Ungan Donjō

雲巌曇晟
Yunyan Tansheng · 780–841
École
Chan (Zen) — lignée Caodong / Sōtō
Maître
Yakusan Igen (745–828), Hyakujō Ekai (Baizhang Huaihai, 720–814)
Disciples
Tōzan Ryōkai (Dongshan Liangjie, 807–869)
Fonction
38e patriarche du Sōtō Zen · Abbé du mont Ungan (雲巌) au Hunan
Œuvre attribuée
Hōkyō Zanmai (寶鏡三昧, « Chant du Précieux Miroir Samādhi »)
Ungan Donjō
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Présentation

Ungan Donjō (Yunyan Tansheng, 780–841) est le 38e patriarche du Sōtō Zen, disciple de Yakusan Igen et maître de Tōzan Ryōkai, le fondateur de l'école Caodong. Après vingt années passées auprès de Hyakujō Ekai sans atteindre l'éveil, il trouve la réalisation sous la guidance de Yakusan et reçoit la transmission du dharma. Son nom évoque le mont Ungan (Hunan) où il enseigna, et on lui attribue traditionnellement le Hōkyō Zanmai (Chant du Précieux Miroir Samādhi), l'un des textes fondamentaux de la tradition Sōtō.

Biographie

Ungan Donjō (Yunyan Tansheng) naît en 780 dans la région de Jianchang (actuel Jiangxi, Chine). Selon les chroniques anciennes, il se fait moine à l'âge de seize ans au monastère Shimen, sous la direction du célèbre maître Hyakujō Ekai (Baizhang Huaihai, 720–814), célèbre pour ses Règles de pureté qui fondèrent le monachisme Chan. Il demeure auprès de Hyakujō pendant une vingtaine d'années, mais sans atteindre l'éveil.

Après la mort de Hyakujō en 814, Ungan entreprend un long pèlerinage, visitant de nombreux maîtres avant de se fixer auprès de Yakusan Igen (Yaoshan Weiyan), au mont Yakusan. C'est sous la guidance de Yakusan qu'il réalise enfin le grand éveil et reçoit la transmission du dharma.

La première partie de son nom vient du mont Ungan (雲巌, « la Falaise de Nuages »), situé près de l'actuelle Changsha (Hunan), où il s'établit après son illumination et où il enseigne jusqu'à sa mort. Il s'éteint en 841, des suites d'une maladie. La veille de sa mort, il ordonne à ses disciples de préparer un banquet, annonçant qu'un moine s'apprêtait à quitter le monastère — faisant référence à son propre départ.

Le Hōkyō Zanmai — Chant du Précieux Miroir Samādhi

Ungan est traditionnellement associé au célèbre poème Hōkyō Zanmai (寶鏡三昧, « Chant du Précieux Miroir Samādhi »), l'un des textes fondateurs de l'école Caodong. Ce poème, qui expose la vision du réel à travers l'image du miroir précieux reflétant chaque chose sans discrimination, est attribué à Ungan pour la première fois dans la compilation biographique de Juefan Huihong (1119), le Chanlin sengbao zhuan.

Huihong rapporte qu'Ungan aurait confié le poème à son disciple Tōzan Ryōkai (Dongshan Liangjie), mais que la paternité véritable pourrait remonter plus haut — peut-être à Yakusan Igen lui-même. Les historiens modernes, dont Morten Schlütter, notent que la provenance du texte est douteuse et que son style diffère sensiblement des œuvres connues de l'époque d'Ungan. La plupart des sources postérieures (dictionnaires bouddhistes japonais et catalogues zen) attribuent le poème à Tōzan plutôt qu'à Ungan.

Quelle que soit son origine exacte, le Hōkyō Zanmai est devenu un texte central du Sōtō Zen. Ses célèbres vers — « Tel un bœau, la Voie ; tel un miroir, l'éveil » — sont récités quotidiennement dans les temples Sōtō du Japon et commentés dans tout le Shōbōgenzō de Dōgen.

Les dialogues avec Dōgo Enchi

Ungan est inséparable de son condisciple Dōgo Enchi (Daowu Yuanzhi, 769–835), également héritier de Yakusan Igen. Les annales du Chan regorgent de dialogues entre les deux moines, dont la complicité et les tensions fraternelles offrent un enseignement vivant.

Le plus célèbre de ces échanges — rapporté dans le Hekiganroku (Cas 89), le Shōyōroku (Cas 54), et le Shinji Shōbōgenzō (Cas 105) de Dōgen — concerne les nombreux yeux et mains d'Avalokiteśvara (Kannon) :

Ungan demanda à Dōgo : « Que fait le bodhisattva Kannon de ses innombrables mains et yeux ? »

Dōgo répondit : « C'est comme quelqu'un qui, pendant la nuit, cherche un oreiller en tâtonnant. »

Ungan dit : « J'ai compris. »

Dōgo demanda : « Qu'as-tu compris ? »

Ungan répondit : « Sur tout le corps, ce sont des mains et des yeux. »

Dōgo dit : « Tu as dit beaucoup, mais ce n'est que quatre-vingt-dix pour cent. »

Ungan dit : « Ce que je dis, c'est ainsi. Que dis-tu, toi ? »

Dōgo répondit : « Par tout le corps, ce sont des mains et des yeux. »

— Hekiganroku, Cas 89

Ce kōan explore la compassion radicale : les moyens infinis du bodhisattva ne sont pas des compétences surajoutées, mais la manifestation spontanée de la totalité du corps-esprit éveillé — chaque action, chaque geste, chaque instant est une « main compatissante ».

Héritage et postérité

L'importance d'Ungan dans l'histoire du Zen tient moins à sa renommée personnelle qu'à son rôle de maillon entre deux figures colossales : Yakusan Igen, dont il reçoit la transmission, et Tōzan Ryōkai, à qui il la transmet. C'est par l'intermédiaire d'Ungan que le flambeau du dharma passe de l'âge d'or du Chan des Tang à la fondation de l'école Caodong.

Tōzan Ryōkai ne deviendra pas seulement le fondateur de l'école Caodong (Sōtō au Japon), mais aussi l'auteur du célèbre Hōkyō Zanmai (si l'on suit l'attribution la plus courante), ainsi que du Sandokai et du traité des Cinq Rangs. Dans le Denkōroku, Ungan est le 38e patriarche, entre Yakusan Igen (37e) et Tōzan Ryōkai (39e).

Dōgen, le fondateur japonais du Sōtō, cite abondamment les dialogues d'Ungan et de Dōgo dans son Shōbōgenzō, y voyant une illustration parfaite de l'expression non-duelle de l'éveil dans la relation entre maîtres et disciples.

Sources

  • Andy Ferguson, Zen's Chinese Heritage: The Masters and Their Teachings, Wisdom Publications, 2011 — pp. 220–222
  • Keizan Jōkin, Denkōroku — Cas 38 (Ungan)
  • Morten Schlütter, How Zen Became Zen: The Dispute over Enlightenment and the Formation of Chan Buddhism in Song-Dynasty China, University of Hawai'i Press, 2008
  • Dōgen, Shōbōgenzō — chapitre « Kannon »
  • Hekiganroku (Recueil de la Falaise Bleue), Cas 89
  • Shōyōroku (Recueil de la Sérénité), Cas 54
  • Wikipedia — Yunyan Tansheng

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