommait Guanzhi. Ses actes détaillés ne sont pas enregistrés. Ayant rendu visite au précédent Tongan, il obtint une compréhension profonde.
Le précédent Tongan, sur le point d’entrer dans le nirvana, monta en chaire et dit : « Devant la pagode Duozi, les fils du patriarche prospèrent ; devant les cinq pics anciens, comment vont les affaires ? » Ainsi il le répéta trois fois, sans que personne ne réponde. À la fin, le maître sortit et dit : « En dehors du rideau de la nuit claire, ils se rangent en files ; à dix mille lieues, les chants proclament la grande paix. » Tongan dit : « Il faut être cet homme-âne pour l’obtenir. »
Dans le Wudeng Huiyuan : Le précédent Tongan, sur le point d’entrer dans le nirvana, monta en chaire et dit : « Devant la pagode Duozi, les fils du patriarche prospèrent ; devant les cinq pics anciens, comment vont les affaires ? »
Ainsi il le répéta trois fois, sans que personne ne réponde. À la fin, le maître sortit et dit : « En dehors du rideau de la nuit claire, ils se rangent en files ; à dix mille lieues, les chants proclament la grande paix. » Dès lors, il résida à Tongan et fut appelé le postérieur Tongan.
Dire « Devant la pagode Duozi, les fils du patriarche prospèrent » fait référence au fait que jadis, le Bouddha Shakyamuni rencontra Mahakashyapa devant la pagode Duozi. En une seule rencontre, il lui transmit à la fois le kesa et le dharma. Par la suite, Kashyapa pratiqua les douze austérités, puis s’assit sur la moitié du siège. Lors de l’assemblée du nirvana, bien que Kashyapa ne fût pas présent, toute l’assemblée lui fut confiée. C’est précisément ce sens. On dit : « Les fils du patriarche prospèrent. »
Le maître Tong'an, descendant direct de Dongshan, fait ici refluer à contre-courant le style familial de la lignée Qingyuan. À l'approche de son extinction, pour révéler son héritier véritable, il demande : 'Devant les Cinq Vieux Pics, comment agir ?'Après avoir ainsi posé trois fois la question, l'assemblée reste entièrement incompréhensive. Aussi nul ne répond.
Le Mont Sumeru s'élève abrupt, sommet éminent parmi les montagnes ; le disque solaire brille éclatant, illuminant devant les phénomènes. Ainsi, au-delà du rideau de l'aube, ils se rangent en lignes — vraiment rien ne peut s'y comparer. Parce que délivré du corps et sans appui, immédiatement il n'y a pas de second. Ainsi, à dix mille lieues toute poussière est tranchée ; stratèges et généraux intrépides, où sont-ils aujourd'hui ? En chantant et psalmodiant, tout est grande paix. Ô moine extraordinaire ! Celui qui étudie doit d'abord atteindre cette terre pour l'obtenir.
(Parmi toutes les montagnes, le Mont Sumeru est la première. Ce Sutra du Lotus est également ainsi.) De même, une conduite hors du commun, une réalisation transcendante, manifestent d'abord son style et sa tenue. C'est pourquoi il est dit :
Ce que les gens du monde chérissent, je ne le chéris pas. Je ne discerne pas : qu'est-ce donc que le lieu chéri du vénérable ? Ce qu'on appelle 'lieu chéri des gens du monde': s'aimer soi-même et aimer autrui. Cet amour grandit graduellement. Puis aimer la rétribution environnante et aimer la rétribution propre. Cet amour devient plus profondément attaché, et à venir : sur une entrave de fer s'ajoute une autre entrave de fer.
Puis aimer le bouddha et aimer le patriarche. Ainsi l'attachement passionné devient de plus en plus souillé à venir. Finalement, les causes karmiques des êtres s'enchaînent sans interruption. Originellement, naissant d'un lieu de non-liberté, allant mourir vers un lieu de non-liberté. Tout cela repose uniquement sur cet attachement. Ainsi bouddhas et êtres, hommes et femmes, êtres sensibles et non-sensibles, tel est l'attachement à de tels aspects. Il faut promptement le balayer.
Absolument sans règle ni objet, ne discernant rien du tout. Absolument sans savoir ni connaissance, ceci est le lieu d'attachement non-phénoménal. Ne t'y arrête pas ! Si tu as encore un attachement phénoménal, une fois l'esprit éveillé, tu pourras peut-être le réaliser par toi-même. Mais si tu t'accroches à une vision non-phénoménale et tombes dans le monde sans-forme, hélas ! combien de kalpas passeras-tu ? Quand la vie céleste s'épuisera, tu retomberas dans les enfers incessants.
Ce qu'on appelle est l'absence de pensée et l'extinction des conceptions. Ceci, le phénoménal et le non-phénoménal, est encore et toujours l'objet d'attachement des gens du monde.
Dans le phénoménal, voir soi-même, voir autrui ; dans le non-phénoménal, s'oublier soi-même et ne pas oublier autrui. Tout cela est erroné.
Cependant, vénérables du chan, débutants et disciples avancés, sans honte, enfants et descendants du Bouddha Shakyamuni, recevez et utilisez l'usage du Bouddha. Comment pourriez-vous être identiques à l'objet d'attachement des gens du monde ? D'abord, il faut vous libérer de toutes les vues erronées de bien et de mal, de juste et de faux, de distinctions entre hommes et femmes. Ensuite, ne demeurez pas dans le lieu du non-agir, de l'absence d'affaires, de l'absence de caractéristiques et de l'extinction paisible.
Si vous voulez assumer cet endroit, ne cherchez pas en vous tournant vers autrui, ne recherchez pas en vous tournant vers l'extérieur.
Vous devez directement fixer vos yeux sur ce qui précède que ce corps n'ait été reçu, que cette entité n'ait germé. Il ne doit absolument pas y avoir la moindre germination des mille différences et des dix mille distinctions. Ne soyez pas comme sombre, obscur, ténébreux, une caverne de démons des montagnes noires. Ce cœur est originellement merveilleusement clair, brillant et lumineux, sans obscurité. Ce cœur est vide et vaste, illuminant parfaitement. En cela, finalement, il n'y a pas un iota de peau, chair, os ou moelle. À plus forte raison, comment pourrait-il y avoir les six racines et les six objets, confusion et éveil, souillure et pureté ?
Le Bouddha ne parle pas pour vous, vous ne vous mettez pas en quête pour le maître. Non seulement il n'y a pas de séparation des sons et des formes, mais il n'y a même pas d'apparition des oreilles et des yeux. Pourtant, le cœur-lune rayonne, parfaitement lumineux.
L'œil de la fleur s'épanouit, les motifs sont éclatants. En examinant minutieusement avec précision, il faut nécessairement correspondre ainsi.
Ô vertueux du chan, comment pourriez-vous comprendre ce principe ? Je vais immédiatement ajouter une parole à votre place.
Il faut rapidement fixer les yeux devant le corps.
Le Bouddha ne parle pas pour vous, il n'y a pas de maître à consulter par soi-même). Le vieux Shakyamuni apparut dans le monde. Quarante-neuf années. N'a jamais prononcé un seul mot... En vérité, les ancêtres et les bouddhas. Depuis les temps anciens jusqu'à aujourd'hui. Jamais le cœur-lune, l'œil-fleur, la lumière et les couleurs ne furent aussi parfaits. Libérés au-delà des kalpas, qui pourrait en jouir ?
Traduit du kanbun d’après le texte fourni par CBETA (Chinese Buddhist Electronic Text Association (CBETA)), T2585. Composé en 1309.
Texte source (伝光録 / Denkōroku)
第四十一祖、後同安大師、參前同安曰、古人曰、世人愛處我不愛。未審、如何是和尚愛處。同安曰、既得恁麼。師於言下大悟。
古人曰く、世人の愛する處、我れ愛せず). The “ancient”師諱は觀志。其行狀委く錄せず。先同安に參じて得處深し。
先同安、將に示寂せんとす。上堂に曰く、多子塔前宗子秀、五老峰前事、若何と。是の如く三び擧するに未だ對る者あらず。末後に師出て曰く、夜明簾外排班立、萬里歌謠道太平。同安曰く、須らく是れ驢漢にして得べし。
《五燈會元》先同安將示寂。上堂曰。多子塔前宗子秀。五老峰前事若何。
如是三舉。未有對者。末後師出曰。夜明簾外排班立。萬里歌謠道太平。安爾しより同安に住し後同安と號す。
夫れ多子塔前宗子秀と云は、昔し釋迦牟尼佛、摩訶迦葉に相見せしこと多子塔前なり。一度相見せしに衣法共に傳附す。其後、十二頭陀を行じ後に半座に居す。涅槃會上は、迦葉、會に望まずと雖も、一衆を以て悉く迦葉に附囑す。卽ち此意なり。宗子秀といふ。
今同安大師、洞山の嫡孫として、青原一家の家風、此處に逆流翻回す。示滅のきざみ、其嫡子を顯はさんとして、五老峰前事若何と。是の如く三び擧するに、衆悉く不會。故に衆、皆答へず。
須彌突兀として衆山の頂秀で、日輪杲杲として群象の前に照す。故に夜明簾外排班立、實に物の比倫すべきなし。脱體無依なる故に、直下第二人なし。故に萬里に繊埃を絶し、謀臣猛將、今何くにか在る。謡ひ謡ふて、皆太平なり。奇衲子なり。參學此の田地に到て始て得べし。
” (衆山之中、須彌山爲第一。此法華經亦復如是; T是の如く拔群の操行、超邁の得處、先だちて其風操を顯はす。故に曰く、
世人の愛處我れ愛せず、未審、如何が是れ和尚の愛處と。謂ゆる世人の愛處といふは、自ら愛し他を愛す。此愛漸漸に長ず。乃ち依報を愛し正報を愛す。此愛、愈よ深著し將ち來り、一重の鐵枷上に一重の鐵枷を添て、
乃ち佛を愛し祖を愛す。是の如く愛染、愈よ汚れ將て來る。終に衆生の業因連綿として斷ぜず。元來、不自由の處より生じ、不自由の處に向て死し將ち去る。唯是れ此愛に依れり。故に生佛男女、有情非情、是の如く是なる相著の愛なり。早く須らく拂却すべし。
都て軌則なく一物なく、是れ何なるとも辨ぜす。都て不知不識なる、此れは是れ非相の愛處なり。卽ち住まること勿れ。尚ほ有相執著は、一度發心せば自ら體達することもありなん。若し非相の所見を執して無色界に墮在しなば、恨らくは幾許の劫數を送て、天壽盡きん時、却て無間に落ちなん。
謂ゆる是れ無心滅想なり。此有相及び無相、重ねて是れ世人の愛處なり。
有相中にして己を見、他を見、無相中にして己を亡じ他を亡ず。悉く是れ邪なり。
然れば諸禪德、初機後學、辱けなく釋尊の兒孫、佛受用を受用す。豈世人の愛處に同ずべけんや。先づ須らく一切の是非善惡、男女差別の妄見を解脱すべし。次に無爲無事、無相寂滅の處に住まること勿れ。
此處に承當せんと思はば、他に向ひて求め、外に向ひて尋ぬること勿れ。
當に此身未だ受けず、此體未だ萌さざりし以前に向ひて親く眼を着くべし。必ず千差萬別毫髪も萌すことあるべからず。暗昏昏、黑山鬼窟の如くなること勿れ。此心本來妙明にして、赫赫然として暗からず。此心空豁として圓照す。此中、終に皮肉骨髓を帶び來ること一毫も無し。何に況や六根六境、迷悟染淨あらんや。
佛、汝が爲に説くことなく、自ら師の爲に參ずるなし。唯聲色の分れ來るなきのみに非ず。卽ち耳目の具し來るなし。然れども心月輝きて圓明なり。
眼華綻びて紋鮮かなり。子細に精到して須らく恁麼に相應すべし。
諸禪德、如何が這箇の道理を會することを得ん。便ち代て一語を着けん。
早く須らく體前に眸を附くべし。
佛、汝が爲に説くことなく、自ら師の爲に參ずるなし). 《碧巖錄》釋迦老子出世。四十九年。未曾説一字.... 其實祖佛。自古至今。不曾心月眼華光色好。放開劫外有誰翫。
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